Site

Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1115 du 12 juillet 2014/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Procès des jeunes camarades de Rebelle !

Tableau d'images

Raphael CECE et Sony LAGUERREraphaël Cécé[1]

Raphael CECE et Sony LAGUERREsony laguerre[1]

La date des procès en appel est enfin fixée.
Depuis qu’ils ont lancé leur journal il y a 6 ans, les jeunes de Rebelle ! dont plusieurs sont militants de Combat Ouvrier subissent quantité de tracasseries de la part des autorités et notamment du rectorat. À ce jour, une douzaine de procédures administratives ou judiciaires ont été lancée contre l’un ou l’autre des animateurs de ce «fanzine» persifleur, dans le but évident de le faire taire.
 Il y a deux ans, les choses se sont accélérées. Les jeunes ont été convoqués régulièrement dans les commissariats ou les gendarmeries, arrêtés devant les lycées. Le rectorat a même donné l’ordre à la police d’arrêter et de retenir illégalement la jeune Isaline en janvier 2013 (on se souvient de l’affaire du pin’s à Providence). Jusqu’à récemment, toutes ses tentatives d’intimidations étaient finalement abandonnées.
Il faut dire que ceux qui étaient à l’origine de ces poursuites – cadres du rectorat, chefs d’établissement et autres – sont bien souvent les responsables conscients du naufrage de l’école, de l’échec massif, de l’état scandaleux des bâtiments et de la restauration scolaires. Ils sont, aux dires mêmes des professionnels de la santé et des organismes de lutte contre le Sida, coresponsables de l’ampleur catastrophique de l’épidémie en Guadeloupe et du nombre effrayant d’IVG dans notre département, car une petite coterie parmi eux a décidé de bafouer les lois sur l’accès à la contraception.
Le 18 mai 2012, les autorités ont trouvé un biais pour «punir» les jeunes de Rebelle !. Elles ont envoyé des policiers tabasser un rassemblement pacifique et prétendu, après coup, que c’étaient les jeunes qui les avaient attaqués. Après presqu’un an de reculades – ceux qui poursuivaient Rebelle ! n’étaient soi-disant jamais «prêts» et demandaient à chaque fois le renvoi du procès – le tribunal de Pointe-à-Pitre a condamné nos camarades Raphaël Cécé à 5 mois avec sursis et Sony Laguerre à 8 mois avec sursis. Bien sûr, ils ont fait appel.
Le 9 septembre 2014 aura lieu le procès en appel de Raphaël et Sony à Basse-Terre. Soutenons ces  camarades !



Guadeloupe : Fin de la campagne sucrière 2014, les patrons se frottent les mains...

La campagne sucrière de 2014 s’est terminée le 3 juillet dernier. On s’en souvient, elle avait démarré après de multiples réunions qui trainaient en longueur vu la mauvaise volonté des capitalistes usiniers face aux revendications des ouvriers et des planteurs. Chaque année  c'est la même chose.
Alors que les discussions achoppaient sur la «clause de convertibilité de l’accord Bino», les usiniers donnèrent l’ordre de coupe pour le 26 février. Les représentants ouvriers exprimaient leur désaccord. Toutefois, le 25 février réunis en assemblée générale les ouvriers de Gardel décidèrent de ne pas bloquer le démarrage de la campagne. Ils proposèrent que la discussion sur l’accord Bino se poursuive  pendant la campagne. En tout cas, les usiniers s’en sont encore une fois bien sortis.
Depuis cette fin de campagne, ces patrons de l’industrie sucrière se vantent, pavoisant sur les ondes, que la récolte 2014 est très bonne. Pour 600 000 tonnes de cannes prévues, on en récolte 588 000 tonnes livrées en Guadeloupe et à Marie Galante avec une richesse moyenne de 9. Ce qui sans conteste est une bonne récolte.
Les patrons du sucre parlent déjà de plan de relance et de replantation (2 800 ha replantés). Ils affirment que cette campagne 2014 est  plus réussie en Guadeloupe que dans les autres départements. Mais la manne qui en sera tirée ne sera pas pour tout le monde. Et surtout pas pour ceux qui sont la cause principale de cette campagne réussie, c'est à dire les ouvriers des sucreries.


Martinique : Black-out total

Le mardi 1 juin vers 15h 45, l'électricité a été coupée sur l'ensemble de la Martinique. Le black-out a duré 5 heures ou plus par endroit. Selon toute vraisemblance le système de protection d'une ligne haute-tension (63 000 volts) aboutissant au poste source -un poste de transformation électrique- de Petit Morne au Lamentin, n'a pas fonctionné correctement. Un incident sur la ligne a provoqué une explosion puis un incendie dans les locaux du poste. Cet incendie se propageant a détruit des lignes partant vers les différents points de consommation.
 En même temps la chute brutale de demande d'électricité provoquait la mise en arrêt-sécurité de la plupart des groupes de production électrique de l'île. Il a fallu tout faire redémarrer et palier aux destructions dans la zone du Lamentin. 
Des quartiers de Saint-Joseph et du Lamentin restaient encore sans électricité dans la journée de vendredi, et pendant plusieurs jours l'aéroport et l'hôpital ont dû fonctionner sur leurs groupes de secours. Cela malgré la venue d'équipes EDF de la Guyane et de la Guadeloupe et l'acheminement -sans doute quelque peu tardif- de 17 groupes électrogènes en provenance de la métropole. Et il est question de plusieurs semaines pour passer des branchements provisoires à des réparations définitives.
Cette panne a été malvenue pour M. Michel Durand, le nouveau directeur d'EDF Martinique fraîchement nommé, qui venait de participer à l'inauguration en grande pompe, le 28 juin dernier, de la nouvelle centrale de Bellefontaine. On l'a vu apparaître casqué à la télévision, comme pour une intervention dangereuse, et rejeter toute responsabilité alors que personne ne le mettait en cause. Ouvrant le parapluie bien avant l'orage il devait parler de «jamais vu», de «panne et situation inédite à la Martinique», etc.
 La Martinique étant un petit réseau, la probabilité d'y observer un type de panne spécifique est certainement plus faible que sur l'ensemble des États-Unis par exemple. Mais il n'y a aucun mérite à le constater.
 Cependant dans le monde, les «black-out» ne sont pas rares. En juillet 2012, tout le Nord de l'Inde avait été touché. En Martinique il suffit de remonter au 27 mai 2011 où un incident sur un moteur de la centrale de Pointe des Carrières avait provoqué une réaction en chaîne aboutissant à la mise à l'arrêt de la centrale de Bellefontaine.
 De tels incidents laissent supposer qu'il y a des lacunes dans les contrôles et la maintenance générale du réseau. Ce qui n'a rien d'étonnant quand on sait qu'en dix ans le nombre d'agents EDF en Martinique est passé de 750 à 620 ! La direction devrait rendre des comptes là-dessus au lieu de pérorer sur les «situations inédites».



Martinique : Dans le BTP, un patronat toujours aussi avide !

Le 24 juin dernier patronat et organisations syndicales du bâtiment ont signé un nouveau protocole d’accord, portant sur la grille des salaires des ouvriers et des ETAM (Employés, Techniciens et Agents de Maîtrise  du BTP (Bâtimentet Travaux Publics). Après des mois de discussions, comme d’habitude, le patronat n’a lâché que des miettes aux travailleurs. Mais en plus, les organisations patronales du BTP ont profité pour intégrer au protocole d’accord signé par les organisations syndicales CDMT, CGTM, CFTC, FO, CSTM, CGT-FSM et UGTM, sa charte sur l’emploi et les contrats de génération. Cette charte avait été signée avec le Conseil Régional dans le cadre du plan supposé de relance de l’emploi en février 2014. 
Dans le préambule de l’accord du 24 juin, ce sont les points de vue du patronat qui priment. Ainsi il est hypocritement écrit que : «les parties signataires rappellent qu’elles ont exprimé à diverses reprises leur inquiétude face au vieillissement de la population salariée du secteur du BTP et qu’elles ont exprimé leur conviction que le travail illégal, en précarisant l’emploi, diminuait l’attractivité des métiers de la construction pour les jeunes et, particulièrement, pour les femmes».
Plus loin, on peut lire : «Elles ont proposé (au Conseil Régional)… une charte de déontologie de la commande publique… que le contrat de génération… pourrait constituer un outil efficace…».
Là où réside l’hypocrisie des capitalistes du BTP, c’est notamment qu’ils ne se sont jamais préoccupés ni du vieillissement des travailleurs du bâtiment usés par le travail et l’exploitation, ni non plus de la discrimination des salaires entre hommes et femmes dans le BTP.
Tous les jours sur les chantiers, les travailleurs en ont la preuve.
D’ailleurs ces patrons le disent eux-mêmes car pour eux  «le contrat de génération pourrait constituer un outil efficace».
L’outil efficace dont parle le patronat est le suivant : depuis 2012, le gouvernement Hollande au service du patronat a mis en place les contrats de génération. Que dit la loi ? Si un patron embauche un jeune de 26 ans en CDI (contrat à durée indéterminée) tout en conservant l’emploi d’un ancien jusqu’à sa retraite, dans une entreprise de moins de 300 salariés, il bénéficiera de 4 000 euros de réduction de charges par an.
Voilà «l’outil efficace» dont parlent ces exploiteurs, empocher 4 000 euros et rien d’autre.
Dans le secteur du BTP, le patronat est particulièrement avare et surtout s’entête à n’accorder aucune véritable augmentation aux travailleurs. Ces jours-ci certains d’entre eux veulent même remettre en cause la prime de panier, qui représente près de 300 euros brut par mois pour chaque travailleur travaillant hors du lieu d’embauche. C’est-à-dire, hors de la commune où il a été embauché.
Alors si les ouvriers du BTP ne veulent pas encore une fois pas se laisser mener en bateau par le patronat, qui lui n’arrête pas de recevoir des cadeaux des différents gouvernements, il faut qu’ils s’organisent pour mettre en avant leurs propres revendications et imposer l'interdiction des licenciements.




Martinique : En bref

L'ARMEE FAIT SON TROU
Dans le cadre du 70 anniversaire du débarquement de Normandie, l'armée a effectué le 6 juin, sur la plage de la Française à Fort-de-France, une démonstration de débarquement. Les forts remous d'hélice du Landing Craft Vehicule and Personnel (LCVP), une barge de débarquement, ont rendu la plage dangereuse, en creusant sous l'eau deux trous de 2 mètres.
Non contente de faire des trous dans le budget de l'État, l'armée en fait maintenant sur les plages !
 
LES MOUSTIQUES TREMBLENT DE PEUR
Les autorités mobilisent contre le chikungunya. La réserve des médecins retraités va être appelée au front, ainsi que 15 pompiers venus de l'hexagone. Pour l'efficacité (sic) de leur mission, souhaitons qu'ils ne trouvent pas gîte et couvert près d'un gîte... à moustiques.
 
SERVICES PRIORITAIRES ?
Le directeur de la CFTU (Compagnie foyalaise de transports urbains), annonce que le service des bus Mozaik (à et autour de Fort-de-France) va être réduit de 35 % le samedi, 70 % le dimanche, en raison des vacances scolaires.
Autrement dit ce service public, déjà mal assuré en temps normal, va complètement battre de l'aile.
Le directeur a déclaré : «Nous avons calé les horaires de départ sur les horaires des messes et des grandes surfaces...». Nous voilà rassurés, nos loisirs dominicaux pourront toujours être variés.




Le huitième art

Trafic  d’influence, blanchiment de fraude fiscale… Henri Proglio, PDG d’EDF, et sa femme, la comédienne Rachida Khalil, sont dans le viseur de «l’Office central de lutte contre la  corruption» : les mouvements financiers sur trois des comptes de la femme de Proglio, le  patron  d’EDF, représentent 1,8 million d’euros, alors que les revenus de Madame seraient de 1800 euros par mois. Des fournisseurs d’EDF auraient financé des spectacles de la comédienne, à hauteur de dizaines de milliers d’euros.
Pour Proglio, il n’y a rien de répréhensible dans tout cela. Il précise, parlant de sa femme :   «c’est une artiste, et sa comptabilité est un peu artistique aussi».
Ces flux financiers mènent jusqu’au Liban avec des détours au Luxembourg et en Suisse. Tout cela par l’intermédiaire de deux sociétés, Atlantis Consulting et Sweet Dream Prod.
Proglio aurait dit avoir remboursé 60 000 euros à la fondation Electra, proche d’EDF.
Vraiment du grand art !
(extrait de «Haute tension», le bulletin de Combat Ouvrier à EDF Martinique).


Bookmark and Share