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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1116 du 26 juillet 2014/Troisième page

Troisième page

Martinique : Les maires voulaient s'asseoir sur l'accord, c'est raté !

Zoom Les employés municipaux affiliés à CGTM-SOEM étaient mobilisés depuis le mardi 15 juillet. Pour montrer leur colère, drapeaux en tête, ils ont occupé le centre de gestion de la fonction publique territoriale situé à l’Etang Z’Abricot et attendaient une réponse favorable sur l’application par les maires de l’accord signé le 25 novembre 2013. C’est la partie de l’accord  portant sur les conditions d’évolution de carrière des agents de catégorie C qui posait problème. Le niveau des examens mis en place pour le changement d’échelon des employés de catégorie C, ne correspondait pas du tout à ce qui était prévu dans cet accord. En effet, la catégorie C représente les agents d’exécution, plus de 70% des agents municipaux. Plus de 1000 agents sont concernés par cet accord. Et depuis plusieurs mois, ces agents de mairie, employés aux services techniques, aux services médico-sociaux, mais  particulièrement ceux des cantines, garderies, gardiens des écoles, certains  à quelques années de la retraite ou travaillant depuis 20 à 30 pour certains, étaient en colère de se trouver une nouvelle fois floués.
En effet, en novembre 2013, il leur avait déjà fallu faire 10 jours de grève pour parvenir à signer un protocole d’accord et de fin de conflit avec le conseil d’administration du centre de gestion de la fonction publique territoriale et avec les parlementaires. Ils avaient obtenu des garanties concernant  l’examen professionnel permettant le passage de l’échelle 3 à 4 des agents de catégorie C. L’examen devait consister en « 4 ou 5 questions nécessitant des réponses brèves ».
Mais la réalité s'avéra bien différente. Le niveau des examens a été beaucoup plus élevé que prévu. Certains agents découragés ont préféré même renoncer à se présenter à cet examen quitte à partir à la retraite avec seulement  4 ou 500 euros.
De nombreux agents ont considéré qu’il s’agissait là de "méchanceté" de la part des maires. Mais c’est surtout que ces maires soucieux d’appliquer les plans de restriction du gouvernement Hollande - Valls, voulaient « maîtriser leur budget » et particulièrement celui de la masse salariale. Les employés de mairie affiliés à la CGTM-SOEM ne se sont pas laissé faire.
Après quatre nouveaux jours de grève et deux longs rounds de négociations avec le nouveau président du centre de gestion Justin Pamphile, ils ont obtenu de nouvelles garanties pour qu’enfin ces examens soient organisés conformément à l’accord du 25 novembre 2013.
Que ça serve de leçon, un accord, ça se respecte.


Martinique : Dans l’agriculture : encore un ouvrier mort pour le profit

Sur très peu d'années la série noire des accidents de travail mortel s'allonge en Martinique et en Guadeloupe.
Le jeudi 17 juillet 2014, dans la bananeraie de l’habitation Assier au Lorrain, un ouvrier agricole, Hervé Rubal, âgé de 34 ans et père de deux enfants, chauffeur d’engin, a été retrouvé vers 10h45 écrasé par le quad qu’il conduisait. Cet engin était utilisé pour pulvériser des produits phytosanitaires dans la bananeraie. Le quad se serait retourné sur lui.
Cette entreprise compte plus d’une quarantaine d’ouvriers agricoles. Là, c’est l’autorité de la direction qui prime, et la pression est permanente. Ainsi, malgré la dangerosité des lieux, au moment de l’accident, il n’y avait personne aux alentours. Profit oblige, car la direction avait instauré la polyvalence. A propos de la polyvalence, voilà comment des ouvriers travaillant sur les lieux, parlent de leurs conditions de travail : «Nous n’avons pas été étonnés que cet accident se produise. La polyvalence consiste à ce qu’on fasse plusieurs fonctions en même temps, tout en nous imposant le maximum de rendement et vite».
Pour d’autres ouvriers : «Cela faisait à peine cinq mois qu’il conduisait cet engin de mort.Ce n’est pas la première fois que l’engin a failli se renverser sur lui. Nous étions inquiets pour sa vie. Car à plusieurs reprises, l’engin s’était déjà retourné, mais à chaque fois, il a eu le temps de sauter pour ne pas se faire écraser. Il recevait des missions, et travaillait toujours tout seul sur l’engin, et sans protection. Le commandeur, le patron étaient au courant que l’engin avait failli se renverser sur lui à plusieurs reprises. Mais rien n’a été fait. Et plus d’une fois, il nous est arrivé de dire à notre collègue, fais attention tu risques de perdre ta vie avec cet engin. Cette machine n’est pas prévue pour fonctionner dans des mornes». Ou encore : «Tout le poids du quad se porte à l’arrière, (avec les) produits et autres accessoires. Il n’y a pas de contrepoids à l’avant.Dans la bananeraie, il n’y a aucun passage tracé et prévu pour permettre au quad de se déplacer sans risque. Partout, il y a des pentes dangereuses. Il aurait fallu qu’une pelle précède l’engin pour dégager la route devant lui.Mais pire, à plusieurs reprises la direction nous faisait savoir qu’il ne faut surtout pas abîmer ses plants de bananes. Notre vie, pour elle, c’était le cadet de ces soucis. Cet engin a été conçu pour fonctionner sur des terrains plats pour la France, mais pas pour notre pays, parce qu’il n’y a que des mornes (collines)».
Résultat, comme cela s’est déjà passé dans l’agriculture ou dans le bâtiment, cet ouvrier est mort pour l’appétit des exploiteurs, c’est-à-dire pour le profit. C’est tellement révoltant que la colère des travailleurs pourrait bien éclater. Et ce ne serait que justice.


Le tep scan, nécessaire pour les patients aux Antilles comme en France

A l'initiative de deux journalistes, une pétition circule sur l'absence de Tep Scan, (TEP pour  Tomographie par émission de positrons-PET Scan en anglais) en Guadeloupe. En fait, c'est dans toute la zone antillo-guyanaise que manque cet équipement d'imagerie médicale. En Martinique des médecins hospitaliers ont, quelque peu timidement, relayé la protestation.
Le passage en Guadeloupe et Martinique de la ministre de la Santé a été aussi l’occasion de dénoncer l’absence de l'équipement le plus performant et fonctionnel dans le diagnostic et la prise en charge des cancers en Guadeloupe et Martinique. Selon le journal Justice du 17 juillet, les chiffres connus du  nombre de cancers diagnostiqués ou pris en charge chaque année sont de 1600 en Guadeloupe et 1200 en Martinique. Mais la ministre Marisol Touraine interrogée au journal télévisé de Martinique 1 a répondu  que le gouvernement est conscient de la situation et que des projets sont en cours d’étude… Rien de plus précis.
Le nouvel équipement est complémentaire de ceux qui sont en place et beaucoup plus performant. Il s’agit du TEP-Scan. Ce scanner est utilisé avec un traceur faiblement radioactif, qui, injecté dans le sang du patient, permet de détecter et analyser l’activité des cellules. Cette technologie de médecine nucléaire nécessite l’acquisition d’un Cyclotron (accélérateur de particules produisant la molécule active qui sera utilisée pour faire un médicament radio actif injecté au patient pour l’examen). Le Cyclotron est un investissement lourd à installer et cher (plusieurs millions d’euros).
Toutes ces données sont connues du gouvernement, du ministère de la Santé, des ARS (Agence Régionale de Santé) depuis plusieurs années. Mais la mise en place d’un tel équipement ne semble toujours pas être une priorité gouvernementale.
En Guadeloupe une pétition initiée avec une artiste connue circule. En Martinique, des médecins et autres professionnels ont eux élaboré un plan pour l’implantation de cet équipement, montrant l’urgence d’un tel investissement. Un médecin interrogé sur la même chaine télévisé sur le risque que le diagnostic des patients soit fait plus tardivement aux Antilles du fait du manque de TEP Scan sur place, s’est montré prudent dans ses propos. Par contre, il a indiqué que le transport des patients relevant de ce diagnostic est pris en charge à chaque fois que nécessaire par la Sécurité sociale et que l’espérance de vie des malades ne serait pas diminuée.
Malgré ces discours qui se veulent rassurant, la discrimination entre les patients résidant dans l’hexagone  et ceux des Antilles dans l’offre de soins apparait clairement. Ne serait-ce que par l’inconfort venant de ces transferts sur un centre à 8000 Km, tant pour le patient affaibli que pour ses accompagnants. Il est à noter qu’en France même les délais pour faire un examen au TEP Scans sont longs… et  que certaines régions "métropolitaines" elles mêmes sont pauvres en matériels de santé performants
Pourtant, ce n’est pas l’argent qui manque pour faire de tels investissements nécessaires à la population. C’est une question de choix, de choix politique. Les gouvernants savent comment mobiliser rapidement plusieurs millions pour renflouer une banque (Dexia) ou pour lancer une nouvelle opération militaire au Sahel.
Mais le gouvernement de Hollande, comme ceux qui l’ont précédé ne privilégie pas les choix concernant la santé de la population, bien au contraire. Il vient de voter son super plan d’austérité de 50 milliards de réduction des dépenses publiques sur 2015 - 2017 pour financer les cadeaux faits au patronat  avec  le «pacte de responsabilité ». Cette cure d’austérité touchera l’Assurance maladie et les hôpitaux.
Alors les déclarations floues de Marisol Touraine sont hypocrites voire cyniques.
S’il n’y a pas de mobilisation populaire d’ampleur, les malades et leur famille risquent malheureusement d’attendre encore quelques années avant de pouvoir bénéficier de la prise en charge avec un TEP Scan local.


Martinique Bâtiment : augmentations dérisoires !

Depuis le mois de janvier 2014, dans le cadre des négociations salariales et conformément à la convention collective des ouvriers du BTP de Martinique, les organisations syndicales des travailleurs du bâtiment et travaux publics représentant la CGTM, la CSTM, FO, FTC CGTM se sont réunis à plusieurs reprises avec les organisations patronales représentées par le CAPEB Martinique, le CNATP Martinique et le SEBTPAM.
Les organisations syndicales des ouvriers du BTP réclamaient une augmentation de 6 % des salaires. Le patronat du BTP, avare comme il est, a volontairement fait traîner les choses durant 6 mois pour ne lâcher que des miettes aux travailleurs.
Ainsi le 24 juin 2014, un protocole d’accord a été signé sans doute bien légèrement du côté des responsables syndicaux (lesquels?). Seulement 1,8 % ont été accordés pour les ETAM (employés techniciens, agents de maîtrise). Quant aux ouvriers, ils n’ont obtenu qu’une augmentation de 1,3 %.
Résultat, pour un OQ2 (ouvrier qualifié deuxième catégorie), cela représente une augmentation de 15 centimes de l’heure, soit une augmentation de 22,75€ brut par mois.
Lorsque des ouvriers du BTP ont pris connaissance de la nouvelle grille des salaires, leurs réactions sur les chantiers étaient directes. On a pu les entendre dire : «Qu’est-ce qu’on peut faire avec 22€ d’augmentation par mois ? Cela ne représente pas une augmentation, parce qu’on ne s’en est même pas aperçu. Ces patrons nous prennent pour des imbéciles !». Pour d’autres, «Tous les jours on se fait griller sous le soleil, nous devons des fois travailler sous la pluie pour faire le travail de ces messieurs. Mais lorsqu’il faut payer, ce sont des pièces de monnaie qu’ils nous donnent».
Dans toutes ces discussions, il y avait des travailleurs embauchés à contrat indéterminé, à durée de chantiers, mais aussi des intérimaires. Ils donnaient leur avis et échangeaient entre eux leurs points de vue.
Il y avait également des travailleurs venant de pays d’EuropeIls ont été surpris d’apprendre qu’il existe des primes de panier équivalent à 300€ par mois. Ou encore, qu’il existe une convention collective des ouvriers du bâtiment en Martinique, dans laquelle des ouvriers bénéficient d’une prime de 30 % des congés payés  et bien d’autres choses. A tel point que l’un d’entre eux a demandé : «comment on peut obtenir tout cela ?»
 Le patronat n’arrête pas de  chercher à mettre dos à dos les travailleurs étrangers et les travailleurs de Martinique. Ce genre de démagogie ne marche pas tout le temps. Car ces jours derniers, les ouvriers, quelle que soit leur nationalité, parlaient d’une même voix. Ils ont vu qui étaient leurs amis, les travailleurs. Et qui étaient leurs ennemis, le patronat et les capitalistes.
 

Guadeloupe : Extraits du bulletin "échos des télécoms"

Orange, filiales, sous-traitants : un seul patron, un seul ennemi
Dans les années qui viennent, Orange annonce 30 000 départs, remplacés seulement dans un cas sur trois. Ça veut dire 20 000 salariés en moins d'ici 2020.Orange n'a pas de baguette magique, et aucune envie de réduire ses activités. Mais l'entreprise prévoit que le travail sera effectué par des personnels précaires, mal payés, dans le cadre de filiales ou de sous-traitants.
Et ils veulent nous rassurer en nous disant que tout ceci ne nous touchera pas directement, tous les départs étant "volontaires".
 

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