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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1115 du 12 juillet 2014/Quatrième page

Quatrième page

Haïti : Décès de L. Manigat, un démagogue serviteur de la bourgeoisie

Le 27 juin, Leslie Manigat est mort à l'âge de 83 ans. La presse a souligné qu’il a été le premier président civil élu après la chute de Duvalier. En tant qu’ancien président d’Haïti, il a eu droit à des obsèques nationales et 3 jours de deuil. C'est une génération de la petite bourgeoisie surtout qui a gardé en mémoire celui qui avait créé le RDNP  (Rassemblement Démocrates Nationaux Progressistes), ainsi que le professeur agrégé reconnu en Europe et en Amérique du Sud. Pour cette petite bourgeoisie haïtienne, il était le type même de "l’élite haïtienne" qui devait diriger le pays.
Le massacre de la ruelle Vaillant  
Candidat à la présidence de la république, Manigat restera dans la mémoire de la population pauvre celui qui a cautionné le massacre de la ruelle Vaillant lors de l'élection du 29 novembre 1987.
Alors que les électeurs, bravant les menaces des militaires et des macoutes, étaient en file devant les bureaux de vote, ils ont été attaqués par des civils armés qui tiraient sur tout ce qui bougeait. On apprenait ensuite qu’il s’agissait de militaires. L’attaque a été particulièrement violente au bureau de la ruelle Vaillant à Port au Prince. Après avoir tiré sur la foule, les militaires ont envahi le local pour terminer leur massacre à la machette faisant 27 morts et une centaine de blessés. Les élections furent annulées par le Conseil Électoral Provisoire. Manigat fut élu lors du scrutin reporté  en février 1988.
Les habitants des quartiers populaires, les pauvres, les travailleurs avaient pensé que les élections amèneraient la démocratie, ils tombèrent victimes de cette illusion.
LUTTES populaires APRÈS LE RENVERSEMENT DE DUVALIER 
Après avoir renversé J-C Duvalier en février 1986, les pauvres des quartiers n’avaient cessé de se battre pour avoir le droit de s’exprimer et avoir une Constitution. Ils avaient participé massivement au référendum sur la Constitution le 29 mars 1987 qui disait que «makout pa ladan», interdisant aux anciens macoutes et partis liés à Duvalier de se présenter à des élections et à des postes au gouvernement.
Le CNG (Conseil National de Gouvernement) mis en place à la chute de Duvalier avait réussi à empêcher une explosion populaire après le «déchouckage» de J-C Duvalier. La population jugulée, la bataille pour le pouvoir se déroulait entre les militaires et amenait des coups d’état régulièrement. Les généraux Namphy et Regala maintenaient leur joug à travers une répression dont le symbole était «les chevaliers de nuit» ou «les vert olive», des bandes d’hommes armés qui terrorisaient les quartiers populaires.
Mais la population n’était pas pour autant totalement soumise. Elle répliquait par de grandes manifestations devant lesquelles l’armée était impuissante. Dans certains quartiers, des brigades de vigilance étaient formées. Elles surveillaient le quartier, prévenaient en cas de danger et ripostaient avec leurs moyens. Bien que la population des quartiers n’ait pas réussi à s’armer, cette force potentielle constituait une menace pour la junte militaire de Régala et Namphy. C’est cette poussée qui a contraint ces derniers à passer par une élection dite démocratique.
La bourgeoisie locale avait des politiciens prêts à se mettre aux ordres. Même la bourgeoisie internationale jouait le jeu de l’apaisement électoral, à l’instar du gouvernement américain qui supportait son poulain Marc Bazin.
Quant au Parti Communiste Haïtien (PUCH- Parti Unifié des Communistes Haïtiens), ses dirigeants avaient refusé de prendre la tête de la population en colère pour l’organiser et l’amener à une autre étape dans la lutte, pas seulement contre les macoutes ou l’armée mais aussi contre la bourgeoisie. Le PUCH s’était aussi rangé dans cette voie électorale, pipée d'avance, en renforçant, par la candidature de Théodore, le secrétaire général du PUCH, les illusions de la population.
Tous les candidats, Théodore compris, toutes les forces politiques qui les soutenaient, le Conseil Électoral Provisoire, tous savaient que les élections risquaient d’être remises en cause par l’armée. Mais aucun d’entre eux n’a averti clairement les masses populaires que le danger venait de l’État-major de l’armée et à plus forte raison, aucun n’a cherché à préparer les masses à se défendre, à s’organiser.
Pourtant, la  population des quartiers bravait  l’insécurité qui grandissait à l’approche des élections. La bourgeoisie commençait à s’inquiéter de la persistance de ces vagues de manifestations, qualifiant la période de «bamboche démocratique». La presse de cette bourgeoisie ne dit mot quand le général Régala décréta l’interdiction des brigades de vigilance montées dans les quartiers populaires pour défendre la population contre les attaques de nuit des «encagoulés». Ces attaques ne faisaient  pas  reculer la population des quartiers populaires qui le 29 novembre participa au vote. Celui-ci fut annulé à midi par le Conseil Électoral devant la violence des militaires.
 
MARIONNETTE DES MILITAIRES 
Le massacre de la ruelle Vaillant avait porté un coup aux espoirs démocratiques des masses qui, à partir de ce moment, dégoûtées, laissèrent les sommets de l’appareil d’État rivaliser pour le pouvoir. Les militaires organisèrent de nouvelles élections, le 17 janvier 1988. L’homme de paille qu’ils présentèrent fut Leslie Manigat, trois mois  après le massacre. 
La population ne se déplaça pas pour ces élections truquées, ces «élections malatchong». Il y eut à peine 5% de votants !  Manigat fut largement élu président et sa femme, Mirlande, élue sénateur.
A partir du 7 février 1988, où il prit ses fonctions, Manigat joua le rôle de président, exécutant les souhaits de la bourgeoisie et laissant les mains libres à l’armée. Fantoche  aux mains des militaires il fut renversé le 20 juin, 4 mois après, par le général Namphy, pour avoir voulu, en s’appuyant sur Régala, le mettre à la retraite. Il se réfugia  à Saint-Domingue.
Derrière ses  grandes phrases sur le  «patriotisme»,  «la nation» et  «l’avenir du pays»,  Manigat a été de ces hommes qui choisissent de servir la bourgeoisie contre la population laborieuse sous couvert de «défense de la démocratie». Mais même cela, les dictateurs militaires ne lui auront pas permis d'en réaliser le millième. Et en fait, Manigat aura servi à leur ouvrir la voie.
 
 


Moyen Orient : le terrorisme d’État en action

Prenant prétexte de l’assassinat de trois adolescents juifs en Cisjordanie,  l’État israélien organise le meurtre de Palestiniens dans le but de les terroriser et de les expulser de leur terre.  
Dès la découverte des trois corps le 30 juin, le premier  ministre B. Netanyahu a appelé à venger ces odieux crimes en désignant comme responsable le Hamas, parti politique et religieux qui domine la bande Gaza. Dans le même temps, il déclenchait une opération militaire «Gardien de nos frères» qui mobilise 7 000 hommes pour ratisser. Cette opération n’a fait qu’augmenter les exactions que subissent les Palestiniens. Obéissant au premier ministre qui leur demandait  «d’enlever leurs gants» pour faire le  boulot, l’armée d'Israël fit preuve de l’arbitraire le plus total. Elle a tué une dizaine de Palestiniens et arrêté 400  autres dont plusieurs parlementaires liés aux Hamas, sans donner la moindre justification. La ville d’Hébron a été fermée. Deux maisons de militants du Hamas désignés par l'armée comme auteur des crimes ont été dynamitées.
Excitée par les autorités, la population, en particulier la partie liée au milieu ultra-orthodoxe s’est jointe à la chasse aux Arabes. Un groupe de jeunes juifs a enlevé un jeune Palestinien arabe, l’a obligé à boire un carburant et après l’avoir enduit de ce même carburant, l’a brulé vif. Ouvertement de jeunes militaires postent sur le net le mot d’ordre «mort aux Arabes».
Face à Gaza administrée par le Hamas, et située très loin du lieu de l’assassinat des trois jeunes Juifs, Israël, masse des troupes et a rappelé 40 000 réservistes. Elles ont  bombardé des objectifs qu’elles déclarent «stratégiques». Ces bombardements font de nombreuses victimes au sein de la population. C’est le but recherché par l’État d’Israël. Faire peur aux Palestiniens, les humilier, les tuer ou les obliger à quitter la région pour réaliser le Grand Israël qui doit s’étendre des rives de la méditerranée à celles du fleuve Jourdain. Les Palestiniens résistent avec leurs faibles moyens, dont les roquettes. Des jeunes ripostent aussi à coup de pierre dans ce qui ressemble à une «intifada». Ces Moyens sont dérisoires face à ceux mis en œuvre par l’État hébreu : Avions, hélicoptères, drones, chars, arrestations, meurtres légaux, et marine de guerre.
Face à l'offensive meurtrière israélienne qui se déroule sous leurs yeux, les  gouvernements occidentaux  qui se prétendent démocrates, et qui se disent humanitaires,  protestent mollement. Ils se contentent de demander à Israël de retenir la main de son armée et de condamner les tirs de roquettes sur Israël.



Guadeloupe : PAWOL A TRAVAYÈ BANNANN (Plantations en Lutte)

FOURNITURE  DES  ÉQUIPEMENTS  DE  TRAVAIL : DORMOY  TRAINE  LES PIEDS  
La loi lui faisant obligation de fournir aux camarades des tenues de travail, bottes etc. et du matériel (coutelas notamment), la direction traîne les pieds.  
A ce jour, elle n’a fourni que 3 tenues de travail au lieu de 5 et des bottes. Elle refuse toujours de fournir les coutelas sous le prétexte que chaque travailleur aime choisir son type ou sa marque de coutelas.
Les camarades continuent à exiger l’intégralité des équipements et du matériel. Des discussions se poursuivent avec la direction.
 
C’EST  VALABLE  POUR TOUS
Les textes sur les conditions de travail font obligation aux patrons de fournir aux travailleurs les équipements et matériels de travail.
Mais comme toujours, nous savons que dès qu’il s’agit de dépenser pour améliorer les conditions de travail ou autre chose concernant les camarades, les patrons du secteur refusent.
 Alors il ne reste qu’une chose à faire : se réunir sur les différentes plantations, discuter du problème et taper du poing sur la table pour exiger équipements et matériels en quantités suffisantes.
Au moins cela  permettra de faire des économies.
 

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