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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1119 du 11 octobre 2014/Quatrième page

Quatrième page

Haïti : mort d'un dictateur sanguinaire

Jean Claude Duvalier est mort le 4 octobre d’une crise cardiaque, dans son lit à Pétionville. Rien à voir avec la mort dans les souffrances qu’ont enduré des milliers de prisonniers qui ont croupi dans les cachots de Fort Dimanche durant la dictature de J-C Duvalier entre 1971 et 1986. On l'appelait aussi "baby doc" par référence à son dictateur de père qui l'a précédé et qui, médecin, était appelé "papa doc". C'est lui qui avait créé entre autres les milices de répression sanguinaires : les tontons macoutes légués ensuite à son fils. Désignés comme opposants à la dictature, des paysans, des pauvres, des travailleurs, des intellectuels, des habitants de quartiers qui relevaient la tête, ont été livrés aux griffes des tontons macoutes et ont fini dans les tortures. Jean Claude Duvalier n’aura pas à répondre de ces crimes. «Un autre dictateur est mort sans avoir été jugé» disent les défenseurs des droits de l’homme. Ce n’est que le constat de l’hypocrisie de la justice au service de la bourgeoisie. Duvalier n’a pas été jugé car la bourgeoisie ne voulait pas qu’il soit jugé ! Depuis son retour en Haïti, Baby Doc a joui d’une impunité de fait soutenue par la clique au pouvoir. Les politiciens du camp de Martelly, l'actuel président, les anciens barons duvaliéristes reconvertis en patrons d’entreprise, en propriétaires terriens, les grandons, (gros propriétaires terriens), les officiers de Justice, les anciens officiers de l’armée ont tissé un filet de protection autour de lui. Ils orchestraient un retour politique, aux commandes du pays, sinon de lui-même, au moins de ses partisans, sur la lancée de Martelly. Martelly, connu pour être proche des Duvalier, a fait son éloge en déclarant : «en dépit de nos querelles et de nos divergences, saluons le départ d’un authentique fils d’Haïti». Les politiciens de tout bord, l’Église, la magistrature, attendent pour venir saluer un des leurs, lors de funérailles nationales. C’est la reconnaissance des classes dirigeantes pour un de ceux qui les a servis à la suite de son père en pressurant la classe laborieuse. De même on pourra voir l’hypocrisie des dirigeants américains qui ont supporté Duvalier père et Fils jusqu’en 1986 et n’ont reculé que devant la colère de la population pauvre. Y sera associée l’hypocrisie des gouvernements français qui ont accueilli Baby Doc et lui ont permis de vivre à l’aise en dépensant les millions accumulés sur le sang des travailleurs haïtiens. Les travailleurs, les paysans, les pauvres des quartiers ne reconnaissent pas de «fils d’Haïti», ils connaissent l’exploitation par les patrons, les propriétaires terriens, les bourgeois. Ils connaissent la répression par les forces armées au service du pouvoir, qu’elles se nomment police, armée ou tontons macoutes. Les exploités savent que c’est en rassemblant leurs propres forces et en construisant leur parti qu’ils pourront rendre les coups aux exploitants bourgeois et à leurs associés et pourront juger les dictateurs et leurs sbires.


Espagne : Il y a 80 ans, la commune des Asturies.

Le 5 octobre 1934, les mineurs des Asturies se lançaient «à l’assaut du ciel» et prenaient le pouvoir dans cette province du nord de l’Espagne. Pendant 15 jours, ils tinrent tête à l’armée et à la garde civile envoyées par le gouvernement pour les réprimer. Cette insurrection ouvrière annonçait le grand sursaut de luttes que les travailleurs d’Amérique, de la Caraïbe et d’Europe allaient bientôt opposer partout à la crise mondiale. Au début des années 1930, l’Espagne est un pays arriéré où la majorité de la population est constituée de paysans pauvres, souvent sans terres. Mais en Catalogne, aux Asturies et au Pays Basque autour des mines et de la sidérurgie, et dans le centre du pays près de Madrid, une industrie moderne s’est développée. La classe ouvrière espagnole a déjà un riche passé de luttes lorsque la crise économique frappe. Elle s’est dotée de puissantes organisations : le CNT, syndicat anarchiste, l’UGT dirigée principalement par le Parti socialiste ouvrier d’Espagne (PSOE, issu de la 2e Internationale) et diverses petites organisations politiques qui se réclament de la Révolution russe – du PC staliniste au Bloc ouvrier et Paysan en passant par la «Gauche communiste», plus ou moins proche des idées de Trotsky. En 1931, les travailleurs ont été le fer de lance de la vague de manifestations et de grèves qui firent tomber la monarchie d’Alfonse XIII et débouchèrent sur l’instauration d’une république bourgeoise. Très vite, les dirigeants du PSOE – notamment Largo Caballero – montreront leur vrai visage : celui de traitres qui ne participent au gouvernement que pour mieux calmer les travailleurs, les empêcher de menacer les profits de la bourgeoisie espagnole et aider cette dernière à réprimer les grèves dans le sang. En 1934, croyant la classe ouvrière démoralisée, la bourgeoisie chasse finalement le PSOE du gouvernement et choisit de s’appuyer sur les partis de la droite républicaine et de l’extrême droite fascisante : la CEDA de Gil Robles. À l’appel de la Gauche communiste, des organisations originales – les Alliances ouvrières – vont voir le jour d’abord en Catalogne, au Pays Basque et aux Asturies : elles regroupent les organisations ouvrières aussi bien syndicales que politiques. Pendant des mois, les dirigeants du PSOE vont menacer d’organiser une grève générale et une insurrection ouvrière si des ministres de la CEDA entrent au gouvernement. Ils cherchent ainsi à redorer leur blason et à inciter la bourgeoisie à les faire revenir à la mangeoire… tout en sabotant les Alliances ouvrières. Cela constitue d’ailleurs un prétexte qui permet aux anarchistes de la CNT, par «antimarxisme», de refuser d’y participer. Mais aux Asturies, la classe ouvrière, tout comme ses militants, prennent au sérieux la nécessité d’opposer la révolution à la montée du fascisme. L’Alliance ouvrière (AO) y regroupe aussi bien les militants communistes révolutionnaires, les anarchistes et les membres les plus combattifs et sincères du PSOE et de l’UGT. Et faute de voir arriver les armes promises par Caballero, elle prépare l’insurrection. Le 5 octobre 1934, comme l’écrit un des dirigeants de l’AO, Manuel Grossi Mier : «Tout est prêt. Il ne reste plus qu’à appliquer une allumette à la mèche de la révolution. Nous l’appliquons sans hésiter, le geste grave mais avec la ferme volonté de vaincre». Rapidement, des unités de mineurs en armes prennent les casernes et après plusieurs jours de combats violents, s’emparent de toute la région, fermement convaincus que le reste du pays s’est, comme eux, soulevé. Mais le PSOE a bien sûr annulé l’ordre d’insurrection partout ailleurs et la CNT n’a pas levé le petit doigt. Le gouvernement ouvrier créé par l’AO aux Asturies est isolé, laissant à la république bourgeoise la possibilité d’envoyer des troupes de tout le pays pour l’écraser. Pendant 15 jours, les travailleurs luttent héroïquement. Lorsque les munitions viennent à manquer, ils utilisent les usines confisquées au patronat pour inventer de nouvelles armes à partir de l’outil de travail principal des mineurs : la dynamite. Au final, la répression sera à la mesure de la peur ressentie par la bourgeoisie : près d’un millier d’ouvriers sont tués et plus de 27 000 sont arrêtés et déportés. Mais 17 ans après la Révolution russe, ils ont rappelé à leurs frères du monde entier : «souvenez-vous : oui, nous pouvons prendre le pouvoir».


La mobilisation empêche l'expulsion d'un émigré haïtien à l'aéroport !

Samedi dernier, plusieurs émigrés haïtiens ont fait irruption côté piste de l'aéroport régional de Pointe-à- Pitre pour protester contre les conditions dans lesquelles un de leurs compatriotes, vivant et travaillant en Guadeloupe depuis 10 ans était expulsé. Ce qui a redoublé leur colère c'est de constater que leur ami était battu par la police sur le parking avion. Il n'empêche qu'au dernier moment la manifestation et la colère de ses amis ont empêché l'expulsion. ! Bravo ! LA POLICE : DURE AVEC LES FAIBLES ET MOLLE AVEC LES DURS ! La police fait trop souvent preuve d'un grand zèle pour tracasser les émigrés haïtiens et d'un zèle bien moins grand contre les bandes de délinquants criminels armés qu'ils craignent ! Faire son travail OK, mais est-on obligé d'en rajouter dans la répression, surtout à l'égard de nos frères haïtiens qui travaillent en Guadeloupe pour se sortir de la grande misère qui règne dans leur pays ? HONTE AU JOURNALISTE DE GUADELOUPE PREMIÈRE ! HONTE AUX GUADELOUPÉENS XÉNOPHOBES ! Le journaliste qui a fait le commentaire sur les incidents de l'aéroport au JT de 19h30 n'a eu comme seul souci que «la sécurité des voyageurs». Alors qu'il n'y avait pas lieu. Il n'a pas dit un mot sur cette expulsion scandaleuse et sur le désarroi des émigrés haïtiens. Tout comme lui, une passagère guadeloupéenne a protesté contre le fait que les Haïtiens aient pu franchir les barrières de police. Aucune défense, aucun mot de sympathie n'est sorti de leur bouche envers les immigrés.


Martinique : Réunion publique de COMBAT OUVRIER

Mardi 28 octobre 2014 à 18H30
Lieu : AMEP route de Redoute Thèmes :
La barbarie des djihadistes et celle des grandes puissances
La situation sociale et politique en France
La situation sociale et politique en Martinique

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