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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1107 du 22 février 2014/CO n° 1112 du 3 mai 2014/Quatrième page

Quatrième page

Cambodge : Les travailleurs du textile toujours en lutte

20 000 travailleurs des usines textiles sous-traitantes pour les grandes marques comme Gap, Nike ou H&M, sont en grève au Cambodge. Ils réclament le versement d’une prime de 50 dollars, promise par leurs patrons pour qu’ils ne se joignent pas la grève générale de janvier ; une prime qu’ils attendent toujours !
Les patrons ont beau manier la carotte et le bâton, leur rapacité rallume sans cesse la lutte de classe. Depuis des mois, au Cambodge, mais aussi au Bangladesh ou en Chine, des centaines de milliers d’ouvriers du textile, souvent très jeunes, entrent en lutte et apprennent à s’organiser. Et ils retrouvent naturellement les traditions du mouvement ouvrier puisqu’une grande manifestation des travailleurs du textile est programmée à Phnom Penh le 1er mai. Vivent leurs luttes !
 

Hutus contre Tutsis, un crime colonial

Lorsque les Blancs sont arrivés au Rwanda-Burundi en 1894, ils ont trouvé une société agricole féodale un peu particulière. La population, sous la tutelle d’un roi, était divisée en une vingtaine de clans à l’intérieur desquels on trouvait aussi bien des Hutus (cultivateurs), des Tutsis (éleveurs de bétail) et des Twas (artisans). Tous ces gens parlaient la même langue, pouvaient se marier entre eux et même changer de «statut» puisque cela revenait simplement à changer de métier (des Hutus devenant Tutsi et réciproquement). La majorité des Tutsis étaient pauvres, mais parmi les nobles et les chefs militaires, on trouvait plus de Tutsis que de Hutus (il était un peu plus facile de devenir riche avec un grand troupeau qu’en cultivant la terre). Pour cette raison, les colons allemands puis belges s’appuyèrent sur une minorité de Tutsis pour bâtir leur administration coloniale. Pour diviser et régner, ils érigèrent les métiers rwandais en «races» distinctes : les clans furent abolis, les Tutsis, censés être plus grands et plus beaux devinrent une soi-disant «race supérieure» et les Hutus, une «race» de serviteurs. Ils imposèrent aux colonisés des papiers d’identités portant la mention «Tutsi» ou «Hutu», mirent en place une politique de discriminations systématiques, et enseignèrent leurs théories racistes dans les écoles tenues par les prêtres blancs. Ainsi, ils fabriquèrent de toutes pièces des «ethnies» qui n’existaient pas auparavant. 
En 1959 émergea un mouvement indépendantiste dont les chefs étaient, par la force des choses, majoritairement hutus. Les impérialismes français et belges choisirent alors cyniquement de renverser les rôles : ils organisèrent l’indépendance du pays avec ces nouveaux chefs (de façon à rester les maîtres) et appuyèrent cette fois les Hutus contre les Tutsis. Dans les années 1960, nombre de Tutsis se réfugièrent dans les pays voisins : l’Ouganda et la Tanzanie anglophones. Dès lors, les impérialismes anglais et américain s’appuyèrent sur ces Tutsis anglophones à chaque fois qu’ils voulaient contrecarrer la présence française dans la région. Ainsi, après avoir fabriqué deux nations sur un même territoire – nations qui ne pouvaient construire un prétendu «État national» qu’en chassant l’autre – les grandes puissances ont continué à régler leurs petites querelles en les faisant se battre à leur place. Elles portent la responsabilité non seulement du génocide de 1994, mais aussi des massacres de 1965, 1969, 1972, 1988, 1991 et 1993 au Rwanda même, ou au Burundi voisin.

Martinique : DÉJEUNER DE SOUTIEN À COMBAT OUVRIER

Le dimanche 11 mai de 12H à 19h
 
Il  se déroulera à l’Habitation Malgré Tout à Trinité (Petit Galion).
La carte que vous proposent dès maintenant nos militants sera exigée à l’entrée.
 
Programme :
12h :       Pot d’accueil
12h30:   Repas. Il est servi avec une boisson.
Les consommations supplémentaires de boissons seront payantes.
Le repas sera animé en musique.
14h15 :   Allocution
 
Après Midi culturelle
14h30 : Notes de musiques variées avec la jeune pianiste DAPHNÉ
15h30 : La Parole libérée avec ABDELSLAM et ses amis
16H  19H : Animation musicale et danse avec Jean Philippe MARTELLY
 
vous pourrez Également :
-         Acheter, consulter livres, brochures et documents présentés sur la table de lecture
-         Consulter nos panneaux – exposition sur nos positions politiques
-         Vous entretenir avec nos camarades sur la politique, la vie, l’activité de Combat-Ouvrier.
 
Participation aux frais : 25 euros.
Alors, le dimanche11 Mai, soyez nombreux à vous rendre au Déjeuner de soutien à Combat-Ouvrier. Emmenez vos parents, amis, camarades de travail.
Réclamez dès maintenant votre carte d’entrée aux militants. Elle doit être réglée d’avance et elle sera exigée à l’entrée. Merci !
 
Combat Ouvrier BP 821. 97258 FORT DE FRANCE CEDEX.
Tél :
Site Internet :   http://www.combat-ouvrier.net
Pour nous écrire sur Internet : redaction@combat-ouvrier.net

Haïti : Les ouvriers se battent, face aux patrons et au gouvernement à leur service

Début avril, Martelly, le président d’Haïti, a réalisé un remaniement ministériel en  rassemblant autour du Premier ministre Lamothe, des proches, des duvaliéristes, des transfuges de Lavalasse (parti d’Aristide, l’ancien curé président) au nom d’un gouvernement de concertation.
14 anciens militaires ont été incorporés, un au ministère de l’Intérieur, un ancien putschiste récupère les Sports, un autre la Défense. Une proche est aux finances et des anciens lavalassiens ont changé de camp pour accéder à la mangeoire, comme c’est le cas pour le porte-parole de l’équipe gouvernementale.
Avec ce gouvernement, Martelly vise à remporter les élections parlementaires,  prévues pour le mois d’octobre, où le Sénat et le Parlement seront renouvelés ainsi que les instances régionales. Son gouvernement au service des riches répond aux souhaits des patrons des industries du textile qui avaient subi la pression des ouvriers de la zone industrielle en décembre. 
Dans le Parc industriel métropolitain de la Société nationale des parcs industriels (Sonapi), 23 entreprises exploitent plus de 12 000 travailleurs. La majeure partie dans le secteur textile.
Les ouvriers travaillent à la tâche, regroupés en «module» pour fabriquer des maillots, des pantalons etc. Dans une boîte, il y a 6 douzaines de maillots et la production journalière du module est autour de 100 à 120 boîtes par jour, pour un salaire de 200 gourdes (3,5€).
Depuis octobre 2013 le salaire aurait dû être réévalué à 300 gourdes, mais le patronat s’y est opposé, ne lâchant aucune miette de ses bénéfices. Les ouvriers ont manifesté en novembre puis les 10, 11 et 12 décembre. Ils ont mis les usines en grève et défilé pendant 3 jours. Ils criaient : «les esclaves sont révoltés contre les 225 gourdes ! », «nous ne pouvons pas vivre avec ce salaire de misère», «nous voulons 500 gourdes  comme nouveau salaire minimum»,  «nous exigeons de meilleures conditions de travail ! », «Nous en avons ras-le-bol ! ».  
Pour le Premier mai 2014, le gouvernement a lâché 25 gourdes (0,46cts) d’ajustement sur le salaire minimum, qui passe à 225 gourdes (3,75€). Mais le salaire est à la pièce et le quota nécessaire pour atteindre un salaire de 300 gourdes (5€) nécessite de travailler 10 à 12h par jour. C’est loin des 500 gourdes  (8,4€) réclamées par les ouvriers en décembre.
Après les manifestations de décembre, les ouvriers avaient misé sur les syndicats qui leur semblaient un moyen de faire aboutir leurs revendications. L’enthousiasme est retombé car les dirigeants des syndicats ont montré qu’ils défendent surtout leurs intérêts et ceux des centrales.
 Les ouvriers ont montré qu’ils avaient la force pour faire reculer les patrons, il leur manque l’organisation pour défendre eux-mêmes leurs intérêts. 
 

Kagamé, marionnette d’une querelle entre impérialistes

Paul Kagamé, l’actuel président du Rwanda, a une trajectoire typique de certains enfants de réfugiés tutsis. À l’indépendance, quand il avait 4 ans, sa famille a fui le Rwanda pour l’Ouganda (raison pour laquelle il est anglophone comme beaucoup de Tutsis revenus au pays depuis 1994). En 1979, il rejoint les guérilleros de la NRA (National Resistance Army) soutenue financièrement et militairement par les USA. Après la prise du pouvoir, il devient officier des services de renseignement de l’armée ougandaise. En 1989, il co-fonde le FPR avec comme objectif d’envahir le Rwanda. En juin 1990, il est envoyé à Fort Leavenworth, aux États-Unis, pour subir une préparation au commandement militaire. À son retour, le 1 octobre de la même année, il dirige la première offensive du FPR au Rwanda. Au bout d’un an de combats, il est invité à des négociations par Paris qui soutient le régime rwandais, futur organisateur du génocide. Mais dès sa sortie de l’Élysée, les services secrets français l’arrêtent et l’emprisonnent (brièvement à cause de la pression américaine), dans le but de l’intimider. C’est d’ailleurs un des «négociateurs» français, Paul Dijoud, qui justifiera l’arrestation devant la presse. Le même aurait aussi menacé Kagamé : «Si vous n’arrêtez pas le combat, si vous vous emparez du pays, vous ne retrouverez pas vos frères et vos familles, parce que tous auront été massacrés.». C’était deux ans avant le génocide…
 

Rwanda : Les larmes des crocodiles impérialistes

À l’occasion du 20 anniversaire du génocide rwandais, les médias ont beaucoup parlé de cette catastrophe : d’avril à juin 1994, 800 000 hommes, femmes et enfants ont été systématiquement massacrés par le régime rwandais «pro-Hutu», en représailles à l’avancée d’une guérilla «pro-Tutsi», le Front Patriotique Rwandais (FPR). Les journalistes ont même eu la minimale décence de parler de la «polémique» sur les éventuelles responsabilités de la France. Mais en réalité, il n’y a aucun doute possible. Oui, l’État français porte une terrible responsabilité dans le génocide rwandais de 1994.
 Ce n’est pas seulement que la France a participé avec d’autres grandes puissances à la fausse opposition entre Tutsi et Hutu (voir encadré «Hutus contre Tutsis, un crime colonial»). On sait que l’État français soutenait le régime «pro-Hutu» du Rwanda depuis 1975 en l’aidant à former et à entraîner son armée et en lui livrant des armes, à une époque où déjà, de terribles massacres avaient eu lieu. On sait que les 688 soldats français présents sur place ont fait le coup de feu aux côtés de l’armée rwandaise contre le FPR «pro-Tutsi» en 1990-1991. On sait que la sinistre «barbouze» Paul Barril – exécuteur des basses œuvres en Afrique sous Mitterrand – travaillait, depuis 1989 au moins, à l’organisation des services secrets du régime rwandais qui allaient mettre en œuvre le génocide. On sait que le même Barril a signé un contrat de fournitures d’armes et d’encadrement avec les organisateurs du génocide en mai 1994, un mois après le début des massacres. On sait que l’intervention militaire française – les 3 000 hommes de l’Opération turquoise du 22 juin au 22 août 1994 – a permis aux massacres de continuer dans la zone qu’elle occupait bien plus longtemps qu’ailleurs. On sait que lorsque la «radio des mille collines» dont les émissions servaient à attiser et à organiser les tueries s’est installée dans la «zone turquoise», l’armée française l’a laissée continuer à émettre. On sait que les dignitaires du régime, les organisateurs du génocide, se sont réfugiés dans cette même zone turquoise pour être évacués vers le Zaïre, puis pour certains, vers la France.  Les autorités françaises ont agi de cette façon pour une raison simple : la victoire du FPR signifiait que le Rwanda passait de la zone d’influence française en Afrique à la zone d’influence américaine et qu’il risquait d’entrainer à sa suite d’autres pays – comme le très riche Zaïre. Et tant pis si cela impliquait un génocide.
 

Guadeloupe : Réunion publique de Combat Ouvrier

vendredi 16 mai
Thème : la liste "Lutte Ouvrière-Combat Ouvrier aux élections européennes dans la circonscription de l'Outre-mer" A 19H !
(le lieu sera précisé ultérieurement)

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