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Histoire des indiens

Histoire de l'immigration indienne aux Antilles.

L'IMMIGRATION INDIENNE AUX ANTILLES.
Dans quelque temps commencera le compte à rebours des cérémonies de commémoration du 150 éme anniversaire de l'arrivée des Indiens en Martinique et en Guadeloupe. Nous commençons avec cet article une chronique sur l'immigration et la communauté indiennes en Martinique, en Guadeloupe et dans La Caraïbe.

La France possédait en Inde des «comptoirs», en fait des territoires colonisés jusqu'en 1939. Ces comptoirs lui ont facilité le recrutement et l'organisation de l'émigration des travailleurs indiens vers les Antilles françaises
Ces travailleurs indiens ont émigré notamment aux Antilles et dans la Caraïbe comme travailleurs libres. Toutefois, leurs conditions de vie étaient plutôt des conditions de semi-liberté pas très éloignées parfois des conditions de l'esclavage.

La Guadeloupe et la Martinique, les «Antilles françaises» comme on les appelle, furent habitées successivement par les Arawaks et les Caraïbes. Puis elles connurent de 1635 à 1848 le système esclavagiste. Des hommes arrachés de force du continent africain y ont été emmenés et vendus pour le travail servile. Dépourvus de tout droit, marqués au fer rouge tels des bêtes, fouettés, ces  hommes et ces femmes devaient travailler la canne et le sucre de l'aube à la nuit.
Ils n'ont jamais accepté leur situation. Ils ont toujours résisté, lutté contre le sort que leur imposaient les esclavagistes. Ils ont été aidés dans leur lutte par des révolutionnaires du 19 ème siècle comme, par exemple, Victor Schœlcher. Ainsi, la combinaison de la lutte des esclaves sur le terrain et celle des abolitionnistes, sur place et en France a précipité la fin de ce système infâme que fut l'esclavage. D'autant plus que le système esclavagiste avait fait son temps et ne correspondait plus aux nécessités économiques de l'heure pour la nouvelle bourgeoisie des Antilles et de la métropole colonialiste.
L'esclavage fut aboli en Guadeloupe et en Martinique en 1848.
Une fois libres, les ex-esclaves furent nombreux à déserter les champs. Hommes libres, ils refusèrent le travail salarié sur les propriétés, préférant exploiter un petit lopin de terre dans les mornes (collines) pour se nourrir, planter leur case et fonder un foyer.
Alors le pouvoir colonial prit des règlements pour contraindre les hommes devenus libres à retourner dans les champs travailler. Mais, comme le dit la commission Schœlcher :
« Les nègres auront des difficultés à comprendre qu'ils puissent être à la fois libres et contraints. La république ne veut pas reprendre d'une main ce qu'elle a donné de l'autre ; dans les colonies comme dans les métropoles le temps des mensonges est révolu »( !).
Cette même commission désirait indemniser les victimes de l'esclavage, mais le Gouvernement français préféra dédommager les maîtres. Et cet argent n'a pas servi à la rationalisation de l'économie sucrière des deux îles car rien n'exigeait que les planteurs le fassent.
Les nouveaux libres ne comprenaient pas que les planteurs leur proposent un système d'esclavage sans le fouet. Les champs étaient pour eux des lieux témoins de leur passé d'esclave.
Ainsi, devant le manque de bras dans les champs, on fit venir des travailleurs libres sous contrat, notamment des Africains, nommés du nom générique de   «Congos». Mais cette tentative n'a pas donné aux planteurs les résultats escomptés.
Alors, ceux-ci se tournèrent vers l'Asie. Il y a eu des immigrants chinois et autres, mais les Indes furent la source la plus importante de main-d'œuvre immigrante vers nos Iles.
C'est en 1854 que débuta l'immigration des Indiens vers les deux colonies françaises. De 1854 à 1887, 42 595 immigrants indiens furent introduits en Guadeloupe. Il y a eu 6 748 immigrants indiens en 1859 à la Martinique. S'agissant de cette immigration vers les autres Iles de la Caraïbe, elle fut plus importante dans certaines îles, notamment à Trinidad et Tobago et elle dura de 1838 à 1917, l'esclavage ayant été aboli dans les Iles britanniques en 1834.
Ces Indiens furent emmenés aux Antilles en hommes libres mais sous contrat pour accomplir des travaux des champs que les Noirs ne voulaient plus totalement assumer. Ils s'occupaient de l'entretien des plantations de cannes, des troupeaux de bovins notamment des taureaux qui tiraient sous joug (de trait) le cabouèt (cabrouet, la charrette) de canne à l'usine.
Les femmes assuraient les services ménagers chez les planteurs blancs. La plupart de ces immigrés habitaient sur les habitations et vivaient dans des conditions d'hygiène inhumaines.
LA TRAVERSEE DE L'INDE AUX ANTILLES FRANCAISES
Cette immigration qui a débuté en 1854 s'est officiellement achevée en 1877 en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane française. Sonarrêt définitif de cette immigration a eu lieu en 1884 dans les Antilles françaises.
Ces travailleurs indiens libres, sous contrat, laissaient les côtes de l'Inde à partir de ports tels que Madras, Pondichéry, Bombay et bien d'autres, sans trop savoir exactement ce qui les attendait, en tout cas dans les débuts de cette déportation. Pour la plupart, travailleurs de la terre, ils furent embarqués sur des voiliers en bois de 1000 tonnes jusqu'en 1880 puis sur des navires à vapeur en fer de 1500 à 2000 tonnes. Ces navires à vapeur permirent de réduire de moitié le temps de la traversée, surtout après le percement du canal de Suez. La distance de Pondichéry à la Guadeloupe, par exemple, fut réduite d'une centaine de jours à une quarantaine.
Ces émigrés contractuels ont connu des situations atroces pendant les traversées. Trop nombreux sur ces navires, ils étaient sujets à toutes sortes de maladies. Si la grippe, la dysenterie et autres maladies pulmonaires les terrassaient, le choléra, lui, plus fréquent était beaucoup plus mortel. Malades, les hommes étaient jetés par-dessus bord. Mais il n'y a pas eu que les épidémies à bord. Les naufrages pouvaient, eux aussi, décimer tous les individus d'un convoi. Ainsi le «Souvenance», transportant des travailleurs de Pondichéry à la Martinique, fit naufrage dans le canal de Mozambique avec 371 passagers.
S'agissant de l'organisation sur les navires, elle était différente de celle sur les navires négriers en provenance des côtes africaines.
En effet, à bord les hommes seuls étaient séparés des femmes seules et entre les deux les couples mariés sans enfant étaient séparés de ceux qui avaient des enfants. Un médecin veillait à la santé et au respect mutuel entre les membres de l'équipage et les contractuels à bord. Toutefois tout ceci n'empêchait pas les révoltes des contractuels et les sévices des responsables de l'équipage. Des viols de la part de certains membres de l'équipage sur les femmes étaient dénoncés par le médecin à bord auprès des autorités administratives qui prenaient des sanctions contre le fautif. Les négriers n'avaient pas eu ces délicatesses...
Cela dit, les problèmes rencontrés par les émigrants indiens pendant leurs traversées des côtes de l'Inde aux Antilles françaises en qualité d'hommes libres contractuels, furent relativement proches de ceux qu'avaient connu les hommes venant d'Afrique. Cinq cent mille personnes ont ainsi été transportées de l'Inde vers les Iles de la Caraïbe avec 21 805 en Guadeloupe et 13 653 en Martinique.
LES INDIENS QUI ONT PEUPLE LES ANTILLES FRANCAISES
En 1852 un contrat fut signé pour l'introduction de 4 000 immigrés indiens en 6 ans dans les Antilles françaises. Mais suite à des incidents, ce contrat fut résilié après introduction de 1200 immigrants.
En janvier 1855 un nouveau traité fut signé pour le recrutement et l'expédition de 5 000 indiens en 5 ans toujours vers les Antilles françaises. Ces opérations étaient organisées par la société d'immigration de l'Inde française qui possédait 16 maisons de commerce de Pondichéry et de Karikal au sud-est de l'Inde.
Ainsi, jusqu'à la première guerre mondiale, furent déportés pas moins de 50000 immigrants indiens aux Antilles-Guyanes, avec 21 805 en Guadeloupe et 13 653 en Martinique.
De 1861 à 1873, plus nombreux étaient les Tamouls qui venaient de la province de Madras. Leurs ports d'embarquement étaient Pondichéry et Karikal.
De 1873 à 1885, les expéditions se firent beaucoup plus à partir de Calcutta, au Nord.
SITUATION DES CONTRACTUELS INDIENS AUX ANTILLES FRANÇAISES DE 1854 à 1889
Les Indiens (comme on dénomme les immigrants Hindous aux Antilles) qui venaient aux Antilles françaises, nous l’avons déjà signalé, étaient sous contrat. Ils n’étaient pas des esclaves. Toutefois, ceux qui les engageaient, les «engagistes» n’hésitaient pas à les traiter comme tels.
On a appelé ces Indiens «coolies» terme venant du mot «kuli» dans la langue hindoustani et signifiant laboureur loué à la journée- C’était le nom donné autrefois aux Hindous, aux Chinois et autres Asiatiques qui s’engageaient moyennant salaire pour aller travailler dans une colonie- il a aussi été utilisé pour dénommer l’indigène engagé en Indochine pour porter les bagages et le matériel de l’armée ou pour effectuer tous les travaux pénibles. Il n’est donc pas étonnant que ce terme soit devenu péjoratif au fil des ans, même dans la langue créole, vu la façon dont étaient traités les «coolies», comme des bêtes de somme par les colonialistes sévissant en extrême orient et les maîtres d’habitation aux Antilles.
Ces travailleurs indiens recevaient en général, une nourriture insuffisante composée de racines et de féculents, de poisson salé, mais pas de viande ni d’huile et autres condiments et encore moins de lait.
Pour tout logement, le travailleur indien était casé dans une pièce vide, de moins de 9 m2 et sans éclairage.
Il commençait à travailler  le matin, de 4H30 à 12H et l’après-midi, de 13H30 à 18H30. A ce rythme, ils n’avaient même pas le temps de préparer le repas de midi. Ces hommes et femmes devaient aller, après le travail, couper de l’herbe et apporter des paquets de fourrage pour les bestiaux de l’habitation. Ils recevaient alors leur ration alimentaire.
SITUATION DES CONTRACTUELS INDIENS AUX ANTILLES FRANÇAISES DE 1854 à 1889
Ces Indiens recevaient leurs salaires avec beaucoup de retard (2 à 3 mois) Et certains colons les obligeaient à travailler jour et nuit. Les dimanches et jours de fête, ils devaient travailler jusqu’à midi. Celui qui se plaignait était mis en prison.. Et si par malchance il devait être hospitalisé (sur l’habitation), il devait balayer les alentours du bâtiment, enlever le fumier des écuries.
Voilà le sort qui était réservé aux travailleurs indiens sous contrat qui se rendaient aux Antilles françaises pour y travailler.
Les ex esclavagistes ne leur ont pas fait de cadeaux.
Alors, beaucoup de ces contractuels, rompant leur contrat, choisissaient l’oisiveté. En fait, très tôt ces Indiens ont «marronné» (fuite dans les bois) vers une petite parcelle de forêt dans les hauteurs, abandonnant les plaines de la Grande-Terre en Guadeloupe. Comme l’avaient d’ailleurs fait, juste avant eux, les anciens esclaves noirs avant et après l’abolition! Cette situation a eu parfois de dramatiques conséquences.
Ainsi, les «marrons» indiens étaient maltraités et considérés comme de dangereux sauvages. Ils étaient souvent accusés de vol et d’assassinat.
Certains savaient aussi se venger. Ils n’hésitaient pas à mettre le feu aux maisons et aux habitations des Blancs. Mais beaucoup par désespoir s’adonnaient à l’alcool ou sombraient dans la folie.
En 1888 on comptait 482 Indiens en rupture de contrat dans la seule Guadeloupe sur 42 326 travailleurs indiens indroduits de 1854 à 1888. Les 25 509 contractuels introduits, pendant la même époque en Martinique, n’ont pas connu meilleur sort.
Mais comme pour les Noirs, cette situation de répression et grande misère n’a pas empêché les originaires de l’Inde de résister et de s’intégrer dans ces sociétés antillaises alors naissantes.
LES CONTRACTUELS INDIENS ET LE RENGAGEMENT FORCÉ
Les ex-esclavagistes cherchaient à persuader, de gré ou de force, les engagés indiens de se rengager pour une période plus ou moins longue. Ces planteurs étaient ainsi sûrs d’avoir une main d’œuvre tellement écrasée que sa volonté de lutte était parfois anéantie. Mais ces travailleurs étaient expérimentés. Ils étaient embauchés hors du droit commun, avaient alors des exigences salariales limitées. Ces revendications rejoignaient parfois celles des travailleurs libres (Indiens ou Noirs).
Il était dit que «les immigrants, à l’expiration de leur premier contrat, pouvaient prolonger leur séjour dans la colonie en signant un nouveau contrat de travail pour 5 ans». Beaucoup ne le voulaient pas. En Guadeloupe par exemple, il y en a eu, en 1890, 316 rengagements pour la plupart en Grande-Terre (9/10e). La crise économique des années 1880, l’arrêt de l’immigration indienne, la rareté de la main d’œuvre, rendaient les ex-esclavagistes plus exigeants. Ils utilisaient tous les moyens pour retenir les rapatriés en puissance.
D’ailleurs, les journaux de l’époque comme, par exemple, le «Progrès de la Guadeloupe» des partisans de Schoelcher dénonçaient les pressions morales et les contraintes physiques exercées par les ex-esclavagistes sur leurs immigrants.
Et cette pénurie de main d’œuvre a vite tourné à l’avantage des travailleurs indiens. C’est ainsi que de nombreuses primes, même cumulables, leur étaient offertes. Des primes venant du Conseil général, mais aussi de fortes primes versées par les planteurs eux-mêmes.
De plus les planteurs tentaient de retenir les Indiens sur les habitations comme travailleurs libres. Aussi, on les encourageait à résider sur ou à proximité de l’habitation, en leur offrant une case et un lopin de terre. Par compte, en échange, ils devaient fournir des journées de travail sur les habitations puisque ce petit lopin était insuffisant pour permettre à ces travailleurs de vivre normalement.
Ce système n’a pas profité qu’aux Indiens, mais aussi aux anciens esclaves. Ces hommes ont constitué une main d’œuvre forcée : à la fois ouvriers agricoles et cultivateurs pauvres travaillant quelques heures sur leur petit lopin de terre et le reste du temps sur l’habitation. Ce type de travail existe encore de nos jours en Grande-Terre.
L'INTÉGRATION INDIENNE ET LA LUTTE D'HENRY SIDAMBAROM
L’intégration des Indiens dans la société post esclavagiste ne s’est pas faite sans difficultés. Il y a toujours eu chez les Indiens une forte volonté d’intégration. Des indices sont là pour en témoigner.
Par exemple, certains d’entre eux ont amputé volontairement leur nom de la partie qui, pour eux, marquait sa consonance indienne (ex. Moutoussamy devient Moutou ou Samy). Il y en a même qui ont carrément changé de nom. Ces exemples peuvent apparaître aujourd’hui comme un rejet de leurs origines, particulièrement au courant de pensée actuel tendant à mettre en avant la fierté des origines indiennes, le retour aux coutumes et trraditions venant de l’Inde, courant teinté d’un certain nationalisme culturel.
Mais à l’époque cette aspiration à l’intégration s’expliquait par la volonté de sortir de l’état de citoyen de deuxième ou troisième catégorie. C’était une aspiration à des changements matériels, mais c’était aussi un véritable combat pour la dignité. Il fallait être reconnus au sein de la communauté guadeloupéenne, au moins au même titre que les Noirs, qui eux-mêmes avaient à se battre contre les Blancs et les Mulâtres.
Réclamer cette intégration n’était donc pas une revendication exagérée ou impossible. Mais c’en était déjà trop pour le pouvoir colonial. Et les Indiens durent réellement s’acharner pour obtenir les droits élémentaires de citoyens.
Une des causes qui facilita l’intégration est le fait que dès le début de leur arrivée dans les îles, les hommes indiens, beaucoup plus nombreux que les femmes indiennes, ont vite formé avec les Noires, d’origine africaine, des couples mixtes.
Un homme, Henry Sidambarom, se distingua dans cette lutte pour faire reconnaître les droits élémentaires de citoyen des immigrants indiens qui restèrent vivre en Guadeloupe.
La bataille juridique de HENRY SIDAMBAROM
Le combat mené Henry Sidambarom pour l’intégration officielle des Indiens dans la société post esclavagiste, la société coloniale a été un facteur qui a favorisé cette intégration. Il devenait le porte-parole, le visage et la voix des Indiens, au moins dans ce domaine de la reconnaissance de leurs droits le plus élémentaires.
Henry Sidambarom, d’origine indienne, est né à Capesterre Belle Eau. Autodidacte, négociant à Pointe-à-Pitre, il fut conseiller municipal de cette ville et juge de paix à Capesterre B.E.
Cet homme a mené pendant deux ans particulièrement (1904 à1906) un combat acharné contre l’Administration coloniale, contre la justice coloniale en Guadeloupe et le gouvernement colonialiste français de l’époque. Il voulait obtenir les droits électoraux et les obligations du service militaire pour les fils d’Indiens nés à la Guadeloupe de la première génération. Ce qui en ferait automatiquement des citoyens français. Cette bataille juridique qui a duré deux ans montre le degré d’hypocrisie du colonialisme français de l’époque. Car en plus des nombreux procès en instance, en appel et à la cour de cassation, Henry Sidambarom a écrit, à tout ce beau monde et au gouverneur de la colonie, qui ont toujours donné une réponse négative à sa demande. Des ministres du Gouvernement colonialiste français, notamment le ministre des colonies ont fait la sourde oreille. Sidambarom utilisa aussi des journaux de l’époque notamment le journal « La Vérité » pour y exprimer son combat.
Les contradictions des règles discriminatoires appliquées aux Indiens faisaient que Sidambarom, lui-même, a pu être élu à Pointe à Pitre mais ne pouvait pas voter à Capesterre.
Les députés de la Guadeloupe, Gerville-Réache, et Gratien Candace (premier Noir devenu ministre en France mais aussi serviteur du colonialisme), le sénateur A. Cicéron ont aidé Henry Sidambarom par leurs interventions directes auprès du pouvoir colonial en France.
Finalement le pouvoir colonial céda, n’ayant finalement rien à perdre dans l’intégration de quelques milliers d’immigrants qui de toute façon ne retourneraient plus en Inde.
Sidambarom a donc remporté la partie mais il faut remarquer qu’il n’a jamais fait appel aux jeunes indiens, ni mobilisé la population indienne ou son alliée noire. Car en dépit d’une division ethnique et, parfois, raciste entre Noirs et Indiens, entretenue par le pouvoir colonial « pour mieux régner» sur tous, beaucoup de Noirs désapprouvaient cette injustice coloniale. D’autant que la communauté noire, bien que majoritaire et bénéficiant à l’époque de plus de droits que les Indiens, connaissait aussi l’extrême rigueur du joug colonial post esclavagiste.