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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1113 du 17 mai 2014/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Les dockers déterminés à faire entendre raison au GIE AREMA

Zoom La CGTG a appelé à une mobilisation générale de ses militants et sympathisants, le 13
mai 2014. Cette mobilisation avait pour objectif la réintégration de quatre dockers abusivement licenciés par leur employeur, le GIE AREMA.
Depuis qu’ils ont saisi le conseil de Prud’hommes de Pointe-à-Pitre, le 20 septembre 2012, ces ouvriers ont été jetés à la rue.
Dans l’entreprise, malgré les appels à la solidarité avec les dockers effectués par la CGTG de l’extérieur, aucune action n’a été entreprise pour leur réintégration. Pourtant, les 4 réclament la fin des contrats dits d’usage, qui sont des contrats précaires d’un autre âge qui concernent encore près de 100 dockers occasionnels sur le port de Pointe-à-Pitre… Ces contrats signés à la journée permettent à l’employeur d’imposer une pression impitoyable sur les salariés qui y sont assujettis.
Pour les dockers du GIE AREMA, cela signifie que celui qui se rebiffe, pour quelque raison que ce soit, risque des mesures de rétorsion immédiates : soit le patron décide qu’il aura des vacations plus courtes, soit il l’embauche sur des postes moins qualifiés donc moins payés, soit il diminue le nombre de jours travaillés dans le mois …
Cela va donc faire bientôt deux ans que les 4 ouvriers qui ont saisi la justice n’ont plus de revenus. Ils en sont réduits à des jobs ou au RSA, ou même à aucune rentrée d’argent !
Comme le font habituellement les employeurs, le GIE AREMA a tout fait pour faire trainer l’affaire. Cependant, à quelques semaines d’intervalle, plusieurs décisions qui donnent raison aux 4 dockers sont tombées : la Cour d’appel de Basse-Terre a décidé la réintégration immédiate des 4 dockers sur la base de leur CDD d’usage, le 17 février dernier.
Le 24 janvier 2014, le conseil de Prud’hommes a ordonné la requalification en contrat à durée indéterminée des contrats à durée déterminée des 4 dockers sur la base d’une revalorisation de leur salaire en tenant compte de leur ancienneté. Le GIE a fait appel le
5 février et demandé l’aménagement de l’exécution provisoire de ce jugement portant sur le versement immédiat de 9 mois de salaire.
Le 15 avril, à l’appel de la CGTG une vingtaine de militants ont distribué des tracts dans la zone de Jarry et envahi les locaux de l’entreprise.
La nouvelle directrice du GIE a prétendu qu’elle était en attente d’une décision le lendemain 16 avril, avant de réintégrer les 4 licenciés. Le lendemain, une nouvelle décision favorable aux travailleurs était rendue. Une délégation de la CGTG venue accompagner ses camarades à leur poste de travail a de nouveau manifesté.
Le 13 mai, une trentaine de militants se rendaient à Jarry pour exiger l’application de la décision et la réintégration des 4 dockers. Pendant toute la matinée, les manifestants ont bloqué la rue, s’adressant aux usagers et distribuant des tracts.
AREMA ne daigne pas prendre contact avec les salariés et leur syndicat. Le lendemain, une poignée de militants poursuivit les actions en bloquant l’activité du port de Jarry depuis 6 heures du matin. Le syndicat a d’ailleurs averti par voie de communiqué qu’il continuera ses actions jusqu’à la réintégration des 4.
Dans l’après-midi, constatant qu’aucune marchandise ne pouvait entrer ou sortir du port, une délégation des employeurs finit par rencontrer les ouvriers licenciés pour les réintégrer.
Cette multinationale n’a en réalité peur que d’une seule chose : que tous les dockers précaires de Guadeloupe et même d’ailleurs ne réclament la fin du CDD d’usage. Pour les 4, la détermination est intacte. Ils ont décidé d’arracher leur réintégration et leur contrat à durée indéterminée.

Le mois de mai, le mois des luttes

Le mois de mai est un mois qui symbolise bien des luttes en Martinique et en Guadeloupe.
- Les 26, 27 et 28 mai 1802, la guerre anti esclavagiste dirigée par les officiers noirs contre le rétablissement de l'esclavage par Bonaparte aboutit à la défaite des troupes noires. La première abolition avait été décrétée par la convention révolutionnaire en 1794.
Dirigée par Joseph Ignace, Louis Delgrès, Noël Corbet, Massoteau, la mulâtresse Solitude, Palerme, la rébellion armée s'était étendue dans toute la Guadeloupe. Le 28 mai 1802, Louis Delgrès et ses compagnons furent cernés par les troupes du général Richepanse, chargé par Bonaparte de rétablir l'esclavage. Perdus, ils firent le choix de se faire sauter à la dynamite à l'habitation d'Anglemont sur les hauteurs de Saint Claude, à Matouba.
Joseph Ignace, et ses troupes, de leur côté, livrèrent leur dernier combat à Baimbridge et furent vaincus par les troupes de Richepanse. Pendant plusieurs mois une répression impitoyable s'abattit sur les rebelles qui résistaient, se cachaient ou tentaient de fuir. L'esclavage fut rétabli.
- 46 ans après, le 22 mai 1848, en Martinique, l'insurrection anti-esclavagiste débuta à Saint Pierre et menaça de s'étendre. Le gouverneur de la colonie, Rostolan, fut contraint d'annoncer l'abolition de l'esclavage avant même l'arrivée du décret officiel pris par le gouvernement révolutionnaire de février 1848 à Paris. De même, à la même époque, en Guadeloupe, un climat d'insoumission et de désobéissance des esclaves préfigurait une possible insurrection. Là aussi, le gouverneur Laryle préféra  décréter l'abolition de l'esclavage avant  même l'arrivée du décret officiel !
- Les 26 et 27 mai 1967, en Guadeloupe, la troupe coloniale tira sur les manifestants et sur la population, faisant plus de 80 morts pendant deux jours et deux nuits. C'est à la suite d'une manifestation de colère des ouvriers du bâtiment devant la chambre de commerce de Pointe-à-Pitre que la troupe commença à tirer, avant de se répandre dans les quartiers, faisant un carnage. Le premier mort fut Jacques Nestor, militant du GONG (groupe d'organisation nationale de la Guadeloupe). D'autres jeunes comme Taret, Tidas seront tués. Solange Coudrieux perdra une jambe criblée par des balles explosives. Quelques jours après, plusieurs militants et dirigeants du GONG et d'autres militants indépendantistes furent arrêtés en Guadeloupe et envoyés en France, emprisonnés à la prison de la Santé. D'autres, étudiants de l'AGEG (association générale des étudiants guadeloupéens), furent arrêtés en France et emprisonnés. À l'issue de leur  procès," le procès des Guadeloupéens", tous furent libérés. Mais de nombreux jeunes furent emprisonnés en Guadeloupe pendant une année ou plus, comme par exemple Guy Jean-Baptiste, militant nationaliste bien connu.
Il faut souligner la manifestation courageuse des lycéens de Baimbridge, qui, dès le 27 mai, sont descendus dans les rues de Pointe-à-Pitre et ont manifesté devant la sous-préfecture contre la répression sanglante.

Martinique : Premier mai, les travailleurs se sont fait entendre

Environ 1000 travailleurs ont défilé dans les rues de Fort-de-France le premier mai. Les principales organisations syndicales étaient présentes et une banderole commune était portée en tête. Bien sûr, la couleur dominante était le rouge. Et le chant de l'Internationale, repris dans plusieurs parties du cortège, a rappelé qu'il s'agit bien de la journée internationale de lutte des travailleurs.
De nombreux slogans ont fusé contre la politique anti-ouvrière de Hollande-Valls, qui continue celle de Sarkozy. Le blocage des retraites et des salaires des fonctionnaires fut largement dénoncé dans le cortège syndical.
Dans cette ambiance, le groupe du PPM et plus encore quelques manifestants derrière des drapeaux du Parti Socialiste, soutenant le gouvernement, apparaissait comme extérieurs à l'objet de la manifestation.
Combat Ouvrier était présent et a tenu une table de lecture à l’entrée de la Maison des Syndicats.

Guadeloupe : Un premier mai réussi

Le premier mai, 2 600 travailleurs et militants se sont retrouvés au défilé dans les rues de Pointe-à-Pitre.
Ils ont donc marqué la journée internationale de lutte des travailleurs avec force et détermination. Ensuite, près d’une centaine se sont réunis autour d'un repas au bord de la mer.
Combat Ouvrier était présent dans la manifestation et a tenu un stand devant l'université de Fouillole, lieu du rassemblement, avec ses militants et sympathisants.
Ce fut une journée réussie et une bonne démonstration de force des travailleurs.

Guadeloupe L’ÉCHO DE L’AÉROPORT

AVIATION CIVILE : PRÉAVIS DE GRÈVE POUR SOUTENIR UNE COLLÈGUE…
Un préavis de grève pour le 13 mai est déposé afin de soutenir une collègue dont la direction ferme le poste.
Elle doit partir à la retraite avec à peine 2/3 des trimestres requis pour une pension complète.
Malgré l’accord de Paris pour une prolongation, le directeur de Martinique décide de supprimer le poste.
 
… CONTRE LA DIRECTION QUI SUPPRIME ALLÈGREMENT LES POSTES EN GUADELOUPE
Le directeur prétend que ce poste n’a pas d’utilité pour le service, mais dans le même temps il réunit le personnel pour demander à 4 personnes ( !) d’effectuer le travail à tour de rôle.
Si elle n’est pas remplacée, l’accès au bâtiment posera problème. Nous avons décidé d’en faire la démonstration.
D’autres revendications ont été ajoutées, telles que l’arrêt des discriminations en matière d’évolution de carrière, et le remplacement des départs en retraite, car l’effectif de la DT Guadeloupe est passé de 27 à 19 personnes en 4 ans.
 
SORI : ATTAQUES CONTRE LE PERSONNEL
Le directeur de la SORI n’embauche des intérimaires que très exceptionnellement. Des nouveaux, qu’il fait tourner pour qu’ils n’aient pas d’ancienneté. Les intérimaires qui ont de l’ancienneté ne sont plus appelés.
Une attitude mesquine vis-à-vis des intérimaires qui pourraient avoir une chance d’être embauchés du fait de leur présence continue sur le site. Mesquinerie aussi vis-à-vis des collègues SORI surchargés de travail.
De plus en plus il se dit que les travailleurs sont solidaires et que leur colère va finir par exploser.
 
CATERING PTP : TRISTE BILAN DE LA DIRECTION SORI
Les 2 derniers salariés de Catering PTP, les délégués, viennent d’être licenciés. D’après les Prud’hommes, la SORI devait les embaucher en plus des 4 autres collègues déjà intégrés. Mais la direction n’a pas accepté, elle a attendu un an qu’ils ne soient plus délégués pour les licencier. Ils n’ont pas eu le sentiment d’être soutenus par leur syndicat.
Onze autres collègues ont perdu leur emploi. Deux collègues sont partis en France pour travailler dans une filiale.

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