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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1113 du 17 mai 2014/Troisième page

Troisième page

Extraits de la circulaire de la liste "Lutte Ouvrière - Combat Ouvrier" aux élections européennes dans la circonscription de l'Outre-mer. Liste conduite par Ghislaine Joachim-Arnaud (Martinique) avec Jean-Marie Nomertin (Guadeloupe) et Corinne Gasp (La Réunion)

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Travailleuses, travailleurs, de Martinique, Guadeloupe, Guyane, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, Mayotte, La Réunion, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et Wallis-et-Futuna,
C’est bien un résidu du passé colonial de l’impérialisme français que ce regroupement en une seule circonscription électorale des territoires dispersés sur trois océans et, qui plus est, de les regrouper à l’occasion d’élections dites européennes.
Mais puisque l’État de la bourgeoisie française nous impose ce cadre, souvenons-nous de ce qui est commun à la plupart des régions concernées par-delà la dispersion géographique : un passé fait souvent de conquêtes sanglantes, de domination violente, d’intégration par la force dans l’empire colonial de la France, d’esclavage pour beaucoup et d’oppression pour tous.
La domination coloniale des grandes puissances impérialistes rivales a morcelé des régions et coupé les uns des autres des peuples proches par la géographie. À l’intérieur même de sa zone d’influence coloniale, l’impérialisme français a aiguisé, voire suscité, la méfiance mutuelle entre les peuples pour mieux les dominer. Sa devise a toujours été et est encore « diviser pour régner ».
La forme de cette domination s’est modifiée au fil du temps. Dans certaines ex-colonies, les protections sociales, les services publics ont fini, avec beaucoup de retard et partiellement, par se rapprocher de ceux de la France. Mais se perpétue partout la société divisée en classes : une minorité de privilégiés et une majorité d’exploités et de pauvres.
C’est cette réalité sociale qui rend commun, aujourd’hui encore, le sort de tous ceux qui n’ont ni capitaux, ni actions, ni rentes, et qui n’ont pour vivre que leur capacité de travail.
En tant que travailleurs des départements et des territoires d’Outre-mer, nous subissons la même exploitation que les travailleurs de France métropolitaine, mais avec des aspects plus insupportables encore, car les salaires sont souvent plus bas et le chômage plus important encore.
Conviés à élire des représentants au Parlement européen, nous avons toutes les raisons de nous dire que ces élections ne nous concernent en rien. Ce Parlement, comme toutes les institutions de cette Europe où la plupart d’entre nous n’ont aucune chance de mettre le pied, est éloigné de plusieurs milliers de kilomètres. Même si on nous invite tous les cinq ans à l’élection de représentants, nous ne sommes en rien représentés par ce Parlement.
Mais le sommes-nous davantage par l’Assemblée nationale de Paris ? Le sommes-nous davantage même par d’autres institutions de l’État français, plus proches de nous géographiquement mais tout aussi éloignées socialement ? Toutes ces institutions représentent, de haut en bas, les préoccupations, les intérêts de la bourgeoisie, de ceux qui vivent de l’exploitation, des grands groupes industriels et financiers pour l’essentiel, et accessoirement les bourgeois et les notables de nos pays.
Ces élections européennes, quels que soient leurs résultats, n’ont pas le pouvoir de changer notre sort. Pas plus que les autres élections. Mais elles nous donnent la possibilité de nous exprimer. Elles nous donnent la possibilité de faire entendre notre camp, celui des travailleurs, des exploités, des pauvres, face à ceux qui nous exploitent et nous oppriment.
Faire entendre le camp des travailleurs !
Faire entendre le camp des travailleurs, voilà le sens de la liste conduite par Ghislaine Joachim-Arnaud et présentée dans ces élections européennes, en commun, par Lutte Ouvrière et Combat Ouvrier, qui se réclament du communisme révolutionnaire.

Martinique : Un chef zélé mis au pas !

Sur l’habitation Trianon, au François, le responsable de l’habitation a décidé de façon arbitraire de sanctionner les ouvriers des champs et ceux du hangar, en ne leur payant pas la totalité de leur journée de travail effectuée le lundi 7 avril dernier. Le prétexte avancé étant qu’ils n’avaient pas accompli leurs tâches…
Cette habitation d'une superficie de plusieurs dizaines d’hectares compte une quarantaine d’ouvriers agricoles. Ils travaillent toute la journée, jusqu’à 15 heures certaines fois. Soit à couper des régimes de bananes sur les champs, soit à détacher les pattes de bananes de leur régime, ou encore à les emballer dans des cartons dans le hangar. Et tout cela pour n’être payés qu’au SMIC, soit 9,53 euros de l’heure.
Constatant qu’ils n’avaient pas été payés, le mardi 6 mai au matin, les ouvriers mécontents se sont mobilisés pour demander des comptes au responsable de leur habitation. Celui-ci a cherché des arguments qui ne tenaient pas debout. Mais ce qu’il faisait mine d’ignorer, c’est que les ouvriers avaient bel et bien effectué leur journée de travail. Ces derniers ne l’ont pas entendu de cette oreille, et n’ont rien voulu savoir. Durant leur mobilisation, ils se sont expliqués. Une partie des bananes récoltées étant trop petites, elles ne pouvaient être mises en carton pour l’expédition, elles ont donc été acheminées vers d’autres destinations. Mais ces travailleurs entendaient bien être payés. Ils estimaient à juste titre qu’il n’y avait aucune raison d’être payés selon le bon vouloir de ce responsable, pour garantir les profits du patron.
Finalement, les ouvriers ont su faire entendre raison à ce responsable de l’exploitation. Il a donc accepté de leur payer leur journée de travail, comme il se doit.
 

Martinique : Haute tension à EDF !

Le fait que des agents aient tapé du poing sur la table, même s'il ne s'agissait pas de la majorité, a fait bouger la direction. Un préavis de grève illimitée avait été aussi lancé par la CGTM-EDF. Dans une ambiance de mépris de la direction pour les salariés qui s'était aggravé ces dernières semaines, la principale revendication portait sur des embauches. Les négociations engagées sous la menace du préavis de grève ont permis d'arracher une quarantaine de postes.
 
Paroles, paroles...
La direction a prétendu dans France-Antilles qu'il n'y avait pas de problème d'effectifs à EDF. Mais les agents sont les mieux placés pour le savoir. Et on voit bien que les contrats d'avenir, les intérimaires, etc. ne sont pas des embauches à part entière. Alors, les belles paroles de la direction...

La voie à suivre
Nous ne savons pas quelle sera l'ampleur du mouvement. Mais nous savons que ceux qui veulent « secouer le cocotier » ont raison. Car c'est la voie pour obtenir satisfaction !

Électricité : « Selon que vous soyez puissant ou misérable... »
EDF s’apprête à annoncer un accord permettant à un consortium réunissant les plus grosses entreprises du pays, dont Arkema, Air Liquide, Arcelor-Mittal ou Solvay,  de bénéficier d’un énorme rabais. Il y a longtemps  que, même nationalisée, EDF était aux petits soins pour les grandes entreprises. Mais cette annonce survient juste après celle d’une augmentation, rétroactive qui plus est, des tarifs de l’électricité pour les particuliers. EDF ne fait que suivre la politique du gouvernement : prendre dans la poche des salariés pour distribuer aux plus riches.

Guadeloupe :Le «vrai visage» du travail dans la banane

Les travailleurs élus du Comité d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) de la SCA-Bois Debout (Dormoy), ont nommé une experte chargée d’analyser la grande majorité des postes de travail sur la plantation. Elle a rendu son rapport. Celui-ci concerne en fait tous les travailleurs de la banane.
 
Le travail de l’experte sur la plantation a consisté à enregistrer, avec des «équipements» spéciaux, un certains nombre de données. Entre autres, le tonnage de bananes transporté par un «chayè», le nombre de kilomètres parcourus pour mettre les sacs de polystyrène, le nombre de fois qu’il faut monter et descendre de l’échelle pour mettre ces sacs, etc.
Quandl’experte a transmis les données enregistréesau Cabinet Indigo, qui était chargé de les analyser, le cabinet lui a demandé de recommencer le travail d’enregistrement car les données envoyées paraissaient invraisemblables. Et l’experte a refait les enregistrements. Tout était en fait exact…
 
Des vraies «bêtes de somme»
Ce qui apparaissait comme invraisemblable pour le Cabinet Indigo est la dure réalité que vivent les travailleurs de la banane.
Prenons quelques exemples. Un «chayè» transporte par journée de travail entre 6 et 7 tonnes de bananes (132 régimes) sur ses épaules. Celui qui met les «polys» (sac en plastique enveloppant les régimes pour les protéger contre les oiseaux et autres) parcourt pour sa journée plus de 24 km à pied, et monte et descend autant de marches que quelqu’un qui monte au dernier étage de la Tour Eiffel puis redescend. L’ouvrier qui découpe les régimes en mains de bananes soulève entre 24 et 28 tonnes par jour. Et il en est ainsi pour tous les postes de travail.
Il est à noter que les travailleurs de la plantation SCA-Bois Debout ont des élus et un CHSCT qui leur permet de «réduire» quelque peu la pression des patrons ; ce qui n’est pas le cas de nombreuses plantations où les patrons ne veulent pas de la présence de syndicat. Notamment sur les plantations de Jean-Louis Butel, où ce dernier a essayé d’imposer 150 régimes à transporter pour la journée de travail ; sur les différentes plantations gérées ou appartenant à T. Dambas ; sur celles de L. Lignières, de G. Adolphe, etc.
Et tout cela pour des salaires variant de 1 000 à 1 100 € nets par mois !
 
Seule une forte mobilisation pourra imposer une amélioration des conditions de travail.
Jusqu’à aujourd’hui, le Groupement des Planteurs de Guadeloupe fait mine d’ignorer ce rapport et ses conclusions. Notamment la nécessité de revoir complètement l’organisation du travail dans le secteur avec pour objectifs, entre autres, de réduire les effets des troubles musculo-squelettiques.
 Il ne reste aux travailleurs de la banane qu’à préparer le combat pour imposer une réorganisation du travail dans le secteur. Un travail qui s’apparente à l’esclavage.
 

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