Site

Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1050 du 4 juin 2011/Page 1

Page 1

Il faut refuser de payer la crise que les banquiers nous imposent

Voilà des années que  les camarades des syndicats des hôpitaux de Martinique et de Guadeloupe se battent contre la dégradation générale de la situation dans le secteur de la santé. En particulier, les camarades de la CGTG du CHU Pointe à pitre-Abymes et de la CGTM (Martinique).Ces derniers mois, ils ont multiplié les interventions, les grèves, les rassemblements les protestations. Car la situation des hôpitaux s’aggrave. Les déficits sont abyssaux, le manque de personnel est flagrant, à tel point que des erreurs sur les soins, dus à la fatigue du personnel surchargé sont de plus en plus fréquentes. Le manque de matériel ou sa vétusté ne permettent pas toujours un suivi performant des malades. Beaucoup de médecins, en Martinique et en Guadeloupe ont rejoint la protestation des syndicats. La journée de protestation du 20 juillet lors du passage de Xavier Bertrand en Martinique prend donc toute sa raison d’être. D’autant qu’en France, les travailleurs hospitaliers et la population connaissent les mêmes problèmes.
Cette situation n’est pas un fait isolé du contexte général. C’est l’un des aspects de la crise de l’économie capitaliste mondiale. Pour faire des économies tous azimuts, les Etats et donc l’Etat français cherchent à faire des économies sur toutes les dépenses publiques. Alors qu’il dépense sans compter pour mener des guerres en Afghanistan, en Lybie et des interventions militaires dans beaucoup d’autres pays, le gouvernement français sacrifie carrément les besoins vitaux de la population. Avec l’évolution de la crise de la dette, il faut encore s’attendre à bien pire et pas seulement dans le domaine de la santé. Tous les services publics sont touchés. Les suppressions de postes sont légion. Les médicaments sont de moins en moins remboursés ainsi que les soins.
Les gouvernements endettés font les poches de la population sous bien d’autres formes aussi : augmentation des impôts, en particulier de la TVA, de l’essence, recul de l’âge de la retraite, hausses des prix des carburants. Et cela ne fait qu’aggraver la situation des travailleurs et de la population laborieuse, aux prises avec des salaires qui stagnent, des hausses de prix tous azimuts.
Parallèlement, l’Etat sait trouver des milliards pour les capitalistes. Les 35 milliards du grand emprunt de Sarkozy ont servi surtout à alimenter les caisses des grosses entreprises. Le gouvernement a annoncé le mois dernier la création d’un fonds de 400 millions pour soi-disant soutenir les nouvelles entreprises innovantes.  Les entreprises du CAC40 ont réalisé 82, 3 milliards de profits en 2010. Pourtant, ce n’est pas dans leurs caisses que l’Etat  entend prélever de l’argent, mais dans les poches des travailleurs, et même sur les maigres allocations des chômeurs ou sur les pensions de retraite.
Car l’Etat c’est l’Etat au service de la classe dominante, la  bourgeoisie ; Cette dernière poursuit une lutte de classe sans merci contre les classes pauvres.  Il faudra donc lui opposer la force organisée des travailleurs et des pauvres. Mais en réalité c’est ce système lui même qu’il faudra détruire pour le remplacer par un système fondé sur la satisfaction des besoins de la majorité, des travailleurs, des pauvres et non sur celle d’une petite minorité de profiteurs sans scrupule !

Guadeloupe : Les mobilisations des parents d’élèves contre les fermetures de classe

Depuis deux mois, ce sont dix écoles de Guadeloupe qui ont été bloquées par les parents d’élèves pour protester contre les fermetures de classes.
Samedi 25 juin, une vingtaine de parents se sont rassemblés à la salle Rémy Nainsouta, venus de différentes communes : Pointe-à-Pitre, Sainte-Rose, Capesterre-Belle-Eau, Petit-Bourg et Port-Louis. Plusieurs syndicats de l’éducation étaient aussi présents ainsi que le président de la FCPE  (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves).
La détermination des parents d’élèves a permis de dénoncer les plans du gouvernement qui, en supprimant des postes, détériore chaque année la qualité de l’école publique. Mais, jusqu’à présent,  leurs actions sont restées isolées, avec des blocages école par école. Les deux fédérations de parents d’élèves - la FAPEG et la FCPE - ont eu l’air de soutenir la mobilisation du bout des lèvres et n’ont pas relayé le mouvement dans toutes les communes, ce qui est avant tout leur rôle. C’est alors à se demander à quoi elles servent. Avec des classes surchargées et à plusieurs niveaux, les chances de tous les élèves de l’académie sont pourtant compromises !
Malgré les grandes vacances, les parents d’élèves comptent rester mobilisés. Ils ont prévu une action de protestation le 1 juillet, et une réunion avant la rentrée scolaire, le 24 août. Leur objectif est d’élargir leur mouvement à toutes les écoles de Guadeloupe au mois de septembre, afin d’obliger le rectorat à rouvrir les classes dont les enfants ont besoin pour réussir.   
                                                                           

Martinique : Mise en place de l'Assemblée Unique : Jean qui pleure et Jean qui rit

Telle pourrait être le titre de l’affaire à rebondissements de la mise en place de la Collectivité Unique de Martinique faisant suite aux deux consultations des 10 et 24 janvier 2010.
C’est d’abord Sarkozy qui fait savoir à Claude Lise et à Alfred Marie-Jeanne que la Collectivité sera mise en place au plus tard le 31 décembre 2012 ou, autre formule, avant le 1 janvier 2013. On se souvient alors de la satisfaction exprimée par Daniel Marie-Sainte disant notamment que Sarkozy avait respecté sa parole. Rien de moins. Et bien évidemment, c’était la déception du camp Letchimy qui avançait que le temps pour organiser la fusion des deux assemblées était trop court.
Et puis, après la défaite aux régionales de mars 2010 pour le camp Marie-Jeanne et Lise, s’en est suivie la défaite aux cantonales de mars 2011. Et alors les discours ont changé. Si bien que la même Penchard, ministre des DOM-TOM, qui avait annoncé la mise en place avant 2013, a annoncé la décision de Sarkozy de tout reporter à 2014. Et voilà que ceux qui parlaient de parole respectée par Sarkozy parlent de reniements et de reculades, tandis que de l’autre côté, on parle de décision de bon sens.
Les deux camps en compétition prétendent n’avoir qu’une ambition, le développement économique de la Martinique, et à les écouter, leurs ambitions personnelles n’auraient rien à voir là dedans.
Tout ce cinéma n’est en fait dû qu’à une chose : savoir qui va être aux affaires pour conduire au mieux des changements dans l’intérêt des békés et autres patrons locaux qui ont des projets pour amasser encore plus d’argent. Prenons un exemple, le port de Fort de France. Il est question d’apporter quelques modifications sur le plan technique et juridique pour le rendre plus compétitif. Et bien, MEDEF, CCIM, CGM, Ville de Fort de France, Collectivités locales tiennent des réunions depuis des semaines pour … « sanctuariser » ce site. En d’autres termes, aucun mouvement social ne devrait l’empêcher de fonctionner. Et là, aucune prise de position publique des prétendants, hormis celle des syndicats.
Dans cette affaire de mise en place de la Collectivité Unique, la prise en compte des intérêts des travailleurs est le cadet des soucis des partisans de 2012 comme de ceux de 2014. Même s’ils ne le disent pas, leurs préoccupations se portent ailleurs : le sort des possédants. Et pour ces raisons, les travailleurs n’ont pas à se solidariser avec un camp ou avec l’autre, mais prendre les dispositions pour que, quelle que soit la date définitive, ils défendent leurs propres intérêts avec leurs propres mots d’ordre et des représentants issus de leurs propres rangs.
 
                                                                                                         
 

En juillet, les smicards attendront (extrait du journal Lutte Ouvrière)

Interviewé le 17 juin par les journalistes du quotidien Nice Matin, le Premier ministre a implicitement démenti sa ministre de l'Économie : elle avait annoncé en avril dernier une hausse du smic pour juin ou juillet au plus tard.
 En fait, le mécanisme de revalorisation automatique du smic ne jouera pas, la hausse de l'indice des prix à la consommation calculé par l'Insee au mois de mai n'ayant pas atteint 2 %. C'est en effet le seuil minimum requis par l'article du Code du travail qui prévoit l'ajustement du smic en cas d'une telle hausse des prix. Celle-ci doit être calculée en référence à l'indice retenu pour la dernière revalorisation.
 
Or, depuis le 1er janvier, où le smic avait augmenté de 1,6 % (17 euros), l'indice en question n'a grimpé que de... 1,9 %. Pas de chance pour les 2,3 millions de smicards travaillant à temps complet, et encore moins pour tous ceux qui n'ont qu'un emploi à temps partiel, la plupart du temps imposé ! Ils devront attendre au mieux le 1er août pour que leurs 1 073 euros mensuels net grimpent de quelque 25 euros, si cette fois l'augmentation de l'indice des prix atteint 2 %.
Fillon, qui à défaut d'arguments ne manque pas de cynisme, prétend qu'intervenir au 1er juillet serait « une faute économique », qui « induirait une augmentation du coût du travail et donc du chômage ».
 Ben voyons ! Ce sont les exigences salariales exorbitantes des smicards qui provoqueraient le chômage, prétend l'ami des grandes fortunes et des patrons du CAC 40. Il y a vraiment des coups de pied au smic qui se perdent.