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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1105 du 25 janvier 2014/Deuxième page

Deuxième page

Barbade : 3 000 fonctionnaires menacés de licenciement

Zoom Depuis plusieurs mois le gouvernement de Stuart Freundlel a inscrit sur son agenda le licenciement de 3 000 salariés du secteur public. C'est la plus frappante d'une série de mesures destinées paraît-il à aller vers une réduction des déficits du budget de l'État. Le Premier ministre n'hésite pas à manier la démagogie contre les fonctionnaires. Il a par exemple déclaré mi-décembre que «Le gouvernement a tenu la main des travailleurs toutes ces six dernières années, mais ne peut pas continuer à le faire à un moment où, pour chaque dollar rentré, plus de 50 cents sont dépensés pour les salaires dans le service public. 10,3 % du PIB (Produit Intérieur Brut) ainsi dépensé, le plus haut taux dans la Caraïbe, c'est tout simplement pas tenable.»
La date du 15 janvier avait été fixée pour le début des licenciements, mais le gouvernement a pour l'instant différé celui-ci : «Cette date doit être reportée car elle représente un vrai défi au ministère des Services Publics, pour simplement établir la liste de ceux qui seront touchés.»
Il semble que le gouvernement a été refroidi dans ses ardeurs par la perspective de remous dans le pays. Il a annoncé que si deux fonctionnaires figuraient dans le même foyer, un seul pourrait être mis à la porte. Des discussions ont été ouvertes avec le NUPW (syndicat des travailleurs du public), où le gouvernement serait prêt à envisager que des coupes sombres sur les salaires puissent, dans une certaine mesure, lui faire accepter une réduction du nombre de licenciements : «Je ne dis pas du tout que c'est une option que je souhaitais ouvrir. Cependant, c'est une option que les syndicats peuvent mettre sur la table des négociations pour pouvoir, même partiellement, se sortir de l'impasse
La direction syndicale est prête à participer à ces simulacres de négociations. Elle a déjà fait savoir qu'elle ne souhaitait pas le moindre mouvement de rue.
En tout cas, une telle attitude provocatrice du Premier ministre ne mérite qu'une seule réponse de la part des travailleurs : la lutte, pied à pied, pour défendre leur droit à un travail et un salaire. 
 

Guadeloupe : Les récents procès contre des militants syndicaux !

Le 10 et le 16 janvier, des militants de la CGTG et de l’UGTG étaient convoqués au tribunal de Pointe-à-Pitre. Des centaines de manifestants sont venus protester contre ces procès qui visent à réprimer les syndicats. 
Le 10 janvier, Jean et Martin Huyghues-Despointes, patrons du groupe Safo qui regroupe le centre commercial Milénis et les magasins Carrefour, Carrefour Market, Carrefour Express, 8 à huit, Proxi, Promocash, attaquaient au tribunal civil deux militants de la CGTG ainsi que le syndicat lui-même. Les patrons békés leur reprochent d'avoir écrit la vérité dans un tract : "la famille Despointes a bâti toute sa fortune sur la traite négrière, l'économie de plantation et l'esclavage salarié." Kon si apa sa i fet ! Lors de la première audience du 5 décembre, le juge avait décidé de faire un procès à huis-clos. Sous la pression de la mobilisation, il avait cédé et accepté que l’audience du 10 janvier soit publique. Durant ce procès, une partie des manifestants a occupé toutes les places de la salle d’audience et l’autre partie animait la mobilisation au son du gwoka sur la place du tribunal. À plusieurs reprises, dans la salle, l’auditoire a hué l’avocat des Despointes qui essayait de nier l’histoire. Il s’est même permis de dire que les historiens n'ont pas prouvé que les békés ont fait fortune grâce à l'esclavage. Quelle honte ! Les Despointes, dont la fortune est estimée à 130 millions d’euros, réclament chacun 50 000 euros pour le prétendu «préjudice moral» qu’ils ont subi. Le jugement sera rendu le 6 mars 2014.   
Le 16 janvier, c’est Béatrice Kowalski, l’ancienne directrice des ressources humaines du CHU, qui attaquait au tribunal 3 militants de l’UTS-UGTG pour des soi-disant violences qu’elle dit avoir subies dans le cadre d’une grève, en juin 2006. Le «réveil» du procureur huit ans après les faits montre que ce procès semble truqué d’avance dans le but de museler ces militants syndicaux. Le procès a été renvoyé au 11 septembre 2014. En réalité, ces procès en série n’ont qu’un seul objectif : essayer d’intimider ceux qui protestent contre la vague actuelle de licenciements. Jean et Martin Huyghues-Despointes ont attaqué la CGTG et deux de ses militants, parce qu’ils avaient mené une mobilisation contre le licenciement abusif d’une vingtaine de salariés de Milénis. C’est la même chose au CHU, où le gouvernement aurait décidé de licencier au moins 400 personnes. Les autorités essayent d'intimider 3 militants de l’UGTG pour décourager les travailleurs de l'hôpital de contester ces licenciements.

Guadeloupe-Martinique : Éducation : les élèves en difficulté sont sacrifiés

L’année prochaine, trente postes de professeurs seront supprimés dans les collèges et les lycées de Guadeloupe. En Martinique, ce sont soixante postes qui doivent disparaître. Comme l’année passée, nos deux académies sont donc sacrifiées, alors que dans la plupart des Régions le ministère crée des postes. On peut déjà prévoir que les conséquences seront désastreuses, surtout pour les enfants qui rencontrent déjà des difficultés scolaires.
 Les conditions sociales et économiques justifieraient déjà le classement de toute la Guadeloupe et de toute la Martinique en «zone d’éducation prioritaire». Le ministère s’y refuse, car cela lui coûterait plus cher. Ainsi, l’encadrement des élèves des collèges de Guadeloupe est le même que celui des élèves des beaux quartiers de Paris, alors que leurs chances de réussir sont loin d’être les mêmes. Le ministère a quand même dû classer certains établissements dans le dispositif d’éducation prioritaire : en Guadeloupe, il y a 89 écoles et 12 collèges officiellement «prioritaires». Mais dans la réalité, ils ne le sont pas vraiment. Une récente étude du ministère montre que ces établissements ne reçoivent déjà pas les moyens suffisants pour fonctionner correctement. En collège «prioritaire», par exemple, le nombre d’élèves par classe est plus élevé que dans les autres collèges. Les sommes dépensées pour chaque élève du dispositif sont dérisoires, six fois moins que ce qui est dépensé en moyenne nationale !
 Et en Guadeloupe, les restrictions annoncées pour la rentrée prochaine vont encore accentuer les difficultés dans les établissements dits «prioritaires». Par exemple, le collège du Bourg des Abymes va perdre 37 heures d’enseignement, ce qui représente plus de deux postes d’enseignants. 
Mi-janvier, le ministre Peillon continuait d’affirmer que sa priorité c’est l’éducation, en particulier pour les enfants les plus en difficulté. Il a annoncé un grand plan en faveur de l’éducation prioritaire, avec des moyens supplémentaires pour les établissements concernés. Force est de constater que sous nos latitudes, les priorités ne sont pas les mêmes…
 
 

Le "système TOTAL" dans son eau glauque et puante.

A l'heure où nous écrivons, des discussions sont toujours en cours, entre les parties concernées, pour la finalisation des «arrêtés de méthode» qui doivent donner un contenu au décret Lurel sur le prix des carburants dans les DOM. Aucune rupture n'est en vue, Victorin Lurel a déclaré le 17 janvier, sur TV5 Monde : "Les prix vont baisser, c’est une certitude. De combien ? Le quantum dépendra de l’effort fait par les pétroliers". Il espère "au total, entre 2, 3, 4 ou 5 centimes... C’est à voir..." Donc une baisse ridicule, pour laquelle il se soumet à l'avance aux décisions des compagnies pétrolières.
Pourtant les déclarations de Christophe de Margerie, PDG de Total, deux jours plus tôt, n'étaient pas du même ton devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale.
« On est prêt à accepter une réduction de notre rémunération mais pas n'importe laquelle... On peut toujours réduire, mais il y a un moment où ça bloque.» Si ça bloque dès 2 centimes du litre, l'acceptation de De Margerie est vraiment très relative. En réalité il sait n'avoir rien à craindre de Lurel et de tout le gouvernement. Il sait que Lurel ne se livre à ce marchandage autour de quelques centimes que pour la galerie.
Le PDG Margerie a quand même dit «Je montre les dents». Car il tenait à rappeler certains principes. Sur la transparence, par exemple, il a tenu à défendre le contenu d'une lettre des compagnies pétrolières, en date du 7 janvier, par laquelle elles refusaient de transmettre toute documentation sur la constitution de leurs prix d'importation. La diffusion de ces éléments, était-il écrit, «serait de nature à apporter au mieux un trouble, au pire de l'agitation». Eh bien, il a déclaré : «Nous sommes pour la transparence, mais jusqu'où va-t-elle ? Vouloir regarder les prix de revient d'un système comme TOTAL où les Antilles ne sont qu'une petite quantité ? On ne va pas montrer le système mondial de TOTAL. La transparence n'est pas d'expliquer tout ce qui se passe dans une entreprise...» TOTAL c'est 12,4 milliards d'euros en 2012..mais   circulez, il n'y a rien à voir ! Je n'ai de compte à rendre à personne, y compris pas au gouvernement ! Et ce langage arrogant n'a toujours pas été relevé par Lurel, il est accepté ! Lurel l'accepte, il est dans son rôle, les ministres sont aux ordres du patronat, il ne déroge pas à la règle !
Mais les travailleurs n'ont pas à accepter. Ce que le PDG appelle le «système TOTAL» repose sur leur travail et leur exploitation, sur les bateaux, à la SARA  (Société anonyme des raffineries des Antilles), sur les routes comme transporteurs, dans les stations-service et autres emplois liés au pétrole. Mais il faudra bien qu'un jour le secret des affaires soit levé et c'est la lutte des travailleurs  qui le fera.
 

Martinique : Candidature Occolier (suite)

Nous écrivions, dans le dernier n° de Combat Ouvrier (n°1104) : «Raymond Occolier ne serait plus candidat ! ». 
Depuis, le maire du Vauclin aurait fait volte-face. Il n'est plus sûr d'avoir bien traduit la volonté divine et donc briguera les suffrages des électeurs vauclinois pour les municipales. Son inspirateur céleste ne nous a toujours pas fait savoir s'il lui pardonnait de l'avoir fait passer pour une girouette.

Martinique : Un courbaril qui n'en demandait pas tant

Le 7 décembre 2001, à l'invitation de Bernard Hayot, dirigeant du grand groupe capitaliste béké GBH (Groupe Bernard Hayot), Aimé Césaire avait planté un courbaril (une variété d'arbre) à l'habitation Clément, vieille propriété de possédants békés. D'après les dires des deux protagonistes, cette plantation se voulait symbolique d'une solidarité entre la communauté békée et les descendants d'esclaves au sein du «peuple martiniquais». Le symbole ayant semble-t-il besoin d'être rafraîchi, c'est ce qui a été fait, au pied du courbaril, le 17 décembre 2013, par le même Bernard Hayot et Serge Letchimy, successeur de Césaire à la tête du PPM (Parti Progressiste Martiniquais).
L'alliance des exploiteurs et des exploités, des anciens esclavagistes et des anciens esclaves, des Blancs riches et des Noirs pauvres, c'est une vieille politique des partis bourgeois, comme le PPM ou le parti socialiste.
L'histoire de leurs trahisons d'abord puis ensuite de leur politique de soutien naturel à la bourgeoisie est déjà longue. Elle ne fait que se poursuivre et pas par des symboles. Leur chef actuel François Hollande vient de leur faciliter encore la tâche à coup de milliards d'euros d'allègements.

Guadeloupe : ÉCHOS DES HOPITAUX

Maternité : face à des sages-femmes responsables, une direction irresponsable
Les sages-femmes avaient fait plusieurs jours de grève et refusé d’intégrer des salles d’accouchement flambant neuves. Ces salles présentaient un risque pour les parturientes car le couloir pouvant les mener au bloc opératoire en cas d’urgence vitale est fermé à cause de travaux interminables.  
En faisant cela, les sages-femmes ont montré infiniment plus de responsabilité que la direction de l’hôpital qui, au lieu de se donner les moyens de régler le problème a préféré user de chantage pour avoir raison d’elles.
 
REA-Brulés : Qui va là ?
Un intrus, habillé aux couleurs de la Réa, a pénétré en pleine nuit et sans encombre dans la section des brûlés à la recherche  de on ne sait quoi ! Donnant  une grande frayeur à notre collègue IDE de garde.
Une fois de plus le personnel est mis en danger au CHU. Malgré l’alerte lancée parla collègueen direction de la police, de la cadre de garde, on peut parier qu’il y aura beaucoup de parole, mais peu d’actions, voire pas du tout !

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