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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1050 du 4 juin 2011/Page 2

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EDF Guadeloupe : La grève continue !

Les grévistes d’EDF poursuivent leur mouvement commencé depuis le 4 avril dernier. Ceux de CTM et de Diesel Export ont suspendu leur grève mais restent mobilisés. Ils étaient à Paris pour un Comité de groupe. Ils ont posé une nouvelle fois leurs revendications, à savoir l’application de la prime de vie chère de  40 % aux salariés du secteur de l’Energie comme pour les fonctionnaires. Il s’agissait d’acter officiellement leur revendication au Procès Verbal du comité de groupe.
En ce qui concerne EDF, la direction a reçu une délégation à Paris pour des négociations qui n’ont pas abouti. Une nouvelle rencontre est prévue avec l’ensemble des syndicats des DOM du 1 au 5 juillet 2011. La direction veut ajouter d’autres points concernant le problème de la mobilité, les niveaux de rémunération mais ne discute toujours pas du principal problème, à savoir l’application de la prime de vie chère. Elle fait durer le conflit afin de décourager les grévistes.
Mais ces derniers, bien que minoritaires, ne baissent pas les bras et restent mobilisés. Ils arrivent quand même à perturber le fonctionnement des services administratifs de Bergevin où se tient leur piquet de grève jusqu’à l’heure où nous écrivons. Ceci dit, la direction d’EDF met des moyens en œuvre pour contourner le blocage de Bergevin : les agents non grévistes de ce site sont convoqués sur d’autres sites où on leur distribue du travail.
Par contre, la Centrale de Jarry est surveillée de manière permanente par des gendarmes pour éviter tout blocage. Et à la moindre alerte, leur nombre augmente.
Le vendredi 24 juin, la confédération CGTG avait appelé ses militants à venir soutenir les grévistes au siège de Bergevin qui a été complètement bloqué toute la journée. Le mouvement continue plus que jamais à EDF et nous devons soutenir les grévistes.
DH :
Le mercredi 29 à 5h30, des forces de police et de gendarmerie (une cinquantaine d’hommes), sont intervenus pour obliger les grévistes présents sur le piquet de grève de Bergevin à évacuer les lieux. La direction d’EDF se trompe en pensant que c’est par ces méthodes qu’elle dissuadera les grévistes de poursuivre leur mouvement. Leur détermination reste intacte.
                                                                                                    

Éducation : Les promesses « électorales » hypocrites de Sarkozy pour 2012

Fin juin, le président N. Sarkozy a annoncé qu’en 2012  il n’y aurait pas de fermetures de classes dans le primaire. Après plusieurs années de casse de l’école, avec 50 000 postes supprimés depuis 2007, on veut maintenant nous faire croire qu’après les élections présidentielles tout va s’arranger ! L’objectif de Sarkosy, président-candidat à sa succession, est clair : tenter de calmer la colère des parents d’élèves et des enseignants, qui vont faire face en septembre à 1500 fermetures de classes pour l’ensemble des académies.
Pourtant, le budget 2012 pour l’éducation est déjà prêt. Comme en 2011, il prévoit 16 000 suppressions de postes dans les écoles, collèges et lycées. Si les écoles primaires sont préservées au détriment du second degré, nous n’aurons rien gagné.
Mais l’hypocrisie de Sarkosy et de son gouvernement va encore plus loin : à la rentrée 2012, il y aura 11 000 professeurs des écoles qui partiront à la retraite, et seulement 3 000 nouveaux enseignants recrutés par concours. Faites le calcul, il manquera 8 000 professeurs. Ces gens là prennent la population pour  une bande d’imbéciles qui ne  savent même pas compter.
Bref, les parents d’élèves et les enseignants ne doivent pas se laisser endormir par les belles promesses du déjà candidat Sarkozy. Comme certains l’ont déjà compris, pour défendre l’école publique il faudra se mobiliser!
                                                                                                      
             

Martinique : Collectivité Unique avec des pouvoirs limités…

Le mercredi 22 juin s’est tenue à l’Assemblée Nationale une séance de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la république française.
Il s’agissait pour les députés de Martinique et de Guyane d’avoir une première lecture des projets de loi, l’un organique, l’autre ordinaire, adoptés par le sénat le jeudi 12 mai dernier sur l’instauration de la Collectivité Unique.
La loi ordinaire instaure une Collectivité Territoriale Unique en Martinique et en Guyane dans le cadre de l’article 73. La loi organique des collectivités régies par l’article 73 de la constitution, est préparée par le gouvernement français et fixe les modalités de fonctionnement. Ainsi, les nouvelles collectivités peuvent obtenir de l’Hexagone, la possibilité d’adapter des lois et règlements par habilitation, ou encore de fixer elles-mêmes certaines règles relevant de la loi ou du règlement.
La lecture de ce projet de lois constitutionnelles par le rapporteur, Philippe Gosselin, a fait débat et a suscité des réactions parmi certains députés, notamment du député PPM et Président du Conseil Régional, Serge Letchimy
Tout d’abord le gouvernement a décidé l’installation de la Collectivité Unique en 2014 en même temps que les élections territoriales en France. S. Letchimy a manifesté sa satisfaction par la phrase : « il y a de très bonnes choses dans ces deux textes que nous voterons ».
Par contre le Président du Conseil Régional de la Martinique a manifesté son désaccord sur le nouveau pouvoir de substitution du préfet. Ce dernier aura pour mission d’intervenir, de rappeler en quelque sorte à l’ordre les élus locaux de cette nouvelle Collectivité, s’ils ne respectent pas cette fameuse loi organique. « Il y en a une -dit-il- qui est inacceptable, c’est l’incroyable article 9, qui sort d’un chapeau un pouvoir exorbitant du préfet…On veut faire brusquement reculer la Martinique et la Guyane de cinquante ans? Comment peut-on donner au préfet des pouvoirs exorbitants au moment même où l’on parle de libertés locales ? Cet article doit tout bonnement être supprimé » a-t-il déclaré.
Le rapporteur lui a tout de suite rétorqué : « Il ne s’agit nullement de stigmatiser les outre-mer. Le pouvoir de substitution du préfet n’est pas une nouveauté : il existe déjà depuis des décennies ».
Façon de dire au Président de région : « Vous croyez qu’on vous aurait donné tous les pouvoirs, vous rêvez ». Cette décision du gouvernement est évidemment politique. C’est pour mieux assurer et de défendre les intérêts des possédants capitalistes.
Ces élus locaux qu’ils soient de droite, de gauche ou indépendantistes qui font aujourd’hui mine de se rebeller, se sont toujours montrés respectueux des privilèges des riches et des exploiteurs. Alors leurs grandes déclarations avaient plus l’air d’être du cinéma !

Guadeloupe : Les salariés de la société NB2T toujours mobilisés

Les chauffeurs de cars de la société Nord Basse Terre Transport sont toujours mobilisés. Le patron Thomas Pajamandy a organisé la liquidation judiciaire de son entreprise pour briser la grève, liquidation qui a été prononcée le 15 juin par le tribunal de commerce. Les chauffeurs avaient réagi aux menaces de licenciement qui pesaient sur l’une des délégués du personnel de la NB2T.
Pajamandy, véritable patron voyou, avait pris l’habitude de ne respecter ni le paiement régulier des salaires, ni les réunions obligatoires des délégués du personnel, ni les droits les plus élémentaires des salariés. Et depuis que la section syndicale CGTG s’est constituée, il l’a combattue car les salariés avaient décidé de ne pas se laisser faire.
Le syndicat a alerté les autorités sur la gestion de la délégation de service public qui a été attribuée par le Conseil général à la NB2T. Le patron Pajamandy possède plusieurs sociétés qu’il met en concurrence avec la NB2T dont il refuse d’organiser  l’assemblée générale des actionnaires. Tous les mois des sommes importantes sont transférées de la société NB2T à la S.A  PAJAMANDY et transport PAJAMANDY. La S.A  PAJAMANDY opérait même des réparations pour la SARL NB2T. Le Conseil général savait bien que des malversations se menaient dans la société. L’argent de la DSP (Délégation de Service Public) était détourné au profit des intérêts particuliers des sociétés écrans de Pajamandy.
Les protestations des salariés se multiplient pour que les salaires soient payés à temps, au plus tard le 05 du mois. C’est ainsi qu’une journée de grève fut déclenchée. En réponse à cette mobilisation, le patron convoque la déléguée du personnel pour un entretien préalable au licenciement pour faute grave. A cette tentative de licencier la déléguée l’ensemble des chauffeurs font bloc : la grève est de nouveau votée cette fois pour le retrait de la sanction contre la déléguée, de meilleures conditions de travail et le respect des droits des salariés.
T. Pajamandy a refusé toute négociation pendant la grève et malgré toutes ses tentatives de réprimer la mobilisation, celle-ci s’est poursuivie. Après la liquidation judiciaire de la société, les salariés demeurent mobilisés. Ils se battent pour qu’un repreneur de la délégation de service public les réembauche.
                                                                                             

Guadeloupe : Contrats aidés : Encore plus de précarité

L’Etat a décidé de diminuer le nombre d’heures qu’il subventionne pour l’embauche des contrats aidés. En Guadeloupe, la lutte du LKP contrats aidés et précaires avait permis de passer en 2009 de 20 à 26 heures puis à 30 heures hebdomadaires prises en charge par l’Etat. Pour les salariés cela permettait d’avoir un revenu plus important. Ce temps partiel avait aussi pour objectif pour les contrats aidés de leur permettre d’effectuer une formation pendant les heures de travail en vue d’une insertion sur un emploi stable à durée indéterminée.  Mais depuis le premier mai 2011, un nouvel arrêté préfectoral diminue les heures de 26 à 22 heures. Mais puisqu’il s’agit pour les autorités de faire des économies à tous prix sur le dos des salariés les plus démunis, les attaques ne s’arrêtent pas là. Bien que le CUI CAE puisse avoir une durée de 24 mois, l’Etat et Pôle Emploi préconisent une durée de 6 mois renouvelable une fois pour les contrats nouvellement signés. Officiellement, la durée totale du contrat, renouvellement compris n’a pas diminué, mais tout est fait pour que les nouveaux contrats ne dépassent pas plus de 6 à 8 mois.
Sur une durée de 12 ou 24 mois, les salariés pouvaient disposer du temps nécessaire d’adaptation sur le poste et de recherche de formation. Ils auraient pu, si les employeurs leur en donnaient l’opportunité, commencer la formation voire l’achever avant la fin du contrat. Rares sont les salariés en contrat aidé qui décrochaient une formation, pendant leur temps de travail. Ce sera encore moins souvent le cas avec ces contrats de 6 mois ou de 8 mois, pendant une année scolaire !
Le Rectorat a d’ores et déjà prévu de faire signer des contrats d’une amplitude de 17 heures par semaine. Pire, les employés travailleront dans plusieurs écoles, pour ce salaire de misère.
Une poignée de contrats aidés qui a pris part aux luttes du LKP contrats aidés et précaires est bien décidée à ne pas se laisser faire. Pour augmenter leur  chance d’obliger préfet et recteur à revenir aux contrats de 26 heures sur 12 et 24, ils devront tout mettre en œuvre pour  convaincre le maximum de contrats aidés à entrer dans la lutte.