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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1115 du 12 juillet 2014/Troisième page

Troisième page

Amérique Centrale : Mineurs ensevelis au Honduras

ZoomLe 3 juillet, 11 mineurs ont été ensevelis sous un glissement de terrain. Ils étaient à la recherche d’or dans une des cinquante mines artisanales d’El Corpus, sur la côte Pacifique, au sud du Honduras, près de la frontière du Nicaragua. Seuls trois d’entre eux ont été retrouvés, épuisés et déshydratés. Les autres ont peu de chance de survivre. Ces mines sont installées de façon très rudimentaire. Des sacs de terre et des bouts de bois soutiennent des tunnels instables dont la sortie peut être bloquée au moindre effondrement. Les mineurs équipés de simples pioches et d’échelles risquent chaque jour leur vie jusqu’à 200 m de profondeur. De tels accidents arrivent souvent.
Ce drame humain n’est qu’un aspect de la vie difficile de la population. Le Honduras a 8 millions d’habitants dont plus de la moitié a moins de 20 ans. Plus de 70% vivent en dessous du seuil de pauvreté, ce qui signifie : misère sordide, malnutrition, logements insalubres, forte mortalité infantile.
Les déclarations du président Juan Orlando Hernandez installé en janvier 2014, donnent une idée de la situation. Il promet en effet davantage de policiers pour réprimer les «maras», gangs de jeunes responsables de nombreuses actions criminelles. Il annonce aussi l’épuration de la police, où des éléments corrompus organisent trafics et autres crimes, en particulier le meurtre d’enfants des rues. Il parle aussi d’éliminer des juges pourris. Il fait appel dans ce programme à l’aide du Président Obama. Il déclare : pour les États Unis destinataires du trafic de drogue du Honduras, «ce n’est qu’une question de santé publique, pour nous c’est une question de vie ou de mort».
Mais ce programme ne s’attaque pas à la cause de ce marasme : les inégalités profondes au Honduras. A côté de la population pauvre existent les riches, propriétaires de grosses plantations de banane ou de café, honduriennes ou américaines, qui volent la terre des petits paysans, qui n’hésitent pas à tuer des centaines d’ouvriers pour ne pas avoir à les payer décemment. Ce sont les véritables responsables de la misère et des crimes dans ce pays. La tentation de s’enrichir par le trafic de drogue fait partie de cette exploitation par de grosses sociétés. C’est le combat contre l’exploitation qui seul viendra à bout de cette honteuse situation.



Cri d’alarme du secrétaire général du CARICOM

La 35 rencontre des chefs d’états du CARICOM (Caribbean Common Market-Marché commun de la Caraïbe) s’est tenue à Antigua et Barbuda, deux îles anglophones à proximité de la Guadeloupe.
Le secrétaire général de cette organisation, Irwin La Rocque, a mis en évidence les graves difficultés économiques qui affectent les pays membres, et exhorté les participants à trouver des solutions collectives pour y remédier. Le tableau qu’il dresse n’est pas surprenant : taux de croissance bas, absence de compétitivité internationale, lourd fardeau de la dette et revenus fiscaux en déclin. Il signale, autre évidence, que la crise économique et financière qui affecte ces pays, pas plus que les changements climatiques qui constituent un autre défi, ne trouvent leur source dans la région.
Le CARICOM est composé de 14 états membres, pour la plupart d’anciennes colonies anglaises : Antigua et Barbuda, les Bahamas, la Dominique, la Jamaïque, Grenade, Montserrat, Ste Lucie, St Vincent et les Grenadines, Trinité et Tobago, St Kits et Nevis, ainsi que Belize, Haïti, Surinam, Guyana et de 6 états associés.
Le passé colonial, puis l’accession progressive à l’indépendance ont entrainé l’éclatement des îles de la Caraïbes en une multitude d’états. Pour la plupart, la production agricole, principale ressource, est identique : canne à sucre et banane. Peu d’entre eux possèdent une petite industrie et des ressources minières, comme Trinidad et Tobago. Certains sont des paradis fiscaux.
La volonté d’échapper à cet émiettement a entrainé la constitution d’associations comme la Carifta (Caribean Free Trade Association – Association de Libre Échange de la Caraïbe), en 1965, à laquelle a succédé en 1973 le CARICOM. Elles correspondaient à la volonté d’écouler les produits locaux sur un marché plus vaste que le territoire national exigu, et d’éviter la concurrence. Des efforts ont été faits pour répartir les marchés et pour diversifier les productions en vue d’une complémentarité.
Pour organiser le commerce et favoriser les échanges entre états, il fallait aboutir à une suppression des barrières douanières, à la création d’une monnaie et d’une banque communes.
Mais ces états indépendants et pauvres dans leur majorité, sont des états capitalistes dans lesquels une bourgeoisie locale tient les rênes et ne veut rien sacrifier de ses prérogatives nationales. Cette contradiction générale du système, entre la nécessité de se créer des ouvertures sur les marchés extérieurs, et la volonté de ne céder que le minimum du leur, a été préjudiciable à l’intérêt collectif. De plus, leur politique a toujours été menée sous l'œil paternaliste de l'impérialisme américain hostile à tout mouvement pouvant échapper à son contrôle. On l'a bien vu avec l'invasion militaire de la Grenade  par l'armée américaine en 1983.
Seules certaines îles, surtout anglophones, ont adopté une monnaie commune, ainsi que quelques institutions financières. Quelques entreprises, comme la compagnie aérienne Liat, ont été soutenues par le budget de différents états. La volonté de constituer un véritable marché commun a ainsi été revue à la baisse.
Aujourd’hui la crise économique touche de plein fouet ces pays pauvres et surtout leur population, victime du chômage et souvent dans la misère. Quand le secrétaire général du CARICOM appelle des dirigeants bourgeois de micro-états capitalistes pauvres à trouver des solutions collectives à la crise, cela ressemble à un cri de désespoir. De plus, pour ces dirigeants, sortir de la crise ne signifie pas élever le niveau de vie de la population, mais permettre à l’économie capitaliste de prospérer. Pour sortir de la misère et s’organiser efficacement de façon collective en abolissant les frontières, la population de ces états n’a d’autre solution que de se débarrasser de ces parasites.



Guadeloupe : Succès du déjeuner champêtre de la CGTG

Le dimanche 6 juillet dernier, la CGTG organisait un déjeuner champêtre sur le site de l’habitation Dihal à Belleplaine aux Abymes. Il s’agissait pour elle de faire appel à la solidarité et au soutien des membres, militants et sympathisants du syndicat. Près de 300 personnes étaient présentes, sans compter ceux et celles qui ont versé leur contribution sans pour cela participer au déjeuner.
En effet, suite au procès intenté à la CGTG par Jean et Martin Huygues Despointes (actionnaires de l’hypermarché Carrefour-Milénis), parce que dans un tract, le syndicat avait affirmé qu’ils avaient construit leur fortune sur l’esclavage salarié et la traite négrière, un jugement du tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre a condamné la confédération CGTG et deux membres du syndicat CGTG-Carrefour Milénis à verser des dommages et intérêts d’un montant de 10 000€ à ces derniers.
Les huissiers n’ont pas tardé à faire une saisie attribution sans avertissement sur le compte de la confédération CGTG pour plus de 6000€ et sur ceux des deux dirigeants du syndicat CGTG-Carrefour Milenis pour 6000€ l’un et 3000€ l’autre, ce qui fait un total de 15 000€. La CGTG a fait appel de cette décision, mais cet appel n’étant pas suspensif, elle doit payer les sommes dues afin que la procédure d’appel puisse être examinée.
Lors de ce déjeuner, le secrétaire général de la CGTG  Jean-Marie Nomertin a pris la parole pour dénoncer la répression judiciaire qui frappe la CGTG et dire que ce mauvais coup ne la fera pas taire. Une délégation du groupe Rebelle ! était présente pour manifester son soutien à la CGTG, le camarade Sony Laguerre, un des membres du groupe, a pris la parole  pour apprendre aux participants, que le procès en appel de Raphael Cécé et de lui-même était prévu le 9 septembre prochain. Il a demandé le soutien de l’ensemble des travailleurs et de la CGTG.  Dans l’après midi une délégation du CIPN (Comité International des peuples noirs) est venue également porter son soutien à la CGTG.
Si  les Despointes pensent qu’ils vont étrangler financièrement la CGTG et donc l’empêcher de continuer à défendre les intérêts des travailleurs contre l’exploitation, ils se trompent. Les syndiqués et sympathisants ont répondu présents ce dimanche 6 juillet. La journée s’est déroulée dans une ambiance conviviale, fraternelle et en musique.
Les patrons doivent savoir que la solidarité ouvrière existe toujours.  



Guadeloupe : ÉCHO DE L’AÉROPORT

INAUGURATION DU NOUVEAU TERMINAL RÉGIONAL… SANS NOUVEAUX MOYENS PRÉVUS POUR LES SOCIÉTÉS SOUS-TRAITANTES
Cette nouvelle aérogare va accueillir une bonne partie du trafic, et donc vider le terminal international à certaines heures.
Mais c’est loin d’être une bonne nouvelle pour les personnels des sociétés sous-traitantes.
Il semblerait que la principale société de nettoyage, PSC, n’ait aucunement l’intention de renforcer le personnel, mais de demander à celui-ci d’intervenir sur les deux sites, ce qui augmente de beaucoup la charge de travail.
Ceux de la Brink’s auront également à traiter les bagages du nouveau terminal.
Les agents chargés des chariots (MSC) qui ont déjà du mal en période de haute saison, devront eux aussi intervenir au régional, en plus des 2 niveaux du terminal principal et des parkings.
 
LA SORI FERME LE RESTAURANT EN JUILLET-AOÛT…
La direction est prête à tout pour réduire le personnel. Le but c’est zéro intérimaire.
Du coup le restaurant du 2ème étage sera fermé. Pourtant dans la période il y a des croisiéristes et des vacanciers qui utilisent le restaurant.
Les collègues du restaurant iront occuper les postes généralement offerts aux intérimaires qui ne seront donc pas appelés cette année.
 
…DANS UN AÉROPORT INTERNATIONAL
Pour l’attractivité de Pôle Caraïbes l’absence de restaurant est un vrai handicap. Cela d’autant plus que la zone est très isolée de toute activité.
Un aéroport international exige des choix moins mesquins que celui de laisser des travailleurs au chômage. Et après cela on nous rebat les oreilles des millions dépensés pour des travaux à l’aéroport.
 
BRINK’S : MENACES DE LICENCIEMENTS
A Pôle Caraïbes les attaques contre les travailleurs fusent de partout. La CCI découvre brusquement qu’il y aurait trop de monde à la Brink’s.
La direction de la Brink’s, quant à elle, propose aux délégués du personnel de donner leur avis sur qui licencier, ce qu’ils refusent bien entendu.
Il faudra peut-être se fâcher pour empêcher ces patrons rapaces de jeter des travailleurs à la rue.
 

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