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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1114 du 28 juin 2014/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Capesterre-Belle-Eau, après l’incarcération du maire J. Beaugendre

La mise en garde à vue puis l’incarcération du maire de Capesterre-Belle-Eau pour  différents faits, notamment fausses factures, ne cesse de susciter les réactions les plus diverses. C’est ainsi que le mercredi 25 juin au matin, un barrage a été érigé à Ste Marie sur la RN1. Il n’y avait  personne sur le barrage mais l’on suspecte des partisans du maire d’être à son origine. Le vendredi 20 juin au soir, un rassemblement a été organisé devant la mairie, avec la présence de certains élus de la droite, dont L. Michaux-Chevry. Une pétition circule pour soutenir le maire.
En fait ces différentes actions ont pour but d’obtenir la fin de l’incarcération de l’élu. Car certains estiment qu’elle n’a pas de raison d’être et n’est pas nécessaire à la suite de la procédure, et cela d’autant plus que le maire de Capesterre-B-E est gravement malade et maintenu en isolement. Et ses avocats, dont un grand du barreau de Paris et Daniel Démocrite de citer plusieurs affaires dans lesquelles des élus sont concernés pour des faits qu’ils estiment similaires à ceux pour lesquels M. Beaugendre est en prison : affaire Cahuzac, affaire de Karachi, etc. Ceux-là n'ont pas été incarcérés. Concernant le fond de l’affaire, le maire de Capesterre-B-E est-il coupable ou pas des faits qui lui sont reprochés ?  Personne ne se prononce. Certains prétendent que le responsable des services de comptabilité de la ville aurait reconnu les faits. Ce dernier est d’ailleurs placé sous contrôle judiciaire.  
Cela dit, on a pu entendre les prises de position de certains élus de tous bords interrogés sur cette affaire du maire de Capesterre-B-E. Pour  la plupart d’entre eux, la fonction d’élu est «très difficile et présente bien des risques». Et surtout elle exige «beaucoup de travail et de sacrifices» de la part de ces élus qui décident de «se dévouer au service des populations».  À croire que tous ces gens-là prennent le bon peuple pour des imbéciles. La grande majorité se dévoue au service des nantis et autres riches, mais certainement pas au service des travailleurs et du petit peuple. Mais surtout ces hommes et femmes politiques recherchent dans leur fonction la notoriété et les possibilités qu’elle offre, et souvent l’enrichissement. 
Alors, l’affaire du maire de Capesterre-B-E n’est peut-être qu’une affaire de plus impliquant un élu.
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Martinique : Vers l'Assemblée Unique fin 2015 ?

Le gouvernement Valls vient de préciser une date  pour les prochaines élections régionales : décembre 2015. La date précise et définitive n'est pas encore arrêtée. Mais c'est cette date-là qui sera celle de l'élection à la Collectivité Unique de Martinique, qui doit avoir lieu en même temps.
C'est le 24 janvier 2010 que le principe en avait été arrêté, par une consultation d'où étaient sortis 68,3 % de oui, sur un taux de participation de 35,81 % en Martinique. Deux semaines avant, une première consultation s'était conclue par le rejet de l'article 74 (celui qui est supposé envisager une plus large autonomie) de la Constitution, au bénéfice du maintien de l'article 73 (celui du droit commun au sein de la république), par 80 % contre 20 %. Le camp politique constitué autour du MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais) et A. Marie-Jeanne avait fait campagne pour le 74, alors que celui autour du PPM (Parti Progressiste Martiniquais) et S. Letchimy défendaient l'article 73. Et quinze jours ont donc suffi à ces deux camps, finalement soucieux l'un et l'autre d'exercer une forme de pouvoir local, même minime, pour se retrouver et faire voter « oui » à la Collectivité Unique.
Et depuis on a vu les gouvernements successifs varier sur la date d'élection de cette Assemblée Unique, qui prendra la succession des Conseils Régional et Général. Cela a été 2014, 2016, septembre 2015, puis décembre, tandis que les chefs de file locaux piaffaient d'impatience : S. Letchimy parce qu'obligé de renoncer à la mairie de Fort de France pour être plus en mesure de briguer la présidence de l'Assemblée Unique, A. Marie-Jeanne parce que craignant que son âge rende sa candidature difficile.
Pendant près de cinq ans tout ce beau monde a été visiblement préoccupé de la conquête de futures places, critiquant, séparément ou ensemble, la prime de 11 sièges qui sera automatiquement offerte à la liste majoritaire, ou les modalités d'attribution des postes qui ne respecteront pas forcément l'ordre de présentation de chaque liste.
On le voit, des préoccupations fort éloignées de celles de la majorité de la population. Parmi les politiciens, personne, absolument personne, n'a abordé les problèmes des travailleurs, le chômage, la vie chère, les conditions de logement, etc. Personne n'a dit en quoi l'Assemblée Unique, ou la présence, pourtant visiblement convoitée, de tel ou tel au sein de cette Assemblée, pourrait bénéficier au monde du travail.
Ces politiciens, absolument pas différents de ceux de l'hexagone, sont tous trop responsables vis-à-vis du grand patronat en général, et du patronat local en particulier, pour vouloir donner le moindre espoir aux travailleurs.
De ce point de vue la suite de l'histoire est déjà écrite : cette Assemblée sera une enceinte où seront foulés aux pieds les intérêts des travailleurs. Et même si ceux-ci parvenaient à y envoyer quelques représentants, ils seraient utiles pour y exprimer les intérêts des travailleurs, mais très minoritaires parmi tous les notables. Par contre, les travailleurs devront surtout se préparer, puisque cette Assemblée prétendra exercer un certain pouvoir local, à lui faire entendre les exigences du monde du travail, en recourant à leurs moyens d'expression traditionnels : les luttes, les grèves, les  manifestations de masse.

Nos résultats aux élections européennes.

Tableau d'images

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Nous avons présenté une liste en commun avec nos camarades de Lutte Ouvrière dans la huitième circonscription, celle de l'Outre-mer, aux élections européennes du 25 mai 2014(Guadeloupe, Martinique, Guyane, Saint Martin, Saint Barthélemy, Saint Pierre et Miquelon, La Réunion, Mayotte, Nouvelle Calédonie, Wallis et Futuna).
Notre liste, la liste "Lutte Ouvrière et Combat Ouvrier" a obtenu 9668 voix soit 3,39% des suffrages.
Résultats détaillés :
SECTION ATLANTIQUE
 -Martinique : 4180 voix, soit 13,4 % des suffrages,
 -Guadeloupe : 1983 voix, soit 7,53% des suffrages,
-Guyane : 250 voix, soit 3,8 % des suffrages,
-St Barth/St Martin : 76 voix, soit 3,17% des suffrages,
-St Pierre et Miquelon : 37 voix, soit 4,77% des suffrages.
SECTION OCÉAN INDIEN
-La Réunion : 1983 voix, soit 1,72% des suffrages, avec notamment 3,38 % au Port et 3,70 % à Saint-Benoît,
-Mayotte : 184 voix.
SECTION OCÉAN PACIFIQUE
-Polynésie : 336 voix, soit 1,21% des suffrages,
-Nouvelle Calédonie : 586 voix, soit 1,27% des suffrages,
-Wallis et Futuna : 53 voix, soit 1,18% des suffrages.
 
Notre camarade Ghislaine Joachim-Arnaud, tête de liste de Lutte Ouvrière et Combat Ouvrier dans la circonscription de l'Outre-mer, a publié un communiqué disant notamment :
«Je remercie les 9 668 électeurs (3,39 %) qui ont voté pour la liste que je conduisais. Certes, ce score est faible, mais il affirme malgré tout la permanence d'un courant communiste révolutionnaire parmi les travailleurs. L'existence d'un tel courant marque la volonté de plusieurs milliers de travailleurs et d'exploités de se battre pour le programme de lutte que défendent Lutte Ouvrière et Combat Ouvrier.
Cela dit, force est de constater que le grand gagnant de cette élection reste l'abstention. Mais parmi tous ceux qui se sont abstenus, il y a ceux qui l'ont fait pas seulement par déception, mais par colère contre les gouvernements de droite et de gauche qui se succèdent et qui, de plans d'austérité en plans d'austérité, enfoncent toujours plus les travailleurs dans la pauvreté.
Pour ce qui est de nos scores en Martinique (13,4 %) et en Guadeloupe (7,53 %) nous constatons que si l'abstention nous a favorisés en pourcentage, nous maintenons nos scores en voix en Guadeloupe (1 983 voix) et nous les augmentons en Martinique (4 180 voix). C'est de bon augure.
Celles et ceux qui ont voté Lutte Ouvrière-Combat Ouvrier ont levé un drapeau, celui de la tradition révolutionnaire du mouvement ouvrier. Renforcer ce courant, lui donner la force d'intervenir dans la lutte de classe au quotidien, dans les entreprises, dans les quartiers populaires, est la tâche primordiale dans la période à venir. »
Ghislaine Joachim-Arnaud, lundi 26 mai 2014
 
Les résultats de Lutte Ouvrière
Résultats des 8 circonscriptions :
46 555 253 inscrits,
19 753 140 votants,
18 955 636 exprimés,
222 509 voix (soit 1,17 %)

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