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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1116 du 26 juillet 2014/Deuxième page

Deuxième page

Afrique : EBOLA s'étend sur la pauvreté !

Zoom L’épidémie d’Ebola touche particulièrement trois pays d’Afrique de l’ouest : la Sierra Leone, la Guinée, le Libéria. C’est un virus qui cause de fortes diarrhées. Il est très contagieux et mortel. A la mi- juillet, plus d’un millier de cas et plus de 600 décès ont été recensés. Cette maladie est contagieuse par le sang, la transpiration et l’air expiré. L’épidémie est difficile à enrayer dans ces pays où les conditions d’hygiène sont déplorables. Les populations dans les campagnes et les quartiers pauvres des villes n’ont accès ni à l’eau ni à l’électricité et vivent  dans des logements insalubres.  
L’OMS (l’organisation mondiale de la santé) a déclaré que cette épidémie peut être enrayée, mais les soins médicaux sont limités. Il manque du matériel de santé et des centres médicaux. Cette situation est due au manque d’infrastructures en Afrique où les populations paient le retard de développement dû au pillage de l’impérialisme. Les richesses du sous sol profitent uniquement aux multinationales. Les guerres entretenues par l’impérialisme et la famine font encore plus de victimes que l’épidémie. Ceux qui posent le problème en terme d’explosion démographique ne veulent pas dénoncer les multinationales et les quelques  grosses sociétés qui s'enrichissent sur la misère des populations africaines.
 
 


21 juillet 1954, fin de la conférence de Genève sur la guerre d'Indochine

La conquête coloniale de l'Indochine date du 1 septembre 1858 avec le débarquement français à Tourane (Da Nang).
A partir de 1917, profitant de la crise due à la première guerre mondiale, toutes les couches populaires d'Annam se soulevèrent. La révolte culmina en 1929 dans une insurrection paysanne qui se termina par une «pacification» sanglante.
En 1933 se déclenchent des manifestations de masse. Malgré la répression féroce ces mouvements grandissent de 1936 à 1939. Le Parti Communiste Indochinois dirigé par Ho-Chi-Minh s'implante largement.
A la défaite française de 1940 en Europe correspond en 1941 l'occupation japonaise de l'Indochine. Policiers japonais et policiers français maintiennent «l'ordre» jusqu'au moment où l'effondrement japonais permet le déclenchement de l'insurrection générale, en 1945, du Vietminh (Ligue pour l'indépendance du Vietnam, formée autour du parti communiste). Celui-ci prit en moins de deux semaines le contrôle de tout le pays, et constitua un gouvernement provisoire.
 
La reconquête
Tandis qu'en France c'était la «Libération», en septembre 1945 commença l'arrivée en Indochine du corps expéditionnaire français, commandé par l'amiral d’Argenlieu et le général Leclerc. Après quelques mois, à la fin février, il ne restait que le nord du Vietnam, le Tonkin, à reconquérir.
La reconquête du Tonkin s’avérant difficile le gouvernement négocia finalement avec Ho-Chi-Minh. Le 6 mars, celui-ci signa avec la France une «convention préliminaire», par laquelle la France reconnaissait «la République du Vietnam», État libre «faisant partie de l’Union française».
En fait, l'état-major et le gouvernement français refusèrent l’indépendance et l’unité du Vietnam. En juillet 1946, les pourparlers de Fontainebleau  censés préciser la convention préliminaire furent un échec.
Le 23 novembre 1946, assuré d'être couvert par Paris, le général Valluy lança au Vietminh l’ultimatum d’évacuer Haiphong dans les trois heures. Le délai expiré, il fit bombarder. Il y eut au moins 6 000 morts.
Le 20 décembre, à la suite d'un mouvement populaire à Hanoï, les forces françaises s’emparèrent des bâtiments officiels. Les dirigeants de la République du Vietnam furent acculés à reprendre le maquis. Ho-Chi-Minh lança un appel à la lutte, c'était le signal d'une guerre ouverte.
 
Dien-Bien-Phu
Fin 1953, le commandement militaire français décida de fortifier Dien Bien Phu, un petit village près de la frontière laotienne. L’objectif était de créer une base à partir de laquelle on pourrait harceler le Vietminh dans les montagnes du Nord-Ouest.  Les forêts et les montagnes qui entouraient le camp étaient supposées infranchissables par l’artillerie lourde ennemie, qui serait de toute façon vulnérable aux attaques aériennes.
Mais il en fut autrement, grâce à la mobilisation de 50 000 soldats vietnamiens et surtout de près de
260 000 volontaires qui assurèrent le ravitaillement et l'armement de l'armée Vietminh sous le commandement du général Giap.
Les forces du Vietminh ne pouvaient accéder à Dien Bien Phu que par un sentier muletier de 90 kilomètres. Elles construisirent en quelques mois des dizaines de ponts, malgré les bombardements incessants de l’artillerie française, les pluies torrentielles et les inondations. Des milliers de sampans, de convois de mulets et de bicyclettes empruntèrent rivières, torrents, routes et pistes pour acheminer 4,5 millions de tonnes de matériel. Les canons furent transportés en pièces détachées.
En janvier 1954, 55 000 soldats Vietminh étaient en position sur les collines, et le 13 mars le général Giap déclencha l’offensive par un énorme barrage d’artillerie. Pataugeant dans la boue, pilonnés sans répit par l’artillerie, les français perdirent 4 000 hommes. Après 55 jours de combats acharnés, Dien-Bien-Phu tomba. L'armée moderne d'une puissance impérialiste était vaincue par une armée de paysans pauvres mus par le sentiment de défendre leurs terres et leur liberté. La  victoire du Viet-minh sonna le glas de l'occupation coloniale française en Indochine.
 
La conférence de Genève
Le lendemain même de la défaite française, les puissances occidentales, à la recherche d’un compromis, organisait une conférence à Genève avec l’Union soviétique, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Chine. Cette conférence se termina le 21 juillet 1954 par la division de l'Indochine en quatre pays, le Laos, le Cambodge et les deux Viêt-nam, du Nord et du Sud, séparés par le 17ème parallèle. Ho-chi-minh comptait sur des élections rapides promises pour obtenir l'unification. Ces élections n’eurent jamais lieu. Cette promesse non tenue allait entraîner une seconde guerre du Viêt-nam, menée cette fois contre les États-Unis, qui se termina en 1975. Il fallut ainsi près de 30 ans de guerre supplémentaire pour que le peuple vietnamien accède à une indépendance nationale très chèrement payée.
 
 


Poutine à Cuba

La dette de Cuba envers l’ex-URSS, d’un montant de 35,2 milliards de dollars, a été annulée à 90% par Le président russe Poutine, suite à un accord conclu en 2013. Les 10% restants seront remboursés sur 10 ans et réinvestis par la Russie dans l’économie cubaine.
Le 11 juillet dernier, Vladimir Poutine a entamé une tournée en Amérique Latine, en commençant par Cuba. Il y a rencontré le président Raul Castro, ainsi que Fidel Castro, pourtant retiré de la vie publique. Les discussions ont porté sur les relations commerciales des deux pays, et sur des contrats, notamment dans le domaine énergétique, portant sur l’extraction et l’exploitation d’hydrocarbures sur les côtes de l’île.
La dette contractée par Cuba envers l’ex-URSS remonte aux accords de coopération entre les deux pays, débutés au début des années 60.
En 1961, le gouvernement américain et la CIA tentèrent de remettre la main sur Cuba par une intervention militaire engageant des exilés cubains entrainés par leurs soins. Le débarquement qui eut lieu à la Baie des Cochons, fut repoussé par la population mobilisée. En février 62, Castro opéra des nationalisations, expropriant des entreprises américaines toujours présentes dans l’île. En représailles, les États Unis décrétèrent un embargo qui dure encore, bien qu’assoupli en 2009 par le président Obama.
Castro se tourna alors vers l’URSS pour obtenir un soutien économique et des relations commerciales. A l’époque de la rivalité USA-URSS appelée guerre froide, l’URSS saisit l’opportunité de s’implanter dans une zone située à quelques dizaines de kilomètres des côtes américaines. Une base militaire soviétique fut implantée à Cuba, de 1964 à 2001. Elle a regroupé jusqu’à 3000 soldats.
Après la chute de l’URSS, Cuba se trouva  isolé. Les Cubains eurent à subir une situation dramatique, la famine, qui poussa nombre d’entre eux à chercher à fuir vers les États Unis, risquant ou perdant leur vie sur des embarcations inadaptées et pourchassés par les gardes-côtes américains.
Aujourd’hui, Cuba a établi des relations commerciales avec le Venezuela, la Chine et l’Espagne. La Russie est un partenaire de moindre importance.
Mais le présidant Russe est vraisemblablement davantage intéressé par  la possibilité d’étendre son influence sur l’Amérique Latine, en commençant par les pays qui cherchent à échapper à la domination américaine. Il a laissé entendre puis démenti la possibilité d’une remise en service de l’ancienne base militaire soviétique aux environs de la Havane.
Le fait que ce voyage et la concrétisation de l’annulation de 90% de la dette cubaine interviennent précisément ces jours-ci a sans doute un lien avec les prises de position de l’ONU et des États Unis dans le conflit en Ukraine, qui fait partie de la zone d’influence russe et que Poutine considère comme une affaire interne.


Le « Chick ». Et le vaccin ?

Contre le chikungunya, une étude de l'Institut Pasteur de Paris et de la firme autrichienne Themis est en cours pour un vaccin. Cette étude serait prometteuse, mais nécessiterait encore 4-5 ans.
Seulement voilà, tant que le chikungunya  restera une maladie surtout de pays pauvres, commercialement, un vaccin ne sera pas une bonne affaire. Donc, pas de vaccin à espérer. A moins que, le virus ne s'attaque à des pays riches comme les USA ou la France...
 Le capitalisme, ça fonctionne comme ça !
 


Ukraine : victimes d'intérêts qui les dépassent

Le Boeing 777 de la compagnie Malaisienne a été abattu en Ukraine par un missile.  Et tout porte à croire qu'il a été abattu, intentionnellement ou non, par les séparatistes pro-russes. Ces derniers veulent l'indépendance de l'Ukraine de l'Est en partie russophone. Ils sont soutenus voire envoyés, organisés, armés par le gouvernement Russe et Vladimir Poutine.
Depuis le début des troubles et de ce qui apparaît comme une guerre civile en Ukraine, et même bien avant, le camp des puissances occidentales européennes et américaines exerce de fortes pressions pour que la Russie  n'entrave pas la volonté d'une partie de la population et des dirigeants ukrainiens de se rapprocher  du camp occidental. Poutine et son appareil d'état, soutenus par leur population, exercent une pression inverse afin que l'Ukraine demeure dans la sphère d'influence russe. N'y parvenant pas, la Russie a d'abord récupéré la Crimée et a ensuite déclenché l'épreuve de force séparatiste en envoyant des commandos sur place soutenir la partie russophone de la population d'Ukraine.
Que le Boeing MH 17 ait été abattu intentionnellement ou que ce soit une bavure,  les 298 personnes et membres de l'équipage qui sont morts sont les victimes de la lutte d'influence que se livrent les grandes puissances en Ukraine et dans cette partie d'Europe de l'est.


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