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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1110 du 5 avril 2014/Première page

Première page

Éditorial : Municipales :Les succès de la gauche locale ne compenseront pas la déroute générale du parti socialiste en France !

Le gouvernement, la gauche classique et en particulier le parti socialiste et ses élus ont  subi une cinglante défaite en France à l'issue des élections municipales. D'abord, le record d'abstention de  plus de 36,45 % au premier tour et un peu plus important au deuxième a été surtout le fait d'une abstention de gauche. Les électeurs de gauche en majorité ne se sont pas déplacés. Ils l'ont fait par dépit, et avec le sentiment  que le vote était inutile "puisque de toutes façons, on abeau voter, rien ne change, donc... à quoi bon"
La gauche perd 155 villes de plus de 9000 habitants dirigées le plus souvent par des maires socialistes. 142 ont été gagnées par la droite.
Quant à l'extrême droite représentée par le Front National, elle gagne 11 villes de plus de 9000 habitants.
La crise, la montée du chômage, les licenciements, l'augmentation de la pauvreté et des difficultés quotidiennes pour la majorité de la population, le fait que ce sont toujours les travailleurs et la population qui payent la note, en taxes, en impôts de toutes sortes, tout cela a été mis au débit de la mauvaise politique du gouvernement Hollande et de son parti.
Aux Antilles par contre, la gauche classique, le parti socialiste et ses alliés, comme le PPM (Parti Progressiste Martiniquais de Césaire) ont gagné des villes supplémentaires : Basse Pointe  et Fonds Saint Denis en Martinique. En Guadeloupe, la gauche remporte la municipalité de Sainte Anne contre l'ex maire UMP. La ville de Port Louis a été gagnée par le Parti communiste guadeloupéen, celle du Lamentin  par le Parti socialiste.
Il faut dire que la droite traditionnelle et l'UMP sont considérablement réduites déjà depuis plusieurs années aux Antilles. Quant au Front National, encore très faible, mais quand même présent aux élections législatives de 2012, il n'a pu se présenter aux élections municipales. De leur côté, les indépendantistes subissent quelques revers: le poulain de Marie-Jeanne n'a pas été élu dans son fief historique de Rivière pilote, Malsa a été battu à Sainte Anne, Nilor à Sainte Luce, Hubert à Port Louis.
Pour une majorité d'électeurs antillais, les illusions qu'ils nourrissent en la gauche classique des Lurel et Letchimy ne compteront nullement dans les tentatives de Hollande et du Parti socialiste de récupérer la sympathie de l'opinion publique.
Dans l'hexagone, les déçus de la gauche et du PS n'expriment pas leur colère par des luttes ouvrières et populaires significatives contre les possédants et leurs serviteurs politiques de gauche et de droite.
Dans les quartiers populaires, la déception voire la colère  se manifestent plus par un vote en faveur du Front National. C'est lui qui a le plus progressé dans cette partie de la population. Cela traduit un recul de la conscience ouvrière. Bien des travailleurs ont voté pour leurs pires ennemis par rejet du gouvernement socialiste. C'est inquiétant. Voilà une des pires conséquences d'une politique entièrement tournée vers la satisfaction des intérêts patronaux.
Ce qui comptera donc dans l'avenir proche pour les travailleurs y compris ceux qui ont voté à gauche majoritairement aux Antilles, c'est la politique qui sera menée en France par les chefs des Lurel, et Letchimy, c'est-à-dire une politique tournée à fond vers la satisfaction des intérêts du patronat. Les électeurs antillais sont donc pris à un double piège : le premier, en votant majoritairement aux Antilles pour des notables locaux du PS et/ou ses alliés envers lesquels ils se font encore des illusions et  le deuxième en votant pour ces gens qui dépendent d'un gouvernement et d'un parti mis en échec en France et qui déplaceront leur politique encore plus vers la droite.
Voila comment leurs votes seront détournés !
Le salut des travailleurs et de l'ensemble de la population laborieuse ne viendra que de leurs mobilisations et d'une lutte de classe consciente qui changeront le rapport de force social et politique.

Les ministres changent pour que rien ne change !

Face à l'ampleur de la défaite des socialistes aux élections municipales en France, Hollande n'avait pas d'autres choix que modifier le gouvernement. D'abord il a changé de Premier ministre. Jean marc Ayrault a été remplacé par manuel Valls, ex ministre de l'intérieur. Pour le reste il y a en fait peu de vrais changements si ce n'est l'entrée de Ségolène Royal dans le ministère de l'environnement car les verts l'ont refusé, ou alors ont vu leurs exigences écartées. Les autres ont été les acteurs du jeu de chaises musicales habituel en se remplaçant les uns les autres. Certains sont partis ou ont été  "démissionnés", comme Victorin Lurel, ministre des Outre-mers, remplacé par George Pau Langevin, autre Guadeloupéenne de Paris.
Ces changements de gouvernement sont une habitude des gouvernants pour donner à la population l'illusion du changement. Mais en réalité ils ne changent rien. C'est du replâtrage.
La presse bourgeoise parle de Valls qui serait "l'aile droite" du PS ou de Hamon " l'aile gauche", mais en réalité ces ministres sont tous des personnages respectueux de l'ordre capitaliste. Pendant qu'ils pérorent, les capitalistes eux, amassent des milliards de profits, leur laissant le soin de se démener pour trouver des  parades  à la dégradation du niveau de vie de la population. Tous ces gens ne sont que les serviteurs politiques de la bourgeoisie, Lurel, Letchimy compris. La bourgeoisie a besoin de personnels politiques pour faire en sorte qu'elle puisse continuer à amasser des profits dans les meilleures conditions possibles. Les ministres et autres députés ou sénateurs sont comptables devant la bourgeoisie du succès de cette mission ou pas. Et ils nous font croire qu'ils sont comptables devant nous, la population ! Non, devant nous ils mentent et nous  font des promesses, sèment des illusions. Mais devant les patrons et la bourgeoisie ils doivent donner des résultats, et présenter des comptes réels !
C'est pour cette raison que Hollande met le cap tout droit sur le pacte de responsabilité avec les patrons. Ils paieront moins de taxes,  seront assurés que dans leurs entreprises les travailleurs  auront la flexibilité voulue et en échange les patrons ne seront même pas obligés de promettre des contreparties ni de signer quoique ce soit. Voilà à quoi ils servent tous, y compris les Lurel et autres Pau Langevin !

Martinique: Grève à l’hôpital du François

Le mardi 25 mars, les agents du nouvel hôpital du François, soutenus par le syndicat CGTM-Santé se sont mis en grève illimitée. Ils avaient déposé un préavis de grève depuis le 18 mars dans lequel ils refusaient le licenciement d’un de leurs collègues. Ce dernier est préparateur en pharmacie depuis plus de 10 ans. Les agents exigeaient le maintien d’un agent dans le pool des remplaçants alors que le directeur refusait de renouveler son  contrat. Ces revendications s’ajoutaient au mécontentement général venant du fonctionnement du nouveau directeur jugé autoritaire voire même méprisant envers les agents.
D’ailleurs, dès le mardi 25 mars, les grévistes ont mis un piquet de grève devant l’hôpital et dressé un barrage, filtrant les entrées. Dans le même temps ils organisaient un service minimum des soins. Après le début de la grève, le directeur a tenté de justifier ses décisions en raison de difficultés budgétaires. Mais il n’a pas convaincu les agents.
Le vendredi 28 mars, les grévistes ont eu une séance des négociations avec le directeur et un responsable de l’ARS (agence régionale de santé). Ils ont obtenu un recul de ces autorités sur certaines de leurs revendications, notamment concernant le préparateur ou l’agent d’entretien dont le directeur voulait se débarrasser. Mais certains points restaient en suspens et devant l’attitude du directeur, les grévistes excédés ont exigé, en assemblée générale, le départ de ce monsieur. Ils mettaient en avant le fait que son attitude méprisante et souvent injuste rendait désormais tout fonctionnement impossible. Les grévistes ont donc décidé de poursuivre leur mouvement en attendant d’obtenir satisfaction également sur ce point. Une nouvelle rencontre avec l’ARS est prévue le mardi 1 avril.
A trop tendre la corde, elle se casse ! En tout cas, les salariés de l’hôpital du François entendent se faire respecter.
 
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FÊTE DE COMBAT OUVRIER

Dimanche 4 mai 2014 de 12h à 20h au PAKO à Baie-Mahault (voir le programme en page 4)

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