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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1108 du 08 mars 2014/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe: Les dockers licenciés remportent une seconde manche

ZoomLa Cour d’appel de Basse-Terre vient de confirmer la condamnation du GIE AREMA à réintégrer 4 dockers licenciés depuis plus d’un an sur le port de Pointe-à-Pitre. Pour ces 4 ouvriers, ce jugement n’est pas encore définitif. En effet, si la justice a fini par ordonner leur réintégration immédiate c’est qu’ils ont pu obtenir la preuve que leur fin de contrat n’avait qu’une seule et unique raison : la sanction d’un patron arrogant et revanchard qui ne reconnait pas le droit des ouvriers à se défendre en justice.
La Cour d’appel a cependant refusé de statuer sur la demande de requalification de leur contrat de travail en contrat à durée indéterminée à temps plein. C’est cependant cette revendication principale qui est à l’origine de l’action en justice des 4 ouvriers dockers.
Tout comme la grande majorité des dockers de Pointe-à-Pitre, ces 4 là sont assujettis à une pression constante de leur patron. Le contrat à durée déterminée, dit d’usage constant, auquel ils sont soumis, permet au patron d’embaucher les dockers pour une journée et de refuser de les employer le lendemain, s’il en a envie ! Cette précarité met les dockers à la merci de toutes sortes d’abus : des heures supplémentaires non payées, un salaire amputé des primes prévues par la Convention collective, des passe-droits pour ceux qui font allégeance au patron… C’est ainsi que nombre de dockers ont renié la lutte collective et ont abandonné  leurs camarades pour faire embaucher leurs enfants ou échangé leur silence pour une augmentation de l’amplitude horaire de leur contrat.
Seul, le patron du GIE AREMA profite de la division des ouvriers sur le port. Les 4 dockers qui ont choisi la voie judiciaire pour se faire entendre n’en sont toutefois pas au bout de leurs peines. Après leur réintégration, ils attendent la confirmation de la requalification en temps complet, à durée indéterminée de leur contrat de travail. Car l’entreprise, comme il fallait s’y attendre a fait appel de la décision du Conseil de Prud’hommes de Pointe-à-Pitre ordonnant cette requalification. 

Martinique : 68 salariés des magasins PONI menacés de licenciement!

Les emplois des 68 salariés des magasins Poni se trouvent menacés suite à la mise en redressement judiciaire de l’enseigne MEK Poni et TDS. Cette société exploite 10 magasins de chaussures répartis dans plusieurs communes. Ces magasins étaient précédemment exploités par l’enseigne Bata. La décision du Tribunal mixte de commerce a été prononcée le 25 février pour une période de deux mois.
Selon la déléguée CGTM/FSM, sans que les représentants des salariés n’aient été consultés ni même informés, la direction a déclaré la société en cessation de paiement pour être mise en redressement judiciaire et «permettre l’apurement de ses dettes sociales».
Les employés des magasins Poni avaient eu une première alerte en décembre 2013. Ils s’étaient mobilisés pour obtenir le versement de leur prime de fin d’année. Mais ils n’avaient pu obtenir que 450€ sur les 1285€ dus. Le solde devait leur être étalé sur janvier, février et mars. Depuis, les difficultés sont apparues au grand jour et le solde dû n’a pas été versé.
Pour expliquer ses difficultés, la direction ne se gêne pas pour déclarer qu’elle fait face «à un contexte économique aggravé par les derniers mouvements de grève». Les salariés eux constatent «qu’il y a une incapacité à répondre à la demande de la clientèle». En d’autres termes, l’approvisionnement et l’achalandage ne sont pas faits correctement, décisions qui dépendent des choix des dirigeants, en fonction de leurs intérêts.
L’enseigne du groupe Poni est implantée en Martinique, mais aussi en Guadeloupe et en Guyane par exemple. Les articles de cette marque sont aussi  largement vendus sur des sites internet. Les capitalistes à la tête du groupe ont donc plusieurs cordes à leur arc pour continuer à faire du profit. Et c’est pour maintenir ou même augmenter ces profits qu’ils essaient de se servir des salariés comme d’une variable d’ajustement en prétextant des difficultés locales. Ce qui est parfaitement inadmissible.
Les salariés ont bien des raisons d’être inquiets, mais ils disent aussi qu’ils ont l’intention de ne pas se laisser faire. Et là, ils ont encore plus raison et doivent avoir le soutien des autres travailleurs pour zéro licenciement.

Guadeloupe : La campagne sucrière démarre après la signature d’un protocole de désaccord sur les NAO

 
Chaque année la récolte sucrière démarre après la signature d’accords entre syndicats ouvriers et usiniers suite aux Négociations Annuelles Obligatoires (NAO). Mais il se trouve que cette année 2014, après de multiples réunions, les négociateurs ont terminé les NAO sur le constat de leur échec, en signant un protocole de désaccord.
 L’unique point d’achoppement est l’application de la clause de convertibilité de l’accord Bino signé en 2009.
Lors de leur assemblée générale du mardi 25 février tenue dans la cour de l’usine de Gardel par les ouvriers et leurs représentants syndicaux, ceux-ci ont décidé de démarrer le broyage le mercredi 26 février lançant ainsi la campagne 2014.
Les ouvriers réclamaient 100€ d’augmentation de salaire pour tous, ils n’ont obtenu que 28€. Leur ticket de restaurant est passé à 7€, la prime de transport réévaluée de 2,5% et leur retraite sera calculée sur cinq mois.
Bien que n’ayant pas obtenu totale satisfaction de leurs revendications, les travailleurs de Gardel ont estimé qu’ils pouvaient cependant permettre le  démarrage de cette campagne 2014.
S’agissant de l’accord Bino, les représentants ouvriers ont déclaré que ce point devrait revenir sur la table de négociations.
 
 

Guadeloupe: PAWOL A TRAVAYÈ BANNANN (Plantations en Lutte)

PLANTATIONS  DORMOY : MORT  SUBITE  DE  PATRICK  MADASSAÏB
Notre camarade, Patrick Madassaïb est décédé samedi 22 février dernier à l’âge de 57 ans. Parti en congé annuel au mois de décembre dernier, il devait reprendre le travail en janvier.
Mais juste avant de faire sa reprise il a été hospitalisé et est donc décédé avant de pouvoir reprendre le travail….   
UNE  MORT  QUI  OBLIGE  À  SE  POSER  DES  QUESTIONS
En  effet ce camarade ne travaillait pratiquement que dans l’épandage des pesticides. C’est ainsi par exemple qu’il lui arrivait souvent de faire 800 litres de produit, alors que pour l’inspection du travail, 800 litres pour trois travailleurs c’est déjà trop.
Ajouté à cela, il y a le fait qu’un responsable de la plantation qui se reconnaitra n’arrêtait pas prétendre que le camarade était un voleur de produits (herbicides).
Alors on comprend que la mort subite de ce camarade de 57 ans pose problème ….
LES DANGERS MORTELS DES PESTICIDES !
Selon un nouveau rapport médical tout récent les produits répandus dans les bananeraies en Martinique et en Guadeloupe contre la cercosporiose seraient dangereux pour la population, surtout s'ils sont répandus par hélicoptère.
Ils seraient cancérigènes et neurotoxiques. Le produit nommé  "gardian" altère la fertilité et est nocif pour le fœtus. Les propriétaires démentent. Pour leurs profits ils sont prêts à sacrifier la population, et eux-mêmes aussi.
 Cela dit l’épandage par les travailleurs de la banane, même avec des tenues spéciales n’est pas moins nocif pour eux.
Au contraire puisqu’ils sont en contact direct avec ces produits.

 

Martinique: L’ÉCHO DES HÔPITAUX

RIEN NE VA PLUS AU BLOC !
Des praticiens exerçant au bloc opératoire se sont placés en «droit de retrait», dénonçant des conditions indignes : inondations, arrêts de clim, pannes d'électricité, etc. C'est l'évidence, des économies tout azimut à l'hôpital ne peuvent qu'impacter la sécurité des soins. Celle-ci est ainsi mise en cause par la politique des gouvernements successifs, relayée par la direction de l'hôpital et l'ARS.
Les autorités veulent souvent faire croire que les revendications et mouvements du personnel viennent «d'agitateurs professionnels». Là, elles ne le peuvent pas, mais cherchent quand-même des excuses : «Quand une salle ouvre c'est qu'elle est aux normes». Alors les inondations et autres problèmes graves seraient dans les normes ? A force de tout justifier, ils vont provoquer un coup de colère généralisé, bien au delà d'un droit de retrait.
 
CUISINE : AN JÉ MALIN
La direction prévoit une nouvelle organisation sur PZQ avec équipe de distribution et production. Elle a dégraissé les effectifs à un point tel que le restaurant est des fois fermé du fait d’un manque de personnel.
 
GRANDS PROMETTEURS, PETITS DONNEURS
Mardi a eu lieu la visite par les officiels du chantier du nouveau plateau technique de PZQ. «Bel outil», «La première construction parasismique au monde réalisée selon cette technique». Bref les mots ne leur ont pas manqué pour faire l’éloge de ce bâtiment.
Soit ! Mais pour qu’il soit efficace, faudrait-il qu’il y ait le matériel et l’effectif nécessaire en 2015 lorsqu’il sera opérationnel. Car si l’effectif continue à fondre comme maintenant et le matériel à se raréfier, bonjour les dégâts !

Guadeloupe : L’ECHO DE JARRY

CREDIT MODERNE : la direction attaque les droits des travailleurs
La direction tente une réorganisation forcée des services. Par exemple, une salariée a demandé sa mobilité, c'est-à-dire la possibilité d’être mutée dans une autre entreprise du groupe pour le même genre de boulot. Alors qu’on ne lui a toujours pas trouvé une place ailleurs, la direction cherche déjà quelqu’un d’autre pour la remplacer. Les travailleurs de l’entreprise ont contacté l’inspection du travail.
 
CREDIT MODERNE : la direction veut supprimer un poste…
Encore mieux, un salarié était en congé formation, la direction a profité pour fermer son poste en Guadeloupe et embaucher quelqu'un d'autre en France pour effectuer ses taches. En contrepartie, la direction lui impose un poste qui n'a rien à voir avec son poste antérieur. Les travailleurs dénoncent avec raison ces attaques répétées.
… et met la pression sur les travailleurs
En fait, la direction organise un véritable démantèlement des services, et met la pression sur les travailleurs pour les faire taire. Personne dans l’entreprise n’est consulté sur les décisions.
Les travailleurs dénoncent cette manière de faire et les décisions prises à leur encontre.
 

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