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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1113 du 17 mai 2014/Quatrième page

Quatrième page

Afrique du Sud : L’ANC est en recul, mais gagne largement les élections

L'ANC (African National Congress - le congrès national africain) est depuis la fin de l'apartheid le parti au pouvoir en Afrique du Sud. Les accusations de corruption contre ses dirigeants, notamment contre Jacob Zuma, le président de la république, mais aussi les luttes ouvrières violemment réprimées par le régime «multiracial» ont réduit le crédit de ce parti. Cependant il est encore, pour beaucoup de Noirs sud-africains, le parti de Mandela, celui qui a mis fin à l’apartheid.
La répression du 16 août 2012, lorsque la police – désormais en majorité noire – a tué 34 mineurs en grève à Marikana a rappelé aux travailleurs noirs les pires heures de l’ancien régime raciste. Dans les mois et les années suivantes, la combativité des travailleurs noirs ne s’est pas démentie… et leur méfiance vis-à-vis de l’ANC s’est approfondie. Pour tenter de profiter de cette colère, d’anciens politiciens et syndicalistes proches de l’ANC ont commencé à marquer leurs distances. Les dirigeants du COSATU – principale confédération syndicale sud-africaine – ont annoncé avant les élections qu’ils ne signeraient plus de chèque en blanc au parti de Zuma, tandis que l’ancien dirigeant des jeunesses ANC, Julius Malema, faisait scission pour créer les Economic Freedom Fighters (EFF, Combattants de la liberté économique) un parti «de gauche» qui prétend  lutter pour la justice sociale, maintenant que l’égalité politique avec les blancs a été gagnée.
Les élections législatives du 7 mai dernier ont donné une large victoire à l’ANC (plus de 60 % des voix), en recul cependant par rapport à toutes les élections précédentes. Les EFF ont créé la surprise avec un score de 6,35 % nettement supérieur à celui que les sondages prévoyaient. Si les travailleurs ont voté pour ce parti parce qu’il dénonce de façon virulente les inégalités sociales, ils ne doivent cependant pas oublier que Malema leur conseille de ne pas s’en prendre aux profits des grandes compagnies ! Ce résultat est peut-être l’indice qu’une minorité de travailleurs combatifs cherche une alternative à l’ANC. Mais la force et le courage des ouvriers sud-africains n’a déjà que trop servi les intérêts d’une petite élite noire devenue richissime. Les travailleurs doivent se méfier de ce genre de faux «amis».

Fédération de Saint Kitts et Nevis : Quand le gouvernement n’arrive même plus à payer ses fonctionnaires

La semaine dernière les fonctionnaires de Nevis, une des deux petites îles de la Fédération de Saint Kitts-Nevis, ont vu le chèque de leur paie refusé par la Banque pourtant "nationale". Depuis quelques mois cette Banque avait annoncé que le découvert de l’Administration de l’Ile de Nevis (NIA) ne permettrait plus de payer le salaire des fonctionnaires de Nevis. Cet incident qui met de nombreuses familles en difficulté a été la source de conflits entre politiciens de Nevis et de St Kitts.
Les menaces de divorce arrivent souvent au moment où l’argent manque dans la caisse. La situation économique de la Fédération est en effet très grave.
L’économie reposait sur l’industrie sucrière écroulée en 2005 après un cyclone et des années de difficulté. La beauté des plages et paysages de ces îles de la Caraïbe suggère la reconversion en une activité touristique. L’autre activité actuelle est financière. Dans l’espoir d’obtenir des capitaux les dirigeants de la Fédération ont choisi d’attirer des riches en leur vendant un passeport. Celui-ci, payé au minimum par un investissement de 250000 à 400000 dollars US donne aux capitalistes des avantages fiscaux (les fameux offshore), des facilités de déplacements dans le monde, la possibilité de séjourner assez longtemps dans une centaine de pays et des revenus non négligeables. Les deux options pour obtenir la naturalisation de St Kitts-Nevis sont l’investissement immobilier et l’investissement pour la reconversion de ceux qui dépendaient auparavant de l’industrie sucrière : Sugar Investment Diversification Fund (SIDF). Les fonctionnaires sont justement chargés de traiter ces dossiers de demande de passeport. Ils voient les sommes injectées et sont d’autant plus choqués de ne pas avoir été payés qu’ils estiment qu'ils rapportent de l’argent à l’État. Mais la crise financière, celle des banquiers et des investisseurs assoiffés d’argent laissent les caisses de St Kitts et Nevis vides.
La dette de cette Fédération est une des plus importantes au monde. Elle atteint un taux (par rapport au PIB) supérieur à celui de la Grèce dont la grève générale d’avril dernier rappelle la situation catastrophique : chômage, renoncement aux soins faute de moyens pour les plus pauvres, fermeture de milliers de lits dans les hôpitaux, non remboursement des soins et médicaments, face à l’insolente santé des banques.
Non, attirer les requins de la finance dans ces petites îles de la Caraïbe rapporte d’abord à ceux-ci, probablement aussi aux dirigeants des îles, mais ne peut qu’appauvrir les plus démunis.
 
La Fédération de St Kitts et Nevis
Les petites îles de St Kitts et Nevis (au total 261 km) se situent au nord de la Guadeloupe. Elles sont regroupées en une fédération, indépendante depuis 1983, dont le gouvernement se trouve à Basseterre sur la plus grande île, St Kitts (diminutif de St Christopher).
Découvertes en 1493 par Christophe Colomb, elles furent colonisées par plusieurs pays d’Europe, un moment la France, puis définitivement l’Angleterre à partir de 1713. En 1967,  elles ont constitué avec Anguilla une  fédération, membre du Commonwealth britannique. Anguilla fit sécession en 1971. Nevis, à 2 km de St Kitts, tente aujourd’hui de s’en séparer, il y a même déjà eu un référendum dans ce but en 1998.
À 200 km à l’est de Porto Rico, proches des «Îles du Nord » St Martin et St Barthélemy, St Kitts et Nevis ont une population de 51 538 habitants (chiffre de 2014). Sa composition est comparable à celle des autres petites Antilles : s’il y avait des Kalinagos (Amérindiens) avant l’arrivée des Européens, la majorité actuelle sont des descendants d’esclaves africains amenés là dès 1640 pour la culture de la canne et autres grands travaux (comme la construction de la Forteresse de Brimstone Hill, aujourd’hui site touristique majeur).

L’Ukraine, entre le référendum à l'est et l'élection présidentielle prochaine

Le référendum organisé dans le Donbass, dans l’est de l’Ukraine, par les partisans d’une large autonomie - et même d’un rattachement à la Russie pour certains - a donné une majorité très favorable à l’indépendance de cette région.
Les États européens et les États-Unis considèrent ce référendum comme illégal. Selon eux il ne s'est pas déroulé dans des conditions démocratiques.
Poutine avait demandé son report, estimant que la situation était trop explosive, déclaration hypocrite car dans le même temps il maintient ses troupes à la frontière de l’Ukraine en soufflant sur la braise. Et ce sont des petits groupes de soldats russes masqués qui interviennent en Ukraine de l'est.
Les États européens continuent de soutenir le gouvernement de Kiev et défendent l’élection présidentielle qui doit se dérouler le 25 mai. Des pourparlers ont lieu au sommet entre les États européens, les États-Unis et la Russie. Cette fois Poutine réclame la participation des « pro-russes ». Tous ces chantages n’apaisent pas la situation. Les « pro- russes » et les Ukrainiens commencent à s’entretuer sur le terrain. L’armée ukrainienne n’arrive pas à maîtriser la situation. C’est une armée divisée que le pouvoir de Kiev n’arrive pas à diriger. Plusieurs personnes ont été tuées dans les deux camps. Un incendie a fait une quarantaine de victimes dans la maison des syndicats d’une ville de l’est. Les « pro-russes » accusent l’armée ukrainienne d’avoir utilisé un missile. La situation est d’autant plus confuse que chacun défend son camp et accuse l’autre camp.
Cette situation risque d’évoluer vers un véritable bain de sang  au sein d’une même population comme cela s’est passé en Yougoslavie dans les années 1990. La Russie veut récupérer des territoires qu’elle a perdus. Poutine utilise aussi le sentiment nationaliste pro-russe pour  soigner sa popularité en Russie. Les puissances européennes, elles, manœuvrent pour que l’Ukraine reste dans le giron de l’Europe.  
 Les intérêts économiques et politiques des grandes puissances passent avant l'intérêt des peuples.

Guadeloupe : Succès de la fête de Combat Ouvrier

Dimanche 4 mai  se déroulait la fête annuelle de Combat Ouvrier au domaine du Pako à Baie Mahault.
Gwo ka, repas, sketches comiques de Moesta, danse, forums politique et scientifique, jeux pour les jeunes, tout ce programme a plu aux 340 personnes présentes. La bonne humeur a prévalu aussi dans les discussions politiques.
Nous remercions tous les camarades des entreprises et tous les autres qui, par leur participation et leur soutien, ont permis le succès de notre fête. 

Martinique : Le repas de soutien du 11 mai de Combat Ouvrier

Le dimanche 11 mai environ 70 sympathisants et amis de Combat Ouvrier se sont retrouvés à l’habitation "Malgré-Tout" à Trinité pour un repas de soutien. Après l'apéritif d’accueil et la visite des expositions, ils ont pu partager un bon repas  en musique.
Puis notre camarade Ghislaine Joachim-Arnaud a fait une allocution sur notre politique. Elle a présenté la liste Lutte Ouvrière - Combat Ouvrier qu’elle conduit avec  Jean-Marie Nomertin, notre porte-parole en Guadeloupe, ainsi que des candidats de la Réunion et de Nouvelle Calédonie, pour les élections européennes. Avec les autres candidats de Martinique, Marie-Hellen Marthe dite Surelly et Louis Maugée, tous deux présents, elle a été applaudie.
Ensuite, Christophe Rangoli (Papa Slam) et Patrick Mathelie-Guinlet (Abdel Slam), accompagnés par la jeune pianiste Daphné, se sont donnés la réplique, invitant les participants à la poésie. Daphné, très appréciée, interprétait plusieurs morceaux et compositions. L’après-midi se termina avec musique et danse au son de l’orchestre Groov avec la participation appréciée de Jean-Philippe Marthélly.
Nous remercions les artistes et tous nos sympathisants et amis pour leur participation chaleureuse. D’ores et déjà, le rendez-vous est pris pour l’année prochaine.

Élections européennes : réunions publiques

En Martinique : MARDI 20 MAI À 18H30 À L’AMEP, route de Redoute, Fort-de-France. Avec les candidats de la liste LUTTE OUVRIÈRE - COMBAT OUVRIER aux élections européennes en Outre-mer.
 
En Guadeloupe : VENDREDI 23 MAI  À 19H À CAPESTERRE-BELLE-EAU (Moulin à eau, bar d’Alex Cocoyer). Avec Jean-Marie Nomertin, candidat de la liste LUTTE OUVRIÈRE - COMBAT OUVRIER aux élections européennes en Outre-mer.
 
Venez nombreux !
 

PARUTION DU JOURNAL : AVIS AUX LECTEURS

Le prochain numéro paraîtra le samedi 28 juin.

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