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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1108 du 08 mars 2014/Deuxième page

Deuxième page

Distribution du carburant Outre-mer : service minimum pour garantir des profits maximum.

ZoomLe jeudi 13 février 2014, l'Assemblée Nationale a adopté un amendement visant à limiter les possibilités de fermeture des stations-service Outre-mer, en instaurant une forme de service minimum. Il s’agit d’une initiative portée par 13 députés et soutenue par des députés de tous les DOM. Cette mesure fait suite au lock-out des gérants fin décembre 2013 et fin janvier/début février 2014, mouvement piloté par les compagnies pétrolières, et notamment Total. A la question «Vous avez conscience que votre grève agace l'ensemble de la population qui se sent prise en otage. N'y avait-il pas d'autres moyens de vous faire entendre ? » Steeve Victoire, le porte-parole du syndicat des gérants de stations-service de Martinique avait alors déclaré : «Nous assumons notre mobilisation, même si elle est impopulaire » (France Antilles Martinique du 30 janvier 2014).Le texte précise que «chaque entreprise du secteur de la distribution en gros de carburants (Total, Esso, Rubis) devra fournir annuellement un «plan de prévention des ruptures d'approvisionnement» garantissant, en cas d'interruption volontaire de son activité, la livraison de produits pétroliers pour au moins un quart des détaillants de son réseau de distribution. Et en cas de «décision concertée» des distributeurs d'interrompre leur activité (hors grève de leurs salariés ou circonstances exceptionnelles), les points de vente figurant dans ce plan ne pourront être concernés. Si le plan n'est pas appliqué, le préfet réquisitionnera les stations-service». Les auteurs de cet amendement ont relevé que : «A la différence des autres secteurs économiques, (ces entreprises de distribution de carburants) peuvent organiser et soutenir financièrement des fermetures prolongées de leurs commerces et provoquer des ruptures d'approvisionnement délibérées et l'impact de telles actions sur les autres secteurs économiques est désastreux».
Dit autrement, les compagnies telles Esso(SOL), Rubis(VITO) et Total ne pourraient plus «prendre en otage» la population et paralyser toute l’activité pour préserver leurs profits déjà colossaux.
Cette mesure n’est qu’une disposition bien timide qui n’est là que pour donner l’impression de ne pas subir les diktats des compagnies. Mais surtout, patrons et État pourraient retourner une telle mesure contre les salariés du secteur et chercher à l’utiliser pour  porter une atteinte tout à fait inadmissible au droit de grève des salariés.
 

Guadeloupe : Une proviseure qui ne veut pas qu’on parle de l’esclavage, ou la bêtise étalée au grand jour !

En février, au lycée Jardin d’Essai des Abymes, une professeure d'histoire-géographie avait organisé une sortie, avec l'accord des parents, pour aller voir le film "Twelve years a slave" (Esclave pendant 12 ans). C'est une histoire vraie qui raconte comment un Noir américain libre a été capturé et mis en esclavage dans les années 1840. Après l’abolition de la traite négrière en 1815, pour se fournir en main d’œuvre, les esclavagistes du Sud organisaient des rafles  de Noirs libres dans les États du Nord. Le film a été mondialement salué comme une contribution importante à l'histoire de l'esclavage aux États-Unis. D’ailleurs le gouvernement américain vient d’intégrer le film au programme scolaire de tous les lycées.
 Mais ici, l’administration scolaire tente toujours de cacher la vérité. Le jour de la sortie, la proviseure du lycée, Mme Guayroso, l’a interdite. Elle s’est justifiée en expliquant : "Il ne faut pas déclencher une guerre entre les Noirs et les Blancs au lycée". En Guadeloupe, en 2014, on empêche toujours des lycéens de savoir ce qui s'est vraiment passé à l'époque de l'esclavage !
La proviseure a choisi de se ranger dans le camp des békés Despointes qui ont assigné la CGTG au tribunal  parce que des travailleurs avaient rappelé que leur fortune s'était bâtie sur l'esclavage. C’est une honte !
Décidément, le colonialisme aura bien réussi son oeuvre ! Faire en sorte que des Noirs, sans même le fouet aux fesses, fassent eux-mêmes le boulot des Blancs racistes et du pouvoir colonial qui pendant des années, voire des siècles ont interdit que l'on dénonce l'esclavage des Noirs !

Martinique : le TCSP, un pactole pour le groupe Vinci

Période électorale oblige, le TCSP (Transport en Commun en Site Propre) refait surface dans l'actualité martiniquaise.  S. Letchimy du PPM (Parti Progressiste Martiniquais), président de Région, a déclaré, à propos des prévisions actuelles de finition des travaux en deux ans «Ce n'est pas du bluff, le pari sera tenu».
Si ce pari est tenu, le bénéfice moral reviendra à l'actuelle majorité régionale et départementale, c'est-à-dire le PPM et ses alliés. Une perspective que supporte mal l'opposition du «camp des patriotes», d'autant que c'est elle qui a été à l'origine du projet, avant les années 2000. Daniel Marie-Sainte, pour cette opposition, a réagi par une lettre ouverte, largement relayée dans les médias.
Ce dernier dénonce le fait que pour la tranche finale des travaux et l'acquisition des véhicules, un montage financier de partenariat «public-privé» a été effectué.
Mais ces partenariats permettent surtout à des sociétés de profiter des commandes publiques pour réaliser un maximum de profits.
Les multinationales du BTP (Bâtiment Travaux Publics), n'agissent pas par philanthropie. Elles se font garantir par contrat, sur des dizaines d'années, le paiement d'un «loyer» qui vient souvent s'ajouter aux bénéfices d'exploitation qui leur sont aussi réservés. Le partenaire se voit déléguer tout le suivi du chantier, depuis les études jusqu'à la réalisation finale. Il y a aussi le suivi des malfaçons dont il est lui-même responsable. Il peut donc à loisir gonfler les coûts, et ne s'en prive généralement pas.
Ainsi, pour le TCSP, un «Partenariat Public Privé» a été signé avec le groupe Vinci. D'après les chiffres avancés par D. Marie-Sainte, la tranche finale de 78 millions d'euros coûtera, du fait de ce partenariat, 197 millions d'euros.
On ne sait pas exactement quelles améliorations apportera le TCSP aux transports en commun en Martinique. Mais on connaît déjà le grand gagnant dans cette affaire. C'est le groupe Vinci. Ce nom est bien connu. Il apparaît, comme délégataire de gestion, aux entrées de nombreux parkings publics, tant en France qu'en Martinique.
Du sommet des ministères jusque dans les Collectivités locales, l'État de la bourgeoisie remplit ainsi son rôle, qui est de veiller au remplissage des coffres-forts patronaux. Cela, bien sûr, ni Alfred Marie-Jeanne ni D. Marie-Sainte ne le disent malgré leur opposition au projet.
Ce qui les intéresse c'est simplement d'espérer pouvoir tirer profit de la polémique, pour leur plan de carrière de politiciens.
D'ailleurs, Marie-Sainte l'avouait tranquillement, quand, au cours du débat, il déclarait : «Nous sommes dans notre rôle politique en n'adhérant pas systématiquement aux choix que vous faites».
Oui, leur rôle politique à tous est de dissimuler la rapacité patronale derrière un rideau de fumée. Il reste aux travailleurs à ne pas être dupes, et à le faire savoir !

Nous n’oublions pas

Le 28 février Louis Ramothe était enterré à 53 ans. Ancien footballeur de la JSC de Marie-Galante, moniteur de king kido à la MJC des Abymes, Louis Ramothe est parti bien vite, la tête pleine de projets, lui qui entrainait les enfants au foot à Grand Camp où il habitait. Il souhaitait pour eux de meilleures installations sportives, considérant que l’avenir des jeunes de certains quartiers était compromis et qu’il fallait tout faire pour changer cette situation. C’est ce qui nous amène à saluer sa mémoire, lui qui, quelques semaines avant sa mort, avait accepté de faire partie de la liste «Combat ouvrier-faire entendre le camp des travailleurs» aux Abymes.
De même, une amie de Combat ouvrier, madame Céril est décédée peu avant le dépôt de notre liste électorale des Abymes. Elle avait signé sa déclaration de candidature sur cette liste avec beaucoup d'entrain. C'est aussi à son domicile de Lafond que se sont tenues dans le passé plusieurs réunions de Combat Ouvrier. Et bien souvent elle a participé  à notre fête annuelle.
Nous ne pourrons oublier l'aide et la générosité de ces amis, sympathisants de notre organisation.
 

Guadeloupe : échos de l’aéroport

P.S.C. (NETTOYAGE) : AFFRONTEMENT ENTRE COLLÈGUES
Il y a une semaine, une altercation a eu lieu entre un agent et son chef d’équipe, lors de la vacation de nuit.
Le ton agressif du chef d’équipe a abouti à des insultes et des coups.
Si on est arrivé à cette regrettable extrémité, c’est dû en grande partie à l’ambiance entretenue par la direction qui cherche à diviser le personnel.
Dans ce cas précis, l’agent qui est aussi délégué syndical avait demandé à plusieurs reprises de changer d’équipe, mais n’avait pas été entendu.
 
AIR FRANCE : MAUVAIS CALCULS…
Aux NAO (Négociations annuelles obligatoires) d'Air France, il a été annoncé qu'il n'y aurait pas d'augmentation générale pour la troisième année consécutive. Quant aux augmentations individuelles, c'est peanuts.
L'addition version AF est simple : zéro plus zéro plus zéro égale zéro. Nous, on calcule autrement : comme tous les salariés c'est 300 € qu'il nous faut.
 
ET VASES COMMUNICANTS
Si les salaires sont bloqués à Air France, par contre, les patrons se réjouissent des résultats, et l'action est montée de plus de 20 % en un an.
De l'argent, il y en a, on veut notre dû !                                  
 
AVIATION CIVILE : VISITE DE L’INSPECTEUR, ON RESPIRE MIEUX !...
L’inspecteur Santé et Sécurité au Travail (ISST) était dans nos murs depuis la semaine passée.
Comme par hasard, un certain nombre de choses qui ne trouvaient pas de solution ont été résolues avant sa venue. En particulier les toilettes qui étaient bouchées depuis des mois et dégageaient une odeur pestilentielle ont été réparées, si bien qu’il n’a pas eu le temps d’être « au parfum ».
 
… MAIS TOUT N’EST PAS PARFAIT, LOIN DE LÀ !
L’ISST a tout de même relevé pas mal de dysfonctionnements ou de situations ne correspondant pas aux normes de sécurité.
Reste à savoir si, une fois l’inspecteur parti, tout sera rapidement mis en conformité.
Le problème, c’est que l’ISST est le seul inspecteur auquel les agents puissent avoir recours, et qu’il est basé au ministère en France. Il vient donc au mieux tous les deux ans…
Vous avez dit proximité ?

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