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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1109 du 22 mars 2014/Première page

Première page

Éditorial : LE CAMP DES TRAVAILLEURS DANS LES ÉLECTIONS MUNICIPALES

Au moment où nous écrivons nous ne connaissons pas les résultats du premier tour des élections  municipales.
En Guadeloupe et en Martinique, la plupart  des candidats  ont cantonné leur campagne sur des problèmes purement municipaux, des problèmes de quartier. Ils ont  démagogiquement voulu faire croire qu'ils étaient particulièrement préoccupés par le quotidien des habitants dans la vie de leur quartier ou de leur ville. C'est  vrai que pour beaucoup de gens, ces préoccupations quotidiennes sont importantes et c'est bien normal. Mais même à ce niveau, les politiciens de droite et de gauche ne pourront pas réaliser toutes leurs promesses. Le gouvernement a déjà annoncé que les dotations aux Collectivités baisseraient de  10 milliards et demi. La tendance n'est donc pas à  l'embellie. Et l'Intercommunalité dont la presse et ces élus  ont tant  parlé risque fort  d'être une sorte de répartition de la pénurie entre communes.
Les véritables problèmes, ceux qui sont les plus  cruciaux et urgents pour les travailleurs et la population n'ont pas été abordés par les candidats à part ceux de " Combat Ouvrier-Faire entendre le camp des travailleurs", c'est-à-dire : Ghislaine Joachim Arnaud, tête de liste à Fort-de-France (Martinique), Danielle Diakok, tête de liste aux Abymes (Guadeloupe) et Jean Marie Nomertin, tête de liste à Capesterre Belle-Eau (Guadeloupe). Le chômage (plus de 30% aux Antilles) et ses conséquences comme la délinquance croissante ne sont peut être pas directement des problèmes "municipaux", mais si les maires s'emparaient de ce problème en appelant les travailleurs et la population à manifester dans les rues, ils pourraient faire changer les choses. Nos candidats ont mis en avant les seules revendications permettant une embauche massive et immédiate : la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire et l'interdiction des licenciements. Autre problème crucial : la baisse générale du niveau de vie. Face à cette dégradation, nos candidats ont mis en avant l'augmentation des salaires, des pensions, des minima sociaux à chaque fois que les prix augmentent : autrement dit : l'échelle mobile des salaires. Où prendre  l'argent ? ont déclaré nos candidats.  Eh bien en faisant réellement payer  les capitalistes, les riches qui cachent une grande partie de leur fortune pour échapper à l'impôt dans les paradis fiscaux des Antilles notamment. Et donc  il faudrait d'abord abolir le secret des affaires pour que tous se rendent compte  que l'argent est là, mais dans les mains des riches. Enfin, nos camarades, dans cette campagne ont insisté sur  l'urgence qu'il y avait pour les travailleurs à s'organiser politiquement, à militer pour la création d'un parti communiste révolutionnaire, comme outil capable d'orienter les luttes ouvrières contre le système capitaliste et ses serviteurs politiques de gauche et de droite ou du camp des patriotes. À Capesterre Belle-Eau, les 21 ouvriers agricoles  de la banane candidats de la liste conduite par notre camarade Jean Marie Nomertin  ont dénoncé les conditions quasi esclavagistes de leur exploitation dans les plantations et ont appelé à un changement radical de société. A Fort-de-France, aux Abymes, aussi, ces listes Combat ouvrier ont représenté une ligne de classe claire : celle des travailleurs, celle du "camp des travailleurs". Alors quels que soient les résultats électoraux, nos listes ont déjà gagné une manche : celle d'avoir existé, celle d'avoir représenté les travailleurs en général, et l'ensemble des exploités et des pauvres de Martinique et de Guadeloupe. Il en est de même pour les 204 listes présentées en France par nos camarades de Lutte Ouvrière. Alors, si  "le camp des travailleurs" n'a pas été entendu  aussi fortement qu'on aurait voulu, sa présence dans cette campagne électorale  est déjà un petit pas qui aura enrichi la réflexion de plusieurs milliers  de Travailleurs en France comme aux Antilles sur les luttes ouvrières, qu’il est vital de mener aujourd'hui  et demain!

Guadeloupe : le scandale des coupures d’eau

ZoomVéolia et des élus organisent le racket des usagers !
Depuis des années, la population subit des coupures d’eau à répétition, certains sont quasiment privés d’eau comme dans le Nord Grande-Terre. En même temps, les usagers voient  leur facture d’eau doubler. C’est inadmissible ! La Guadeloupe est  à la fois l’un des départements de France où il pleut le plus et où l’eau est la plus chère. Dans un rapport de 2010, l’Office de l’Eau Guadeloupe avoue qu’il n’y a aucun facteur permettant d’expliquer des tarifs aussi élevés.
La direction de la Générale des Eaux et les médias expliquent les coupures par la rareté de l’eau. On nous a d’abord expliqué que le problème est dû à l’affluence touristique, on nous dit maintenant que c’est à cause de la saison sèche du carême. On nous prend  vraiment pour des idiots.  La ressource en eau est abondante en Guadeloupe, il y pleut en moyenne trois fois plus qu’à Paris. Le problème : 80 000 m d’eau perdus chaque jour sur le réseau, qui est vétuste. D’après un rapport de l’Insee plus de 50 % de l’eau produite est perdue dans les canalisations avant d’arriver chez les particuliers.
La Générale des Eaux, filiale du groupe Veolia Environnement, ne va pas résoudre le problème de l’eau. Cette entreprise est en Guadeloupe pour réaliser le maximum de profit sur le dos de ses 400 travailleurs et pour racketter la population par des petites combines. Par exemple, elle magouille sur les factures. Le consommateur est facturé par tranche de mètres cubes d’eau. Il en existe trois : de 0 à 40 m, de 40 à 80 m, et plus de 80 m. Le tarif de la troisième tranche est plus élevé. La direction de la Générale des Eaux refuse d’établir des factures tous les 3 mois. Ainsi les usagers qui reçoivent une facture chaque année ou tous les deux ans, sont de fait surfacturés dans la troisième tranche. Les travailleurs de la Générale des Eaux militants de la CGTG ont dénoncé ces magouilles en tout genre dans un tract.
Ils dénoncent aussi la complicité de l’État et de certains maires dans ce racket.  En décembre dernier, des élus des communes du SIAEAG (Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau et d’Assainissement de la Guadeloupe) ont proposé d’augmenter les tarifs de l’eau de 6,34%. Et après on entendra les mêmes dire  « je travaille pour ma population ».
Face au pillage de Veolia, seule une mobilisation de la population et des travailleurs de la Générale des Eaux pourra imposer un véritable service public de l’eau  avec la baisse des tarifs et la reconstruction du réseau d’adduction.
 
 

Martinique : au lycée Professionnel Petit-Manoir, des suppressions qui ne passent pas.

Les personnels enseignants du LP Petit-Manoir sont mobilisés depuis plusieurs semaines, suite à l’annonce par le rectorat de la suppression de sept sections dans cet établissement. La conséquence en serait la suppression d’une vingtaine de postes d’enseignants.
Pour expliquer cette décision, le rectorat s’abrite derrière la baisse de la démographie : moins d’élèves, donc moins d’enseignants !
En fait, la véritable raison est ailleurs.
Le gouvernement Hollande-Ayrault veut réduire les dépenses publiques ; à la demande de la Commission de Bruxelles, mais surtout pour répondre aux demandes du MEDEF. Il doit en effet financer son fameux «pacte de responsabilité» consistant à offrir 50 milliards d’euros aux patrons. Et pour ce faire, la solution retenue consiste à faire des économies sur tout et dans tous les domaines.
C’est ainsi que l’académie de Martinique devrait «rendre 60 postes à Bercy» dans le second degré. Dit autrement, 60 postes budgétaires seront supprimés à la rentrée de septembre 2014.
Sur ces 60 suppressions, le LP Petit-Manoir, classé «Lycée des Métiers BTP», devrait en supporter un tiers.
Les enseignants et agents, à qui il avait été demandé de fournir des efforts ces dernières années, pour obtenir le label «Lycée des Métiers», n’entendent pas faire les frais de cette politique.
Avant les congés de Carnaval, ils se sont invités le mercredi 26 février notamment au rectorat de Terreville pour le faire savoir à la rectrice. Puis, à la reprise le lundi 10 mars, et durant toute la semaine jusqu’au vendredi 14 mars 2014, ils ont refusé d’assurer les cours.
Le vendredi 14, la rectrice, son staff, et le président de la Commission Education de la Région les a rencontrés au LP Petit-Manoir. Cette rencontre leur a permis de dire leur refus catégorique d’accepter les suppressions de sections, de formations et de postes.
La représentante de V. Peillon (ministre de l'éducation) pensait que la décision du ministère passerait comme une lettre à la poste. Mais la détermination des personnels aurait contraint rectorat et Région à reconsidérer leurs projets. Car les enseignants de Petit-Manoir sont venus entraver leurs plans. Un exemple à reproduire dans les autres établissements concernés, car une quarantaine de suppressions sont encore programmées.

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