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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1104 du 11 janvier 2014/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe : Hausse des prix des carburants

ZoomDepuis le premier janvier 2014 le prix des carburants a augmenté. En effet, nous payons, pour ce qui est de la Guadeloupe, le super sans plomb et le gazole 2 centimes d’euro plus cher qu’au mois de décembre 2013. Le prix du gaz butane en revanche a baissé de 38 centimes d’euro.
Ainsi, le litre de sans plomb passe à 1,50 €  et le litre de gazole à 1,38 €. La bouteille de gaz  de 12,5 kg baisse donc et passe à 21,23 € au lieu de 21,61€. Mais cette baisse ne compensera pas les augmentations de l'essence qui en ce début d'année viennent s'ajouter à toutes les autres : augmentation de la TVA, augmentation de l'eau, des loyers, des impôts. Il est grand temps de se battre pour une véritable échelle mobile des salaires : augmentation des salaires et leur indexation sur le coût réel de la vie !
 


Martinique : Opération TCSP sur le dos de qui?

Suite à l’expropriation dont la société TOTAL Caraïbes a fait l’objet pour le passage du TCSP (Transport en commun en site propre - le futur tramway), les employés de la station TOTAL Lareinty ont été licenciés soi-disant pour «motif économique». Dès le lancement de cette procédure et la notification des licenciements, des salariés concernés, soutenus par des responsables de la CGTM-Produits Pétroliers, ont  voulu obtenir des explications auprès des différents responsables des opérations : le directeur de Total, le président du Conseil Régional, et le maire du Lamentin.
La Région et le TCSP ont tenté de se dédouaner le 18 novembre 2013 lors d’une rencontre au Conseil Régional, en faisant savoir que la compagnie TOTAL serait dédommagée (entre 1,3 et 2 millions d’euros) et qu’elle s’engageait à reclasser les salariés qui perdaient leur emploi.
Du côté de TOTAL, autre son de cloche : ce serait au gérant de la société exploitant la station qui sera détruite de trouver un autre emploi aux 8 salariés. TOTAL Caraïbes encaissera donc l’argent mais s’exonère de son engagement et de son obligation de maintenir les emplois. D’ailleurs, lors d’une rencontre avec les syndicats, au siège de la société TOTAL le lundi 30 décembre 2013, le directeur a démenti toute obligation de sa part d’avoir à reclasser des employés qu’il n’a pas recrutés ! Et de préciser que ceux de la Région qui sont à l’origine de cette expropriation, réalisée depuis 2011, ont fait remarquer qu’il ne s’agissait… que de 8 salariés qui ont entre 33 et 3 ans de présence dans cette station. Pour eux, en fait un nombre infime rapporté au nombre de chômeurs en Martinique ! Sauf que rapporter ce chiffre à l’échelle de la France, c’est comme si une société française jetait à la rue …1350 employés !
Les expropriations rendues nécessaires pour le passage du  tramway dans le quartier Sainte-Thérèse à Fort-de-France et pilotées par la Région, ont également été à l’origine d’un certain nombre de contestations, notamment sur le montant des indemnisations proposées, surtout lorsque cette expropriation s’accompagne du licenciement d’un personnel ancien. C’est le cas d’un salarié exerçant depuis 28 ans dans une entreprise spécialisée dans la vente de peinture.
Avec les dirigeants, des négociations sont menées dans le plus grand secret, pour préserver leurs intérêts. Mais aux travailleurs et à la population, on prêche la patience et la résignation.

Martinique : R. Occolier sous le doigt de Dieu ?

Dans la série des annonces concernant les élections municipales, on a appris que Raymond Occolier ne serait plus candidat !
Le maire PS du Vauclin, R. Occolier aurait reçu non pas un, mais cinq signes de Dieu lui annonçant – l'annonce faite à Raymond ? - que son temps politique était révolu et que son temps pastoral était venu. Tous ces signes, reçus par des femmes, dont une de Marie-Galante, c'est dire la portée planétaire de l'intention divine, lui ont été transmis par téléphone. Sans doute aurait-il pu envisager l'hypothèse d'un canular s'il n'avait demandé lui-même confirmation de l'appel, lors de dévotions et prières matinales.
Toujours est-il que, élu de Dieu, R. Occolier n'a plus que faire d'être l'élu des hommes. Il va faire la charité au nom du Père au lieu de pratiquer le paternalisme municipal. Au fond, ce ne sera pas un si grand changement dans son activité terrestre. Quant à son activité mentale, visiblement en grand mouvement, charitables nous aussi, nous ne nous prononcerons pas à ce sujet.

Prix des carburants : Ils nous mentent sur internet

En Martinique, depuis quelques temps, il est difficile de surfer sur internet sans voir son écran d'ordinateur pollué par des annonces de "Carburan.dom". Ce site, qui prétend s'exprimer au nom de «l'ensemble de la filière carburant», a donc déboursé de quoi réserver des espaces publicitaires pour y batailler contre le «décret Lurel».
On peut y lire notamment le communiqué du 10 décembre 2013 où ces gens prétendaient s'exprimer y compris au nom des salariés du secteur : «En effet, c’est bien l’ensemble des raffineurs, importateurs, distributeurs, stockistes, gérants de stations-service, transporteurs, sous-traitants, fournisseurs et plus généralement l’ensemble des salariés du secteur qui sont inquiets et se sentent menacés... ».
Quand on sait que la chambre syndicale des gérants a bataillé et résiste encore pour ne pas payer aux pompistes des arriérés de salaires dus depuis 2009, quand on a vu comment les compagnies pétrolières ont tiré les ficelles des gérants de stations-service au cours de la toute récente grève, on sait bien que «carburant.dom» n'exprime que les positions des «nantis».
Et que, sur internet ou pas, ils ne distillent que des mensonges.

Stations service : Après trois jours de fermeture…

Du 27 au 30 décembre 2013, la très grande majorité des stations-service de Martinique, Guadeloupe et Guyane étaient fermées. Compte tenu du fait que la plupart de ces stations appartiennent aux compagnies pétrolières, on comprend mieux le «succès» de cette opération. Elle était en fait téléguidée par les compagnies elles-mêmes qui agissaient en coulisse en s’exprimant le moins possible. Leurs bureaux n’étaient d’ailleurs pas fermés alors que certains gérants de stations-service avaient carrément renvoyé leur personnel ou leur avaient demandé de ne pas venir au travail.
Une réunion s’est tenue le 18 décembre 2013 dans les bureaux du ministre des Outre-mer  V.Lurel, entre ce dernier et des représentants des compagnies et des gérants.
Ce mouvement a été lancé suite à l’échec de leur opération conjointe pour obtenir le retrait du décret Lurel. Ce décret entraînerait, selon eux,
la disparition des gérants de stations-service, mais également celle des employés. Les compagnies TOTAL et RUBIS ont même adressé une lettre-circulaire à tous leurs exploitants locataires-gérants de stations-service, leur annonçant des modifications du bail en cas de publication du décret. Peine perdue, aurait-on pu dire, puisque trois décrets ont été publiés au Journal officiel le mardi 31 décembre 2013, V. Lurel proposant un nouveau rendez-vous à ce petit monde le 9 janvier 2014 à Paris.
Comme on pouvait s’y attendre, l'opération a désorganisé le fonctionnement normal : ambulances, taxis, transports publics, etc.
La «grève» des stations-service a montré ainsi que pour ces petits patrons et leurs donneurs d'ordre,  la défense de leurs profits, de leurs rentes est leur seule priorité. Ils n’ont pas hésité à recourir au blocage pour imposer leurs vues.
Qu'ils ne viennent pas, demain, donner des leçons aux salariés qui défendent leur emploi ou leur salaire !

Petites Antilles orientales : catastrophe naturelle sur fond de crise économique

Les 24-25 décembre 2013 : une dépression, avec orages et pluies torrentielles a semé la désolation dans les trois iles sœurs des Petites Antilles de l’Est, la Dominique, Ste Lucie et surtout St Vincent-les Grenadines. Une vingtaine de morts, des glissements de terrain, des routes détruites, des habitations envahies par la boue, tout cela en pleine fête de fin d’année. Une catastrophe comparable à celle des pires cyclones : des milliers de personnes privées de courant, de téléphone, d’eau, fermeture d’aéroports pendant des heures, agriculture ravagée. Des familles ont tout perdu.
Cette catastrophe naturelle est aggravée par la situation économique très dégradée de ces îles. Il faut dire que, depuis la crise économique et financière mondiale de 2008–09 certains pays de la Caraïbe sont au bord de l'effondrement économique. Les îles touchées par le mauvais temps cette année font partie de l’Union monétaire des Caraïbes orientales (ECCU), l’une des quatre du monde. Dans cette Union, la dette publique des différentes îles a explosé. Pour donner une idée, Saint-Kitts-et-Nevis est le pays le plus endetté de cette l’Union monétaire et l’un des plus endettés au monde. Sa dette publique atteint 160 % de son PIB (produit intérieur brut). Ce pourcentage est comparable à celui de la Grèce dans l’Union européenne. La situation monétaire de la Dominique, Ste Lucie et St Vincent-les Grenadines n’est guère meilleure. De ce fait, sous les consignes du FMI, le fonds monétaire international, leurs gouvernements ont pris des mesures. Celles-ci allègent peut être le problème de la dette mais sont en fait des mesures accablantes pour la population : suppressions d'emplois publics, coupes sombres dans les aides sociales, hausse des taxes. Résultat : hausse des prix, inflation, fermetures d’entreprises, chômage, misère.
Dans un tel contexte une tempête, un cyclone, des inondations sont une catastrophe effroyable. A la Dominique, le Premier ministre Skerrit évalue les pertes à 45millions de EC $ (dollar Est caribéen), soit 12 millions d’Euros. Le Premier ministre de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Ralph Gonsalves dit que ces iles auraient besoin "de centaines de millions de dollars" pour la reconstruction. Le Premier ministre Anthony a décrit la situation à Sainte-Lucie comme une «crise humanitaire» et estime le coût de la reconstruction à des "dizaines de millions". Toutes ces sommes risquent fort de ne pas être atteintes et les populations sinistrées devront se battre pour ne pas rester dans la situation de total dénuement qu’elles connaissent aujourd’hui.

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