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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n°1049 du 21 mai 2011/ CO n°1048 du 7 mai 2011/Page 4

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Guadeloupe. Dîner dansant de Combat Ouvrier

 
Le samedi  21 mai 2011à 20H
 
A la salle des fêtes du Lamentin
 
Menu :
-         Apéritif
-         Entrée : Fagot de haricot vert, fromage de tête, sauce moutarde persillée
-         Plats : au choix :
-         - Riz safrané, gratin variés, poisson grillé
-         Ou
-         Riz safrané, gratins variés, ragoût de cabri
-         Dessert ;
-         Glace exotique, fondant au chocolat
-         Café, infusion citronnelle.
 
Champagne à la demande
 
Participation : 20 euros
 
D’ores et déjà réservez votre soirée auprès de nos camarades. Ce  sera l’occasion de se détendre mais aussi de  s’entretenir avec les camarades de Combat-Ouvrier. Alors nous vous attendons nombreux Le ticket d’entrée doit être acheté à l’avance et présenté à l’entrée. Merci d’avance de votre participation.
 
 
        

Haïti : Avec Martelly l’armée sera-t-elle de retour ?

L’élection de Michel Martelly a soulevé l’espoir d’une partie de la population laborieuse qui attend que celui-ci règle les problèmes du coût des produits de base, de l’application du salaire minimum dans les entreprises de la zone industrielle et du relogement des habitants des camps entre autres.
 Pour le moment Martelly qui sera déclaré président le 14 mai n’a pas donné le nom de son premier ministre alors que le Sénat et le Parlement ont élu des présidents qui sont membres du parti de Préval.  Après les discussions entre les deux présidents ils se mettront d’accord sur celui qui ménagera les intérêts des deux clans.
 Après les grandes phrases de la campagne électorale, M. Martelly avance quelques grands traits de sa future politique, ce qui va permettre aux travailleurs de voir dans quel camp il se situe. Il demandait, lors d’une conférence de presse le jeudi 28 avril, un appui technique des Nations Unies pour la création d’une nouvelle force de sécurité.
Il déclarait : «La présence de la Minustah sur le sol haïtien signifie qu'il y a besoin de créer une force de maintien de la paix, sauf à proposer que la Minustah reste éternellement, nous avons besoin d'une armée moderne, avec un solide corps du génie militaire, prête à intervenir en cas de catastrophes naturelles ». Il a ajouté « Haïti n’a pas besoin de navires de guerre et d’avions de combat, Haïti ne va pas à la guerre contre d'autres Nations».
         Voilà qui en dit long sur les intentions du futur président Martelly : sous couvert de venir en aide à la population sinistrée, il est prêt à remettre en place l’armée. Une armée pour quoi faire ? Pas pour lutter contre d’éventuels ennemis extérieurs, mais contre d’éventuels ennemis intérieurs ? Pas contre les profiteurs car ce sont eux qui décident en réalité de tout ; ni contre les trafiqueurs de tout acabit. Alors qui sont-ils ces ennemis intérieurs ? Il ne reste que les travailleurs, les exploités, les pauvres donc.
Car Martelly sait que la situation de la classe pauvre ne s’améliorera pas et il a vu lors de l’élection présidentielle la puissance de cette population quand elle est en mouvement. Il prépare d’avance un «instrument » contre cette colère qui naîtra un jour de l’exaspération des pauvres. Il prévient la Minustah que les forces dont il dispose, la police nationale avec environ 8400 agents actifs ne sera pas suffisante pour protéger les biens de ceux qui en ont, ceux qui sont venus fêter avec lui  la victoire : les possédants bourgeois, patrons, banquiers, grandons et les politiciens à leur service.
Le représentant de l’ONU, Mulet, lui a répondu qu’il comprend bien sa priorité :  « … a observé qu’une seule force de sécurité dans un pays ce n’était pas sain, que la création d’une force complémentaire à la PNH pour l’appuyer dans toutes ses charges à mener notamment, la protection civile est importante.  La Minustah fera tout ce qu’elle pourra pour apporter une assistance technique dans les limites de son mandat ». Ils sont donc tous le deux d’accord pour  mettre en place les moyens de protéger les possédants en cas de poussée de colère des pauvres.
En Haïti comme en Egypte ou en Tunisie, la bourgeoisie sait utiliser les hommes qui se mettent à son service en créant des illusions dans la population, en s’appuyant sur la force de ces populations pauvres. Alors  Martelly sert les belles phrases à la population pauvre, il demande aux compagnies téléphoniques d’appuyer son effort pour "sortir les petits Haïtiens de la rue", mais en réalité il prépare les soldats qui interviendront si cette population s’avise de menacer les intérêts des possédants.

Martinique : Inondations : une société qui va à vau-l'eau…..

Les pluies diluviennes survenues sur la Martinique le jeudi 28 avril ont entraîné, une fois de plus, des inondations. La nationale 5 a été coupée au niveau de Rivière-Salée du fait de la crue de la rivière Lézarde, à proximité de l'aéroport.  
         A proximité de l'aéroport, les passagers bloqués ont du abandonner les véhicules et gagner les comptoirs d'embarquement à pied, pour certains avec de l'eau aux genoux, avec bagages et enfants. Rien n'a été fait pour les acheminer. Les véhicules de la gendarmerie et de l'armée sont restés au parking. Aucun des véhicules de l'aéroport n'a été mis à disposition des passagers qui avaient encore plusieurs centaines de mètres à faire après leur piétinement aquatique. Les avions, eux, décollaient et, résultat de cette incurie, 175 personnes ont manqué leur vol.
         Au Lamentin, des commerces ont du interrompre leurs activités et à Rivière Saléedes habitations ont été atteintes par les eaux. La télévision a relayé la colère d'habitants qui entendent parler depuis des mois de travaux engagés mais ne constatent aucune amélioration. Sarkozy et le Conseil Régional ont été mis en cause.
         Cette colère est plus que justifiée. La situation, qui dure depuis des années, n'est pas tolérable. Elle pourrait être catastrophique si tout le Sud de l'île se trouvait paralysé par des routes inondées s'ajoutant à un séisme par exemple. Les autorités ne savent que se renvoyer la balle ou en restent aux éternelles promesses, jamais tenues ! Lesueur, le maire UMP de Rivière-Salée s'est pitoyablement félicité que, du fait des travaux de curage engagés, la baisse des eaux ait été un peu plus rapide après l'inondation. Mais en même temps, coup de patte au Conseil Régional, il a déclaré qu'en fin de compte, il n'y avait pas grand chose à attendre de ces « travaux d'urgence ».
         Le Conseil Régional, quant à lui, a publié dès le lendemain un communiqué lénifiant et vague sur des études à lancer à la fin du curage. Derrière les grands mots (ouvrage à réaliser, étude hydrographique, hydrologique et technique...) on peut juger du sérieux des «projets» en constatant qu'au niveau du Lamentin il s'agirait d'abord - sans préciser de date – de rehausser de deux mètres la seule voie du TCSP (Transport en Commun en Site Propre), dont la réalisation traîne depuis des années.
         Il faudrait donc se contenter de gratter un peu le fond des rivières ? Aucune volonté, aucune énergie. Pas étonnant puisque c'est toute la société que ces «responsables» laissent aller à la dérive.
 
        

Martinique
COMBAT OUVRIER Martinique
Soirée de soutien

Samedi 21 mai 2011
À partir de 19 heures
Soyons nombreux à
Habitation « Malgré Tout »
(Entre Trinité et Vert-Pré)
Programme de la soirée
Table de lecture
Animation musicale :«GROOV’LA»
Formule discothèque à partir de minuit
Repas fraternel. (Chaque participant aura droit au
pot d’accueil, à un repas chaud et à une boisson. Les
consommations supplémentaires de boissons seront payantes)
Amis, Sympathisants, réservez votre soirée du
Samedi 21 mai 2011 à partir de 19h00
auprès des militants de COMBAT OUVRIER
Participation : 25 euros.
Date limite de paiement : jeudi 19 mai 2011
           

Etats-Unis : Une petite victoire pour Mumia Abu Jamal.

La Cour Fédérale de Pennsylvanie a finalement décidé de convoquer un nouveau jury pour revoir l’affaire de Mumia Abu Jamal. Elle a reconnu une irrégularité qui avait induit en erreur les jurés au cours du procès de 1982 : les instructions qui ont été données à ces derniers concernant des circonstances atténuantes n’ont pas été claires. Il leur a été communiqué qu’il fallait un vote à l’unanimité pour que des circonstances atténuantes soient accordées. En fait, selon la loi, tout juré peut voter pour ces circonstances atténuantes indépendamment du vote des autres, ce qui dans ce cas, rend la peine de mort inconstitutionnelle. Mumia aurait pu échapper à la condamnation à mort si les jurés avaient pu voter correctement.
         La Cour s’est prononcée sur un vice-de-forme pour convoquer un nouveau jury, mais elle ne remet pas en cause la culpabilité de Mumia. Ce dernier est toujours considéré comme le meurtrier du policier.
         La justice américaine continue à s’acharner contre ce journaliste noir qui clame son innocence et qui est en prison depuis près de 30 ans. Les irrégularités sont multiples dans cette affaire, à commencer par une enquête bâclée et de faux témoignages. Des témoins se sont rétractés et ont déclaré avoir obtenu des aveux sous pression de la police. Plusieurs Noirs ont été récusés lors du procès ce qui est inconstitutionnel selon la justice américaine. De nombreux éléments prouvent le caractère raciste de la procédure. Le juge Sabo de l’époque qui a décidé la condamnation à mort, faisait partie d’une association raciste de policiers de Philadelphie. Sa greffière l’a accusé d’avoir déclaré avant le procès : «Je vais les aider à faire frire ce nègre ». Il est clair que cette condamnation est politique ; on veut faire payer à  Mumia d’avoir appartenu aux Black Panthers. Ce journaliste dérangeait par ses prises de positions contre le racisme et les brutalités policières.
         Il a fallu près de trente ans de bataille juridique et de mobilisation pour que Mumia soit face à de nouveaux jurés. Ses défenseurs n’ont cessé de réclamer un nouveau procès et un jugement sur le fond. Les nouveaux jurés auront à choisir entre la peine de mort et la prison à vie sans possibilité de sortie.
         La mobilisation est plus que jamais importante pour que Mumia soit non seulement arraché à la mort mais pour qu’il retrouve sa liberté.
 
 
                                                                                                                   

DEUXIEME ASSISES CGT DE L’OUTREMER.

Les camarades Alain HIERSO puis Jean Joël LAMAIN ont participé aux Assises de l’Outremer organisées par le collectif des originaires d’outremer  les 05 et 06 mai au siège de la CGT à Montreuil. La Guadeloupe et la Réunion avaient aussi délégué chacune un représentant. Nous avons interrogé Alain HIERSO sur le déroulement de ce rassemblement.
 
Qui sont les organisateurs de ces Assises ?
 
Il s’agit d’un collectif confédéral des originaires de l’Outremer organisés au sein de la CGT depuis plusieurs dizaines d’années. Ce collectif n’a pas pour but de se substituer aux instances confédérales mais il se veut un lieu d’échanges et d’analyses en vue de sortir des revendications et de proposer des moyens d’actions pour faire avancer les droits et les besoins particuliers des originaires qui vivent et travaillent dans l’hexagone.
 
Qui sont ces originaires d’Outremer ?
 
 Ce sont de nombreux travailleurs issus des pays colonisés par la France et, pour la plupart, arrivés en France par le biais du dispositif gouvernemental du BUMIDOM, organisme de migration de l’Etat français de 1962 à 1981. On les retrouve dans le secteur public, la Poste, les Hôpitaux de Paris, la ville de Paris mais aussi dans le secteur privé SNCF, RATP, le commerce, le bâtiment.
 
Quelles sont leurs revendications ?
 
Les doits des travailleurs de la fonction publique relèvent de dispositions statutaires et on ne peut pas parler d’avantages spécifiques aux agents d’outremer c'est-à-dire que le fonctionnaire non originaire qui s’installe en outremer bénéficie du même traitement que son homologue de l’outremer qui fait le trajet dans l’autre sens. Cela n’a pas toujours été le cas et en défaveur des ultramarins. Cependant, les garanties collectives obtenues par les luttes autant dans l’outremer que dans l’hexagone sont chaque année remises en cause d’où une mobilisation permanente de nos compatriotes :
 
-          Versement d’une prime spéciale d’installation
-          Prime de vie chère
-          Indemnité temporaire de retraite (Non versée aux Antilles Guyane)
-          Congé bonifié de 65 jours tous les trois ans pour l’agent et sa famille
-          Bonification partielle pour service hors d’Europe  entrant dans le calcul de la durée des services pour la retraite.
 
Les travailleurs du secteur privé ne bénéficient pas de ces acquis. Dans l’immédiat, une offensive pour se réapproprier l’histoire collective des originaires des colonisés est possible. L’histoire de la colonisation passe par celle de l’esclavage, celle de la déportation de milliers d’africains puis d’asiatiques que les gouvernements tant de droite que de gauche cherchent à museler par des formes d’aliénation. C’est le combat pour la mémoire. La revendication porte sur la reconnaissance d’un jour férié et chômé pour l’abolition de l’esclavage pour tous les travailleurs de France car l’histoire de l’esclavage et de son abolition c’est aussi l’histoire de France. Nos compatriotes avaient  programmé un nouveau rendez-vous pour le 10 mai sur cette revendication. Le camarade LAMAIN y a participé.
 
C’est aussi le combat conte les discriminations. Nos compatriotes subissent des comportements xénophobes notamment à caractère racial dans l’accès à l’emploi, les salaires, la formation, la carrière, le logement, la politique sécuritaire, à l’instar des autres immigrés.
 
 
 
 
 
Comment se sont déroulées ces deux journées ?
 
Nous avons débattu pendant 16 heures sur les thèmes suivants
 
-          Les droits des originaires dans l’hexagone et en Outremer
-          La continuité territoriale et son application sur la tarification aérienne
-          Le droit au retour au pays, mythe ou réalité
-          La situation sociale et économique en Outremer
-          La convergence des luttes et revendications spécifiques avec la CGT
-          Les perspectives d’actions
 
On peut dire que les débats furent riches, animés et parfois passionnés.
 
Quelles sont tes conclusions personnelles sur ces deux journées ?
 
D’abord un accueil exceptionnel. J’ai revu avec émotion, des camarades de classe après 40 années de séparation et cela a été réconfortant de les savoir dans le mouvement cégétiste.
 
Au cours des débats, j’ai pu percevoir que de nombreux compatriote ont perdu tout espoir de revenir travailler au pays et quand ils viennent se ressourcer, ils nous reprochent un accueil qui n’est pas toujours celui auquel ils s’attendent, notamment au niveau des prix des locations saisonnières. Ceux qui espèrent prendre leur retraite en Martinique se demandent s’ils pourront profiter d’un bien familial pour bâtir leur séjour.
 
Ils ont eu aussi connaissance notamment en Martinique, de discussions syndicales sur des postes de fonctionnaires qui seront libérés pat de nombreux départs à la retraite et que l’on destinait aux résidents, fermant ainsi la porte aux originaires qui vivent en France. Ce à quoi j’ai répondu que la CGTM ne s’était pas associée à cette option d’abord parce que les postes ne nous appartiennent pas et ensuite parce le combat actuel est davantage pour conserver des postes de la fonction publique que de les distribuer. Ce sont les CAP qui doivent dire leur mot dans ce domaine. L’objectif à se donner est de casser les réseaux qui font entrer des personnes hors CAP.
 
Nos camarades ont aussi un souci d’identité. Ils sont en recherche d’une appellation pour eux-mêmes au lieu de se laisser appeler par les autres. Nous avons donc des revendication communes à faire fructifier.