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Documents/Articles de "Lutte de Classe"/Haïti/LDC n° 126, mars 2010 Tremblement de terre en Haïti -Catastrophe naturelle sur fond de catastrophe sociale

LDC n° 126, mars 2010
Tremblement de terre en Haïti -Catastrophe naturelle sur fond de catastrophe sociale


300 000 morts, et sans doute plus. Des dizaines de milliers de blessés dont beaucoup garderont des séquelles graves. Plusieurs villes, dont la capitale Port-au-Prince, détruites en grande partie. 1 300 000 personnes sans abri qui continuent, un mois et demi après la catastrophe, à vivre dans des conditions précaires, dans la rue, sur des espaces dégagés, car des répliques continuent à faire s’effondrer des maisons fissurées.

Voilà le résultat du tremblement de terre du 12 janvier en Haïti !

Cette catastrophe naturelle, une des plus importantes de ces dernières années, était une catastrophe annoncée. Au sens littéral du terme pour ce qui est de la catastrophe naturelle, car des géologues connaissant l’existence de la faille entre plaques tectoniques sous l’île tiraient la sonnette d’alarme depuis bien longtemps. Sans le moindre résultat, c’est-à-dire sans la moindre réaction ni des autorités locales ni des autorités internationales.

Si la catastrophe naturelle était annoncée, ses conséquences, c’est-à-dire la catastrophe sociale, l’étaient plus encore. D’autres pays que Haïti ont connu dans le passé des tremblements de terre d’une magnitude comparable. Mais lorsqu’ils se produisent en Californie ou au Japon, quand bien même c’est toujours dramatique, les conséquences dans ces pays développés, riches, sont sans comparaison avec les conséquences en Haïti.

Dans ce pays, rappelons-le, le plus pauvre de l’hémisphère américain et un des plus pauvres du monde, il suffit d’une tempête tropicale, voire simplement d’une grosse pluie, pour que cela se traduise par des dizaines, des centaines, voire des milliers de victimes. Parce qu’il n’existe dans le pays ni moyens de prévention ni moyens de sauvetage. Parce que la population pauvre – l’écrasante majorité – construit comme elle peut et là où elle peut avec des matériaux de mauvaise qualité.

Des plumitifs imbéciles, à qui la formule plaît, ont repris l’expression « la malédiction pèse sur Haïti ». Mais, si malédiction il y a, c’est celle d’avoir été d’abord la colonie la plus riche de la France, qui a imposé pendant deux siècles l’esclavage, l’exploitation forcenée de la canne à sucre et, surtout, de ceux qui la cultivaient, les esclaves amenés d’Afrique.

Puis, lorsque les esclaves se sont soulevés dans le contexte de la Révolution française ; lorsque, victorieux, ils ont chassé les armées de Napoléon Bonaparte pour proclamer leur indépendance en faisant de Haïti le premier État issu d’une révolte d’esclaves victorieuse, l’État français ne s’est pas contenté de se faire une raison de sa défaite. Après avoir soumis l’ex-colonie au blocus économique, l’État français a fini, en alliance avec la petite couche dirigeante du nouvel État haïtien, par imposer au pays le dédommagement des anciens propriétaires d’esclaves. Et, pendant huit décennies, alors qu’en France les gouvernements changeaient et même les régimes, qu’on passait de la monarchie au règne de Napoléon III puis à la République, Haïti continua à payer.

À payer une dette qui, avec les intérêts, a saigné à blanc le pays, ou plus exactement l’écrasante majorité de sa population, les paysans, les petites gens des villes, qui ont été soumis à une exploitation éhontée pour enrichir les grandes banques françaises, dont certaines ou leurs héritières ont pignon sur rue aujourd’hui encore.

Puis, au siècle suivant, aux pilleurs de France se sont ajoutés des pilleurs des États-Unis, dont les armées ont d’ailleurs occupé Haïti toute une partie du 20e siècle.

Et aujourd’hui encore, si les propriétaires du peu d’entreprises qui existent, regroupées pour l’essentiel dans la zone industrielle de Port-au-Prince, sont de diverses nationalités, y compris haïtienne, la zone elle-même travaille pour de grandes chaînes commerciales américaines. Ainsi, dans ce pays si proche des côtes américaines, les ouvriers gagnent en gros en un mois ce que touchent les ouvriers américains en un jour !

Alors si, parmi ceux qui sont morts sous les décombres, il y a des notables, des bourgeois, et si le palais présidentiel lui-même s’est écroulé, l’écrasante majorité des victimes sont des pauvres. Ils sont morts autant et plus de pauvreté que du fait de la nature.

Contrairement aux stupidités véhiculées par les grands moyens d’information qui ont mis l’accent pendant plusieurs jours sur les « pillages » ainsi que sur l’intervention « humanitaire » des États-Unis ou de la France, ceux qui ont été sauvés l’ont été surtout par la population elle-même, par des voisins, par des familiers ou pas, qui, dans un élan de solidarité extraordinaire, se sont efforcés de dégager à mains nues ceux qui se trouvaient sous les ruines. Et ils l’ont fait pendant ces deux premiers jours où les hélicoptères, américains notamment, ne faisaient que survoler Port-au-Prince pour préparer le débarquement d’avions et de militaires pour mettre la main sur l’aéroport de Haïti.

Alors que les télévisions du monde entier arrosaient les téléspectateurs d’images de bons Samaritains venus des grandes puissances sauver quelques dizaines d’êtres humains, l’intervention de ces grandes puissances était et reste toujours dérisoire par rapport à leurs possibilités. De plus, une intervention ciblée. Pendant que des bourgeois haïtiens quittaient le pays pour se mettre à l’abri des répliques de la terre comme des menaces d’épidémies, beaucoup de quartiers populaires n’avaient ni nourriture ni eau potable.

Et, au milieu d’une rivalité passablement indécente entre grandes puissances, remportée bien entendu par la plus puissante d’entre elles, chacune cherchait surtout à avancer ses pions diplomatiques ou militaires. Les États-Unis, par exemple, ont envoyé bien plus de soldats que de médecins et d’infirmières. Et, malgré Clinton qui s’est bombardé opérateur humanitaire en chef et se faisait filmer par toutes les caméras de télévision présentes, la population qui dort dans la rue n’a même pas eu de tentes en nombre suffisant pour s’abriter alors que commence la saison des pluies !

Que l’on compare : pour venir au secours du plus d’un million de sans-abri en Haïti, Obama avait promis 100 millions de dollars d’aide, qui seront finalement peut-être 300 millions. Pour venir au secours des banquiers, les États-Unis avaient débloqué 1 000 milliards.

La France de son côté parle de 300 millions d’aide. Mais le montant de la dette imposée par la France à Haïti, et qui a saigné ce pays pendant plusieurs décennies, est estimé en euros d’aujourd’hui à quelque 600 milliards !

Oh, ce ne sont pas les réunions, les colloques, les sommets entre chefs d’État qui ont manqué, avec pour prétexte l’aide à Haïti ! Pas plus que les visites de chefs d’État, parmi lesquelles le passage-éclair de Sarkozy a été un des moins ragoûtants, lui qui a passé quelques heures à survoler les ruines pour pouvoir se flatter d’être le premier chef d’État français à se rendre en Haïti !

Pendant ce temps, une partie de la population de la capitale, fuyant les odeurs pestilentielles, la menace d’épidémies ou simplement le manque de nourriture et d’eau potable, est partie vers les villages de la campagne où il n’y a pas plus de nourriture, en tout cas pas assez pour tous ces réfugiés de l’intérieur.

Mais, bien à l’image de cette société, alors que la ville est en ruines, la zone industrielle, du fait de ses structures légères, a été épargnée par le tremblement de terre, et s’est remise à fonctionner. Et les ouvrières et les ouvriers du textile ou de la petite mécanique des usines de Port-au-Prince ont désormais le « privilège » de traverser une ville détruite pour pouvoir se faire exploiter pour un salaire de trois ou quatre dollars par jour !

Où en est la situation aujourd’hui, en fin février, quelque six semaines après le tremblement de terre ? Voici des extraits du témoignage de nos camarades de l’OTR :

« Ce jeudi 26 février, le bureau de la Protection civile décrète l’alerte orange sur tous les départements du pays. En effet le ciel est noir de nuages. La saison des pluies est imminente. L’affolement s’empare de ces centaines de milliers de sans-abri ou en abris de fortune faits de morceaux de tissus, de couverture pour la grande majorité, incapables de tromper le soleil, encore moins la pluie. La panique est réelle chaque fois – comme cet après-midi – que le temps est mauvais et que la pluie s’apprête à tomber. L’absence de tentes ou d’abris provisoires pouvant résister à la pluie est à l’origine de cet affolement.

Lundi 22 février, il y avait eu une réplique de magnitude 4.7 sur l’échelle de Richter à 4 h 36 du matin. Le lendemain 23, une autre, cette-fois ci à 1 h 26 et 21 secondes, de même magnitude.

Ces répliques ont fait des dizaines de blessés parmi des sans-abri qui, fuyant la pluie, sont allés se réfugier à l’intérieur de maisons endommagées.

Les tentes réclamées sans succès depuis plus d’un mois, par la population sinistrée de Port-au-Prince essentiellement, viennent témoigner une fois de plus de la défaillance, de la déconfiture de cet État. Cinq manifestations de sans-abri en l’espace d’un mois après le 12 janvier pour réclamer des tentes et de quoi manger. En guise de réponse, le gouvernement dit compter notamment sur le PAM (Programme alimentaire mondial) et l’USAID pour donner à manger aux sans-abri affamés et à l’OIM pour les tentes. Sur 200 000 tentes promises par l’OIM depuis plus d’un mois, le gouvernement se plaint de n’en avoir reçu que 23 000 environ. À qui et comment ces milliers de tentes reçues en cadeau ont-elles été distribuées ? La principale question qui se pose fréquemment dans les campements est la suivante : où sont passés les 90 millions de gourdes dont le gouvernement disposait pour le carnaval ? Il n’y a pas eu de carnaval. Pourquoi cet argent n’est-il pas utilisé pour fournir des tentes à la population sinistrée ? Les caisses publiques sont-elles vides ? Où sont passés les milliards de gourdes de taxes collectés par l’État haïtien ? Le gouvernement haïtien est incapable de nourrir et d’abriter provisoirement quelques centaines de milliers de sinistrés d’une catastrophe qui a fait plus de 300 000 morts. Que dire pour les 9 millions d’habitants du pays ?

En parlant de chiffres

Le bilan du tremblement de terre du 12 janvier en Haïti pourrait s’élever à 300 000 morts, a annoncé dimanche 21 février dernier le président haïtien René Préval, en déplacement à Playa del Carmen dans le cadre d’un sommet régional entre le Mexique et les pays caribéens.

« Le plus urgent aujourd’hui est de protéger le million et demi de personnes qui vivent dans la rue et qui affrontent les intempéries  », a poursuivi le président haïtien, qui souhaitait profiter de ce sommet au Mexique pour percevoir des fonds. Selon un rapport émanant de la Direction de la Protection civile, il y aurait plus de 300 000 maisons détruites ou fortement endommagées.

En fait de pertes en vies humaines, les chiffres avancés sont certainement en dessous de la réalité. Plus de 80 % des bâtiments abritant des écoles ou universités sont détruits ou fortement endommagés. L’effectif de la majorité des lycées (établissements secondaires publics) de Port-au-Prince va de 4 à 8 000 élèves répartis sur deux vacations (matin et soir). Le séisme s’est produit vers 4 h 53. Au lycée Daniel-Fignolé, par exemple, où la majorité des élèves du groupe soir étaient déjà renvoyés faute d’électricité, des experts ont dénombré 1 020 cadavres. Imaginez donc la situation dans les établissements scolaires qui fonctionnaient à plein rendement au moment du séisme.

La montagne de l’aide octroyée à Haïti accouche d’une souris dans les campements de fortune

Les Américains à eux seuls ont annoncé officiellement avoir dépensé environ 800 millions de dollars en Haïti en moins d’un mois après le séisme. Pour les grandes organisations internationales comme la Croix-Rouge, l’Unicef, l’OIM, l’USAID, etc., ce sont des sommes colossales qui leur ont été versées pour venir en aide aux familles sinistrées. L’ONU a déjà collecté environ 2 milliards de dollars pour la reconstruction d’Haïti. Jusqu’à maintenant, soit une quarantaine de jours après le séisme, plus de deux tiers des populations sinistrées n’ont pas de tentes. La majorité des campements se plaignent de n’avoir rien reçu sinon de l’eau pour certains et une ration alimentaire d’une journée pour d’autres. Depuis le début des opérations de secours au lendemain du séisme, 2 678 vols humanitaires ont atterri à Port-au-Prince, selon le rapport de situation du 15 au 21 février 2010 de la Direction de la Protection civile. On ne compte pas les bateaux. Le gouvernement français a effectué un nombre important de vols humanitaires comme celui du 1er février en provenance de Martinique, avec trois passagers sur une centaine de places et une douzaine de cartons de nourriture. Comme vous le constatez, l’aide afflue vers Haïti !

En témoignent aussi ces flottes de véhicules flambant neufs des ONG qui provoquent des embouteillages dans les rues de Port-au-Prince. Quand le malheur des uns fait le bonheur des autres.

Zone industrielle

Les entreprises de sous-traitance endommagées par le passage du séisme sont rares. C’est pourquoi moins de deux semaines après, les usines ont progressivement redémarré le travail en vue d’exécuter les commandes en souffrance. La reprise a été pénible. Les patrons, faisant semblant d’ignorer ce que les travailleurs venaient de vivre, les ont astreints à des cadences infernales pour compenser les nombreux ouvriers absents, parce que certains s’étaient rendus en province après le séisme et que d’autres étaient blessés ou morts.

Mais les patrons en profitent pour chercher à obtenir des millions sous prétexte qu’ils auraient enregistré beaucoup de pertes. Certains d’entre eux comme Apaid ont reçu de l’alimentaire pour les travailleurs, mais ces derniers n’ont rien reçu.

Une présence massive et inutile de militaires étrangers

Le gouvernement américain en a déployé 20 000 après le séisme. Les forces onusiennes étaient au nombre de 9 000 Les Français ne sont pas en reste. Tandis qu’on a surtout besoin de personnel médical, on assiste plutôt à une invasion de militaires étrangers.

La situation sanitaire

De nombreux cas de malaria et de typhoïde sont diagnostiqués dans les hôpitaux et centres de santé. Les épidémies s’annoncent, compte tenu des conditions dans lesquelles vivent les sinistrés des campements de fortune. »

Voilà le contexte dans lequel nos camarades de l’OTR Haïti ont recommencé à militer. Ils ont redémarré leurs activités en direction de la zone industrielle et de ses travailleurs, auxquelles est venue s’ajouter tout naturellement une activité supplémentaire en direction de ces véritables camps de réfugiés intérieurs que sont ces concentrations sur les places publiques de dizaines, de centaines et parfois de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants, vivant sous des abris improvisés.

Leur intervention vise à populariser, oralement et, quand l’opportunité leur en est donnée, par l’écrit, d’abord le constat que, pendant le tremblement de terre comme après, l’État et tous ses organismes ont complètement disparu et en tirant la conclusion non seulement que cet État ne servait à rien, si ce n’est à réprimer, mais aussi qu’il peut être remplacé par la population elle-même capable de s’organiser.

Leurs interventions partent du constat que les responsables officiels ont failli. Ils se sont révélés totalement incapables de faire face aux conséquences de la catastrophe. Ils étaient tout simplement absents. La population s’est retrouvée non seulement sans moyens, mais sans plan, sans la moindre indication de ce qu’il fallait faire, sans la moindre coordination.

D’où la conclusion tirée par nos camarades :

« Ceux qui ont été sauvés, l’ont été par la population elle-même, grâce à la solidarité. C’est cette solidarité qui fait notre force. Pour qu’elle soit opérante, il faut une coordination. Il faut élire nos propres responsables. Par ces temps de catastrophe, nous avons pu vérifier dans chaque courée, dans chaque regroupement de fortune, la valeur des hommes et des femmes. C’est parmi ceux que nous avons pu apprécier qu’il faut choisir nos responsables.

Il faut créer, partout où faire se peut, des « comités de survie », afin qu’ils prennent en charge le recensement des besoins et la répartition de tout ce qui est nécessaire à la survie : eau, médicaments, nourriture, couchage. Nous ne pouvons faire confiance qu’aux nôtres, à ceux d’entre nous que nous aurons élus et qui restent sous notre regard. Nous n’avons pas à accepter que des individus détournent à leur profit les vivres et se remplissent les poches alors que nous sommes sous la menace de la mort par soif ou faim.

Nous ne pouvons pas plus faire confiance à la police qu’aux troupes d’occupation de différentes obédiences. Nous devons assurer nous-mêmes notre propre sécurité. C’est à des hommes et des femmes issus de nos rangs, sous notre contrôle, d’assurer l’ordre et la sécurité de tous.

Nous avons constaté que nous ne pouvons compter sur personne. Mais en nous organisant, nous n’aurons besoin de personne. Nous organiser, élire nos propres responsables, nous faire entendre collectivement, voilà les tâches vitales de l’heure. C’est à notre portée et c’est indispensable.

Il faut réquisitionner tous les stocks de nourriture, ceux des dépôts appartenant à de gros importateurs, aux supermarchés ou aux particuliers aisés, ainsi que les stocks de moyens de couchage, de matériel de cuisine, d’outillage nécessaire au déblaiement. La propriété privée n’a pas lieu d’être dans une catastrophe collective et n’est pas opposable à la survie des êtres humains. Elle doit être suspendue, d’autant plus que nombre de riches particuliers se sont fait évacuer par les premiers avions d’évacuation, la vie sauve et les valises pleines. Le recensement de ces stocks doit se faire collectivement, réquisitionnés et le cas échéant partagés sous le contrôle de tous par des responsables choisis par la communauté concernée. Le pillage individuel ne peut et ne doit être empêché que par la discipline d’une collectivité qui est à même de déterminer les priorités et d’empêcher que la répartition soit celle de la loi de la jungle.

C’est de la même manière que les vivres arrivés dans le cadre de l’aide internationale doivent être répartis. L’encadrement de la distribution de vivres avec des troupes armées jusqu’aux dents est non seulement attentatoire à la dignité, mais n’empêche absolument pas l’anarchie, la loi du plus fort, car ces dispensateurs de vivres ne connaissent ni les besoins réels ni les priorités. C’est à chaque collectivité d’assurer sa propre discipline.

Les autorités, tant celles, nationales, qui réapparaissent maintenant qu’elles ont démontré qu’elles ne servent à rien, que les autorités internationales, en réalité américaines, qui exercent ouvertement le pouvoir, respecteront d’autant plus nos besoins et nos exigences que nous nous ferons entendre. Et nous faire entendre c’est avant tout montrer que nous sommes organisés et que les représentants que nous nous serons donnés bénéficient de l’appui massif de la population pauvre. »

L’avenir dira comment les victimes pauvres du tremblement de terre seront sensibles à ce langage. Mais il fallait que cette voix se fasse entendre.

27 février 2010