Site

Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1107 du 22 février 2014/CO n° 1112 du 3 mai 2014/Deuxième page

Deuxième page

Brésil : «La Face cachée» de la coupe du monde de football et des jeux olympiques…

Zoom Depuis plusieurs mois Rio de Janeiro au Brésil est le théâtre d’émeutes sanglantes. En effet, avec l’approche de la coupe du monde de football qui aura lieu dans deux mois et des jeux olympiques dans deux ans, le petit peuple de Rio est de plus en plus confronté à la violence policière. Et il n’entend pas se laisser faire.
Le 22 avril les agents de l’unité pacificatrice installée dans une des communautés de Copacabana, battaient à mort un jeune homme de 25 ans. D’après ces agents ce jeune était un trafiquant de drogue. Or, Doublas Rafael Pereira, alias «DJ», habitait une favela du quartier de Copacabana où il était connu et très apprécié par les jeunes. Il représentait leur fierté car «DJ» était danseur professionnel talentueux pour un programme de télévision. Cet impair fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Car dans cette région du Brésil, le mécontentement ne manque pas. C’est ainsi que, peu après l’annonce de la mort de Douglas des émeutes éclatèrent. Débordés par l’ampleur du mouvement les policiers firent appel aux troupes d’élites de la police qui arrivèrent sur les lieux armées jusqu’aux dents. Des coups de feu éclatèrent. Un jeune homme est mort d’une balle dans la tête.
Deux morts en l’espace de quelques jours. Et cette situation risque de durer encore assez longtemps car la présence des agents de l’unité pacificatrice installée dans cette communauté depuis 2009 en prévision du mondial des 12 juin au 13 juillet 2014 et des jeux olympiques de 2016 n’est pas faite pour apaiser les tensions. Appelons les choses par leur nom : ce sont de véritables milices qui harcèlent journellement les jeunes dans les quartiers de Copacabana.
 Il y a  souvent des émeutes ou des manifestations à Rio de Janeiro. Des groupes de citoyens et des partis politiques se mobilisent pour exiger plus d’investissements dans les services publics, tel le transport, plutôt que dans le football. Les jeunes réclament du travail, et la police assassine.

Brésil : les travailleurs aussi ne se laissent pas faire

Devant les milliards d’investissements dépensés en pleine crise mondiale dans l’organisation de la coupe du monde de football de 2014 et des jeux olympiques de 2016, les ouvriers réclament leur juste part. C’est ainsi que 2 000 ouvriers de la construction du parc en vue des jeux olympiques de 2016 à Rio ont mené une grève de deux semaines et ont repris le travail le jeudi 17 mai 2014. Et le jour même de la reprise, après quelques heures, les responsables syndicaux ont appelé à reprendre le mouvement.
Plus de 2 300 ouvriers étaient en grève depuis le 3 avril dernier pour une augmentation de salaires et l’amélioration des bénéfices sociaux. Souvent les ouvriers en grève affrontent les forces de l’ordre, des coups de feu éclatent sans grandes conséquences. Les ouvriers réclament des augmentations de salaires mais aussi que la couverture médicale accordée aux travailleurs protège aussi leur famille. C’est une disposition qui est accordée aux salariés qui occupent des postes administratifs. C’est totalement injuste et scandaleux. 
Il faut aussi rappeler la grève générale illimitée du personnel au sol des 63 aéroports publics du Brésil le 31 juillet 2013. Ils réclamaient une augmentation de salaire de
16 %, un plan de carrière, de meilleurs plans de santé et une participation aux bénéfices, l’arrêt des privatisations en cours de certains aéroports du pays destinés à être modernisés pour la coupe du monde de football de 2014 et les jeux olympiques de 2016.
 C’est dire que les travailleurs ne restent pas sans réclamer leur juste part des milliards dépensés par le gouvernement brésilien pour ces jeux en pleine crise mondiale.
 

Guadeloupe : Des usagers en colère s'invitent à la grande réunion de Gillot sur l'eau

Le mardi 29 avril, plusieurs dizaines de manifestants ont protesté avec détermination devant la Résidence départementale où Gillot, président  du Conseil Général et président de "l'Office de l'eau" organisait une réunion de travail sur l’eau avec tous les «responsables» du secteur  et en présence de nombreux élus.
 Les usagers ont fait entendre leur colère et leurs revendications : un prix unique de l’eau, un prix pas cher, une production unique pour toute la Guadeloupe, et surtout la réfection en urgence de l’ensemble du réseau avec l’embauche de centaines de jeunes pour cela.
Mais encore une fois, seule la mobilisation de la population pourra obtenir ce résultat.

Guadeloupe : occupation du SIAEAG par les révoltés des coupures d'eau

Les coupures d'eau commencent à exaspérer la population. D'autant que ces coupures ne sont pas dues à un manque d'eau sur l'île, mais à l'incurie des responsables. C'est le réseau d'adduction qui est vétuste. La moitié de l'eau fuit des tuyaux avant d'arriver dans les robinets. Voilà plus de 20 ans que ce scandale perdure.
Le jeudi 24 avril, à l’appel de Combat Ouvrier, et d’un groupe d’Usagers en colère, une cinquantaine de personnes ont manifesté et occupé les locaux du SIAEAG (Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau et Assainissement de la Guadeloupe). La manifestation est partie du parking de l’Hypermarché du Bas du Fort pour se diriger vers l’établissement en perturbant la circulation. Les automobilistes ont pris les tracts en approuvant les manifestants.
Les locaux de la SIAEAG furent occupés toute la matinée. Les manifestants ont exprimé leur mécontentement en reprenant leurs slogans : «Générale des Eaux volè, la SIAEAG  soutyré», «o la dlo la pasé, i ka koulé en pôch a yo». 
Le personnel s’est montré favorable à une telle manifestation et s’est préoccupé de joindre des responsables qui ne se sont pas empressé de répondre.
L’ensemble des médias, presses, radios et télés s’est présenté sur place.
Deux responsables du SIAEAG : A. Hernandez l’actuel président du syndicat intercommunal et le nouveau maire de Sainte Anne, Baptiste, ont fini par se manifester par téléphone. Mais les manifestants leur ont fait savoir qu’ils n’attendaient rien d’une négociation avec eux car ils connaissaient le dossier. Ils voulaient par leur  action interpeller l’opinion publique et tous les usagers sur le problème de l’eau. Ils ont présenté aux journalistes 3 points de revendications : un prix unique de l’eau, une distribution unique de l’eau, la réparation urgente du réseau. De grands travaux permettraient l’embauche de plusieurs jeunes.
Le lendemain, le vendredi 25, une réunion s'est tenue à Raizet au bar Vivies avec une cinquantaine de personnes déterminées à poursuivre l'action.
Mais seule  la mobilisation de milliers de personnes dans les rues peut contraindre les pouvoirs publics à régler le problème de l’eau.
Combat Ouvrier et les «Usagers révoltés» rejoints maintenant par d'autres associations comme «les irréductibles», «le comité des Abymes», comptent poursuivre leurs actions en appelant  à d’autres mobilisations et en ralliant d'autres comités de protestation.

Guadeloupe : Scandale des coupures d'eau : invoquer la sécheresse pour masquer l'incurie

Il n’y a pas de sécheresse en Guadeloupe : même pendant le plus sec des carêmes, la pluie fait tomber sur nos têtes 40 fois plus d’eau potable chaque jour que nous n’en avons besoin ! Les coupables ce sont les capitalistes des multinationales de l’eau – la Générale des Eaux en tête – qui empochent l’argent des factures et n’investissent pas assez pour entretenir le réseau. Ce sont les politiques qui continuent à donner notre argent à ces bandits. C’est l’État qui devrait contraindre les entreprises privées à mettre l’argent pour embaucher des milliers de jeunes et refaire entièrement le réseau en urgence ! Mais l'État se plie aux volontés du patronat !

Martinique : Ville du Lamentin : mais où passe l'argent ?

Le 15 avril 2014, soit tout juste 3 semaines après les élections du 23 mars 2014, le conseil municipal du Lamentin s’est réuni sous la présidence de son maire Pierre SAMOT. Au menu de ce premier conseil, le compte administratif et le budget.
A cette occasion, l’équipe dirigeante a annoncé que vu l’état des finances de la ville, elle s’oriente vers une hausse des impôts locaux de … 15%.
Durant toute la période qu’a duré la campagne électorale, Samot et ses colistiers se sont bien gardé de parler de la situation financière réelle de la ville du Lamentin. Au contraire, ils ont mis en avant leurs réalisations et leurs projets pour solliciter un nouveau mandat.
Les opposants à Samot ont bien sûr sauté sur cette annonce pour tenter de se positionner comme les grands défenseurs de la population. Mais il faut bien se rendre compte que bien que présents depuis des années au sein du conseil municipal, ils n’ont rien vu ou n'ont en tout cas jamais vraiment appelé la population à demander elle-même des comptes et à contrôler la gestion des affaires de la commune.
Les élections sont maintenant passées et la population constate à ses dépens, une fois de plus, que ceux qui ont sollicité son vote ont caché des informations importantes et ont évité d’en parler dans leur bilan.
La ville du Lamentin est la commune la plus riche de Martinique. C’est là que se trouve l’essentiel des grosses entreprises de Martinique. Alors où passe l’argent que brasse cette municipalité ? La population est en droit de le savoir.

Bookmark and Share