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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1104 du 11 janvier 2014/Quatrième page

Quatrième page

Il y a 90 ans mourait Lénine

Lénine (Vladimir Ilitch Oulianov) est mort le 21 janvier 1924 à l'âge de 54 ans. Il fut le principal  théoricien et dirigeant de la révolution russe d'octobre 1917, le fondateur du parti bolchévik. Il fut l'un des deux principaux fondateurs du premier État ouvrier révolutionnaire, avec Léon Trotsky. Aujourd'hui, Lénine est présenté comme un dictateur sanguinaire, au même titre qu'une série d'autres par la propagande bourgeoise et l'histoire officielle. Il est aussi présenté comme l'instigateur du système et des actes de barbarie du régime stalinien qui s’est imposé en URSS après sa mort. Rien n'est plus faux. C'est ce que l'article qui suit essaiera de démontrer.
Parmi les plus fidèles portraits de Lénine, citons d'abord un extrait de Léon Trotsky :
« ... dans son apparence extérieure, Lénine se distinguait par la simplicité et la force: taille un peu inférieure à la moyenne, visage aux traits du type populaire slave, éclairé d'yeux perçants, large front et tête puissante lui donnaient une allure remarquable, infatigable au travail à un degré inconcevable, il mettait la même conscience exemplaire à faire une conférence dans un petit cercle ouvrier de Zurich qu'à organiser le premier État socialiste du monde. Il appréciait et aimait par dessus tout la science, l'art et la culture, sans jamais oublier que ces biens ne sont encore que la propriété d'une infime minorité. Sa façon de vivre au Kremlin différait peu de celle d'un proscrit. La simplicité de ces habitudes provenait de ce que le travail intellectuel et la lutte, non seulement absorbaient tout son intérêt et ses passions, mais lui procuraient les joies les plus intenses. Toutes ses pensées étaient tendues vers l'œuvre de l'émancipation des travailleurs. »
 
VERS LA RÉVOLUTION
C’est bien cette énergie, cette intelligence puissante entièrement consacrées et tendues vers la transformation de la société qui caractérisent la vie et l’œuvre de Lénine.
Sa jeunesse fut marquée par l’exécution de son frère aîné, membre d'une organisation populiste et terroriste, pendu pour avoir participé à un complot visant à assassiner le Tzar Alexandre III. Lénine, étudiant brillant, fut gagné aux idées marxistes. Il devint avocat mais fut rapidement emprisonné puis exilé à cause de son activité révolutionnaire. De l’étranger, il fit publier et diffuser un journal clandestin, l’Iskra (l'Etincelle) et entreprit  la formation  d'un parti  ouvrier révolutionnaire communiste : le  Parti Bolchevik.
En 1905, l’absolutisme du pouvoir tzariste, les sacrifices imposés à la population liés à la guerre russo-japonaise, la misère paysanne et ouvrière poussèrent les masses dans la rue. Lénine poursuivit son objectif de préparer une insurrection armée des ouvriers et des paysans. Cette première révolution russe fut défaite mais marquée par une avancée importante : la création de Soviets (les conseils ouvriers ou comités d’ouvriers et de paysans) qui étaient l’embryon d’un organe de pouvoir.
La contre révolution contraignit Lénine à nouveau à l’exil. Il continua à mener une lutte idéologique par ses écrits et de l’étranger fit paraitre le journal "la Pravda", destiné aux travailleurs.
Lors du déclenchement de la première guerre mondiale, en 1914, Lénine dénonça le caractère impérialiste de la guerre. Le patriotisme promu par la bourgeoisie des pays belligérants était une façon de tromper les travailleurs et de les amener à mourir pour les intérêts qui n’étaient pas les leurs. Lénine combattit également le pacifisme : la guerre était une occasion pour les travailleurs de se débarrasser de leurs propres exploiteurs en déclarant une guerre révolutionnaire à leur bourgeoisie nationale et de conquérir le pouvoir politique. La lutte devait être menée à l’échelle internationale. Loin de se limiter à son propre pays, Lénine étudiait et conseillait le mouvement ouvrier international et parlait d’ailleurs plusieurs langues. Il s’opposait à une application mécanique des méthodes de lutte d’un pays à l’autre, étudiait chaque cas dans ses formes nationales concrètes. Il fut l’instigateur de la troisième internationale ouvrière, dont le mot d’ordre fut «guerre à la guerre».
 
LE POUVOIR OUVRIER
Quand éclata la révolution en Russie, début 1917, Lénine était toujours en exil. Le Tzar fut mis à l’écart et un gouvernement provisoire dirigé par la bourgeoisie mis en place. Lénine parvint à revenir en avril 1917 et dès sa descente du train à Saint Petersburg (Petrograd), il prononça un discours dans lequel il appelait le prolétariat à s’armer et à mobiliser les paysans en vue de la prise du pouvoir: "les thèses d'avril".
C’est en octobre 1917 que les travailleurs, soutenus par l’armée gagnée au programme des révolutionnaires, prirent le pouvoir en Russie et l’exercèrent à travers les Soviets (conseils ouvriers). Lénine fut élu à la tête du conseil des commissaires du peuple, organe dirigeant du nouveau pouvoir. Les premières mesures de l’État ouvrier furent de déposséder les grands propriétaires fonciers et de  rendre la terre aux paysans. Lénine proposa un décret sur la paix : il fallait arrêter la guerre impérialiste, même en sacrifiant aux conditions imposées par l’Allemagne.  Les trois mots d'ordre des bolchéviks pour gagner les masses avaient été : la paix, le pain, la terre ! Il  fallait donc les appliquer au plus vite.
Mais dès la fin de l’été 1918, une nouvelle épreuve se dressa devant le premier État ouvrier du monde : l’agression de la contre-révolution, alimentée par le capitalisme européen. La guerre dura jusqu’au début 1921 et au prix d’énormes sacrifices, les troupes révolutionnaires remportèrent la victoire. Le Commissaire à la guerre, organisateur de la lutte, fondateur de l'armée rouge, était Trotsky. De Lénine, il écrit ceci : «Lénine ne cessa pas un instant de diriger le parti et le gouvernement. Il menait de front, la propagande, l'agitation dans les masses, l'organisation des convois de blé, observait les mouvements de l'ennemi, se tenait en communication directe avec l'armée rouge. Il suivait la situation internationale, les dissensions entre impérialistes lui suggérant la conduite à suivre. Il trouvait le temps pour des entrevues avec les militants étrangers et avec les ingénieurs et économistes soviétiques.»
Toute l’énergie et les ressources du pays encore arriéré avaient été investies dans l’effort de conserver le pouvoir ouvrier. Les jeunes travailleurs révolutionnaires les plus conscients étaient morts par milliers à la tête des combats. Le pays se retrouvait donc dans un état lamentable et contraint de trouver seul l’énergie de se redresser. Les révolutions dans les pays industrialisés et riches de l’Europe, que Lénine considérait comme une condition fondamentale de la construction du socialisme, avaient bien éclaté mais furent défaites. Lénine, contrairement à Staline plus tard, n’envisageait nullement que le socialisme puisse se réaliser dans un seul pays. Il ne pouvait exister que comme un système mondial, et exigeait donc que les travailleurs des pays impérialistes prennent à leur tour le pouvoir.  Les peuples colonisés, y compris ceux qui faisaient partie de l’empire Tzariste, devaient disposer du libre droit à disposer d’eux-mêmes, en conquérant leur indépendance, vis-à-vis du pays colonisateur comme de leur propre bourgeoisie. Le prolétariat des pays colonisateurs occidentaux devait lutter aux côtés des nationalités opprimées contre l’impérialisme.
La dictature du prolétariat, préconisée par Marx comme par Lénine comme le premier système de pouvoir ouvrier, était conçue comme le plus haut degré de démocratie pour les travailleurs. Elle était rendue nécessaire par les tentatives de la minorité bourgeoise de récupérer le pouvoir et constituait une étape nécessaire avant l’abolition définitive des classes sociales, dans une société communiste. Ce n'était pas "la dictature" point. Mais la dictature de la majorité de la population sur la minorité exploiteuse en attendant l'avènement d'une société sans classe, sans "majorité" et "minorité", la société communiste à l'échelle mondiale.
 
APRÈ LA MORT DE LÉNINE
Victime d’une attaque cérébrale, Lénine mourut le 21 janvier 1924. Staline et la bureaucratie s’imposèrent alors au pouvoir, mettant à profit le recul de la révolution consécutif à la guerre civile et à l’isolement de l’URSS. Le régime dictatorial qu’il développa, tout en conservant l’étiquette communiste et en utilisant comme paravent la dépouille de Lénine embaumé, n’avait plus rien à voir avec le projet des révolutionnaires marxistes et bolchéviks. Trotsky fut contraint à l’exil puis finalement assassiné en 1940. Les membres du parti bolchévik restés fidèles aux idées de Lénine furent assassinés ou envoyés dans les camps de Sibérie. La répression, les «purges» staliniennes, firent des millions de morts. Dans le monde, dans les pays colonisés, les petites bourgeoisies qui parvinrent à prendre le pouvoir en s’appuyant sur les luttes des masses, attribuèrent dans certains cas à leur régime l’étiquette de «communiste». C’était une façon de résister à l’impérialisme en tissant des liens plus ou moins étroits avec l’URSS. Mais le contenu de ces régimes n’avait rien de communiste : il s’agissait le plus souvent de sinistres dictatures maintenant la population pauvre dans la soumission par la force au profit d’une classe dirigeante qui s’accrochait et s’accroche encore au pouvoir.
 
L’AVENIR COMMUNISTE
Les idées communistes n’ont cependant pas disparu avec Lénine et Trotsky. Il reste leurs écrits et leurs analyses, des centaines de volumes, qu’ils ont trouvé le temps et l’énergie d’écrire tout en luttant sur le terrain pour conquérir et préserver le pouvoir ouvrier. Il reste aussi dans le monde des groupes comme le nôtre, Combat Ouvrier, Lutte Ouvrière en France, membres avec d'autres petits groupes dans le monde de l'UCI (Union communiste internationaliste). Mais si petits soient-ils encore, ils n’ont pas baissé les bras. Comme Marx, Lénine, Trotsky, nous sommes convaincus qu’une autre société que la pourriture capitaliste est possible, que la société communiste, au sens où ils l’entendaient, est l’avenir de l’humanité. La voie pour y parvenir, ces combattants l’ont indiquée. Ce sont les travailleurs, les jeunes, la population opprimée qui ont le pouvoir de la réaliser à l'issue de la révolution prolétarienne et de la construction de partis ouvriers révolutionnaires.
 
                                                                                               

Guadeloupe : Soutenons les militants de la CGTG et de l'UGTG en butte à la répression judiciaire

Parce qu’ils ont osé écrire que la fortune des békés Despointes vient de la traite négrière, de l’économie de plantation et de l’esclavage salarié, deux travailleurs CGTG de Milénis  ainsi que la confédération CGTG sont attaqués en justice par ces mêmes Despointes.
Trois militants de l’UGTG sont également poursuivis en justice pour «violence en réunion», parce qu'ils ont, en 2006, manifesté leur opposition à des décisions prises par des responsables des ressources humaines du CHU.
Combat Ouvriera  donc appelé tous ses militants, ses sympathisants à participer activement  aux rassemblements de soutien à la CGTG le vendredi 10 janvier 2014 à 14h et à l’UGTG le jeudi 16 janvier à 8h devant le tribunal de Pointe-à-Pitre.
Nous avons aussi appelé à participer aux meetings de soutien le jeudi 9 janvier à 18h30 et le mercredi 15 janvier à 18h30 devant la maison de la Mutualité de Pointe-à-Pitre
 

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