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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1107 du 22 février 2014/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe : De la grève générale à la tuerie du 14 février 1952 au Moule

ZoomLes prémices du mouvement
Il y a 62 ans le gouvernement colonialiste français en Guadeloupe assassinait des hommes et femmes du Moule. C’était le 14 février 1952. L’administration coloniale annonçait officiellement quatre morts et une dizaine de blessés. Mais ces chiffres sont inexacts car il y a eu en réalité plus de morts et de blessés.
 Tout a commencé au début du mois de décembre 1951. Patrons et syndicats de la filière Canne-Sucre-Rhum se rencontrent autour d’un cahier de revendications à la recherche d’un accord sur les salaires, le prix de la tonne de canne, la diminution des tâches. Les colons réclamaient, comme préalable au démarrage de la récolte de 1952, le paiement de leur ristourne pour les cannes livrées en 1950-51.
Ils se basaient sur un rapport de la chambre de commerce, qui estimait à 187% l’évolution du coût de la vie de 1938 à 1950, en précisant que les salaires devraient être de 125 francs de l’heure.
 Les usiniers, eux, voulaient prendre comme référence le salaire de 1946 qui était de 60 francs.
 S’agissant de la tâche, le coupeur devait abattre 4 860 bouts de canne de 1 mètre que l’arrimeuse qui le suit devait mettre en paquets de 15 bouts chacun. Ceux que les travailleurs appelaient "les Blancs", les directeurs et propriétaires des terres et des usines refusaient toute diminution de tâche. 
Pour débloquer les discutions qui trainaient en longueur, les représentants ouvriers proposaient 100F pour tous au lieu des 125F. Les patrons usiniers refusaient.
C’est alors que le gouvernement de René Pléven de l’époque par l’intermédiaire du préfet en Guadeloupe, Villeger, fixe en lieu et place des capitalistes usiniers le salaire à 76 F/h, on était fin décembre 1951. Le préfet Villeger venait de jeter de l’huile sur le feu.
La Grève générale
L’ensemble des syndicats de Guadeloupe se sont regroupés en un cartel. Un mot d’ordre de grève générale fut donné pour le 15 janvier 1952. La grève est totale, les usines sont bloquées les cannes n’arrivent pas, le pays est bloqué. Il y a des échauffourées entre CRS et travailleurs sur les habitations. Les CRS usaient de grenades lacrymogènes. Les grévistes leur lançaient toutes sortes de projectiles. Ils leur ont même lancé des bombes artisanales du côté de Rougeole à Petit Bourg. Face à un tel événement, les Conseillers généraux refusèrent d’examiner le budget que leur proposait alors le préfet Villeger si les revendications de travailleurs n’étaient pas prises en considération et satisfaites. Omer Ninine, président socialiste du Conseil général refusait que les "chars" (grosse charrette à bœufs) chargés de canne traversent la commune de Petit Bourg dont il était le maire. Le maire de Morne-à-l'eau (Grippon à l’époque), Pierre Monerville, prenait le même arrêté. Le 8 février, un char rempli de cannes qui voulait traverser la commune de Morne-à-l’Eau fut renversé sur la chaussée. Dans l’affrontement avec les CRS, un des militaires a perdu des doigts pour avoir ramassé une grenade qui lui avait été retournée par un manifestant. Le 11 février 1952, le lendemain d’un grand meeting du "cartel syndical" qui avait rempli le centre-ville du Moule de milliers de gens venus écouter les dirigeants du mouvement, c’est dans cette atmosphère que les CRS ont envahi et occupé la ville jusqu’au jeudi 14 février. Ce jour-là, las de voir les militaires sillonner les rues de la ville en invectivant, insultant les passants, les jeunes ont dressé des barricades, bloquant les principales artères du centre-ville.  Il faut souligner le rôle actif dans ces luttes de l'époque des militants du Parti Communiste Guadeloupéen, alors fédération départementale du Parti Communiste Français.
La soldatesque  coloniale  tire
A neuf heures trente, ce 14 février 1952 donc, le lieutenant CRS, Chevalier, donnait l’ordre à ses sbires de tirer sur tout ce qui bouge. Surpris par la brutalité des militaires et ne comprenant pas trop ce qui leur arrivait, les gens se faisaient tirer dessus comme des lapins. Ainsi il y eut plusieurs morts et des dizaines de blessés. L'histoire a retenu les noms de quatre tués : Capitolin justinien, Edouard Dernon, Constance Dulac (une femme enceinte), François Serdot.,                                                                  Ce même jour le 14 février 1952, le préfet fixait le salaire à 88F/h et les ristournes de 1950-51 à 434F la tonne. Puis s’est ouverte l’ère de la répression silencieuse des syndicalistes et autres militants politiques.

Martinique : Avertissement des agents municipaux du Lamentin au maire

Les travailleurs affiliés à la section SOEM-CGTM des municipaux du Lamentin se sont mobilisés durant trois jours, du mercredi 12 au vendredi 14 février 2014. Il s’agissait pour eux de contraindre le maire Pierre SAMOT à respecter et à appliquer un protocole d’accord signé le 18 décembre 2013 avec le premier adjoint, David ZOBDA.
La municipalité avait été tenue informée d’une possible mobilisation des personnels puisqu’un préavis avait été déposé. Mais le mouvement des gérants de stations-service avait conduit les responsables de la CGTM à différer son démarrage. En constatant que le maire n’avait pas mis à profit le préavis pour les rencontrer, les travailleurs sont entrés en action le mercredi 12.
Pierre SAMOT, plutôt que de discuter avec les agents et leurs représentants pour trouver une solution, a préféré prendre la pose de l’homme outragé en dénonçant «une grève illégale» et des «demandes non fondées». Il pensait ainsi décourager les travailleurs mobilisés. Mais ces déclarations aboutirent au résultat inverse. En effet, le jeudi 13, les travailleurs décidèrent de poursuivre le blocage des établissements municipaux, mais étendirent leurs actions au Centre de Gestion et à la CACEM. Car SAMOT est le président de ces deux organismes. Constatant la détermination des personnels, SAMOT finit par les rencontrer le vendredi, jour où un accord a pu être trouvé avec les agents mobilisés et leurs représentants.
SAMOT, qui postule pour un énième mandat comme maire du Lamentin et donc en campagne, a pensé qu’il tenait là une bonne occasion de montrer sa fermeté. Mais il n’avait pas pensé que ses tentatives d’intimidation ne feraient que galvaniser encore plus les agents. Et si finalement il pensait tirer profit d’un recul des agents, il en aura été pour ses frais.
Le voilà donc prévenu. Campagne électorale ou pas, les agents ne se laisseront pas faire.

La Cour des comptes et France-Antilles, du côté des riches

 
Le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, a déclaré le 11 février : «La politique en faveur du tourisme Outre-mer est inefficace». Il faut bien sûr comprendre «en faveur du patronat de la branche tourisme». Parce que l'exercice de la Cour des comptes consiste à comparer les «enveloppes engagées» par les Collectivités Locales, avec les «recettes apportées».
Le bilan de la Cour des comptes met en cause des «interventions peu dynamiques des Collectivités» et «une action publique souvent inefficace» ; ce qui, pour la Martinique, a entraîné une réaction agacée de Mme Roy-Camille, présidente du CMT (Comité Martiniquais du Tourisme).
La Cour n’hésite pas à dénoncer aussi la population, y compris en pointant quelques avantages, pourtant bien maigres, dont elle peut bénéficier.
Ainsi il est signalé que «la clientèle dite ʺaffinitaireʺ apporte moins de recettes que le tourisme d'agrément ou d'affaires». Donc les Martiniquais qui reviennent visiter leur famille ne rapportent pas assez ! La «continuité territoriale» - aides au voyage accordées sous conditions de ressources – est signalée pour son «caractère inflationniste», mais naturellement la Cour des comptes ne parle pas du caractère inflationniste de la soif de profits des compagnies aériennes.
Didier Migaud n'oublie pas de regretter la «faible qualité de l'accueil de la population locale» (vieille rengaine)  et «les charges structurelles» de l'hôtellerie, en particulier les coûts salariaux. La population est donc encore une fois jugée responsable de bien des maux ! Il faudrait qu'avec des salaires de misère et plus encore, au chômage à près de 30%, elle ait de surcroît le sourire en permanence !
Tout cela est rapporté d'une façon on ne peut plus neutre dans France-Antilles du 12 février. Le journaliste de service a toutefois été irrité par la mention dans le rapport de «l'inefficacité de la défiscalisation». D'après lui il s'agirait d'un exercice obligé de la Cour des comptes. La défiscalisation profite aux riches, alors France-Antilles la défend... même quand elle n'est pas sérieusement attaquée !
 
 
 

Répression sanglante en Ukraine

(Brève de nos camarades de Lutte ouvrière)
Le pouvoir ukrainien tente depuis mardi de déloger les protestataires qui occupent le centre de Kiev. Les assauts de la police ont fait d’ores et déjà plusieurs dizaines de morts.
Le président ukrainien Ianoukovitch, qui s’appuie sur la Russie, et les dirigeants de l’opposition qui cherchent, eux, le soutien des puissances occidentales, finissent par s’affronter dans le feu et le sang.
Mais la population ukrainienne, qui fait face à une crise économique profonde, n’a rien à attendre de la victoire d’un des deux camps. Les politiciens qui se sont succédé au pouvoir depuis vingt ans n’ont gouverné que pour enrichir les oligarques.
 

Guadeloupe (Plantations en Lutte) : pawol a travayè bannann

AFFAIRE S. GEORGES : LES DORMOY  NON  COUPABLES ?
On se souvient de notre camarade Simon Georges décédé en 2009, suite à une chute d’une remorque où il était monté pour faire de l’émondage.  Le camarade qui travaillait avec lui et qui était allé chercher de l’aide l’avait  retrouvé mort à son retour avec les secours.
Le Tribunal vient de décider, en première instance, que la direction de la plantation n’est pas responsable de cette mort.  
 
ET  POURTANT
Selon les textes en vigueur, quand des salariés travaillent sur  un site où ils ont isolés des autres, il faut qu’ils soient au moins trois si aucun ne dispose d’un moyen (par exemple téléphone mobile) pour appeler des secours en cas d’accident. Un pour aller chercher les secours en cas d’accident et l’autre pour rester avec l’accidenté.
Ce n’était pas le cas lors de l’accident qui a coûté la vie à notre camarade de S. Georges. Affaire à suivre donc. 
 
150  CONTRATS  D’AVENIR  DANS  LE  SECTEUR  AGRICOLE  
C’est l’engagement pris par la Région et le Département d’ici au 31 décembre. Mais 6 000 jeunes sont au chômage. Alors 150 emplois précaires,  c’est une goutte d’eau dans la mer !
«CONTRATS D’AVENIR» : CADEAUX  POUR  GROS  PLANTEURS !
Ainsi l’État, la Région et le Département s’engagent à payer la moitié du salaire des 150 jeunes travailleurs que les planteurs exploiteront. Voilà comment l’argent des Collectivités locales sert à remplir les poches des gros patrons.
F. LIGNIÈRES  ET  SES  AMIS  PLANTEURS  « AUX  ANGES » ?
Car quelques jours avant l’annonce de la Préfète, F. Lignières pleurnichait sur les difficultés des planteurs de bananes et surtout l’obligation pour lui de licencier 70 travailleurs.  Et pourtant ces exploiteurs de la banane reçoivent en permanence des aides et subventions de toutes sortes des pouvoirs publics.
Ce qui est presque certains, c’est que quelques  planteurs profiteront de cette main d’œuvre subventionnée pour se débarrasser des camarades en CDD. Alors il y a peu de chances de voir le nombre de chômeurs diminuer.

Guadeloupe : échos des hôpitaux

LA CLINIQUE DES EAUX CLAIRES : CONDITIONS  DE TRAVAIL EXECRABLES
Les conditions de travail sont telles que des dizaines d’employés sont en congés de maladie  ou en accidents de travail.  Ces AT sont légion  et  sont dûs à l’épuisement qui cause un   défaut de vigilance,  pourvoyeur de   chutes  et autres blessures.
Le personnel non remplacé entraine une surcharge de travail supplémentaire, exténuante. Malgré ce manque de personnel,   les chirurgiens  continuent les interventions au même rythme.
Nous avons bien signé une pétition pour dénoncer  ces conditions  de travail inhumaines, mais la Direction  reste  sourde à nos appels. Il est vrai que malgré le manque de personnel  les caisses continuent à se remplir !!
 
NAO À LA CLINIQUE DES EAUX CLAIRES
En 2013 la Direction  n’a pas daigné répondre aux rendez-vous  NAO fixés par les syndicats car pour elle il n’y a aucune obligation de négocier avec les délégués syndicaux. 
2014 verra-t- elle la détermination de tout le personnel pour rendre obligatoires les NAO ? Le rendez-vous est fixé pour le mois de mars. Il ne tient qu’à nous d’exiger que ces NAO se tiennent car le coût de la vie continue à augmenter et notre pouvoir d’achat est de plus en plus à la baisse.
 
UROLOGIE CHU : DÉPOTOIR !
Une chape d’archives encombre le service et les agents en ont ras le dos !
En effet, la salle de consultation, la salle de repos et le secrétariat  du service d’urologie débordent de boites d’archives et cela fait des mois que cela dure.
Les chefs sont informés, un service d’archives existe, alors qu’attend-t-on pour agir ?
 
SAMU : PERSONNE NE DÉCROCHE ?
Le samedi 1 février, la population ne pouvait plus rentrer en contact avec le 15. Pas de tonalité ! Cela provenait d’un problème technique qui a été réparé le lendemain par un technicien venue de France. Toutefois d’autres travaux sont en cours car l’hôpital et les circuits sont cuits !
Heureusement qu’aucun incident grave n’est à déplorer.

Guadeloupe : échos des assurances

MAAF : LE DIRECTEUR EST-IL AU DESSUS DES LOIS ?
Selon le Code du Travail, la direction doit retranscrire les réponses aux questions des délégués du personnel dans un registre spécial. Ce n’est pas le cas à la MAAF où la direction estime qu’elle n’a pas à respecter ces dispositions légales. Et tout est spécial à la MAAF : le directeur estime qu’il n’a pas à faire des exercices pour l’incendie ou les tremblements de terre. Il se croit tout permis mais gare au délit d’entrave.
 
MPAS : LA DIRECTION VEUT LICENCIER UNE DELEGUÉE DU PERSONNEL
Cela fait des mois que la direction cherche à se débarrasser d’une déléguée du personnel par un véritable harcèlement moral. La direction n’a pas digéré le fait qu’elle soit devenue déléguée du personnel suppléante et qu’elle se soit opposée à un changement d’horaires. Maintenant la procédure  est entamée mais le motif réel du licenciement n’est toujours pas évoqué : perte de confiance ? il n’y a jamais eu d’avertissement pour faute.  Il s’agit pourtant d’un agent d’encadrement qui travaille depuis plus de 20 ans sans aucun reproche sur la qualité de son travail.
 
LA PROCÉDURE DE LICENCIEMENT EST ENGAGÉE
Un premier entretien préalable a déjà eu lieu et la collègue a été accompagnée par un conseiller du salarié de la CGTG. S’agissant d’une employée protégée, il faut demander à la direction du travail l’autorisation de licenciement et le rendez-vous est prévu lundi 17 février.
La réaction des autres employés est curieuse car ils ont peur de soutenir leur collègue et disent ne pas comprendre ce qui se passe. Ces derniers doivent savoir que leur silence encourage le directeur et que la roue tourne. Leur tour viendra plus vite qu’ils ne le pensent si le licenciement se fait en silence.
 

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