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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1110 du 5 avril 2014/Deuxième page

Deuxième page

Elections municipales : Tassement du camp indépendantiste

Martinique :
Rivière-Pilote,  un revers pour Marie-Jeanne
A Rivière-Pilote, fief historique du MIM (Mouvement indépendantiste martiniquais) et de son dirigeant, Alfred Marie-Jeanne, le maire sortant, Lucien Veilleur était opposé à son adjoint Raymond Théodose. Celui-ci disait rester dans la mouvance patriotique du MIM. Il devait déclarer avoir encore sa carte fin 2013, une manière de sous-entendre qu'il ne l'avait plus en 2014 ? 32 voix les séparaient au 1 tour au bénéfice de L. Veilleur (2562 contre 2530). Pour le 2ème tour, Alfred Marie-Jeanne faisait circuler une note manuscrite de soutien à L. Veilleur, qui n'empêcha pas que celui-ci soit devancé par R. Théodose (3752 contre 3135 voix). Un revers donc pour A. Marie-Jeanne et le MIM.
 
Sainte-Luce, double échec du PPM  (parti progressiste martiniquais) et du MIM
A Sainte-Luce également, le MIM a échoué à faire élire son député, Jean-Philippe Nilor. Celui-ci, avec 2222 voix, devançait au premier tour N.G. Monrose (1429 voix) et le maire sortant Louis Crusol PPM (1258 voix). Au 2ème tour L. Crusol a décidé de faire barrage au MIM en se retirant et soutenant son ancien adjoint N.G. Monrose. On entendait dans la commune «il faut barrer Marie-Jeanne». Bilan : au 2è tour, Monrose a été élu avec 2794 voix contre 2672 à J.P. Nilor. Il y a donc eu un échec à la fois pour le PPM au 1 tour, et pour le MIM au 2ème.
 
Sainte-Anne,  Garcin Malsa  battu : Une défaite pour le courant indépendantiste
La mairie de Sainte-Anne était tenue depuis 25 ans par Garcin Malsa du Modemas (Mouvement des Démocrates et Ecologistes pour une Martinique Souveraine). Ecologiste, Malsa est aussi nationaliste partisan de l'indépendance de la Martinique. Cette personnalité locale faisait flotter le drapeau martiniquais vert, rouge et noir au fronton de la mairie. Il était en tête, face à  cinq listes, au premier tour, avec 1 103 voix contre 569 à son suivant immédiat, Jean-Michel Gémieux, prétendument sans-étiquette. Au deuxième tour, ce dernier réalisant une sorte de coalition anti-Malsa, l'emportait par 1683 voix contre 1335.
A noter qu'il a été reproché au nouveau maire d'avoir fait figurer sur sa liste un candidat défendant publiquement les idées racistes et xénophobes du Front National et que cette accusation n'a pas été démentie. Garcin Malsa bénéficia dès le premier tour du soutien du PCM (Parti Communiste Martiniquais) y compris contre Gilles Belmo, candidat du MIM. Ailleurs, le PCM a soutenu le MIM et les "patriotes".
A noter également, au 2ème tour, le soutien à Garcin Malsa du GRS (Groupe Révolution Socialiste, se réclamant du trotskysme), dont ce fut la seule prise de position publique à l'occasion de cette campagne électorale.
 
 
Guadeloupe :
Port Louis
L'ex-maire de cette commune, l'un des premiers indépendantistes guadeloupéens, Jean Barfleur, ex-membre de l'UPLG, est décédé quelques jours avant le scrutin. Mais, malade il avait décidé de ne pas se représenter. Son ex-adjoint et ex-compagnon de parti, Jean- Marie Hubert, s'opposait à lui depuis déjà plusieurs années suite à des divergences importantes. Au premier tour, J-M. Hubert devançait  Victor Arthein, membre du Parti Communiste Guadeloupéen, (Arthein 1437- J-M. Hubert 1646). Au deuxième tour, fort du soutien des autres candidats du premier tour, Arthein remporta l'élection (2686, voix contre 1796). La commune de Port Louis qui fut dans le passé, un des phares de la lutte des travailleurs et fief du PCG lui revient donc après un détour de plusieurs années par Barfleur.
 
Commentaires.
Au vu de ces résultats, il serait prématuré de conclure à la défaite du mouvement indépendantiste en Martinique et en Guadeloupe à l'issue de ces élections. Le nouvel élu de Rivière Pilote contre le poulain de Marie-Jeanne s'affirme lui aussi indépendantiste. A Sainte Luce, l'écart entre Nilor (MIM) et le nouveau maire n'était que de 122 voix. De plus les indépendantistes ont gagné la commune de Gros Morne en Martinique, et dix sièges à Fort de France avec Francis Carole (8403 voix 33,96%). Mais la défaite de Garcin Malsa à Sainte Anne (Martinique), figure de la mouvance indépendantiste et de Jean-Marie Hubert à Port Louis (Guadeloupe) autre figure  indépendantiste, membre de l'UPLG (Union populaire pour la libération de la Guadeloupe) sont quand même l'expression d'un tassement du mouvement indépendantiste dans les deux îles.  
L'avenir dira si cette mouvance est réellement en perte de vitesse. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle ne progresse pas notablement dans l'opinion des deux îles!
Cela s'explique en partie parce que la population ne voit guère de différence entre les notables nationalistes et les politiciens de la gauche et de la droite classiques. Ce sont des notables et des gestionnaires comme les autres. Ils ne se distinguent pas plus, ni mieux que les autres notables. Leur préoccupation majeure n'est pas de défendre en priorité les intérêts de la majorité de la population. Et n'étant ni pires mais ni meilleurs que les autres, comment leur faire confiance de surcroît dans l'état indépendant qu'ils prônent.
Il  n'y a donc aucune raison pour la population d'avoir envers ces notables indépendantistes une quelconque différence de traitement. Ces politiciens se font très rarement élire et quand ils le sont, se font réélire, ou battre comme les autres, subissant l'usure ou étant sanctionnés comme les autres pour insuffisance de résultats !
 
 

Communiqué de Jean Marie Nomertin et de Combat Ouvrier après les résultats de l'élection municipale 2014 de Capesterre Belle –Eau

Je remercie les 292 électeurs qui ont voté pour la liste que je conduisais à Capesterre Belle-Eau.
Ce score : 3,16% est certes faible, mais ces 292 personnes dont une  grande majorité de travailleurs qui ont voté pour nous ont affirmé l'existence de leur camp : "le camp des travailleurs" et de tous les exploités. Ils ont voté pour un programme de lutte : l'interdiction des licenciements, la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire, l'échelle mobile des salaires, des pensions et des minima sociaux, l'abolition du secret des affaires. Ceux qui ont voté pour la liste que je conduisais n'ont pas voulu que la gauche de Hollande et la droite de Sarkozy, ou quelque aventurier de la politique, soient les seuls à s'adresser à la population !
Ils ont refusé le choix entre les différents partis et politiciens ambitieux qui, au delà de leur rivalité, défendent  tous l'ordre capitaliste et qui par là-même sont dans le camp de la bourgeoisie.
Ils ont partagé avec moi le constat que le gouvernement dit socialiste apparaît, tout autant que Sarkozy, comme un gouvernement qui ne cesse de faire des cadeaux au patronat et foule aux pieds les intérêts des travailleurs et des classes pauvres.
Les travailleurs de la Banane ont constitué la colonne vertébrale de la liste «Combat Ouvrier-Faire entendre le camp des travailleurs» ! Et ils se sont exprimés sur la seule liste qui pouvait dénoncer la férocité de leur exploitation par les patrons. Ils ont représenté les intérêts de la classe ouvrière dans cette campagne.
C'est une raison supplémentaire qui fait que Combat Ouvrier ne participera à aucune négociation ou tractation entre les deux tours. Tout en rejetant la droite de Beaugendre, Combat Ouvrier ne cautionnera pas la gauche de Ramdini. Cette gauche qui se prétend socialiste représente tout comme ses chefs Hollande, Ayrault et Lurel, les intérêts du grand patronat et des banquiers. Au deuxième tour nos électeurs ne pourront plus exprimer les exigences qu'ils ont exprimées au premier tour en votant pour la liste Combat Ouvrier.
Il leur appartient de voter selon leur conscience, de voter blanc... ou de ne pas voter du tout.
Maintenant, ce qui comptera pour l'avenir, c'est que celles et ceux qui, en votant Combat Ouvrier, ont approuvé les mesures nécessaires pour défendre les conditions d'existence des travailleurs et des autres classes populaires, continuent à les défendre et à les populariser afin que les travailleurs en fassent leurs objectifs de combat lors de leurs affrontements, inévitables, avec le grand patronat et le gouvernement.
 
jean-MArie Nomertin. Combat Ouvrier
 

L’accord sur l’indemnisation du chômage : un racket de la bourgeoisie sur le dos de la classe ouvrière

Dans la nuit du 21 au 22 mars, des représentants syndicaux de la CFDT, CFTC, FO et le patronat ont signé un accord scélérat sur les nouvelles règles d’indemnisation du chômage.
Le nombre de demandeurs d’emplois en France ne cesse d’augmenter. On comptabilisait à la fin du mois de février près de 5 millions de personnes. Si bien que l’Unedic, qui est l’organisme chargé de la gestion de l’assurance chômage, connaît un déficit de plus de 4 milliards et une dette de plus de 17 milliards d’euros. Le Medef, (le principal syndicat patronal) en fixant ces nouvelles règles, comptait faire près d’un milliard d’euros d’économies sur le dos des travailleurs et des précaires. Finalement, il a réussi par cet accord à ne pas dépenser un centime supplémentaire et à faire payer par les travailleurs les économies sur les dépenses de l’Unedic.
Le texte prévoit des «droits rechargeables» au salarié qui perdrait son emploi. Cela consiste à permettre au salarié de conserver la durée et le montant de son indemnisation même lorsqu’il accepte un emploi précaire et mal payé.
On pourrait penser que ces nouveaux droits sont une avancée sociale, mais, par cette mesure, le patronat souhaite imposer aux chômeurs des petits boulots, où ils seront corvéables à merci avec des salaires de misère. Et ce sera bien entendu aux exploités du système capitaliste de financer ce nouvel accord. Le Medef n’a oublié personne, c’est l’ensemble de la classe pauvre et laborieuse qui est attaqué par cette convention scandaleuse.
Premièrement, le montant des allocations-chômage sera abaissé. Le taux minimal de remplacement du salaire qui était de 57,4% sera réduit de 0,4% pour tous les chômeurs dont le salaire brut dépasserait les 2042 euros. Par exemple, un chômeur qui touche 1 500 euros perdra 11 euros par mois.
En second lieu, ce coup de rabot est plus important pour les salariés intérimaires qui cumuleraient une indemnisation avec un petit boulot. Ils perdront selon leur situation entre 10 et 300 euros par mois.
Troisièmement, les patrons ont décidé d’attaquer les salariés qui ont perdu leur emploi et qui ont reçu des primes dites «extra-légales», c’est-à-dire celles qui ont été définies dans la convention collective de l’entreprise. Ces salariés, qui ont reçu d’importantes indemnités après une rupture du contrat de travail, voient leur délai de carence allongé. Autrement dit, le délai entre le licenciement et le paiement des indemnités chômage, est différé en fonction du montant de la prime. Le délai qui était de 75 jours peut aller jusqu’à 180 jours avant que le travailleur jeté dehors ne touche son allocation.
Quatrièmement, les intermittents du spectacle ne sont pas épargnés par le patronat. Ils sont toujours dans  le collimateur du Medef qui leur reproche de «coûter trop cher». Leurs cotisations vont être augmentées, elles passeront de 10,8% à 12,8%.
Enfin, les séniors seront aussi les rackettés de l’accord. Les salariés de plus de 65 ans, qui ne payaient pas de cotisation chômage, devront désormais la payer comme tous les autres salariés.
De plus, avec ce nouveau dispositif, les chômeurs âgés de plus de 50 ans qui représentent plus de la moitié des demandeurs d’emploi, verront leurs ressources considérablement diminuées.
Auparavant, un chômeur âgé par exemple de 58 ans touchait une allocation de l’Unedic, jusqu’à ce qu’il remplisse les conditions pour partir en retraite.
L’âge de la retraite étant repoussé à 62 ans, les nouvelles règles réduiront des dizaines de milliers de séniors à la misère. Ils risqueront de n’avoir pour ressource qu’une allocation spécifique de solidarité (ASS) ou rien du tout.
Ainsi, par cet accord c’est 800 millions d’euros par an qui seront volés de la poche des travailleurs et des chômeurs par les patrons.
Les nouvelles règles d’indemnisation du chômage imposées par le patronat et soutenues par le gouvernement et certains syndicats constituent un recul pour l’ensemble de la classe laborieuse.
Les jeunes intérimaires, les travailleurs précaires, les travailleurs en CDI, les séniors, qui subissent chaque jour des attaques sur les salaires, sur leur emploi devront retrouver le chemin de la lutte pour obtenir une amélioration de leurs droits.
Régulièrement, les patrons suppriment des centaines de milliers d’emplois, alors qu’ils réalisent des centaines de milliards de profits. C’est à eux de payer le déficit et les dettes de l’Unedic. Ce sont eux les véritables responsables.
La seule solution face à  la progression du chômage, c’est de répartir le travail entre tous sans diminuer les salaires et d’interdire tous les licenciements.
Face à une bourgeoisie de plus en plus arrogante et offensive, ces revendications ne pourront être imposées au patronat que par une lutte générale de la classe ouvrière.
 
 

 

Nos résultats

Les résultats de Combat Ouvrier en Martinique et en Guadeloupe aux élections municipales du 3 mars sont les suivants :

 
A Fort-de-France  en Martinique : tête de liste : Ghislaine Joachim-Arnaud :
947 voix  3,83 %

 
A  Capesterre Belle-Eau en Guadeloupe: tête de liste Jean Marie Nomertin :
292 voix  3,16%

Aux  Abymes, en Guadeloupe : tête de liste : Danielle Diakok : 
368 voix 1,75%


Les résultats de nos camarades de Lutte Ouvrière en France :
 
Dans les 204 villes où nos camarades se sont présentés, ils obtiennent  71 964 voix, 1,88% des suffrages. Ils gagnent en tout dix élus dans un certain nombre de villes où ils ont dépassé les 5%, dont trois élus dans la ville de Frouard  en Meurthe et Moselle où ils ont obtenu 22,02%.
 
Les résultats de nos camarades de Lutte ouvrière à la Réunion :
Nos camarades avaient présenté une liste dans la ville de Saint Benoit. Ils obtiennent 408 suffrages et 2,69%

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