Site

Documents/Articles de "Lutte de Classe"/Autres DOM-TOM, Caraïbes et Amériques /LDC n° 106, nov. 1983 Grenade : Un avertissement à tous les peuples des Amériques

LDC n° 106, nov. 1983
Grenade : Un avertissement à tous les peuples des Amériques



Six mille soldats débarqués au moins, dix mille autres patrouillant dans des bateaux de guerre situés dans les eaux de Grenade, c’est ce qu’il a fallu aux USA pour envahir et s’emparer de cette petite île des Caraïbes. L’un des plus petits États du monde a ainsi été écrasé parle plus puissant de la planète. Et, bien que la résistance ait duré plus que ne l’auraient souhaité les envahisseurs, au bout d’une semaine ils ont obtenu contre Grenade et ses 110 000 habitants, une victoire qui ne pouvait évidemment faire le moindre doute.

Mais cette victoire, c’est tout autant sinon plus une victoire contre le peuple américain. C’est au peuple américain qu’au travers de l’expédition contre Grenade, on a voulu imposer l’idée que le recours à la guerre était éventuellement nécessaire. Car c’est lui, tellement sceptique et plein de réticences après l’aventure du Vietnam, qu’il s’agit de convaincre que les intérêts des USA dans le monde exigent d’être prêts à envoyer, n’importe où, des soldats américains.

Dans l’immédiat, l’expédition de Grenade aura tout de même coûté quelques dizaines de morts américains et encore plus de blessés. Sans doute bien moins que le tribut payé par la population de Grenade et par les ouvriers cubains qui travaillaient à l’aéroport mais, ni ces morts ni ces blessés n’auront soulevé une réprobation massive de l’opinion publique américaine. Pourtant, même si ce n’est pas aujourd’hui que la note est présentée à la population américaine, c’est à elle aussi que s’adressera la facture.

Des justifications guère crédibles

Grenade n’est qu’un point sur le planisphère, et la présence de l’impérialisme américain n’y semble pas vitale pour lui. Mais cela n’a pas empêché les dirigeants américains de présenter l’intervention militaire comme une action indispensable à la sécurité des USA.

Tout nous montre que les prétextes invoqués, présentant Grenade comme une base militaire russo-cubaine ne tenaient pas debout. La piste d’atterrissage, construite selon les ex-dirigeants de file à usage touristique, pour permettre aux gros avions à réaction, aux charters, de se poser à Grenade au lieu d’atterrir dans les îles avoisinantes, ne semblait pas spécialement destinée à un usage militaire : les réservoirs n’y étaient même pas enterrés, le radar pas protégé.

Ce n’était d’ailleurs ni les Cubains, ni les Russes qui en étaient les maîtres d’œuvre, mais c’est la société Plessey, un groupe nationalisé britannique qui était responsable de la construction. Les ouvriers qui y travaillaient étaient certes en grande partie des ressortissants cubains, mais ils étaient sous les ordres de dix-huit chefs de chantiers et ingénieurs britanniques. Les Cubains présents dans l’île étaient moins de huit cents, c’est-à-dire moins nombreux que les citoyens américains qui étaient, eux, plus d’un millier.

Quant au prétendu formidable arsenal qui devait faire de Grenade une base pour la subversion anti-américaine dans cette région du globe, après inventaire, selon le porte-parole de l’armée américaine lui-même, le bilan du matériel saisi se montait à 6 332 fusils, 111 mitrailleuses, 13 batteries anti-aériennes, 65 mortiers de 82mm et plus de 58 000 livres de dynamite... De quoi faire trembler les États-Unis de Boston à San Francisco, ou même tous les gouvernements de la Terre de Feu au Labrador. Nul doute que selon les termes du vice-président Bush, « l’île était un dépôt d’armes pour les communistes ».

Ainsi parler de Grenade comme d’une nouvelle base militaire russo-cubaine paraît pour le moins exagéré. Mais quand bien même les Russes et les Cubains en auraient caressé l’idée et les dirigeants grenadiens s’y seraient prêtés - ce qui. n’est nullement avéré - une telle base, dont l’intérêt stratégique aurait été plus que discutable pour les Russes comme pour les Cubains ne pouvait avoir rien d’inquiétant pour la sécurité des États-Unis. Quant à l’aide qu’elle aurait pu fournir aux guerilleros, il apparaît que ni ceux du Salvador, ni ceux du Guatemala, ni avant eux ceux du Nicaragua ou de la Bolivie, n’avaient pour se ravitailler en armes attendu la constitution d’un dépôt dans l’île.

Quant aux citoyens américains qu’il fallait protéger - en majorité des étudiants en médecine préparant à Grenade un diplôme valable aux États-Unis dans une université à moindre coût - le responsable de l’université lui-même deux jours avant l’invasion assurait que leur sécurité n’était nullement menacée. Il est possible qu’ils aient été saisis d’inquiétude au moment du coup d’État, et il est certain que ceux d’entre eux interviewés et dont les déclarations ont été diffusées, disaient leur soulagement d’avoir été « libérés » par l’armée américaine. Mais au travers même de leurs déclarations, il ressortait qu’ils avaient couru plus de risques du fait de l’intervention militaire, des mitraillages, des bombardements qui l’ont accompagnée, que des conséquences du coup d’État.

De toute évidence, la présence des étudiants américains comme celle des travailleurs cubains ou des experts russes n’ont été que les justifications pour l’intervention, mais la raison est ailleurs.

Pour faire un exemple’

Le coup d’État qui a précédé de quelques jours le débarquement américain, s’est traduit par l’élimination physique du leader le plus populaire, Bishop, créant ainsi une situation favorable pour l’intervention américaine. La population ne pouvait qu’être désorientée par l’assassinat de Bishop par l’armée, au lendemain même où elle lui avait montré sa confiance ou sa sympathie en le délivrant et en manifestant avec lui dans la rue massivement. Cette population en grande majorité était très méfiante vis-à-vis des nouvelles autorités, et la mobilisation populaire contre les troupes américaines était rendue d’autant plus difficile. D’autre part Reagan prenant le prétexte du coup d’État a pu ainsi se justifier vis-à-vis de l’opinion publique mondiale en prétendant intervenir pour rétablir la démocratie.

Bishop était au pouvoir depuis le printemps 1979. Il s’en était emparé à l’aide d’un commando d’une douzaine de compagnons, profitant de l’absence du chef de l’État en titre, Gairy. Ce dernier s’était transmué d’ancien syndicaliste en un dictateur corrompu et faisait régner son ordre à l’aide de sa police, « les Mangoustes » qui, à l’image des « Tontons Macoutes » de Duvalier en Haïti, lui permettait d’utiliser à sa guise les ressources du pays c’est-à-dire en grande partie à accroître sa richesse personnelle.

La venue au pouvoir de Bishop n’a pas été le résultat d’une mobilisation populaire, mais celle d’un coup de main. Elle fut cependant applaudie par la population de Grenade et Bishop est devenu très populaire. Ce n’est pas pour autant que le nouveau pouvoir ait été mis sous le contrôle des masses, ni que l’armée ait été dissoute. C’est d’ailleurs dans cette dernière que se sont recrutés les assassins de Bishop. L’essentiel de l’action de Bishop et de son équipe a consisté à essayer d’éliminer la corruption et à mettre l’accent sur la gratuité de l’éducation, l’alphabétisation de la population, la gratuité des soins et l’amélioration des services de santé. Et dans un premier temps au moins il avait réussi à mobiliser une fraction de la jeunesse pour la réalisation de ces tâches bénévoles. Tels étaient les traits essentiels de ce qui a été baptisé « la révolution » à Grenade.

Restait que Grenade prenait l’air, après Cuba et le Nicaragua, du troisième État « marxiste » dans la région. Bishop lui-même le présentait ainsi.

Pourtant Bishop cherchait un accommodement avec les États-Unis. L’été dernier encore, il avait fait antichambre à Washington pour n’être finalement reçu que par un conseiller de Reagan, et sans avoir réussi en rien à infléchir l’attitude des dirigeants américains.

L’impérialisme américain ne pouvait accepter qu’une dictature pourrie mais ayant son aval ait été éliminée sans son autorisation et qu’elle ait été remplacée par des dirigeants se disant amis de Castro, nouant des relations avec Cuba, de même qu’avec l’URSS, sans toutefois d’ailleurs quitter le Commonwealth.

Pour les dirigeants américains, traiter avec le nouveau régime de Grenade aurait pu être interprété comme l’acceptation, même contrainte, de voir se multiplier sur le continent américain, dans leur « arrière-cour », des régimes comme celui de Cuba ou du Nicaragua. Or s’ils ont été contraints de tolérer Cuba depuis 25 ans et le Nicaragua depuis quatre ans, ils ne tiennent pas à ce qu’on puisse croire ni que cela signifie qu’ils ont définitivement accepté cette situation de fait, ni qu’ils accepteraient que d’autres régimes semblables s’installent ailleurs dans l’Amérique latine.

A Cuba, ils avaient bien tenté une intervention militaire par exilés interposés, dans la Baie des Cochons, mais cela ne leur avait pas réussi. Au Nicaragua, ils organisent par l’intermédiaire de groupes oppositionnels des opérations militaires ponctuelles à caractère terroriste, en attendant peut-être de faire pire. Mais de fait, ils ont bien été obligés jusqu’à présent de tolérer l’un comme l’autre de ces régimes. Alors Grenade leur a fourni l’occasion de démontrer par une opération, moins coûteuse que s’il s’était agi de Cuba ou du Nicaragua, que les régimes qui veulent échapper à l’emprise américaine non seulement ne seront jamais pleinement acceptés, mais qu’ils restent sous la menace permanente d’une intervention armée américaine.

L’expédition contre Grenade, c’était un avertissement à Cuba et au Nicaragua, c’était un avertissement aux guerillas d’Amérique latine en action, ou à ceux qui rêvent d’y entrer, un avertissement destiné à décourager tous ceux qui, depuis d’autres îles des Caraïbes jusqu’à de vastes pays comme le Brésil, seraient tentés de se dresser contre l’impérialisme américain.

Il n’a pas fallu longtemps d’ailleurs pour que les USA récoltent ailleurs qu’à Grenade des fruits à leur expédition. A peine trois jours après, au Surinam (ex-Guyane hollandaise) où le chef de l’État, le général Bouterse, se déclarait pro-cubain et où depuis quelques mois une aide était fournie par La Havane, tous les diplomates, tous les conseillers et techniciens cubains étaient mis à la porte.

Le retour à la politique de la canonnière

Par la même occasion, l’expédition a fourni aux dirigeants américains le moyen de tester et de préparer leur opinion publique. Car les calculs qui ont motivé Reagan allaient sans doute bien au-delà des limites de Grenade et même peut-être de l’Amérique latine. II s’agissait de démontrer que les États-Unis étaient prêts à faire respecter leurs intérêts, par la force si besoin est, au monde entier et aussi au peuple américain lui-même. En faisant cette démonstration-là à Grenade, ils ont saisi et l’opportunité de le faire de façon peu coûteuse et l’occasion que leur offrait le coup d’État. Autant de circonstances favorables pour que l’opinion publique américaine puisse applaudir l’opération.

C’est bien un symbole que l’expédition de Grenade ait été montée par une flotte américaine qui se dirigeait vers les côtes libanaises. Ce n’est pas seulement une image. Le porte-avions qui - comble d’ironie - porte le nom d’Indépendance et qui a servi de base aux opérations dans les eaux de Grenade, a rejoint quelques jours après l’armada US dans les eaux libanaises. Et les premiers Marines qui ont débarqué à la Grenade sont maintenant au Liban.

Reagan avait bien obtenu l’autorisation d’envoyer un contingent de soldats américains pour participer à la force multinationale au Liban et le Congrès ne s’y était pas opposé. Mais lorsque l’attentat de Beyrouth s’est produit et que l’Amérique a réalisé que d’un coup 230 de ses boys venaient d’y laisser leur vie, une bonne partie de l’opinion publique américaine s’est dit que les États-Unis n’avaient rien à faire là-bas où son armée prenait des coups sans être en mesure d’en rendre. Les cuisants souvenirs de la guerre du Vietnam ne sont pas loin et il n’en faut pas tellement pour réveiller des sentiments mêlant l’isolationnisme au pacifisme. Ces sentiments n’ont rien à voir avec la prise en compte des intérêts des pays opprimés victimes de la politique de la canonnière américaine, mais ils sont basés sur le refus de la défaite, du prix à payer à des causes perdues. Et depuis le Vietnam, les dirigeants américains ont hésité à utiliser leur armée en l’engageant directement dans des conflits au point de paraître quelquefois paralysés.

Les États-Unis s’étaient contentés ces dernières années d’envoyer des « conseillers » dans les pays d’Amérique centrale. Et une simple photo publiée dans la presse américaine montrant l’un d’eux portant une arme aux côtés de soldats au Salvador, semblait provoquer un scandale aux États-Unis. On se souvient également que les USA avaient dû subir pendant des mois l’humiliant épisode de la prise d’otages de Téhéran, sans que les dirigeants américains soient en mesure d’envoyer une expédition militaire les délivrer. Même l’envoi d’un contingent « de paix » dans la Force Multinationale au Liban et son maintien semblaient faits avec réticence. Or la bourgeoisie américaine a besoin de pouvoir disposer de ses boys, de leur vie, pour défendre sa politique et ses capitaux.

Avec l’expédition de la Grenade, les dirigeants américains ont voulu montrer que l’époque où le monde a pu les croire embarrassés était finie, si elle a jamais existé. Ils ont réaffirmé que la politique fondamentale de l’impérialisme, c’est bien celle de la canonnière et que nul revers, au Vietnam ou ailleurs, ne pourra les dissuader longtemps d’y recourir. Et cette démonstration, c’est non seulement à l’usage des pays du continent américain qu’ils ont voulu la faire, non seulement à tous les pays de la planète, mais aussi àl’usage de leur propre opinion publique.

Tout laisse croire aujourd’hui que le calcul des dirigeants américains a porté ses fruits. Au lendemain du discours de Reagan, un sondage réalisé par la chaîne de télévision CBS et le journal New York Times indiquait que 65 % des personnes interrogées approuvaient le président, que 85 % pensaient que Grenade allait effectivement devenir une base militaire cubaine et 65 % que les ressortissants américains étaient en danger.

Reagan n’a pas eu à affronter de véritable opposition politique sur ce terrain. Après un temps d’expectative il y a bien eu quelques déclarations indignées de membres du Congrès, mais les protestations se sont faites plus sur la forme que sur le fond, du point de vue de la légalité parlementaire. La commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants a adopté par 32 voix contre 2 une résolution limitant à... deux mois la présence des troupes à la Grenade, et a rappelé que le président devait en principe demander l’approbation du Congrès pour faire intervenir l’armée à l’étranger au-delà de deux mois.

Mais même les dirigeants politiques qui avaient émis des critiques, ne serait-ce que pour des raisons de concurrence électorale comme ceux du Parti Démocrate, se sont ensuite rétractés. C’est le cas de O’Neil, speaker démocrate de la Chambre des représentants qui, quelques jours après avoir déclaré « mauvaise » la politique du président américain, a estimé « qu’il était justifié d’envoyer au combat les forces américaines ». M. Barnes, le représentant démocrate du Maryland, faisait lui aussi son autocritique en déclarant « je suis arrivé à contrecœur à la conclusion que le président était justifié pour son action ». Et le journal Washington Post, connu pour son opposition à Reagan, lui rendait aussi hommage en lui donnant après coup raison pour son intervention. .

Les sondages qui donnaient Reagan battu six semaines auparavant, le montrent devançant ses concurrents. Et si on veut bien croire ces mêmes sondages, 63 % des Américains approuvent maintenant la manière dont Reagan remplit ses fonctions de président.

La préparation du peuple américain à la guerre

Accessoirement donc, l’invasion de Grenade pourrait permettre la réélection de Reagan. Mais l’enjeu est bien au-delà d’un problème de personne, fût-ce à la tête du plus puissant des États du monde. Moins d’une semaine après le début de l’invasion de la Grenade, au lendemain de l’attentat qui fit 60 morts au siège des forces armées israéliennes à Tyr au Sud-Liban, le gouvernement américain annonçait à grands sons de trompe qu’il envoyait une armada qui porterait les forces américaines patrouillant dans les eaux du Liban à 30 navires dont des porte-avions, 300 avions de combat, des milliers de Marines. Cette fois-ci nulle protestation, même de forme, ne s’est fait entendre de façon notable.

Ainsi donc l’emploi de la force armée pour des aventures extérieures vient de se faire à nouveau sans qu’elle se heurte à l’opinion publique américaine. Et l’intervention à Grenade a aidé les dirigeants de l’État américain à le faire admettre au peuple américain. C’est pour cela que des événements comme ceux de la Grenade ne sont pas seulement une ignominie contre un petit peuple. Ils sont des étapes dans la préparation de l’opinion publique des pays impérialistes à un engrenage guerrier. Et c’est là où tout se tient.

Grenade facilite l’intervention plus massive au Liban, comme l’affaire de l’avion sud-coréen abattu dans les eaux soviétiques facilite une intervention contre la « base russo-cubaine » de Grenade. On voit une volonté de la part des dirigeants américains de se saisir de toutes les opportunités pour la préparation de leur opinion publique à un engagement militaire croissant.

Reagan, dans son discours télévisé, prononcé deux jours après le début de l’opération, s’est exprimé de façon nette : « Les événements de la Grenade et du Liban sont, malgré les océans, étroitement liés. Moscou a non seulement aidé et encouragé la violence dans les deux pays, mais leur apporte aussi un soutien direct à travers un réseau d’agents et de terroristes ».

Ainsi partout l’ennemi c’est Moscou, et les coups qu’on prend des uns mais qu’on rend aux autres font partie d’une même guerre. Le discours de Reagan a été selon un titre du Monde du 29 octobre, celui d’un « chef d’État en guerre pour la défense du « monde libre » ». Car en effet en vertu de tels raisonnements, puisque c’est Moscou qui est responsable des coups pris par les Américains tant en Amérique centrale qu’au Moyen Orient, c’est Moscou qu’un jour ou l’autre il faudra abattre. Ainsi on prépare l’opinion américaine à l’idée que si les révoltes des peuples aux quatre coins du monde sont nombreuses, si les États-Unis doivent intervenir massivement, alors c’est à l’URSS qu’il devront peut-être s’en prendre directement.

Les guerres ne sont possibles qu’à condition qu’on puisse mobiliser les peuples pour les faire. Soit qu’ils y partent « la fleur au fusil » comme en 14, soit, comme en 39, qu’on les brise comme en Allemagne ou qu’on les démoralise comme en France, avant de les envoyer entre-tuer sur les champs de bataille. C’est l’acceptation de l’engagement armé des États-Unis par le peuple américain qui était en question dans l’expédition de la Grenade. C’est pourquoi la victoire de Reagan dans cette île des Caraïbes, c’est aussi et surtout une victoire sur le peuple américain amené à accepter de nouvelles expéditions coloniales aujourd’hui, premiers pas vers de nouvelles aventures militaires encore plus importantes demain et même peut-être vers une guerre mondiale après-demain.