Site

Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1114 du 28 juin 2014/Quatrième page

Quatrième page

Antigua et Barbuda : deux petites îles à 70 km au nord-est de la Guadeloupe

La superficie des deux îles est au total de 440 km. Il y a près de 90 000 habitants, presque tous d’origine africaine (plus de 90%) du fait de leur histoire coloniale. Plusieurs milliers de travailleurs immigrés viennent de Ste Lucie, la Dominique, le Guyana... entre autres.
L'économie repose essentiellement sur un tourisme haut de gamme qui connaît la crise de l'économie mondiale. Il y a une activité bancaire offshore qui consiste à attirer les riches des pays riches qui ne veulent pas payer d’impôts en échange d’investissements dans les îles. Pour beaucoup de riches, ces îles sont des petits paradis fiscaux. Cette activité diminua en 2009 suite aux dettes de l’État, accusé de malversations : la banque américaine, principal employeur d’Antigua, a fermé. Le secteur agricole est faible. Les importations américaines ou britanniques, les difficultés d’approvisionnement en eau, les bas salaires font péricliter cette production. En fait, c'est une économie dirigée par des capitalistes peu soucieux de l’emploi, du bien être de la population, comme ailleurs dans le monde. Il y a aussi plusieurs syndicats. Dans l'éducation : à Antigua existe un centre universitaire qui est une antenne de l’UWI (Université des West Indies, présente également à la Jamaïque, à Trinidad et au Guyana)  
Le statut : ces colonies anglaises devinrent États associés à la Grande Bretagne en 1967, et indépendantes le 1 novembre 1981. Elles font partie de la Fédération des West Indies depuis 1958. Liées à la Grande Bretagne, elles ont un système politique comparable : une chambre élue au suffrage universel (17 représentants), un sénat et un gouverneur général nommés par le parti gagnant aux élections, un conseil de ministres choisis parmi les élus avec à sa tête un Premier ministre.
 

Élections à Antigua et Barbuda : suite d’un long conflit entre deux Labor partis

Deux partis politiques se disputent le pouvoir à Antigua. Ils sont issus de fractions dans le mouvement syndical : le Parti travailliste d’Antigua (Antigua Labour Party, ALP) créé dès les années 1940 par Vere Bird senior, considéré comme le père de la nation, fondateur de ce qui sera appelé la dynastie des Bird, et le Mouvement travailliste progressiste (Progressive Labor Movement, PLM) formé par George Walter dans les années soixante.
Le 12 juin 2014, près de 90% des inscrits ont voté, et la volonté de changement face à une situation économique dégradée fut manifeste. Antigua et Barbuda comptent en effet 25% de chômeurs, 40% parmi les jeunes, des problèmes de criminalité, de misère. Le Parti progressiste uni (UPP) émanation du PLM, et Baldwin Spencer, au gouvernement depuis 10 ans, ont perdu les élections. Le Parti travailliste ABLP, Antigua & Barbuda Labor Party, du juriste Gaston Browne gagne 14 sièges sur 17. C’est le retour de l’ALP des Bird, actuellement ABLP. Gaston Browne vient d’être nommé Premier ministre.
La famille Bird a contrôlé Antigua depuis la fondation de l’ALP. Les activités financières et le tourisme faisaient de l'île une zone florissante. Derrière cette prospérité, des trafics de drogue et des trafics d'armes, et le blanchiment d'argent, auxquels étaient mêlée la dynastie Bird, ont été révélés. Avec les Bird, les impôts sur le revenu étaient supprimés, en 1975. Il y a dix ans la victoire de Spencer avait mis fin à la dynastie Bird et rétabli en 2005 l’impôt sur le revenu face aux difficultés de l’État.
Aujourd’hui, le Premier ministre Browne annonce de grands travaux, la création d’emplois, la construction immédiate de logements et un plan d’aide aux réparations de domicile. Il vante ses compétences d’ex-gestionnaire de banque (suisse) et celles de son équipe. Des polémiques ont déjà commencé sur deux de ses initiatives : le choix d’un responsable de la sureté soupçonné de n’être pas honnête, et la décision de supprimer pour six mois les taxes imposées aux travailleurs étrangers. Il faut dire que ces derniers apportent une contribution non négligeable à l’économie des îles.
L’étiquette « labor » faisant référence à une gauche pro-ouvrière ne suffit pas à garantir aux travailleurs d’Antigua et Barbuda une vie meilleure, et ceux-ci auront à se mobiliser pour leurs intérêts.
 
 

Haïti : Conditions d'hygiène scandaleuses dans les camps de réfugiés

L'organisation non-gouvernementale (ONG) "Solidarités International" vient de rendre publics les résultats d'une enquête concernant 108 000 personnes vivant dans 145 camps de réfugiés en Haïti.
Les conditions de vie, ou plutôt de survie, révélées, sont effrayantes. 20 % de ces camps n'ont pas de douches, la moitié ne disposent pas de latrines. Quand elles existent, ces latrines, peu ou pas vidangées, sont inutilisables pour la plupart, et la défécation à l'air libre est visible.
À cette situation sanitaire innommable s'ajoute, en absence de drainage, l'exposition aux risques climatiques et, sur un autre plan, aux violences commises par des groupes criminels.
Ainsi des dizaines de milliers de personnes, plus de quatre ans après le tremblement de terre, sont toujours contraintes à vivre dans un cloaque, alors que la construction ou reconstruction d'hôtels de luxe (Marriott, Royal Oasis, etc.) a bénéficié de fonds provenant de « l'aide humanitaire ».
 

La FIFA, sport et business

Ce dessin de Paulo Ito sur un mur près d'une école au Brésil, réalisé à un mois de la Coupe du monde, fait le tour de la toileNous publions ci dessous un article de nos camarades de Lutte Ouvrière.
La FIFA (Fédération internationale de football association), qui organise la Coupe du monde de football au Brésil, a récemment défrayé la chronique, en raison du «Qatargate». Elle n'aurait attribué l'organisation du Mondial au Qatar en 2022 qu'à la suite d'une corruption organisée. La construction des équipements aurait déjà fait dans ce pays 1 200 morts parmi les ouvriers, principalement népalais, soumis à un véritable esclavage salarié. Mais ce n'est que la dernière en date d'une série d'affaires qui ont éclaboussé la Fédération.
Une longue et sale histoire
La FIFA est d'abord une vaste organisation politique et commerciale. Fondée en 1904, elle fut longtemps dirigée par des Français et des Anglais, certes ressortissants de vieilles nations du football, mais aussi des deux principales puissances coloniales. Le fondateur de la Coupe du monde, Jules Rimet, président de la FIFA pendant 33 ans, ne fut pas gêné par l'attribution du Mondial 1934 à l'Italie, pour le bonheur de Mussolini qui utilisa l'événement en soutien au fascisme.
La FIFA a toujours su se ranger du côté des pouvoirs dominants. Ainsi en 1958, pendant la guerre d'indépendance, le FLN algérien constitua une équipe nationale, composée de joueurs qui quittèrent les clubs français qui les employaient ; cette équipe disputa de nombreuses rencontres mais fut interdite de compétition internationale, la FIFA prenant le parti de la France coloniale. En 1978, la dictature des généraux argentins put redorer son blason en organisant le Mondial, malgré un mouvement pour le boycott dans plusieurs pays. Le président de la FIFA, le Brésilien Joao Havelange, reçut une décoration militaire du chef de la junte et il félicita le régime pour l'efficace et « triomphale » organisation de la compétition, tandis que le régime torturait et assassinait ses opposants à quelques encablures des stades.
Le football et la religion de l'argent
La FIFA est aussi une vaste organisation d'affaires, comme l'illustre le scandale de la corruption qatari. Installée en Suisse, elle s'appuie sur de grands partenaires commerciaux, avec lesquels elle négocie des contrats d'exclusivité : Adidas, Coca-Cola, Sony, Visa, Hyundai-Kia Motors. Pour maximiser ses profits, elle fait signer aux pays hôtes un contrat léonin. Ce contrat crée ainsi des zones d'exclusion commerciale autour des stades, jusqu'à 2 km, interdites à tous les vendeurs ambulants qui ne seraient pas enregistrés. Au Brésil, cela concernerait peut-être 300 000 vendeurs, dont une partie s'est mobilisée contre cette pratique qui les prive de leur gagne-pain. Mais la Coupe du monde au Brésil devrait rapporter à la FIFA 5 milliards d'euros, et il faut donc que tout se passe comme prévu.
La FIFA est dirigée depuis 1998 par Sepp Blatter, en concurrence avec Michel Platini, actuel président de l'UEFA (Union des associations européennes de football), pour un nouveau mandat en 2015. Les deux hommes n'ont aucune divergence sur le fond, et les médias français qui défendent l'ancien numéro 10 le font par chauvinisme. Comme Pelé, Platini s'en est pris aux manifestants brésiliens, leur demandant d'« attendre un mois avant de faire des éclats un peu sociaux ». Autrement dit, il ne faudrait pas que le dénuement et la colère des pauvres empêchent les riches de faire des affaires. Une morale qui est bien celle de la FIFA.

Gpe : Prix des carburants : toujours en hausse

En 2008, avant la grève générale, le litre de sans-plomb avait atteint un prix record de 1,52 €. Les autorités expliquaient que c’était normal, parce que le prix du baril de pétrole avait lui-même atteint le record de 145 dollars.
Aujourd’hui, le litre de sans-plomb coûte 1,57 € alors que le prix du baril a baissé à 105 dollars. Cherchez l’erreur…

Bookmark and Share