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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1110 du 5 avril 2014/Troisième page

Troisième page

Remerciements de Ghislaine Joachim Arnaud et Danielle Diakok aux électeurs

Dans un communiqué largement distribué à Fort-de-France (Martinique) et aux Abymes (Guadeloupe), Ghislaine Joachim Arnaud et Danielle Diakok ont remercié leurs électeurs qui ont voté pour la liste qu'elles conduisaient : "Combat Ouvrier-Faire entendre le camp des travailleurs". Dans ces deux villes, contrairement à Capesterre Belle-Eau, elles et Combat Ouvrier n'avaient pas de position particulière à prendre pour le deuxième tour, puisque les maires sortants ont été élus au premier tour. A part ça, la teneur du communiqué est la même que celle de Jean Marie Nomertin que nous publions intégralement dans ce numéro.

Guadeloupe : Grève à l’Université

Depuis le 20 mars, des personnels sont en grève pour exiger des garanties du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche concernant la préservation de la totalité des emplois (titulaires et non titulaires) affectés en Guadeloupe. Ils sont aussi en lutte pour clarifier le nouveau mode de gouvernance, suite à la séparation de la Guyane. Le campus de Fouillole est bloqué et les grévistes tiennent un piquet à l’entrée de la faculté.
Voilà  des années que les problèmes s’accumulent à l’Université des Antilles et de la Guyane : précarité des personnels, locaux insalubres, mauvaises conditions d’études, échec record… Ce sont les étudiants de famille modeste qui rencontrent le plus de difficultés.
 Les étudiants et les personnels de Guyane, face à une situation critique, se sont mobilisés pour réclamer des moyens supplémentaires. Ils ont eu raison ! Ils ont été entendus.
 Leur mouvement a abouti à la création d’une Université séparée en Guyane.
En Guadeloupe, depuis la sécession de la Guyane, certains défendent l’idée d’une Université de Guadeloupe, d’autres une Université des Antilles avec la Martinique. En réalité ce n’est pas le plus important. Ce qui compte c’est que chaque salarié de l’Université travaille dans des conditions décentes. Ce qui compte c’est que chaque étudiant réussisse, surtout s’il vient d’une famille modeste. Ce n’est pas un choix de statut qui résoudra ces problèmes, mais la lutte des travailleurs et des étudiants pauvres face à la direction de l’Université et face au ministère.
Certains chefs du campus de Guadeloupe, souhaitant obtenir «leur» Université, sont à l’initiative du mouvement de grève actuel. Leur but : transformer la mobilisation des travailleurs contre les suppressions de postes en lutte pour une Université de Guadeloupe. Un tel détournement d'objectif ne va pas dans le sens de la défense des personnels et des étudiants pauvres.
 Dans un contexte de chômage massif (plus de 30 % de la population) et d’augmentation de la précarité, les travailleurs de l’Université ont d’autant plus raison de se mobiliser contre toute suppression de poste. Mais ils ne doivent compter que sur eux-mêmes.
Quelle que soit la nouvelle forme que prendra l’Université, les travailleurs et les étudiants pauvres devront faire entendre leurs propres revendications !

Guadeloupe : Grève dans deux lycées au mois de mars

 
Du 18 au 25 mars, les enseignants ont fait grève au lycée Coëffin de Baie-Mahault. Leur principale revendication était le rétablissement de 4 postes supprimés. Les personnels avaient accepté, à contrecœur, une suppression annoncée en janvier. Mais 2 mois plus tard, ils ont appris que le rectorat prévoit 4 autres suppressions de postes, soit 5 professeurs de moins pour la prochaine rentrée
Le Recteur a refusé de prendre ses responsabilités, et il n’a pas accepté de recevoir les grévistes, en expliquant : «La nouvelle demande d'audience, qui plus est dans un cadre non réglementaire, est totalement injustifiée» !
 Après une semaine, les grévistes ont cessé leur mouvement, sans avoir obtenu le rétablissement des 4 postes en question. Ils envisagent à l’avenir d’autres actions. Ils ont quand même eu gain de cause sur certains points concernant leurs conditions de travail (ventilation des salles, matériel informatique, etc.).
 Quelques jours avant, au lycée agricole de Convenance, les personnels ont eux aussi fait grève, cette fois-ci avec succès. Une enseignante de l’établissement, contractuelle depuis 10 ans, a réussi récemment son concours pour devenir titulaire. L’administration avait promis qu’en Outre-mer les personnes dans cette situation seraient maintenues sur leur poste. Mais cette enseignante était malgré cela menacée de perdre sa place. Les professeurs ont protesté contre cette décision injuste, et ils ont obtenu le maintien de leur collègue dans le lycée.
 En Guadeloupe, les 31 suppressions de postes annoncées pour septembre 2014 vont aggraver une situation déjà difficile dans les collèges et les lycées. Ces deux exemples montrent que seule la mobilisation permet de défendre le service public d’éducation. Mais des grèves limitées à un ou deux établissements ont peu de chances d’aboutir. Il faudrait un mouvement d’ensemble, qui associe tous les personnels, les élèves et leurs parents.

La campagne sucrière 2014 : Tout le monde se sucre, sauf les travailleurs.

La récolte cannière 2014 bat son plein. Le sucre coule à flot. Pour les planteurs comme pour les usiniers, c’est la satisfaction totale.
Pour Bandou, le représentant du syndicat des planteurs (UPG), "le volume de canne est beaucoup plus important que prévu". Quant à Lorcet, le PDG de l’usine de Gardel, il se frotte les mains en annonçant des taux de richesse saccharine record.
Tout ce beau monde agricole et industriel veut nous faire croire qu’il découvre tout cela aujourd’hui. Il cherche à nous convaincre qu’il découvre seulement aujourd’hui que le tonnage de canne de cette année ainsi que la richesse en sucre vont être élevés. Mensonge !
Ce que ces patrons, sé pwofitè, ne pouvaient accorder aux ouvriers lors des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO), notamment les 200 € de l’accord Bino signé en 2009, ils peuvent donc le donner aujourd’hui aux ouvriers puisqu’ils crient haut et fort que tout va très bien pour eux.
 En tout cas, aux ouvriers de la filière canne-sucre-rhum d’exiger que les patrons leur versent des salaires plus importants que les 200€ de l’accord Bino.
 

Martinique : Education Nationale : Les personnels mobilisés contre les suppressions de postes

Du jeudi 27 mars 2014 au lundi 31 mars, le Rectorat a été bloqué par les enseignants en colère. Le déblocage s'est opéré à partir du moment où la Rectrice a accepté de discuter avec les grévistes. Le premier avril, la grève était terminée.
Mais ce mouvement aura été particulièrement combatif. Un groupe de militants syndicaux campait même sur le parking depuis plusieurs jours. En effet, les enseignants soutenus par quatre syndicats, SNETAA-FO, SNES-FSU, SE-UNSA et SMPE-CGTM, réclament l’annulation des mesures de suppression de postes programmées par le ministère et mises en œuvre par le rectorat. L’UPEM (union des parents d'élèves de Martinique) a fait savoir qu’elle soutient ce mouvement.
 Le rectorat a programmé la suppression de 90 postes budgétaires pour faire des  économies sur les dépenses publiques. Mais ce n’est pas ce motif qui est donné aux personnels, aux organisations syndicales et à l’opinion publique en général. La raison avancée est toujours la … «baisse des effectifs». Toujours la même vieille ficelle!
Les syndicats ont organisé des prises de parole le 27 mars au LP (lycée professionnel) Lumina Sophie, à Pointe des Nègres (Gaillard et Dumas), au LP Aliker et à Desrochers pour informer les personnels et dénoncer les mesures rectorales. Une réunion a eu lieu au LP Fanon, à Trinité le vendredi 28 mars 2014.
 Il faut savoir que le gouvernement, sur injonctions du patronat (MEDEF) et de la Commission de Bruxelles, veut réaliser… 100 milliards d’euros d’allègement de charges et d’économies. «Le Premier ministre a demandé à Marylise Lebranchu d'ouvrir des négociations dans la fonction publique pour faire en sorte d'affecter les fonctionnaires là où c'est le plus utile. Quel résultat cela aura sur le nombre global de fonctionnaires ? Je ne peux pas répondre.» (Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement).
C’est parce que les personnels connaissent les raisons et les conséquences de ces suppressions qu’ils se mobilisent : moins de moyens pour mettre en œuvre les fameux nouveaux «rythmes scolaires», classes à effectifs surchargés, suppressions de postes (enseignants et administratifs), de formations, de filières (Habillement, STI), non embauche de contractuels, multiplication des «postes à complément de service» imposant à des collègues d’exercer dans deux, voire trois établissements, affectation hors de Martinique de nombreux collègues, autrefois non titulaires, et aujourd’hui stagiaires : voilà quelles sont les conséquences désastreuses d’une telle politique.
 
 Dans la réunion du lundi 31 mars 2014 au rectorat (Tartenson) entre les syndicats et la Rectrice, cette dernière a reconsidéré certaines mesures (11 postes sur les 90). Il s’agit là d’un petit pas qu’elle a accepté de faire devant la détermination des personnels mobilisés. Mais elle a aussi posé ses exigences et ses limites : le déblocage du rectorat de Terreville et le non retour sur d’autres suppressions de postes.
Une nouvelle rencontre avec les syndicats a été programmée le mardi 1 avril à 14 heures pour poursuivre les discussions. En attendant les personnels sont décidés à se battre pour ne pas subir ces mesures arbitraires.

Record à la Martinique... pour le prix de l'eau et pour les fuites….

Avec  une perte de 41% de l’eau captée  due aux fuites des canalisations, perte payée par le consommateur sur sa facture, Fort-de-France se classe parmi les premières villes au palmarès des fuites d’eau. C’est ce que révèlent les associations  France Libertés et Que Choisir. Voilà des explications supplémentaires sur les prix élevés de l’eau malgré le fait que l’entretien ou le renouvellement du réseau ne sont pas fait correctement et …restent à faire et à payer…
En 2012, l'Office national de l'eau révèlait dans une étude sur le prix de l'eau qu'avec 2,90€ en moyenne le m3 (hors assainissement), le prix de l'eau en Martinique était le plus élevé de France. Cela confirmait les conclusions d'un audit sur l'eau en Martinique de novembre 2010, établi à la demande des ministères de l'agriculture et du développement durable. Cet audit donnait quelques indications sur l'origine de ces prix hauts (absence totale de concurrence au niveau de la construction des installations, taxe d'octroi de mer perçue sur le prix de l'eau, alors que ce dernier est fixé à partir de charges elles-mêmes soumises à cette taxe, etc.). Il permettait surtout d'identifier les comptes sur lesquels viennent s'accumuler les profits tirés de ces prix forts.
S'il est maintenant bien connu que l'eau distribuée par la Régie communale ou intercommunale directe revient moins cher au consommateur qu'en cas d'intervention d'une société privée de distribution, c'est ce dernier cas qui est de règle en Martinique. Seule Odyssi sur Fort-de-France est une régie de service public. Sur toutes les autres communes la distribution de l'eau étanche la soif de profits de capitaux privés. Derrière la SME (Côte Caraïbe Nord-Ouest, Centre et Sud de la Martinique, Le Lamentin et Saint-Joseph) on trouve notamment Groupama, Marcel Dassault, la Lyonnaise des Eaux (groupe GDF-Suez). Derrière la SMDS du groupe SAUR (Nord-Atlantique, Morne-Rouge et Schœlcher) on trouve, à côté de la Caisse de Dépôts et Consignations... l'assureur AXA.
Les profiteurs-voleurs sont donc bien connus, y compris voire surtout dans les ministères concernés. Mais ils continuent à plus actionner les pompes à fric que les pompes à eau.
 
 

Guadeloupe : PAWOL A TRAVAYÈ BANNANN

(Plantations  en  Lutte)
ÉLECTIONS  MUNICIPALES : DORMOY  A  CHOISI   SON  CAMP  ET  L’AFFICHE  OUVERTEMENT !
Lors de la campagne pour les élections municipales, un véhicule avec sonorisation invitant à participer à des conférences du candidat J. Beaugendre a pu circuler librement sur toute la plantation. Ce qui n’a pas été le cas pour les autres candidats. 
Le déclassement d’une partie des terres de Dormoy par la municipalité pour lui permettre de la vendre comme terrain destiné à la construction de l’hôpital et donc d’engranger un joli pactole pouvait laisser penser que les relations entre Beaugendre et L. Dormoy étaient très bonnes pour ne pas dire plus.
Désormais, il n’y a plus aucun doute sur la question.
 

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