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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1119 du 11 octobre 2014/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Fermetures de classes : les parents ont raison de protester !

ZoomFin septembre, après un mois d’école, de nombreux élèves de Guadeloupe ont appris que leur classe était supprimée par le rectorat. Dix fermetures ont été décidées, soi-disant pour permettre dix ouvertures ailleurs. Ces décisions iniques et tardives ont provoqué la colère des parents et des enseignants, à juste titre ! On arrive dans certaines écoles à des situations délirantes. Dans la commune de Sainte-Anne, deux écoles seront pourvues d’une classe… à 5 niveaux ! On croyait avoir tout vu en matière de casse de l’école publique, mais là le recteur s’est surpassé ! Comment une enseignante pourra-t-elle en même temps apprendre à lire aux enfants de CP, et préparer l’entrée en 6e des enfants de CM2 ? Elle n’y parviendra pas, malgré les discours du recteur qui prétend que les personnels sont formés pour cela. Et ce sont encore une fois les élèves qui vont faire les frais de cette politique d’économies de bouts de chandelles. Car c’est bien d’économies qu’il s’agit, au détriment de la réussite scolaire des enfants. Une fois que les enseignants du primaire ont été nommés, en fin d’année dernière, il restait 12 professeurs disponibles. Le recteur pouvait donc tout à fait ouvrir les 10 classes qui manquaient, sans pour autant fermer les autres. S’il a choisi de faire des suppressions, c’est uniquement pour se faire bien voir de ses chefs du ministère (et toucher une prime confortable au passage). Chaque année, des postes sont supprimés en Guadeloupe, comme en Martinique d’ailleurs. Après, il ne faut pas s’étonner que les élèves obtiennent de moins bons résultats que dans les autres académies ! Cette politique scélérate, enclenchée sous Sarkozy, s’est poursuivie sous Hollande. L’école publique est sacrifiée au nom de la rigueur budgétaire, toujours de mise pour les plus pauvres mais jamais pour les riches ! Les parents de Sainte-Anne et de Marie-Galante se sont mobilisés début octobre pour défendre l’avenir de leurs enfants. Ils prévoient d’autres actions dans les jours qui viennent. Ils ont raison, ce n’est que de cette manière qu’on peut mettre fin à la destruction organisée de l’école !


Montserrat : Élections législatives, vaines promesses aux électeurs...

L’élection de l’Assemblée législative de Montserrat s’est tenue jeudi 11 septembre 2014. Les 3 500 électeurs de l’ile, qui compte aujourd’hui 5 000 habitants, disposent chacun de 9 voix, pour élire 9 représentants parmi les 31 candidats. C’est le parti d’opposition, le PDM (Mouvement Démocratique populaire), dirigé par Donaldson Romeo, qui a remporté 7 sièges sur 9 et dirigera donc le nouveau gouvernement. Lors de la précédente élection en 2009, c’est le MCAP (Mouvement pour le changement et la prospérité) qui avait remporté 6 sièges sur 9. Le gouvernement était donc dirigé par un premier ministre de ce parti, Ruben Meade. Pour sa campagne électorale, le MCAP avait mis en avant les valeurs de «discipline, dur travail, responsabilité et communauté». Le PDM quant à lui se dit à l’écoute des «espoirs, désirs, volontés, ambitions et mêmes rêves» de la population. Son slogan repose sur les valeurs de «transparence, égalité, confiance, intégrité». L'île de Montserrat a été découverte en 1493 par Christophe Colomb qui l'a baptisée en référence, selon les sources, soit au massif de Montserrat, une montagne voisine de Barcelone, soit à l'Abbaye de Montserrat située dans ce massif. Elle fut colonisée par la France à partir de 1605, mais fut convoitée par la Grande-Bretagne dés cette époque. De la France, l'île gardera le nom de "Soufrière" pour sa montagne-volcan. Montserrat passa sous contrôle anglais en 1632. On peut voir les contours de Montserrat par beau temps de la côte sous le vent. Les fumerolles rejetées périodiquement par son volcan sont parfaitement visibles de la Guadeloupe. L’histoire récente de Montserrat a été en effet marquée par les deux éruptions du volcan la Soufrière, en 1995 et 1997. Auparavant, l’île comptait 12 000 habitants. Les deux tiers de la population ont du se réfugier dans la partie nord de l’île ou émigrer vers l’île voisine d’Antigua ou l’Angleterre (Montserrat est administrativement un Territoire d’Outre Mer du Royaume Uni). La moitié du territoire est inhabitable car recouverte de cendres. Montserrat fait encore aujourd’hui partie des paradis fiscaux, avec en particulier un grand nombre d’enregistrement de yachts de luxe. L’île était également célèbre dans les années 70 pour ses studios d’enregistrement musicaux, dont celui du producteur des Beatles. Plusieurs rock stars de l’époque y ont enregistré leurs albums. Mais la population dans sa majorité n’a pas tiré profit de la présence de ces célébrités. Elle se retrouve aujourd’hui concentrée sur un territoire exigu, disposant de peu de possibilités agricoles. L’île a reçu une aide de l’Europe en contrepartie de restrictions budgétaires. Les programmes de deux principaux partis qui rivalisent pour ces élections ne laissent prévoir aucune amélioration, sinon de vaines promesses. 


Martinique : les maires contre les employés municipaux.

Lors d’une conférence de presse organisée le 26 septembre, le président de l’association des maires avait appelé ses collègues à se montrer «déterminés» contre les employés municipaux en grève et à «faire front uni, surtout contre les blocages et barrages qui accompagnent le mouvement». Certains maires parlent de «méthodes de voyous» ou rajoutent «ce mouvement social n'est qu'un prétexte, car en réalité ce sont les élections professionnelles qui sont en jeu» .
DES MAIRES QUI MONTRENT LEUR VRAI VISAGE À LEURS ÉLECTEURS ET À LA POPULATION Du jamais vu. L’association des maires, représentée par Maurice Bonté, président de l'association et maire d'Ajoupa-Bouillon, soutenu par les maires de Rivière-Pilote, Basse-Pointe, Morne-Vert, Fonds-Saint-Denis, Anses d'Arlet, Rivière-Salée entre autres, a organisé une conférence de presse. C’était pour !!!, tenez-vous bien, s’en prendre aux agents municipaux en grève contre la mauvaise organisation de la réforme des rythmes scolaires. Ils ont été jusqu’à les insulter.

ILS VEULENT FAIRE CONCURRENCE AUX PATRONS EXPLOITEURS A plat ventre devant les gouvernements successifs, ces notables et serviteurs du patronat ne sont pas capables de se mobiliser pour protester contre la baisse des budgets de leur mairie, orchestrée par l’État et le gouvernement. Ils se taisent. Mais par contre ils augmentent les impôts locaux sur le dos de leurs administrés qui n’en peuvent déjà plus. Et ils ont le toupet de venir protester par-dessus le marché, contre des pauvres, des salariés qui défendent leurs droits et leur pain quotidien. En tout cas, leurs électeurs sont avertis. Toutes les belles paroles que ces messieurs profèrent durant les campagnes électorales ne sont que du vent.

LA RÉPONSE DES MUNICIPAUX NE S’EST PAS FAIT ATTENDRE Les propos insultants de ces maires n’ont pas entamé la détermination des employés municipaux. Leur mobilisation continue dans certaines mairies pour refuser la dégradation de leurs conditions de travail malgré la mise en place des «TAP»- temps d’activités périscolaires- et faire respecter par les maires leurs droits et les accords signés.


Martinique : Presse : Les victimes paient pour les coupables. Jusqu’à quand ?

Les mises en redressement judiciaire de la société WIPA qui exploite la télévision ATV et de France-Antilles Martinique ont des conséquences graves : des dizaines de suppressions d’emplois qui se traduiront pour certains par des départs anticipés à la retraite, pour d’autres par des ruptures négociées ou des licenciements secs. Mais les dirigeants responsables de cette situation ont toutes les chances d’être épargnés ! S’agissant de ceux qui exploitent l’enseigne ATV, les dirigeants sont connus au Tribunal de commerce de Fort-de-France. Parmi eux, Asselin de Beauville, ex Télé Caraïbes International (TCI), fervent défenseur de l’économie libérale et de l’initiative privée et virulent pourfendeur du service public qu’il voulait plumer. On sait ce qu’il est advenu de TCI : liquidée, avec des dizaines de salariés licenciés. La société qui a lancé la chaine ATV a connu le même sort et ce fut la même peine pour certains salariés : licenciements. Car les capitalistes qui possédaient respectivement TCI et ATV étaient en concurrence sur le même marché de la publicité. Une nouvelle société dans laquelle se trouvaient… Asselin de Beauville et Daniel Robin (Ets Croquet, Madiana, PPM) fut créée pour mettre tout le monde d’accord. C’est cette entreprise qui risque la liquidation le 14 octobre 2014. On a entendu les commentaires hypocrites de Asselin de Beauville faisant semblant de se soucier du sort des dizaines d’employés qui vont se retrouver sans emploi. Lui n’a jamais eu ce problème, car il est toujours retombé sur ses pieds après ses mésaventures, laissant sur le carreau des salariés qui lui avaient fait confiance. Quant à France-Antilles Martinique, une des sociétés du groupe Hersant, et étendard du groupe aux Antilles Guyane, c’est le même sort qui attend des dizaines de salariés. La société a été mise, à sa demande, en redressement judiciaire ce qui laisse toute latitude à l’employeur pour présenter un «plan social»: dit autrement des suppressions de postes. Ces deux situations sont des exemples révélateurs. Quand les choses vont «bien», les patrons parlent de «collaborateurs», «d’équipiers», de «grande famille». Mais quand les choses tournent mal, on parle alors de salariés qui deviennent des «variables d’ajustement» pour remettre l’entreprise à flot. C’est ça le monde capitaliste : les gros sacrifient les petits pour toujours continuer à sévir. Les travailleurs devront mettre fin à ce cycle infernal, en commençant par refuser les licenciements.

Le budget 2015 payé par la population au profit des patrons

En présentant le projet de budget 2015, le gouvernement Valls claironne qu’il veut faire des économies. Mais c’est avec la peau de la population qu’il prévoit ces économies. Il attaque d’abord en ponctionnant la Sécurité Sociale de 9,6 milliards : le budget alloué à la protection sociale est diminué. Plusieurs médicaments ne seront plus remboursés, le congé parental est remanié pour payer moins de jours aux parents et l’aide financière aux parents à la naissance ou pour les garderies est diminuée. Après les ménages, l’attaque porte sur les salariés. Ceux de l’État : leur nombre sera diminué de 1278, et le point d’indice des fonctionnaires sera gelé. Le financement des ministères et des agences sera diminué. L’État économisera ainsi 7,7 milliards. Quant aux collectivités locales leurs dotations seront rabotées de 3,7 milliards d’euros. Toutes ces «économies» pour pouvoir servir la soupe au patronat. Les entreprises profiteront d’une réduction des impôts et de certaines taxes spécifiques sur les sociétés : le montant total de ces ristournes atteindrait 20,3 milliards d’euros l’année prochaine. Pour compléter ces cadeaux aux patrons, la population sera taxée plus globalement par des impôts indirects. Le carburant pour commencer augmentera de deux centimes par litre avec la taxe sur le diesel, ensuite la Poste qui annonce une hausse de 7 % en moyenne de ses tarifs au premier janvier 2015. Quant à la redevance audiovisuelle, elle augmentera de 3 euros (133 à 136 euros), un scénario déjà vu ! Alors l’affirmation que les impôts n’augmenteront pas ne trompera que ceux qui veulent croire en ce gouvernement. Pour les autres ils ne sont pas dupes, ce budget est encore une manœuvre pour renflouer les patrons sur le dos des travailleurs.

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