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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1052 du 30 juillet 2011/Page 1

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LA CRISE DU SYSTÈME CAPITALISTE MONDIAL FRAPPERA TOUJOURS PLUS LES TRAVAILLEURS ET LA POPULATION LABORIEUSE !

ZoomDes deux côtés de l’Atlantique, en Europe et aux USA, les signes de la crise du système capitaliste sont de plus en plus graves. Aux USA, leader du capitalisme mondial, la dette dite «souveraine», celle du pays, est de plus de 14.000 milliards de dollars.
            Même si la crise politique entre «Républicains», majoritaires à la chambre des représentants qui refusent d’augmenter le plafond de la dette, et Obama, du Parti Démocrate, se règle, la crise économique, elle, va demeurer et s’aggraver. Déjà, dans certains États américains, des retraités ne peuvent plus toucher leurs pensions après avoir cotisé toute leur vie, car leur argent a été dépensé par ces fonds de pension dans des opérations spéculatives, à perte. Des retraités de 75 ans sont obligés de retourner au travail. Le chômage augmente, des milliers de gens ont perdu leur maison suite à la crise de 2008, la misère s’accroît.
En Europe, les États se sont réunis pour prêter à la Grèce des milliards d’euros une deuxième fois. Ils ont dû même reconnaître à mots choisis que la Grèce était en «défaut de paiement» c’est-à-dire qu’elle ne pourrait pas rembourser une partie de sa dette. Et c’est cela qui inquiète les banquiers surtout : serons-nous remboursés ? Et comme ce n’est pas sûr, ils se méfient. Mais surtout pour avoir confiance, ces banques, ces capitalistes demandent à la Grèce et  finalement aux États de leur donner des assurances qu’ils pourront rembourser leurs dettes. Car ils sont tous endettés ces États, et bien plus que la Grèce, comme par exemple, la France et l’Allemagne. Et il faut que les gouvernements démontrent aux banquiers et aux gros capitalistes qu’ils peuvent faire payer leurs peuples, qu’ils peuvent récupérer de  l’argent dans la poche des travailleurs et de l’ensemble de  la population, sauf dans  celle des riches, des banques c'est-à-dire les prêteurs eux-mêmes, bien sûr. C’est ainsi que des milliers de postes de fonctionnaires sont supprimés, que  les dépenses de santé sont considérablement diminuées, que les impôts frappent plus lourdement les classes moyennes et même les classes pauvres et les retraités, que le chômage est aussi important et s’accroît. Et même si le plan d’austérité frappe plus lourdement le peuple grec pour l’instant, il frappe aussi le peuple portugais, mais la tendance générale est à l’austérité et à prendre dans les poches de la population partout ! En Europe et dans tous les pays. En France aussi. Et  ces plans seront de plus en plus contraignants. Et les guerres se poursuivront pour permettre aux marchands de canons de faire des profits rapides, sûrs et colossaux. Oui, Sarkozy a raison, les jeunes soldats tués en Afghanistan ne sont pas morts pour rien ! et soi-dit en passant, le pourcentage de tués venant des vieilles colonies françaises nommées «Dom-Tom» est encore une fois, particulièrement important – ils sont morts pour les profits des banquiers et des capitalistes !
Les garanties que réclament les banques et les capitalistes aux dirigeants des États c’est d’avoir  la capacité, la poigne, d’imposer aux peuples les plans de rigueur, la capacité de reprendre aux salariés une partie de ce qu’ils  leur versent chichement sous forme de salaire.
            Un tel système économique mondial est source de bien des catastrophes. Il est temps de le remplacer par un système fondé sur la satisfaction des besoins de tous et non pas d’une petite minorité. Il est grand temps que les travailleurs et les pauvres développent partout leurs luttes pour  que  des révolutions sociales finissent par balayer cette clique définitivement de la gestion des affaires du monde.
        

Guadeloupe : VICTOIRE DES OUVRIERS DE LA BANANE

Zoom Les ouvriers agricoles des plantations de Jean-Claude Morand ont obtenu totale satisfaction après un mois de grève. Le 21 juin, les ouvriers agricoles décident de se mobiliser pour réclamer le paiement de leurs salaires de mars à juin, le paiement des jours fériés, de la prime de fin d’année et l’application du code du travail sur les jours de congés pour événements familiaux.
Les revendications des 19 salariés, ne concernaient somme toute que l’application des règles de droit du travail et d’un accord signé avec la CGTG Banane. Mais Morand, patron guadeloupéen de choc, considérait qu’il avait la possibilité de ne pas appliquer ces règles car les ouvriers sont pour l’écrasante majorité, des Haïtiens. Ce n’était pas la première fois que les ouvriers de ces deux plantations situées à Trois Rivières se mobilisaient pour se faire respecter. Mais chaque fois, le patron licenciait les meneurs et l’action ne concernait qu’une minorité des ouvriers. Une nouvelle fois, Morand a voulu s’imposer par la terreur. C’est ainsi qu’il a agressé un gréviste et que son fils lui aussi a attaqué un autre ouvrier en grève.
Mais mal leur en a pris. Cette fois-ci, les ouvriers ont décidé collectivement qu’ils n’avaient rien à perdre. Morand sûr que les ouvriers n’iraient pas jusqu’au bout, a tenté de laisser pourrir la grève. Il refusait de négocier. La solidarité et la détermination ont fini par payer. La première tentative de sortie de conflit a été un échec car Morand ne cédait pas sur toutes les revendications. Face à l’intransigeance des grévistes pas décidés à laisser Morand  faire sa loi, le patron n’a pas eu le choix. Un accord a été signé le 22 juillet. Les jours de grève seront payés.

Martinique : MANIFESTATIONS LORS DE LA VISITE DE XAVIER BERTRAND !

300 manifestants se sont retrouvés à la maison des syndicats, à Fort-de-France, le 20 juillet dernier, lors de la visite de Xavier Bertrand, ministre de la santé et du travail du gouvernement français.
 
Un défilé a eu lieu dans les rues de Fort-de-France. Dans l’après midi, une délégation du Collectif fut reçue en Préfecture par un Conseiller du Ministre en présence d’un dirigeant de l’ARS (agence régionale de santé). Cet entretien n’a pas duré plus d’une demi-heure car la délégation a constaté que ce Conseiller n’avait strictement rien à leur dire. Des membres de la CGTM qui étaient dans cette délégation sont allés à l’Hôpital Pierre Zobda Quitman car ils savaient qu’une réunion devait se tenir dans cet établissement. Sur place, ils ont dit au ministre qu’ils pensaient que ses promesses étaient du vent.

LA FAMINE DANS LA CORNE DE L’AFRIQUE : LES VICTIMES D’UN SYSTÈME FOU ET CRIMINEL !

Dix millions de personnes sont menacées de mourir de faim dans la « Corne de l’Afrique » : la Somalie, le sud de l’Éthiopie et le nord du Kenya. Les médias et les grandes puissances pleurent des larmes de crocodile et promettent de débloquer 200 millions de dollars pour agir d’urgence…  Des dizaines de milliers de fois moins que ce que les États les plus riches ont déboursé pour sauver les banques de leurs propres bêtises ! Et surtout, aucun plan n’existe pour l’utilisation de ces fonds.
La situation est vraiment terrifiante : les troupeaux des éleveurs de la région ont été décimés en quelques semaines et les ONG prédisent une catastrophe humanitaire dans les prochains mois. Mais la sécheresse n’est pas la seule responsable. Cela fait trois décennies que les puissances impérialistes (notamment les USA) interviennent dans la guerre civile somalienne pour soutenir telle ou telle clique candidate au pouvoir, provoquant la quasi-disparition des services de l’État désormais incapable d’aider la population. De plus, cela fait deux ans qu’il ne tombe pas une goutte de pluie dans la région : la catastrophe était donc largement prévisible ! C’est d’autant plus vrai que les problèmes de sous-alimentation sont devenus très graves bien avant cela, dès 2008, lorsque les spéculateurs ont commencé à faire valser les prix des produits alimentaires ! La seule solution proposée pendant ce temps a été de permettre à des assureurs sans foi ni loi de saigner les paysans en leur faisant contracter des « assurances contre les mauvaises récoltes »…
Ce n’est pas simplement le climat qui tue les paysans d’Afrique, mais la brutalité de l’impérialisme et la cupidité inhumaine des sacro-saints marchés.