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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1113 du 17 mai 2014/Première page

Première page

Éditorial : Les travailleurs ont les moyens de riposter aux attaques

Zoom Combat Ouvrier a présenté des candidats aux élections municipales et s'est présenté avec Lutte Ouvrière, aux élections européennes, pour faire entendre le camp des travailleurs dans la circonscription de l'Outre-mer, la huitième circonscription.
En dépit de la faiblesse des scores électoraux de notre courant, ce qui aura compté pour nous dans ces campagnes électorales c'est surtout d'avoir pu s'exprimer le plus largement possible sur un programme de lutte. C'est d'avoir dit et répété que les travailleurs et l'ensemble des exploités ne pourront changer leur sort que par la lutte. Contre le chômage de masse il n'y aura pas de résultat réel sans l'interdiction des licenciements, sans les rendre illégaux, sans la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire. Il n'y aura pas de changement dans le niveau de vie des travailleurs et des pauvres sans lutte pour imposer que les salaires, les pensions, les minima sociaux soient indexés régulièrement sur la hausse réelle du coût de la vie. Il n'y aura pas de changement réel non plus sans le contrôle des travailleurs sur les comptes des entreprises, sans abolir le secret des affaires, le secret bancaire. Car pour se rendre compte des milliards qui pourraient être mis au service de la lutte contre le chômage, de la lutte contre la pauvreté, il faut que l'immense richesse des capitalistes soit connue de tous. Notre liste "Lutte Ouvrière et Combat Ouvrier" aux élections européennes dans la circonscription d'Outre-mer nous aura permis de nous adresser à nos frères de classe de ce qui reste de l'empire colonial français, de l'Atlantique au Pacifique en passant par l'Océan Indien. Oui, à nos frères de classe, les travailleurs et les exploités de Guadeloupe, Martinique, Saint Martin, Saint Barthélemy, la Guyane, Saint Pierre et Miquelon, de La Réunion, de Mayotte, de la Nouvelle Calédonie, de Wallis et Futuna. Des frères de classe, mais aussi des frères d'Outre-mer, Noirs, Blancs, Indiens, Asiatiques, Métis comme nous. Ce qui unit doublement les travailleurs et exploités d'Outre-mer, c'est que non seulement ils subissent une exploitation de classe, mais aussi l'exploitation issue de siècles de domination coloniale avec ses séquelles : racisme, discriminations, humiliations. Tous, ils ont contribué par leur exploitation à la richesse de la France et de l'Europe. Mais aujourd'hui ils n'ont que les miettes !
Présentement, la classe ouvrière dans son ensemble n'est pas prête à mener de larges luttes offensives contre le grand patronat et ses serviteurs politiques de gauche et de droite. Mais si elle n'est pas vainqueur, elle n'est pas vaincue. Elle conserve donc tout son potentiel de riposte, de lutte à la hauteur des exigences de l'heure. Cette heure est marquée par des attaques incessantes des gouvernements au service du patronat. Aujourd'hui, c'est le gouvernement Hollande-Valls qui veut réaliser 50 milliards d'économies supplémentaires en puisant dans la poche déjà presque vide des travailleurs. Gel des salaires et des pensions, licenciements, suppressions de postes de fonctionnaires, chômage de masse pour les travailleurs et la population laborieuse ! Mais énormes dividendes et profits sans cesse croissants pour les actionnaires des grosses sociétés. Le CAC 40 grimpe, la bourse se porte à merveille. Et ces profits boursiers sont toujours inversement proportionnels aux sacrifices qu'on impose aux travailleurs. Ces sacrifices imposés et pour le moment acceptés, évidemment, rassurent ceux que l'on appelle pudiquement "les investisseurs" : en clair les requins, les gangsters de la finance mondiale. Alors si notre courant a pu faire entendre le camp des travailleurs au cours des élections, même à une minorité de travailleurs combatifs, cela peut être suffisant pour que cette minorité entraîne prochainement tous les autres dans une large contre offensive ouvrière.

Guadeloupe : Le problème de l’eau, le je-m’en-fichisme des politiciens et les intérêts des sociétés de distribution...

S’il est un exemple du je-m’en-fichisme des politiciens vis-à-vis des problèmes de la population, et des plus démunis en particulier, c’est bien celui de l’eau. Car voilà bientôt plus de vingt ans qu’existe en Guadeloupe un problème de l’eau. À savoir sa distribution, son prix et le traitement des eaux usées.
Mais, cette année, les problèmes ont atteint un point si critique que la question de la «disponibilité» de l’eau pour des usagers de certaines zones du département a fait, et continue à faire, la une de l’actualité. Des particuliers comme des associations d’usagers sont montés au créneau pour dénoncer ce scandale du manque d’eau.
Et qu’ont trouvé les pouvoirs publics, préfecture et élus de tous bords, pour justifier ce manque d’eau dans les robinets ? La sécheresse. Tout en ajoutant cependant, mais sans trop insister, le problème de la vétusté des canalisations qui provoque plus de 50% de pertes.
Mais personne n’est dupe, et surtout pas les usagers qui ne peuvent disposer du précieux liquide, puisque cela fait plus de vingt ans que cette situation perdure.    Alors pour faire semblant de prendre le problème à bras le corps, le président du Conseil Général J. Gillot, par ailleurs président de l’Office de l’Eau de la Guadeloupe, a organisé un grand forum sur l’eau, une grand-messe devrait-on dire, pour prétend-il lancer une étude sur la possibilité de créer une structure unique de production d’eau et aboutir à un prix unique de l’eau, et le plus bas possible, pour toute la Guadeloupe.
En fait, derrière toute cette mise en scène, on peut penser que la création des différentes communautés de communes entraîne des changements dans la structure du «marché» de l’eau en Guadeloupe. Par exemple la Générale des Eaux, qui jusqu’alors fournissait l’eau à douze communes, va se retrouver avec un «marché» plus restreint de seulement six communes. Les autres fournisseurs comme la Nantaise des Eaux, ou la CGSP vont-ils voir «leur marché» s’étendre au détriment de la Générale des Eaux ?  La place libre sera-t-elle occupée par un autre concurrent ?
Quand on sait que la fourniture de l’eau en France hexagonale est un «marché» que se partagent les «grands» du secteur, il est fort à parier qu’en fait, derrière la grand-messe publique de J. Gillot, se déroulent des tractations entre les fournisseurs d’eau de la Guadeloupe. Et qu’une fois un accord trouvé  entre les entreprises concurrentes, la fourniture de l’eau en Guadeloupe va continuer comme avant : permettre à la Générale des Eaux et les autres de remplir leur coffre-fort au détriment de la population.
À moins que les consommateurs et toute la population se mobilisent massivement pour imposer que la fourniture de l’eau soit avant tout un service, et non pas un moyen pour certains de continuer à grossir leur fortune.

Martinique : Transport Boniface : la grève se poursuit

Les travailleurs de l’entreprise Boniface ont entamé leur troisième mois de lutte face à l’entêtement de la direction. Rappelons que cette entreprise compte 21 salariés, principalement des chauffeurs, et assure pour le compte de l’Espace Sud le transport des passagers dans la commune de Rivière-Pilote.
La direction refuse de discuter avec le syndicat qui regroupe la majorité des travailleurs, au motif qu’il ne serait pas représentatif. Il s'agit de la CSTM.
Loin de vouloir régler la situation, la direction de Transport Boniface a saisi le tribunal en demandant l'application de la mesure d'astreinte initialement fixée à 4 000 euros par jour, et l’affaire était discutée le 6 mai.
Toutefois, des discussions ont enfin débuté le lundi 12 mai entre la direction, le syndicat CSTM, l’Espace Sud, et la Dieccte (direction du travail) à la sous-préfecture du Marin. Pendant ce temps, la population continue de trinquer à cause de l’obstination des dirigeants de l’entreprise.
Les salariés, avec l’appui de  travailleurs d'autres secteurs liés à la CSTM, ont organisé plusieurs mobilisations. Mais au moment où nous écrivons la situation est encore bloquée.
 

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