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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1109 du 22 mars 2014/Quatrième page

Quatrième page

VENEZUELA : de tous les côtés, la colère populaire est trompée

Depuis le début du mois de février, des manifestations, initiées par les étudiants, se sont développées. Elles se sont transformées en affrontements quasi quotidiens et plus populaires principalement à Caracas, la capitale, mais de plus en plus dans l’ensemble du pays. Les manifestants protestent contre l’insécurité, l’inflation galopante et la pénurie de nombreux produits de première nécessité. Au moins 28 personnes ont été tuées et près de 400 blessées. Ce mouvement n’est ni le «coup d’État d’extrême droite» que dénonce le président vénézuélien Maduro, successeur de Chavez, ni l’innocent «mouvement de protestation populaire» que dépeignent les diplomates états-uniens.
Vues de chez nous, comparées au «socialisme à la Hollande», les quelques réalisations du socialisme «à la Chavez» paraissent considérables, – surtout celles qui ont eu lieu dans les premières années du régime et qui ont véritablement amélioré les conditions de vie de millions de pauvres. Mais ce n’est pas difficile : au royaume des aveugles, les borgnes sont rois ! Ces réalisations ne reposaient ni sur la confiscation des richesses des grandes familles vénézuéliennes, ni sur la confiscation des avoirs des multinationales, ni, surtout, sur leur mise sous le contrôle des travailleurs eux-mêmes. Elles ne reposaient que sur une certaine redistribution de la rente pétrolière du pays et sur l’autorité morale de Chavez qui, garant d’une certaine stabilité, était bon an mal an accepté par les capitalistes. D’un côté, pour les masses pauvres d’origine amérindienne, Chavez représentait, par ces quelques réalisations et par son discours, une revanche contre l’impérialisme américain et contre la bourgeoisie et la petite bourgeoisie du Venezuela qui sont «européennes» (blanches) et racistes. D’un autre côté, même si Chavez ne représentait pas une menace réelle pour les bourgeois et les impérialistes, le «chavisme» a pour ces gens-là «le tort» de s’appuyer sur le profond et légitime sentiment anti-riche des masses pauvres.
Dans un régime qui ne s’attaque pas aux profits des riches et des multinationales, les difficultés économiques s’accumulent depuis des années sur le dos des pauvres, mais aussi des classes moyennes. La violence quotidienne atteint des niveaux difficilement supportables (le développement de l’insécurité est un échec patent du Chavisme). Tout cela ne pouvait que nourrir des explosions sociales.  Chavez mort, son autorité morale a disparu sans pour autant que les travailleurs soient mobilisés pour peser sur lesdécisions économiques. Les conséquences sont là aujourd’hui : un authentique mouvement de protestation populaire (au départ, étudiant) a été récupéré par une opposition ultraréactionnaire dont les divers «porte-parole» – Enrique Capriles, Leopoldo Lopez et Maria Corona Machado – sont tous les représentants directs des familles les plus riches du Venezuela. La violence croissante du mouvement est probablement due, au départ, à l’intervention de voyous fascisants payés par certains politiciens bourgeois (comme il y a un an, lors de l’élection présidentielle, lorsque les bandes armées organisées par Antonio Rivero, un ancien général proche du candidat malheureux Capriles, avaient fait le coup de poing). Mais la seule réponse du gouvernement soi-disant «socialiste» est la répression et les négociations avec les mêmes Capriles et consort pour monter une «Haute commission contre la spéculation» dans laquelle ne siègent que des hauts fonctionnaires et de grands bourgeois… Comme si on demandait à Lance Armstrong de lutter contre le dopage ! Encore une fois, le «chavisme» est piégé par son refus viscéral d’appeler les masses à exercer leur colère contre les super-riches. C'est là que les travailleurs et les pauvres auraient intérêt à suivre une voie indépendante et  ne pas laisser le terrain à la droite bourgeoise qui tente de récupérer une partie de la colère populaire. Certes les plus pauvres continuent à soutenir le régime, mais s'ils le font en aveugle ils sont perdus !
Le ressentiment populaire contre la répression et la cherté de la vie sont légitimes. Le gouvernement «chaviste» de Maduro représente aussi les intérêts d’une bureaucratie d’État corrompue qui tente par tous les moyens de «partager le gâteau» avec une bourgeoisie avide qui la déteste (et qui l’oblige de temps en temps à recourir au soutien du peuple pour se protéger). Mais ceux qui se présentent aujourd’hui comme les dirigeants du mouvement – les Capriles, Lopez et Machado – ne veulent qu’une chose : un Venezuela où la bourgeoisie aura retrouvé ce qu’elle considère comme «son droit» : humilier et mépriser les pauvres.

UKRAINE : les grandes puissances jouent avec le feu

Dimanche 16 mars, suite à un référendum organisé en Crimée, le parlement régional de cette petite péninsule de 2 millions d’habitants située au sud de l’Ukraine a déclaré son indépendance et sa volonté d’être rattachée à la Russie. Ce coup de force téléguidé par Poutine depuis Moscou est une réponse à la pression exercée par l’Europe et les États-Unis qui ont voulu, à la faveur des manifestations «Euromaïdan» du début de l’année, prendre entièrement le contrôle de l’Ukraine. Mais ni les puissances occidentales, ni le gouvernement Russe ne s’intéressent au sort des 44 millions d’habitants de ce pays.
La Russie et l’Union européenne (UE) se disputent l’Ukraine depuis la chute de l’Union soviétique en 1991. En 1996, déjà, L’UE et les États-Unis ont intégré quatre ex-républiques soviétiques – la Géorgie, l’Ukraine, l’Azerbaïdjan et la Moldavie dans une alliance économique et militaire avec l’OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord- alliance militaire des puissances occidentales). Cette alliance s'appelle le GUAM (organisation pour la démocratie et le développement). De ce fait l’OTAN – une organisation ouvertement destinée à affronter la puissance militaire soviétique puis russe – avançait de 1 000 km vers l’est. Dans le cas de l’Ukraine, cependant, la forte proportion de Russes qui y vivent et la dépendance de ce pays, comme de l’UE, vis-à-vis des importations de gaz russe a créé pendant un temps une espèce d’équilibre précaire : le pays s’est retrouvé sous l’influence partagée des deux «blocs».
Les objectifs de l’UE ne sont pas de protéger les Ukrainiens contre l’ogre Poutine, ni  de défendre la démocratie, ni de faire respecter le prétendu «droit international». Il s’agit de protéger ses investissements en Ukraine (dont près de 25 % du système bancaire est aujourd’hui européen, avec notamment des banques comme la BNP-Paribas). Il s’agit aussi et surtout de faire cracher au bassinet les populations pauvres et les travailleurs ukrainiens à travers les mêmes mesures d’austérité qu’elle impose en Grèce, au Portugal et de plus en plus en France. Le nouveau Premier ministre «pro-européen» Arseni Yatseniouk l’a d’ailleurs déclaré : «Ceux qui participent à mon gouvernement se suicident politiquement», tant les sacrifices qu’il s’apprête à exiger de la population sont drastiques.   
Les occidentaux ne pouvaient pas ignorer qu’en essayant de prendre «tout le pouvoir» en Ukraine, ils obligeraient la Russie à réagir. En organisant le coup de force du 16 mars en Crimée, la Russie ne pouvait pas ignorer qu’elle encourage les nationalistes russes armés de l’est du pays à se séparer à leur tour de l’Ukraine, avec le risque de déclencher une guerre civile.
Là-bas comme partout ailleurs, les populations laborieuses n’ont rien à attendre des dirigeants rapaces qui les saoulent de promesses pour mieux les exploiter.

HAITI : LES TÔLES ROUGES DU GOUVERNEMENT MARTELLY-LAMOTHE !

Le gouvernement Martelly-Lamothe répète «le pays est en chantier». Il est surtout en chantier dans des constructions de prestige, des hôtels luxueux dans les quartiers riches de Pétionville ou sur les plages pour les constructions réservées aux touristes. Dans les quartiers populaires les travaux sont prévus et ne se réalisent pas comme le montre cet article  du journal des camarades de l’OTR (Organisation des travailleurs révolutionnaires).
 
Barrer un terrain vide c’est la première étape de la mise en œuvre d’un chantier pour la construction ou la restauration d’un immeuble. Depuis tantôt deux  ans, à Port-au-Prince, le gouvernement,  pour donner à la population l’impression que le pays est en chantier entoure beaucoup de terrains vides ou occupés par la population. C’est le cas notamment  des places publiques telles que : le kiosque Oxyde Jeanty, la place des artistes, celle d’Henri Christophe, de Canapé-vert et certains édifices publics ou privés dont certains s’étaient effondrés lors du tremblement de terre tels que : Rex théâtre, Ciné Triomphe, le palais des ministères, la Cour de cassation, la Direction Générale des Impôts  avec des tôles de couleur rouge dans la majorité des cas, dont l’unité coûte plus de 45 dollars américains. En réalité rien ne se passe dans l’enceinte de ces espaces et  le coût de ces tôles importe peu puisque le concessionnaire serait un proche de la famille présidentielle. L’essentiel est qu’il amasse une petite fortune au moyen de ces faux chantiers. C’est pourquoi l’expression « tôles rouges » est de plus en plus employée dans le parler quotidien pour dire qu’il s’agit d’un bluff, d’un mensonge.

Guadeloupe : Réunion publique de combat ouvrier jeudi 3 avril à 19H

Salle Rémy Nainsouta à Pointe-à-Pitre :
Sujets :
1) Une liste Lutte-0uvrière-Combat Ouvrier aux élections européennes dans la circonscription d'Outre-mer !
2) Bilan des élections municipales aux Antilles et en France, analyse des résultats.
 

Guadeloupe : BIENTOT LA FÊTE DE COMBAT OUVRIER

Le dimanche 4 mai aura lieu la  fête annuelle de Combat Ouvrier  : repas, animations, forums de discussion, jeux expositions vous feront passer une journée agréable, distrayante et enrichissante !
Demandez vos tickets d'entrée aux camarades !
La participation sera de 25 euros
Amis, sympathisants, lecteurs, réservez cette journée !

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