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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n°1049 du 21 mai 2011/Page 2

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Commémoration de l’abolition de l’esclavage en France sous l’esclavage moderne ?

Le 10 mai a été choisi en France comme date de commémoration de l’abolition de l’esclavage. Cette date correspond à l’adoption le 10 mai 2001 par le Parlement de  la loi Taubira, reconnaissant l’esclavage et la traite négrière comme crimes contre l’humanité. A cette occasion, Sarkozy a prononcé un discours dans lequel il dénonçait les atrocités de l’esclavage et se référait à Schœlcher comme à Toussaint  Louverture. Lors de sa première campagne présidentielle, le même homme avait dénoncé la «mode de la repentance». Ces quelques années de pouvoir l’ont- elles rendu plus éclairé ? Sans doute non ! Ce type de prise de position s’apparente plus à une étude de marché : quelle prise de position peut  faire gagner plus et perdre moins de voix ? Fera-t-elle monter ou baisser la cote dans les sondages ? Il semblerait donc qu’à présent la mode  soit plus à la repentance, du moment que cela ne coûte rien de plus qu’un discours ou un mémorial.                                                                                                         S’indigner d’atrocités commises il y a plusieurs siècles n’engage à rien non plus. Après l’abolition de l’esclavage, et jusqu’à aujourd’hui, le pillage des pays du tiers monde, et en particulier de l’Afrique par les grandes puissances  impérialistes a continué de plus belle, de même que l’exploitation de la main d’œuvre de ces pays pour des salaires de misère et dans des conditions de travail épouvantables, souvent  meurtrières. Lorsque des  membres de ces populations sont contraints par la misère ou la peur de venir  chercher asile dans les pays riches, ils sont refoulés ou parqués comme des bêtes dans des camps. Ceux qui ont pu entrer sont victimes de chasses à l’homme, comme on a pu le voir en Guadeloupe concernant des Haïtiens. Ceux qui sont  tolérés sont désignés par la propagande insidieuse de la droite comme responsables de toutes les misères du genre humain.  Quant à tous les travailleurs, qu’ils soient blancs, noirs, métis, ou jaunes, ils sont tous soumis à l’exploitation capitaliste impitoyable !                                                                                                              Pour mettre fin à cet esclavage moderne, il faudra renverser le pouvoir  des exploiteurs capitalistes, il faudra changer la société.
                                                                                                    

Guadeloupe : Les parents d’élèves ne désarment pas

  Depuis le mois d’avril, les parents des élèves de plusieurs écoles primaires se mobilisent. Le mouvement a commencé à l’école de Fontarabie, à Petit-Bourg, où la fermeture d’une classe était annoncée pour la prochaine rentrée scolaire.
         La mobilisation a ensuite gagné d’autres écoles : Léon Feix à Pointe-à-Pitre, l’école de Pombiray à Saint-François, et aussi celle de Pelletan à Port-Louis. Le 12 mai, les parents se sont d’ailleurs organisés pour que toutes les écoles de Port-Louis restent fermées.
         Partout, les parents d’élèves protestent contre le projet du rectorat de fermer des classes dans les écoles maternelles et primaires. Au total, ce sont 95 classes qui devraient fermer au mois de septembre. Pour faire des économies, la politique du rectorat va renforcer l’échec scolaire, alors que dans l’académie de Guadeloupe il y a déjà beaucoup d’enfants en difficulté.
         Jusqu’à maintenant, l’administration n’a témoigné que du mépris vis-à-vis des parents mobilisés. Les dirigeants ont refusé de les recevoir lorsqu’ils se sont présentés devant les locaux du rectorat. Pire, certains ont même accusé les parents d’être des irresponsables qui – en bloquant les écoles – font perdre des jours de classe aux enfants ! Alors que les parents réagissent contre des suppressions de classe qui mettraient leurs enfants en difficulté pour plusieurs années !
         A Saint-François, les parents ont même été confrontés aux gendarmes qui voulaient débloquer l’école. Mais la mobilisation, loin de s’éteindre, pourrait bien prendre de l’ampleur. Le 16 mai, les parents d’élèves de Joliot-Curie, à Capesterre-Belle-Eau, ont aussi bloqué l’école, cette fois pour des problèmes d’hygiène : les enfants sont exposés à des rats, cafards, et autres nuisibles dans les locaux de l’école.
         Il est possible que dans l’école de Fontarabie, à l’origine du mouvement, le rectorat décide finalement de maintenir la classe qu’il voulait fermer. Mais rien n’est encore confirmé. Et les parents d’élèves de cette école n’ont pas l’intention de se contenter d’une vague promesse d’ajustement à la rentrée de septembre. Ils ont déjà prévu d’organiser très prochainement une assemblée générale avec ceux des autres écoles pour renforcer leurs actions.
 
                                                                                                      
             

Se soigner… payer ou crever ?

Selon une étude publiée par la Caisse nationale d’assurance-maladie, les médecins spécialistes pratiquent de plus en plus les dépassements d’honoraires. L’année dernière, six spécialistes sur dix nouvellement installés ont choisi les tarifs libres. Les malades doivent payer ces dépassements… ou renoncer à se soigner. D’ailleurs, dans un autre sondage, publié en mars dernier, 21 % des sondés citaient les dépassements comme une raison de report ou de renoncement aux soins.                                                                                                                               Le gouvernement est le premier responsable, même si les médecins en profitent sans vergogne. Car en réduisant les budgets des hôpitaux publics, il réduit les possibilités d’accueil et de soin du service public de la Santé et oblige une part croissante de la population à se tourner vers le privé… si elle en a les moyens.
 
                                                                          

Guadeloupe : Soutien aux militants de l’UGTG face à la répression !

Dans le dernier tract du LKP on peut lire entre autre : «Trois militants de l’UGTG : Fred Louise, Gabriel Bourguignon et Michel Madassamy sont convoqués le vendredi 20 mai à 14 heures au tribunal de Pointe-à-Pitre pour être jugés par la justice coloniale. La justice coloniale ressuscite une affaire vieille de près de 10 ans liée à une manifestation pacifique (sit-in) qui avait eu lieu à la SARA le 14 novembre 2002. Ce jour-là les gendarmes ont chargé ; ils ont arrêté de nombreux militants et blessé gravement certains d’entre eux. »         Ces militants ne sont qu’une petite partie des dizaines de militants de l’UGTG inquiétés par la justice, dont des dirigeants connus comme Charly Lendo, ou Raymond Gauthiérot (ex secrétaire général). Ce dernier risque même trois ans de prison ferme. En réalité même si l’affaire qui sera jugée le 20 mai date de bien avant la grève générale, on assiste à une opération de revanche et de vengeance des patrons et de la justice. Ils se vengent de la grande grève générale et du puissant mouvement populaire qui a secoué la Guadeloupe en Janvier, février, mars 2009 et a causé une peur bleue aux possédants et au lobby colonial.          Le LKP appelait à deux meetings mardi 17 mai et vendredi 20 mai devant la Mutualité de Pointe-à-Pitre et à un grand rassemblement devant le tribunal de Pointe-à-Pitre vendredi à 14h/30. Combat Ouvrier a fait de même !
A bas la répression contre les militants syndicaux et politiques anticolonialistes et anti capitalistes !
                                                                                             

Martinique : Suppressions de postes dans l’Education nationale ; La mobilisation se poursuit.

Lors du Comité Technique Paritaire Académique qui s’est tenu le 28 mars, les suppressions de 239 postes budgétaires ont été actées en dépit du vote des organisations syndicales qui ont refusé de valider cette décision.
Toutefois, certains syndicats ont manifesté leur volonté de poursuivre la mobilisation, avec des associations de parents d’élèves notamment pour lutter contre ce qui a été qualifié à juste titre de «Plan social» sans précédent dans l’Education nationale en Martinique et France.
         Suite à diverses rencontres, entre autres avec l’Association des Maires de Martinique, les syndicats SE-UNSA, SNETAA-FO, CSTM-Education, UGTM-Education, SNUIPP-FSU, UNSA-Education, le SMPE-CGTM (mais pas le SNES-FSU) et l’association de parents d’élèves UPEM ont convenu d’organiser une mobilisation le mercredi 18 mai 2011 au rectorat pour dire leur désaccord avec ces suppressions. Au nombre des conséquences qu’entraineraient ces mesures, «des classes surchargées, dépassant les normes et ne permettant pas la prise en charge individualisée des élèves, des suppressions de maîtres spécialisés du primaire, pour  remédiation», des fermetures de classes de SEGPA en collège où sont accueillis les élèves ayant besoin d’un accompagnement particulier, des fermetures de sections, réduction de choix d’orientation interdisant à près de 1500 jeunes de poursuivre des études, le manque de personnel d’encadrement, obligeant à réduire les places de cantine, fermer des salles d’étude (CDI ou permanences), renvoyer chez eux les élèves (lors d’absence d’enseignants) ».
         Parce que ce n’est que lorsque les travailleurs se mobilisent avec détermination qu’ils parviennent à obtenir gain de cause, les personnels de l’Education nationale se doivent de se retrouver pour imposer au gouvernement d’autres orientations.