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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n°1049 du 21 mai 2011/ CO n°1048 du 7 mai 2011/Page 2

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Martinique : Succès de la manifestation du 1er mai.

C’est sous une pluie battante que, malgré tout, plusieurs centaines demanifestants se sont rassemblés à la Maison des syndicats à Fort de France. Le cortège regroupait les principales organisations syndicales, à savoir, la CGTM, la CDMT, la CGT-FSM, l’UGTM, la CSTM, FO, l’UNSA et le K5F -collectif du 5 février-. On pouvait aussi noter la présence de différentes associations et organisations politiques telles que le RDM, le MIM, le PS, le PPM, le PCM,le GRS,  des militants de Combat Ouvrier, l’Union des femmes et l’ASSAUPAMAR. Les travailleurs du commerce, de l’hôtellerie, dubâtiment, de la santé, des PTT, de l’éducation nationale, les dockers, les travailleurs de l’agriculture,de la métallurgie, les municipaux, ont lancé tout au long de la manifestation des slogans contre la dégradation du niveau de vie de la population, contre les bas salaires, contre la hausse des prix, contre les licenciements, contre la politique du gouvernement qui cherche par tous les moyens à vouloir faire payer la crise aux travailleurs.
Les travailleurs actuellement en grève, tels ceux de la CMT «Compagnie Martiniquaise de Transport» affiliés à la CSTM ou ceux de « Food Circus » affiliés à la CDMT ont montré  une  présence dynamique et combative.
La manifestation s’est terminée par le chant de l’Internationale.
Plusieurs prises de parole ont eu lieu, tout d’abord celle du président du K5F, puis celles des différents responsables syndicaux. Tout au long de leurs interventions, ils ont dénoncé la dégradation de la situation de la population face à un patronat et un gouvernement méprisants.
La responsable de l’Union des femmes a de son coté attiré l’attention des manifestants sur la condition des «Emplois aidés». Elle a dénoncé le mépris affiché par la préfecture et l’Etat, laissant des jeunes travailleurs sur le pavé, en repoussant le renouvellement des contrats aidés à plusieurs semaines, voire des mois.
Les responsables syndicaux ont aussi dénoncé la hausse des prix des produits de première nécessité, du loyer, du gaz, de l’électricité, de l’essence, du gasoil ainsi que Les licenciements. Ils ont tous mis l’accent sur la nécessité de continuer le combat, invitant les travailleurs et les militants, à renforcer leur mobilisation.

Martinique : Plan de relance régional. Un premier bilan en trompe l’œil !

Le président PPM du Conseil Régional, S.Letchimy, vient de faire distribuer à 165 000 exemplaires, une brochure de huit pages, pour présenter un premier bilan d’étape du plan de relance d’urgence. Il est intitulé : «Le plan de relance d’urgence pour affronter avec audace et détermination la situation économique».                                                                                                                            Ce plan était le programme de la liste du PPM lors des élections de Mars 2010.                                                                                                                                  Dans ce document, l’équipe régionale énonce les 221 chantiers retenus dans les 34 communes ou regroupements intercommunaux, à l’issue de réunions de concertation menées par la Région en partenariat avec les différentes collectivités. Travaux d’aménagement de sites, de revitalisation de bourg, ou équipements destinés à favoriser l’accessibilité. Tous ces travaux sont relancés par la commande publique, les fonds venant pour 53 millions d’euros des communes, pour 74 millions de la Région et pour 81 millions d’autres financeurs.                                                                                                                           On apprend dans ce document qu’au premier mars 2011, 70 chantiers commandés ont démarré, mettant en fonction 108 entreprises dont 69% seraient des entreprises de moins de 20 salariés. D’après le document et les chiffres recueillis auprès de l’IEDOM sur l’augmentation de la vente de ciment, la performance du dispositif serait carrément « exceptionnelle »….Et les chefs d’entreprises, petits ou gros ont de quoi se montrer plutôt satisfaits.                         Le document de la Région annonce également un volet de soutien exceptionnel aux entreprises en difficulté, avec notamment des assouplissements des conditions des aides à l’embauche dans les secteurs du bâtiment et du tourisme.                                                                                                                          Côté salariés, la démonstration est moins évidente. Le document annonce que 638 emplois ont été «générés» dans cette première période ce qui permettrait d’atteindre «entre 3700 et 4130 emplois d’ici 2013 ». S’agit-il de création d’emplois directs par les entreprises, de licenciements différés, d’emplois précaires sur des activités annexes aux chantiers ? Sur toutes ces questions concernant l’emploi, le document ne donne pas de précisions et la Région ne semble pas se montrer plus regardante que tous les bailleurs de fonds habituels.                                                                                                                            Il est aussi prévu des mesures d’aides au logement social avec 516 aides à l’amélioration de l’habitat (AAH) et à la construction de 194 logements évolutifs sociaux. Ainsi la relance de 21 chantiers d’insertion devrait mettre en activité environ 300 personnes. Toutes ces interventions sont certainement appréciées des personnes qui peuvent en bénéficier mais représentent peu par rapport à l’ampleur de la dégradation de la situation sociale de nombreux foyers.        Voilà  le premier bilan« audacieux » de l’équipe de Letchimy. A vrai dire, ce genre d’exercice montre surtout que c’est le patronat qui en tire plus de bénéfices que les travailleurs et la population laborieuse.                                          Quant aux grands travaux structurants qui seraient nécessaires pour créer massivement des emplois, tout en apportant de réelles améliorations à la vie de la majorité de la population, (par exemple,dans le domaine du transport collectif, ou de la répartition des terres, dans celui de l’accueil des enfants en bas âge), ils ne sont manifestement pas à l’ordre du jour.                                                 Le bilan de la Région montresurtout que c’est le patronat qui en tire plus de bénéfices que les travailleurs et la population laborieuse.                                          Un véritable plan d’urgence pour l’emploi et l’amélioration notable des conditions de vie de la population laborieuse reste à mettre en œuvre. Et ce sont les  travailleurs qui le feront, par leurs propres luttes
 

Nous publions ci-dessous des extraits d’un tract publié par la CGTG-CHU :

 
Quelle est la situation du CHU PPA ?
         Par courrier à l'ARS, le directeur général décrit le paysage financier du CHUPPA :
         - le déficit prévisionnel qui s'élève  à 39 millions !
         - des fournisseurs pas payés
         - les salaires pas garantis dans les mois à venir...
Le CHU PPA est-il le seul établissement public dans cette situation ?   Presque tous les établissements hospitaliers publics présentent  des déficits abyssaux. (Quelques exemples : les Hôpitaux de Paris, de Lyon, le CHU de Fort- de-France,…).                                                                                                             Les syndicats hospitaliers et la Fédération Hospitalière de France n'ont cessé de dénoncer les mesures prises par l'Etat depuis 2002 : la Tarification A l’Activité (TAA), la loi Hôpital, Patient, Santé Territoire (HPST). Toutes ces mesures ont abouti à un appauvrissement des hôpitaux publics au profit du privé, l’argent public étant souvent utilisé pour subventionner les cliniques privées. C’est ainsi que le CHU a perdu des lits d’hémodialyse.                                                                                                                    Dans le même temps, l'Etat se désengage petit à petit : aujourd'hui  les différentes dotations qui étaient allouées aux CHU ont été réduites (MIGAC-Mission d’Intérêt Général et à l’Aide à la Contractualisation- et MERRI- Mission d’Enseignement, Recherche, Référence, Innovation) comme peau de chagrin.                                                                                                                   Et on fait mine à présent de découvrir que l’hôpital est déficitaire. En fait tout est fait pour créer ce déficit.                                                                       
 Que risque-t-il de se passer ?                                                                           - culpabilisation et mise à l’écart des cadres de direction, histoire de trouver un bouc émissaire,                                                                                                    - mise sous tutelle de l'établissement avec la prise de fonction de conseillers généraux d’établissement de santé.                                                                                                                                                              Le but c'est de "revenir à l'équilibre". Entendez par là faire recette = dépense.                                                                                                                                        Et pas de doute, ces personnes prendront des décisions allant à l’encontre des salariés et de la population : par exemple fermeture de certains services, réduction du personnel, licenciement des contractuels, suspension des investissements…                                                                                Travailleurs, Camarades                                                                                           Nous ne pouvons accepter de voir détruire le  service public au nom de la réduction des déficits publics, alors que dans le même temps on trouve l’argent nécessaire pour faire la guerre en Côte d’Ivoire, en Afghanistan et en Lybie notamment. Concernant la Lybie notamment, le quotidien France Soir constate que : «…Onze missiles de croisière Scalp ont été,  pour le moment, tirés, d’un prix unitaire de 850 000 euros ».   
Tous ensemble, nous pouvons faire reculer l’Etat !                                                  Dans de nombreux départements, les salariés et la population réagissent. Des comités de défense se créent pour défendre qui un hôpital, qui un service que le gouvernement veut fermer. Des manifestations  sont organisées. Certaines sont couronnées de succès obligeant l’Etat ou à revenir  sur sa décision de fermeture.

                                                                                                       

Guadeloupe : 1er Mai : Ceux qui étaient dans les rues avaient raison.

Ils étaient plus de 2000 à manifester dans les rues de Pointe-à-Pitre à l’appel de l’ensemble des syndicats, du privé comme du public. On a noté en particulier la présence des travailleurs des secteurs actuellement en grève ou qui viennent de terminer un mouvement : ceux de l’EDF, de la BFC, du commerce et de bien d’autres secteurs. Mais aussi des chômeurs, des retraités, en fait tous ceux qui sont victimes de la politique mise en œuvre que ce soit par les pouvoirs publics ou par les patrons : blocage des salaires ou augmentations dérisoires, chômage et emplois précaires, suppression de postes dans les services publics (Enseignement, Santé, etc), prix à la hausse et tout particulièrement ceux des produits pétroliers dont les dernières hausses sont intervenues le ce 1 mai. Et les mots d’ordre lancés par les manifestants portaient particulièrement sur ces questions : contre la hausse des prix, échelle mobile des salaires ; des emplois durables et non des CDD.                                                                                                  D’autres mots d’ordre portaient sur la question de la répression contre les salariés en lutte. En effet, face aux agissements des patrons et des responsables des administrations les salariés ne restent pas passifs et réagissent. Mais pour espèrent-ils mettre fin à l’opposition de ceux qui ne se laissent pas faire et veulent se battre, patrons et pouvoirs publics utilisent la répression : intervention presque systématiques des forces de police, répression antisyndicale. C’était d’ailleurs un des thèmes de cette manifestation du 1 mai : « Non à la répression antisyndicale ».                                                                                                                    Les salariés, les chômeurs, les emplois précaires et tous les autres présents participants à cette manifestation du 1 mai à Pointe-à-Pitre avaient raison. Car c’est un des moyens dont ils disposent pour montrer leur mécontentement face à la situation dans laquelle ils se trouvent. D’ailleurs, lors du meeting qui s’est tenu à la fin de la manifestation, tous les intervenants ont insisté sur la nécessité de poursuivre la lutte.