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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1119 du 11 octobre 2014/Troisième page

Troisième page

Air France : Fin de la grève des pilotes, recul de la direction et du gouvernement

À l'appel du syndicat majoritaire SNPL, après 14 jours de grève, les pilotes d'Air France ont repris le travail le 28 septembre. Malgré le battage médiatique, malgré les déclarations de Valls, qui a tenté d'avoir le dernier mot, en tenant des propos forts pour tenter de faire croire qu'il n'avait pas cédé, les pilotes ont fait reculer la direction sur son projet low cost de Transavia Europe Car avec cette nouvelle branche de Transavia, la direction aurait pu employer des pilotes au statut d'un autre pays, nettement moins avantageux. Les pilotes ont marqué un premier point, même s'ils n'ont pas imposé l'ensemble de leurs revendications. Pour cela, il aurait fallu que les travailleurs d'Air France qui subissent les plans sociaux successifs ne se contentent pas d'observer les autres catégories en lutte, en ressassant rancunes et rivalités. Mais ils ne pourront compter que sur leurs forces, car les directions des syndicats, la plupart du temps soumises à la direction et à ses exigences, choisissent de cultiver les antagonismes entre salariés pour justifier leur passivité, cautionnant les choix des dirigeants de la compagnie.


Martinique: Ouvriers agricoles : une direction qui a dû rabaisser son caquet

Les lundi 22 et mardi 23 septembre, sur l’habitation Chalvet à Basse Pointe, tous les ouvriers de la société Le Verger se sont mis en grève. Depuis un certain temps, sur cette habitation dont le patron est Bertrand Aubéry, le climat est très tendu entre les ouvriers et le directeur, un jeune venu de France il y a plus de 4 ans. Cette entreprise compte 40 ouvriers en CDI et 9 en CDD, et les conditions de travail aussi bien dans le hangar que sur les champs sont insupportables. Des ouvriers (femmes ou hommes) ont voulu dire à ce monsieur qu’ils sont fatigués, qu'ils n’en peuvent plus. En effet, ce directeur cherche par tous les moyens à imposer sa loi à tout le monde. Ainsi, il exerce quotidiennement des pressions sur les ouvriers, notamment sur les délégués du personnel CGTM qui refusent d’être traités de la sorte et ne se laissent pas marcher sur les pieds par ce directeur. Représentant la bouche, l’œil et les oreilles du patron, ce monsieur veut montrer qu’il est le seul organisateur, le seul à décider, et tout le monde doit exécuter. Hé bien il est tombé sur un os, car fatigués, exaspérés, et surtout révoltés, les ouvriers ont arrêté le travail pour lui montrer qu’ils ne sont pas «des chiens», comme ils le disent eux-mêmes. La direction voulait à tout prix, faire passer en force ses décisions : augmenter la charge de travail des ouvriers et augmenter les cadences de travail. Elle voulait également imposer des assemblages de palettes et non une quantité de cartons par container, comme le prévoit la convention collective des ouvriers agricoles de la Martinique, convention que cette direction n’applique même pas. Auparavant, les ouvriers devaient réaliser 15 palettes. Chaque palette est composée de 54 cartons et 8 rangées de cartons de bananes. Chaque carton pèse 18 kg. Pour le patron et son petit chef, il n’y avait pas assez de profits réalisés. Sans même avoir au préalable consulté les délégués du personnel, ils ont donc décidé d’augmenter de deux palettes et demie par jour, soit 17 palettes et demie, et en plus de rajouter une rangée de cartons sur chaque palette. Et lorsque les délégués du personnel ont voulu interroger le directeur à propos de cette augmentation de tâche, la réponse de ce monsieur a été de leur dire : «ce n’est pas votre problème, c’est comme çà et rien d’autre. Je n’ai pas besoin de votre avis», sur un ton autoritaire et menaçant. De jour en jour la situation devenait de plus en plus tendue. Et les ouvriers sentant que les choses allaient tourner au vinaigre ont décidé en assemblée générale d’arrêter le travail. Face à la détermination des ouvriers, le gérant et le directeur ont finalement accepté de recevoir le mardi matin 23 septembre les délégués du personnel (DP), accompagnés de M.H Surelly, responsable de la Chambre syndicale des ouvriers agricoles accompagnée d’un autre représentant de la confédération CGTM. Après une matinée houleuse, le directeur a fini par reconnaître ses torts, à savoir qu’il s’était imposé de façon autoritaire et sans respect vis-à-vis du personnel et des délégués. Les représentants du personnel lui ont aussitôt demandé de s’excuser auprès des ouvriers mobilisés. Pour eux, c’était aussi une façon de lui faire reconnaître qu’il était responsable du blocage du travail et qu’à ce titre aucune sanction pour fait de grève ne devait être prise contre les salariés. Accompagné du gérant, il s’est bien excusé devant l’ensemble du personnel, mais dans un premier temps, les deux ont fait bloc pour ne pas payer les jours de grève. C’est alors que les ouvriers qui avaient supporté depuis des mois des pressions, se sont exprimés à tour de rôle et ont reproché très vivement au directeur son comportement. Voyant que les travailleurs n’étaient pas prêts à céder, le gérant a fini par accepter de payer une journée de grève sur les deux. Finalement un protocole de fin conflit a été signé. Il stipule : • Que le directeur arrête de se comporter de façon autoritaire vis-à-vis des ouvriers. • Qu’il accepte de discuter au préalable avec les délégués du personnel concernant l’organisation du travail. • Que les conditions de travail et les mesures d’hygiène et de sécurité soient respectées. • Que les ouvriers qui font la découpe des régimes de banane au hangar soient payés une heure supplémentaire. • Une réunion extraordinaire des DP a été fixée le lundi 6 octobre, pour discuter du respect de la convention collective, et de l’organisation du travail. Le directeur arrogant a dû ravaler sa morgue. Les ouvriers ont tiré la leçon qu’on ne respecte que ceux qui savent se défendre. Ils restent vigilants


Martinique : Pour que la mobilisation du 16 octobre soit la plus large possible !

Lors de sa réunion du mardi 30 septembre 2014, la Commission exécutive de la CGTM a décidé de s’associer à l’appel à la journée d’action interprofessionnelle du 16 octobre prochain lancée par la CGT pour s’opposer à la politique d’austérité du gouvernement Hollande-Valls. En effet, la discussion sur la loi de financement de la Sécurité sociale commencera au Parlement français ce jour là. La CGT française s’adresse en particulier aux travailleurs des établissements de santé, publics et privés, à ceux des centres médico-sociaux, à ceux des mutuelles ou de la Sécurité Sociale concernés au premier chef par les coups de rabots qui seront portés au budget de la Sécurité sociale 2015. La CGTM pour sa part s’adresse à l’ensemble de ses adhérents et au-delà, à l’ensemble des travailleurs, des jeunes et aussi des retraités, tous victimes des nouvelles mesures de restriction annoncées - la baisse de la prime à la naissance (actuellement de 923 euros), qui sera divisée par trois à compter du deuxième enfant, et une réforme du congé parental, aggravation de la misère des hôpitaux, baisse des remboursements des médicaments. Pour l’heure, la Commission exécutive appelle les différentes sections de la CGTM à déterminer quelles seront les formes de mobilisation prises durant cette journée. Certes une journée de mobilisation ne peut faire reculer le gouvernement Hollande-Valls déterminé à prendre dans la poche des plus pauvres pour servir les riches et les possédants. Pour cela, il faudrait une réaction collective et massive de l’ensemble du monde de travail. C’est néanmoins une occasion à saisir pour que des militants ouvriers et des travailleurs descendent dans la rue pour dire leur colère contre le gouvernement. Nous appelons les militants et les sympathisants de Combat Ouvrier à participer aux rassemblements et manifestations qui seront organisés ce jour-là.


Martinique : Métallurgie : «Biométal, confiance totale»….dans la mobilisation !

Le mercredi 24 septembre, l’ensemble du personnel de l’entreprise de la métallurgie, Biométal s’est mis en grève. Les salariés étaient soutenus par leur section syndicale CGTM. Cette entreprise se situe dans la zone industrielle de la Semair au Robert. Elle compte une soixantaine de salariés. Depuis 1992, Biométal s'est développé et diversifié et compte une quinzaine de sociétés réparties en Martinique, Guadeloupe, Guyane, Trinidad, La Réunion et même Haïti. Mais le directeur de cette société, Michel Bellemare, continue d’avoir une attitude paternaliste envers les salariés, et les représentants du personnel. De plus, il veut leur faire croire que les affaires marchent mal. Alors qu’il semblerait que ses profits pour l’année 2013 se sont élevés à plusieurs centaines de milliers d’euros. De quoi arroser son principal actionnaire, le sieur De Lagarrigue. D’ailleurs, pour se glorifier, la direction inonde les chaines de télévision avec sa pub, ayant pour slogan : «Biométal, confiance totale». Ou encore sur son site : «Une équipe à votre service dont le seul but est la satisfaction de nos clients». Mais il faut croire que toute cette pub n’a pas séduit les salariés. Car après plusieurs réunions dans le cadre des NAO (Négociations Annuelles Obligatoires), la direction et son conseil d’administration ne voulaient rien céder sur les augmentations de salaires, sinon accorder des miettes. Elle a poussé à bout l’ensemble des salariés. Pour le lui faire savoir ils sont restés mobilisés toute la journée du mercredi 24 septembre. Finalement, en fin de journée, cette direction «grippe sous» a dû lâcher prise et accorder à tout le personnel une prime de fin d’année de 300 euros. Pour les salariés c’est une première satisfaction. Les salariés ont ainsi montré à leur direction qu’ils n’étaient pas dupes de ses messages publicitaires et qu’ils préféraient avoir une «confiance totale».... dans leur mobilisation.

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