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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1119 du 11 octobre 2014/Première page

Première page

Editorial : Les "bilans truqués et les sans visages"

ZoomLe titre de cet éditorial est emprunté à celui d'une célèbre rubrique de « L'Étincelle », journal du parti communiste guadeloupéen, écrite par un militant du nom de Siméon Pioche dans les années 50 et 60. Il démontrait, chiffres en main comment ceux qu'on ne voyait jamais, les capitalistes (les sans visages) de la canne trompaient les petits planteurs et les ouvriers agricoles. Aujourd'hui, ce titre colle encore très bien aux magouilles de l'État et des capitalistes contre les travailleurs. Le gouvernement a annoncé une baisse de 11 milliards des dotations de l'État aux collectivités pour la période 2015-2017. Deux raisons motivent ces baisses selon le gouvernement : réduire les déficits publics, et surtout trouver des milliards à donner aux patrons pour que ceux-ci créent soi-disant des emplois. C’est ce que font semblant de croire Hollande et ses ministres. Bien des besoins impérieux dans la vie quotidienne de la population ne seront pas satisfaits. Les régions de Martinique et Guadeloupe n'y échapperont pas. Baisse des dotations pour les collectivités signifie attribution de CICE (Crédit d'impôt compétitivité-emploi) aux patrons qui percevront, eux, beaucoup d'argent en plus. C’est le cas par exemple en Martinique de Géant Batelière (Groupe Ho Hio Hen) qui a perçu 108 000 euros au titre du CICE, mais qui l’a utilisé pour... payer ses fournisseurs. Dans d’autres entreprises, ce CICE vient arrondir les dividendes versés aux actionnaires. «Mon véritable adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance » avait déclaré le 22 janvier 2012 au Bourget Hollande, alors en campagne ! Depuis, le dit "adversaire" est devenu "l'ami" déclaré... L'État est au service des capitalistes par l’intermédiaire de ses hommes de main Hollande et Valls qui ont succédé aux Sarkozy-Fillon, les hommes de main précédents. Autre preuve de ce pouvoir des riches : le racket de la bourgeoisie sur les cotisations sociales : la Cour des comptes, elle même, a estimé que la fraude patronale sur les cotisations sociales s'élevait de 16 à 25 milliards d’euros aujourd'hui. Le patronat utilise toutes sortes d’artifices pour ce faire. Il n’hésite pas à embaucher des travailleurs « au noir ». Le fait que les lois de protection sociale et que les salaires ne soient pas les mêmes partout en Europe, permet aussi à la bourgeoisie de s’en mettre plein les poches. Les travailleurs « détachés » bénéficient du droit du travail du pays d’accueil et de la sécurité sociale du pays d’origine. Les entreprises abusent de cette main d’œuvre étrangère pour payer des cotisations moins élevées et pour détourner les lois européennes en ne respectant pas le droit des travailleurs. Les capitalistes fraudent encore en ayant recours à la sous-traitance et à de faux statuts. Ils vont jusqu’à contraindre leurs employés à prendre le statut de travailleur indépendant plutôt que celui de salarié. Le montant des cotisations non payées par les patrons fraudeurs couvrirait donc largement le « trou » de la Sécu qui est de 16,2 milliards en 2013. Si on ajoute à tout cela les 50 milliards d'impôt que les riches s'arrangent pour ne pas payer en s'installant en Belgique ou dans d'autres paradis fiscaux avec la complicité de tous les gouvernements, on mesure l'ampleur de la fraude opérée par les riches. Cela n'empêche pas Rebsamen, ministre du travail de pointer du doigt la soi-disant fraude des chômeurs, et au gouvernement de parler maintenant de baisse des allocations chômage, tout cela ajouté à bien d'autres mesures qui étranglent les classes populaires. Oui, on fait bien les poches des pauvres pour grossir celle des riches ! Les premiers ne l'accepteront pas éternellement.


Martinique : Les agents municipaux toujours mobilisés, toujours déterminés !

Démarrée le 16 septembre dernier, la grève des agents municipaux affiliés à la CGTM-SOEM s’est poursuivie par communes tout au long de ces deux dernières semaines. Des négociations ont eu lieu dans la plupart des communes. Les agents municipaux étaient en grève pour obliger les maires à respecter leurs droits lors des réorganisations entrainées par la réforme des rythmes scolaires. Ils exigeaient qu’il y ait des négociations réglementaires dans le cadre des instances paritaires, mais aussi des avancées sur leurs différentes revendications : mise en place du document unique sur les risques professionnels, titularisations, prime de départ à la retraite pour les petits salaires, remplacement de départs à la retraite. Lorsque le maire refusait de les recevoir les grévistes, des mobilisations plus importantes ont eu lieu. Des barrages étaient dressés devant les locaux techniques, les cantines ou écoles. Cela a été le cas particulièrement avec la nouvelle mairesse PPM de Basse-Pointe, qui a été jusqu’à dire que le syndicat avait des méthodes de «macoutes». Le 22 septembre, à Ducos, les agents ont été rejoints par une cinquantaine de parents d’élèves. Ceux-ci ont débarqué avec leurs enfants qui ont transformé durant quelques heures la mairie en salle de jeu. Devant le mécontentement qui s’amplifiait, le maire a accepté de recevoir les agents et de prendre en compte leurs doléances. Les barrages mis en place devant la mairie ou certaines écoles ont été levés et les écoles ont été ré ouvertes. Entre le 16 et le 24 septembre, les agents municipaux de Case-Pilote étaient eux aussi mobilisés. Les revendications concernaient non seulement l’organisation des TAP (Temps d’activités périscolaires), mais aussi la baisse de la prime de service des agents, et plusieurs autres points tels la suppression de postes, ou le non-remplacement des départs en retraite, le gel d'avancement dans les grades. Ces mesures restrictives concernant une majorité de salariés les moins rémunérés, avaient été votées lors du conseil municipal du 11 septembre pour suivre les préconisations de la Cour régionale des comptes. Mais face à la détermination des agents à laquelle pouvait s’ajouter le mécontentement des parents d’élèves mais aussi des administrés frappés par l’augmentation des impôts locaux, les élus se sont finalement ravisés. Un nouveau conseil municipal a été fixé le lundi 29 septembre et a annulé ces mesures. Les 24 et 25 septembre ce sont les policiers municipaux de Fort-de-France qui ont fait grève suite à l’agression de l’une des leurs. Ils dénonçaient également les mauvaises conditions de travail qui aggravent l’insécurité à laquelle ils font face et la vétusté de leur local. A ce jour, des négociations sont toujours en cours ou doivent avoir lieu à Sainte Anne, au François ou à Basse Pointe. Les agents municipaux ont montré leur détermination pour arracher leur dû et en ont assez de voir leurs revendications renvoyées aux calendes grecques. Ils ne cèdent pas aux sirènes, aux jérémiades, voire aux insultes de maires. Cette détermination est un exemple pour tous les autres travailleurs.


Basse-Terre : Rassemblement de soutien des travailleurs de la banane devant le Tribunal et délégation à la préfecture...

Le mardi 7 octobre vers 8h30, près d'une centaine de personnes (en grande majorité des travailleurs de la plantation SA-Bois debout) se sont rassemblées devant le Tribunal de Basse-Terre. Elles étaient là pour apporter leur soutien à la femme et aux enfants de Simon Georges, décédé le 26 juin 2009 suite à un accident du travail sur la plantation SA-Bois Debout. La femme de S. Georges a en effet fait appel de la décision du Tribunal Correctionnel qui en première instance n'a pas reconnu la mort de son mari comme accident du travail. Le Tribunal a décidé de reporter l'affaire au 16 décembre prochain. Par la suite, les travailleurs de la banane se sont regroupés devant la préfecture pour demander à la préfète d'intervenir pour faire démarrer des négociations entre les représentants des patrons du secteur et ceux du syndicat CGTG-Banane. Une délégation a été reçue. La préfète a promis de tout mettre en œuvre pour que ces négociations s'engagent . Tract diffusé par le syndicat CGTG Banane TOUS EN GRÈVE LE MARDI 07 OCTOBRE 2014 Le syndicat des Ouvriers Agricoles de la Banane affilié à la Confédération Générale du Travail de la Guadeloupe est mobilisé aujourd’hui pour dénoncer les injustices et exiger de meilleures Conditions d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail. Simon est décédé à la suite d’un Accident du Travail survenu à la SA BOIS-DEBOUT le 26 juin 2009. Le procès en appel intenté par la veuve de notre camarade contre la SA BOIS-DEBOUT a lieu ce jour. Lors du procès en première instance, les Juges de la Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande-Instance de Basse-Terre n’ont pas reconnu l’Accident du Travail et ont mis la mort de Simon sur le compte de la maladie et de ce fait, la SA BOIS-DEBOUT et Louis DORMOY ont été relaxés. En un mot, les Juges, qui ont pourtant reconnu les manquements graves de la SA BOIS DEBOUT et de DORMOY, accusent Simon d’avoir eu le tort de se présenter au travail ce 26 juin 2009 ! NOUS RAPPELONS QUE LA SA BOIS-DEBOUT C’EST : PLUS DE 10 MORTS EN 25 ANS, PLUS DE 47 ACCIDENTS DU TRAVAIL PAR ANNÉE DONT PLUS DE 20 AVEC ARRÊT DE MALADIE. Les Juges estiment avoir un doute sur les causes de la mort de notre camarade. Curieusement, ces derniers n’ont jamais imposé au ‘’Docteur’’ DAMASE de leur fournir son rapport d’autopsie. Et dire que cet individu est médecin expert auprès de la Cour d’Appel ! Y A-T-IL ANGUILLE SOUS ROCHE ? Nous précisons que l’Inspecteur du Travail a établi que la SA BOIS-DEBOUT était en totale infraction notamment : - Pas de respect des règles de sécurité ayant causé l’accident du travail mortel ; - Pas de mise en place d’un Comité d’Hygiène et de Sécurité et des Conditions de Travail ; - Pas de document unique d’évaluation des risques professionnels. SIMON N’EST PAS UN COUPABLE MAIS BIEN UNE VICTIME DE L’INCURIE ! SIMON N’ETAIT PAS UN CHIEN ! NOUS SOMMES SOLIDAIRES DE LA FAMILLE DE SIMON. Nous profitons de cette journée pour exiger que les planteurs de bananes engagent sérieusement des négociations sur les Conditions d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail. Ces négociations doivent prendre en compte toutes les conclusions du rapport d’Expert désigné par le Comité d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail de la SA BOIS-DEBOUT. NOUS DÉNONÇONS L’ATTITUDE SCÉLÉRATE ET CRIMINELLE DU PATRONAT. Aussi, pour contraindre, d’une part, la SA BOIS-DEBOUT, et, d’autre part, tous les autres patrons à négocier sérieusement sur nos Conditions d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail, MOBILISATION LE MARDI 07 OCTOBRE 2014 A 08H30 DEVANT LE PALAIS DE JUSTICE DE BASSE-TERRE.

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