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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1110 du 5 avril 2014/Quatrième page

Quatrième page

Egypte : La répression se durcit, mais les travailleurs résistent

Lundi 24 mars, après deux jours de procès durant lesquels les avocats des accusés n’ont pas été entendus, un tribunal égyptien a condamné à mort 529 personnes. Elles sont convaincues d’avoir «violé» la loi anti-manifestation récemment décrétée par le régime lors de récentes émeutes. C’est la plus importante condamnation en masse de l’histoire de l’Égypte. C’est un message adressé à la population par le régime militaire : la répression contre tous les opposants va continuer.
 Après les grandes révoltes populaires et les vagues de grèves qui ont fait tomber le général Moubarak en 2011, l’armée égyptienne avait, dans un premier temps, accepté de partager le pouvoir avec les islamistes (Frères Musulmans). Ces derniers constituaient le principal parti d’opposition et leur direction, malgré son vague discours en direction des pauvres, avait donné des gages de son attachement à la propriété privée et au maintien de l’ordre capitaliste. Dès avant l’arrivée de leur représentant, Mohammed Morsi, à la présidence, les Frères Musulmans avaient milité en faveur d’une loi restreignant le droit de grève. Ils avaient pris position contre la participation aux grandes manifestations qui continuaient dans le pays… sans toujours être suivis par leurs propres militants. La multiplication des déclarations religieuses réactionnaires pour compenser leur incapacité – leur refus, en fait – de répondre à la soif de justice sociale de nombre de leurs sympathisants n’y a rien fait. Au bout d’un an à peine, l’incapacité des islamistes à canaliser la colère populaire a clairement fait baisser leur cote auprès des militaires. En juillet 2013, à la faveur d’une grande vague de protestation contre Mohammed Morsi, l’armée a opéré un coup d’État, reprenant seule les rênes du pouvoir et déclenchant une vague de répression qui a déjà fait plusieurs centaines de morts. Pour diviser l’opposition laïque ou de gauche, le régime réserve ses coups les plus spectaculaires aux islamistes. Mais des dizaines de militants politiques ou syndicaux ont déjà été arrêtés depuis le début de l’année.
 Pour le moment, ce déploiement de force ne semble pas réussir complètement à intimider la population, et notamment les travailleurs. Du 10 au 22 février dernier, 20 000 ouvriers du textile ont fait grève à El Mahalla El Koubra jusqu’à ce que le gouvernement promette de répondre à leurs revendications. Dans la foulée les chauffeurs de bus du Caire cessaient le travail. Lundi 23 février, c’était au tour des postiers d’entamer une grève nationale pour une augmentation de 50 % et le limogeage des chefs corrompus de La Poste. Le même jour, le gouvernement démissionnait brutalement, pour faire place à une nouvelle équipe remaniée… L’idée est, en fait, de  permettre à l’homme fort de l’Armée – le maréchal Abdel Fattah Al-Sissi – de se présenter à l’élection présidentielle d’avril (ce qu’il ne pouvait pas faire tant qu’il était ministre). Le message est clair : l’armée est décidée à durcir encore la répression contre toutes formes d’agitation. La condamnation en masse du 24 mars, même si elle vise des sympathisants islamistes, va dans le même sens.
Les postiers, qui avaient interrompu leur mouvement le 5 mars, se sont remis en grève il y a quelques jours.

Venezuela : Après l’arrestation de trois généraux

Le président Maduro, successeur de Chavez, est confronté depuis le mois de février à un mouvement de protestation initié par les étudiants. Ce mouvement contre des problèmes réels de la population – la violence, la flambée des prix et la pénurie des produits de première nécessité – a trouvé un assez large écho dans la population, même si les plus pauvres restent attachés au régime «chaviste».
Malheureusement, il a été récupéré par une opposition ultraréactionnaire dont les divers «porte-parole» – Enrique Capriles, Leopoldo Lopez et Maria Corona Machado – sont tous les représentants directs des familles les plus riches du Venezuela. La seule réponse de Maduro a été la répression et, tout en prenant langue avec certains de ces oligarques, une série d’appels au secours à la population laborieuse accréditant l’idée qu’il serait menacé par un coup d’État.
L’arrestation le 25 mars de trois généraux accusés de conspiration est sans doute une façon de faire apparaître la menace plus réelle… L’événement montre malheureusement que Maduro s’en tient à sa tactique et qu’il est toujours aussi décidé à ne pas faire la seule chose qui pourrait à la fois résoudre les problèmes de la population et faire taire les super-riches : appeler les pauvres à s’en prendre réellement aux profits de la bourgeoisie et des multinationales.

Martinique : Méthode Coué contre le chômage ?

«Léger mieux sur le marché du travail», titrait France-Antilles le 27 mars. La cause de cet optimisme ? Une baisse de 197 chômeurs en Martinique entre février et mars 2014.
Sur 45 281 chômeurs, la baisse n'est même pas de un demi pour cent ; qu'à cela ne tienne, le quotidien quasi-officiel y voit la justification de son titre dans le style : «Tout va très bien, Madame la Marquise...» ; quitte à devoir nuancer peu après.
Pourtant, d'après les chiffres fournis par Pôle Emploi, le nombre de chômeurs de moins de 25 ans aurait baissé de 4,6 % en un an... mais accuserait une hausse 13,4 % pour les plus de 50 ans. L'embellie est donc toute relative. Surtout que Pôle Emploi lui-même prévient que : «au delà des évolutions du marché du travail, différents facteurs peuvent affecter les données relatives aux demandeurs d'emploi». Et, de fait, leurs chiffres révèlent que, sur les plus de 4 500 sorties de Pôle Emploi - compensées par un nombre équivalent d'entrées - comptabilisées en février, seulement 18,4 % l'étaient à la suite d'une reprise d'emploi effective ou d'une entrée en stage. Pour les plus de 80 % restants il s'agit de chômeurs sortis de Pôle Emploi... en restant chômeurs (radiation, défaut de mise à jour du dossier, arrêt de recherche d'emploi, etc.).
Par delà les titres de la presse, la population laborieuse sait ce qu'il en est. Elle sait bien que l'ensemble de la société est gangrenée par le chômage et elle sent que nulle solution ne viendra de ceux qu'on appelle les «décideurs institutionnels».

Haïti : Derrière la façade du tourisme, le flot de boat people continue.

Alors que les responsables du gouvernement vendent la destination Haïti dans les agences de tourisme et à l’ONU, une partie de  la population pauvre se résigne à fuir l’exploitation en tentant d’atteindre les États-Unis par la mer.
Le 31 mars, les gardes côtes américains ont rapporté l’arrestation de 82 immigrants haïtiens en haute mer,au Sud des Bahamas (île de  Great Inagua) durant la semaine. Le même jour, la police maritime  des îles Turks and Caïcos indiquait qu’elle avait  intercepté une embarcation transportant 94 hommes et 20 femmes en provenance d'Haïti. Le 25 décembre dernier, un voilier transportant une cinquantaine de passagers allant vers les USA a fait naufrage et 18 personnes se sont noyées. Au mois novembre, 30 haïtiens avaient connu le même sort au large des côtes des Bahamas.
La Garde côtière américaine rappelait qu’elle a intercepté  559 Haïtiens depuis le  1er octobre.
 Le flux ne diminue donc pas, le trajet au large des Bahamas est un point de passage des boat people d’Haïti vers les USA.
Le Premier ministre des Iles Turks and Caïcos, Rufus Ewing, en a profité pour demander au  gouvernement haïtien de faire davantage d'effort pour «endiguer le flot d'immigrants clandestins haïtiens vers son pays». Il est prêt à collaborer, à se débarrasser de ces indésirables, en rapatriant les immigrants le plus rapidement possible vers Haïti, pour les « dissuader de risquer leur vie dans des embarcations de fortune » ; les belles paroles ! 
Avec la dégradation de la situation pour les pauvres, le nombre des boat-people a augmenté. Dans les quartiers populaires, le chômage, l’absence de salaire, l’absence de toit pour habiter, la misère qui s’aggrave poussent les habitants à se risquer en mer  pour chercher une vie meilleure ailleurs.
D’autres n’espèrent ni dans les politiciens, ni dans les passeurs ou dans quelques sauveurs. Ils comptent sur la mise en commun de leurs énergies pour construire leur propre force et défendre leurs intérêts pour arracher ce qui leur est dû.
 

 

Guadeloupe:FÊTE DE COMBAT OUVRIER

Dimanche 4 mai de 12h à 20h au Pako à Baie Mahault
Avec Pascal MOESTA
Participation aux frais : 25€ - Tarif enfant : 15€
Programme
12h : ouverture de la fête au son du Ka. Apéritif
12h 30 : repas champêtre en musique
 Menu :
Entrées : Salade de fruit à pain / hareng saur - Salade Campagnarde (légumes, œuf, poulet fumé…) - Salad Kapestè (Gèl a Kochon/ti fig)
Plats: Colombo de cabri à l’indienne ou filet de vivaneau
Accompagnements : Riz légumes - Riz pois canne - Riz nature - Légumes vapeur
Dessert : Glace annou
Vin, Café
Champagne à la demande
14h 30 : Allocutions
15H : prestation de Pascal Moesta
16h : Bal titane
20h : clôture de la fête
 
A l’espace Forum : 15h 30 : Forum de Combat Ouvrier : « Combat Ouvrier et les élections », suivi d’un débat
17h : Forum scientifique : «Cimetières et villages d’esclaves ; ce que nous apprend l’archéologie sur l’esclavage en Guadeloupe», avec projection commentée.
Autres activités et loisirs : Librairie pour acheter ou consulter livres, brochures et documents
Déguster accras, gâteaux, chodo… au stand réservé à cet effet
Commander des boissons au bar
Vous exercer au stand de tir
Jouer aux jeux vidéo, surtout pour les jeunes
Laisser vos enfants s’amuser au château gonflable
Vous amuser entre amis avec des jeux de société (dames, cartes, dominos…)
A partir de 16h, danser jusqu’à 20h
Alors, tous, rendez-vous dimanche 4 mai pour passer un moment agréable !
Contact : 0690734893 ou 0690627925
Email : redactionombat-ouvrier.net
Site internet : www.combat-ouvrier.net

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