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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1115 du 12 juillet 2014/Première page

Première page

Éditorial : LA MASCARADE DU "DIALOGUE SOCIAL"

ZoomLa dernière conférence sociale, la "troisième", de Hollande était pour  lui et son gouvernement une nouvelle occasion de faire allégeance au patronat. Avant même les syndicats, Gattaz le patron des patrons avait menacé de boycotter cette conférence si le gouvernement ne revenait pas sur certains sujets comme par exemple  la limitation du temps partiel à 24h minimum, et sur le "compte pénibilité". Ce dernier  était censé permettre à certains salariés de partir plus tôt à la retraite. Aussitôt le Premier ministre Valls a satisfait toutes les exigences des patrons. La pénibilité ne serait plus prise en compte dans certains secteurs comme le bâtiment. Quant au temps partiel, des contrats de moins de 24 h seront facilités.
Le patronat avait déjà reçu un superbe cadeau de 41 milliards. Valls n'a  été  nullement gêné de le rappeler à tous !
Ce patronat n'avait donc plus aucune raison de ne pas se rendre à la conférence sociale. En revanche la CGT et FO ont quitté la conférence dès le premier jour. La CGT, a dit Thierry Lepaon son secrétaire général, l'a fait pour officiellement protester contre le fait que le gouvernement ait cédé au patronat notamment sur la pénibilité  et le temps partiel.  FO par une déclaration de Jean Claude Mailly  a voulu " marquer le coup" et signifier au gouvernement qu'il prenait "un drôle de chemin". "Solidaires" était absent et la FSU a quitté la conférence le deuxième jour. Seules sont restées la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC, l 'UNSA.
Les directions syndicales qui ont boycotté la conférence sociale ont pris cette position surtout pour ne pas mécontenter leur base et se donner à ses yeux une posture  de durs opposants au gouvernement et au patronat. Pourtant  c'est bien avec leur accord tacite ou expresse que le gouvernement satisfait les exigences du patronat depuis déjà longtemps. C'est bien avec leur accord ou leur passivité calculée que plus on satisfait les exigences du MEDEF, plus il en réclame.
Dans la première conférence sociale les patrons avaient déjà obtenu un cadeau de 20 milliards. Dans la deuxième ils avaient obtenu l'allongement de la durée de cotisation-retraite à 43 ans. Ces directions syndicales ont laissé faire.  En réalité derrière leurs lamentations de ne pas être écoutées,  leur rôle est quand  même de faire accepter la situation par les travailleurs. Et elles jouent le rôle de pompiers sociaux dans bien des cas car elles craignent l'explosion sociale.
Pourtant, c'est bien une explosion sociale des travailleurs qui peut arrêter le processus actuel qui enfonce toujours plus de travailleurs dans la précarité, voire la misère alors que les profits des capitalistes et des actionnaires augmentent.
Mais il n'y a pas d'autre voie pour les travailleurs en France comme aux Antilles que de reprendre le chemin de la lutte.
 Il n'y a aucun espoir à nourrir dans ces "conférences sociales" ou dans un prétendu "dialogue social". Le "dialogue social" est une invention du patronat et des gouvernants aux ordres de la bourgeoisie pour endormir les travailleurs. Derrière le "dialogue social" il y a une vraie dictature des patrons sur les travailleurs, une exploitation féroce dans les entreprises, une guerre de classe impitoyable contre la classe ouvrière. Il n'y aura aucun changement véritable  pour les travailleurs et la population laborieuse tant qu'ils n'inverseront pas ce cours des choses. Pour créer des emplois, pour  l'augmentation des salaires et des pensions, il faudra bien plus que les lamentations des dirigeants syndicaux dont les patrons et les gouvernements s'accommodent très bien et "font avec". Ils ne sont nullement empêchés de faire passer leur politique et leurs intérêts. Le rapport de force qui comptera réellement sera celui que créeront les travailleurs dans la lutte.

 


Guadeloupe : Les stages vacances de la Région, ou comment exploiter une main d’œuvre à bon marché

La Région Guadeloupe a décidé de reconduire la convention signée avec plusieurs organisations patronales pour l’embauche de «stagiaires» pendant les vacances.   
Ce dispositif qui concerne des jeunes de 18 à 25 ans, en majorité des étudiants, consiste en un ou deux mois de travail à temps partiel, de 4 heures par jour, soit 86,66 heures par mois indemnisé 450€ ! Les politiques ont beau affirmer qu’il s’agit d’un stage de découverte de l’entreprise, personne n’est dupe : les jeunes travaillent tout bonnement comme n’importe quel salarié et fournissent un rendement dans l’entreprise. En cette période de vacances, ils peuvent remplacer des salariés partis en congés.  
Depuis 4 ans, ce cadeau de la Région aux entreprises de Guadeloupe a constamment augmenté pour atteindre une subvention de 700 000 € en 2013. En 2014, 600 entreprises du MEDEF, de la CGPME, l’UMPEG et l’UCEG sont sur les rangs. Le nombre de jeunes qui s’inscrivent pour trouver un job de vacances ne fait qu’augmenter. En 2011 ils étaient 1700 étudiants «stagiaires», en 2012, 1949 et en 2013 plus de 2000 à accepter cette mesure de la Région. Mais plus de 5000 personnes se sont inscrites pour être embauchées. La recherche d’un travail devenant de plus en plus difficile, les jeunes essaient de s’en sortir par tous les moyens.  
Cette opération est renouvelée tous les ans à grand renfort de publicité. Les politiques claironnent qu’ils comprennent les difficultés de la jeunesse et que ces «stages» doivent leur permettre de se familiariser avec l’entreprise. Les patrons eux, se frottent les mains. Car, pour les entreprises qui participent à l’opération, c’est tout bénéfice. Ces quelques 2000 à    3000 jeunes concernés par la mesure représentent une main d’œuvre quasiment gratuite. La Région paie 350€ au soi-disant stagiaire et l’entreprise ne verse que 100€. Et ces patrons profiteurs se posent en bienfaiteurs de la jeunesse…    
La rémunération n’atteint même pas le SMIC horaire ! Au SMIC horaire les jeunes auraient dû être payés 825,92€ brut ce qui représente un salaire d’environ 685,52€ net. Pour les patrons de toute façon, c’est à prendre ou à laisser et bien des jeunes ainsi que leur famille, fatalistes, disent qu’il vaut mieux accepter ce genre de petit boulot que se retrouver sans rien du tout.
  Et que dire de ceux, jeunes ou moins jeunes, qui recherchent un emploi pendant toute l’année. Leurs opportunités de travailler pendant cette période seront encore plus restreintes. Deux jeunes sous payés occuperont aisément la place d’un salarié qui aurait exigé une rémunération au SMIC.        
Pour quelques milliers de jeunes ces vacances ne serviront donc qu’à apprendre la dure réalité de l’exploitation.  



Martinique : Transport Boniface, les travailleurs ont eu gain de cause

Après 121 jours de grève, les travailleurs des transports en commun à Rivière-Pilote, gérés par la communauté d'agglomération de l'Espace Sud, ont repris le travail le samedi 5 juillet 2014. En effet, les salariés, soutenus par leur syndicat CSTM, ont obtenu une solution qui met un terme à ce conflit. Pour la reprise du service, le transport était gratuit les samedi 5 et dimanche 6 juillet 2014. Le service normal a repris le lundi 7 juillet.
Ce mouvement avait été déclenché suite à des revendications salariales. L'employeur, s’appuyant sur une interprétation erronée de la loi de 2008 sur la représentativité, avait refusé de discuter avec la CSTM et avait signé un protocole de fin de conflit avec le syndicat FO, parce que reconnu syndicat représentatif. 
Lors d’une conférence de presse, les salariés ont expliqué qu’ils n'avaient perdu ni leur emploi, ni leurs acquis, contrairement à ce qui a été dit par le gérant de l’entreprise Transport Boniface, mais qu’ils ont été repris par la société Autocar Johanna, avec tous leurs avantages.
Ces travailleurs qui défendaient à juste titre leurs droits ont su rejeter tous les commentaires dénonçant leur mouvement et le secrétaire de leur syndicat. Leur détermination et leur ténacité ont fini par payer et ils ont obtenu gain de cause, notamment une augmentation des salaires de 5 %.
Comme dit la chanson : «C’est bon pour le moral»... des travailleurs.



 

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