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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1053 du 10 septembre 2011/Page 1

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Le système capitaliste veut nous faire payer sa crise. Pas question ! !

Zoom C’est la crise. De nouveau les banques ne se font plus confiance entre elles et ne se prêtent plus d’argent. Ce qu’on appelle « les marchés » c'est-à-dire les banques elles mêmes, les grosses sociétés et les riches spéculateurs n’ont plus confiance. En particulier, ils n’ont plus confiance en la capacité des Etats de rembourser leurs dettes notamment auprès des banques, et cela pas seulement  en Europe mais dans le monde entier. En Grèce le gouvernement, par peur des réactions de la population est incapable de mettre en place son plan d’austérité à la vitesse que le FMI (Fonds Monétaire International) le voudrait et ce même FMI refuse l’argent promis à la Grèce si les mesures prévues ne sont pas prises. La crainte que la Grèce ne puisse rembourser sa dette auprès des banques européennes alimente d’autant plus la méfiance des spéculateurs. Le système bancaire paraît donc bloqué et il n’est pas impossible qu’on assiste à la faillite d’une ou plusieurs grandes banques européennes, comme en 2008 aux Etats-Unis. La situation actuelle fait planer le risque d’un cataclysme économique sur la planète plongeant dans le chômage et la pauvreté de plus en plus de gens !
Les riches, les banques, les spéculateurs exigent plus de fermeté des gouvernements pour faire rentrer plus d’argent dans leurs caisses afin de rembourser leurs dettes. Alors partout les gouvernements mettent en place  des plans d’austérité. Cela signifie des suppressions massives de postes dans la fonction publique, la réduction toujours plus grande des dépenses de santé, le non remboursement renforcé des médicaments, la réduction des aides sociales aux plus pauvres et aux plus fragiles comme les personnes âgées, les handicapés, l’augmentation des impôts sous une forme ou sous une autre. Tout ce qui concerne la vie quotidienne de la population  laborieuse, mais même celle des classes moyennes est et sera progressivement, voire brutalement, raboté. Et pourtant, ce n’est pas pour eux que les états se sont endettés. C’est surtout pour aider les banques à coups de milliards, comme en 2008, et aussi pour mener des guerres en Afghanistan, en Lybie pour les bénéfices présents et futurs des grands groupes capitalistes pétroliers.  L’argent, il y en a, il n’y a qu’à regarder les bénéfices colossaux des grands groupes capitalistes, seulement pour le premier semestre de 2011 : Total : 6,6 milliards ;  BNP-Paribas : 4,7 ; AXA : 4. Pour ce même premier semestre les plus grandes entreprises françaises, celles cotées en bourse, ont réalisé 46 milliards de profits ! Alors, de qui se moque-t-on ?
Cet argent là les gouvernements ne veulent pas y toucher, ou si peu ! Car ce sont les gouvernements de ces mêmes groupes, c’est le même monde !
Alors cette crise, n’est pas celle des travailleurs et de la population. C’est la crise de la bourgeoisie. La dette publique c’est celle de la bourgeoisie. Les travailleurs n’ont pas à en faire les frais. Bien au contraire, ils ont intérêt  à se battre contre la réduction de leur niveau de vie, contre la pauvreté qui gagne du terrain. Si la bourgeoisie, le grand patronat pleurnichent, qu’ils ouvrent alors publiquement toute leur comptabilité ! Face au chômage qui monte, il faut exiger la répartition du travail entre tous et face à la baisse du pouvoir d’achat des travailleurs, il faut exiger l’échelle mobile des salaires. Face au plan d’austérité, il faut mettre en place un plan de bataille des travailleurs pour faire payer les riches et cela dans tous les pays. Dans beaucoup d’entre eux, la colère gronde déjà.  En Martinique et en Guadeloupe il nous faudrait retrouver le chemin de la grève générale de 2009 et des manifestations massives dans la rue. Face à la crise que veut nous faire payer la bourgeoisie il n’y a pas d’autres solutions.
        

Guadeloupe : Guadeloupe : Rentrée scolaire sur fond de restrictions budgétaires

Zoom Pour l’ensemble des académies, 16 000 postes sont supprimés par rapport à septembre 2010. En Martinique comme en Guadeloupe, ce sont des centaines d’emplois qui disparaissent : 160 enseignants de moins en Guadeloupe, et 234 en Martinique. Il y a eu aussi des suppressions en ce qui concerne les personnels administratifs, et notamment les contrats aidés employés dans les écoles.
Le résultat : des classes supprimées dans le premier degré. Certaines regroupent jusqu’à trois niveaux ; surchargées dans le second degré, jusqu’à 30 au collège et souvent plus de 35 au lycée… Cela n’empêche pas le ministre et les recteurs d’afficher un optimisme de commande. Le recteur de Guadeloupe a ainsi déclaré : « L’année dernière j’étais serein, cette année je suis confiant ».
          Quel toupet ! C’est faire preuve d’un véritable mépris pour les personnels de l’académie, qui vont faire face à des conditions de travail dégradées : affectations sur deux ou trois établissements, heures supplémentaires, surcharge de travail.
C’est également méprisant pour les parents d’élèves, légitimement inquiets pour l’avenir de leurs enfants. Alors qu’ils ont manifesté leur mécontentement l’année dernière dans plusieurs écoles, on leur répond qu’il est urgent d’attendre que la rentrée se passe, avant de procéder à d’éventuels ajustements. Qui peut croire que ces ajustements permettront de rouvrir la centaine de classes qui ont été supprimées dans les écoles de chaque académie ?
          L’argument invoqué par les rectorats, c’est que les effectifs sont en baisse. Mais dans les collèges et les lycées, ce n’est pas le cas : il y aura en Guadeloupe 76 élèves de plus, pour 70 enseignants en moins. En Martinique, en collège, 12 classes ont été fermées alors qu’il y aura 126 collégiens de plus.
          Pour l’administration, il s’agit en fait d’imposer les mesures d’austérité fixées par le gouvernement, avec une profonde indifférence pour le sort des élèves. Car il ne faut pas oublier que la Martinique comme la Guadeloupe souffrent d’un retard scolaire important. Afin que tous les élèves puissent réussir, il faudrait au contraire augmenter les moyens, pour que chaque enfant soit bien encadré.
          Pour la rentrée de l’année prochaine, en septembre 2012, le gouvernement a déjà prévu autant de suppressions de postes que cette année (14 000 enseignants en moins). Autant dire que sans une mobilisation massive du personnel de l’Education nationale et des parents d’élèves, ceux qui gouvernent, aussi bien que ceux qui aspirent à les remplacer vont continuer leur politique de suppression de postes d’enseignants et de fermeture d’établissements d’éducation. Car ils ont besoin d’argent pour garantir les profits des parasites capitalistes qui dominent la société.
 

Martinique : Le système capitaliste est en faillite, ce n'est pas aux travailleurs de payer la note

Zoom Après la polémique sur la taxation du rhum, on a eu droit à celle sur la taxation des parcs de loisirs, qui en annonçait une autre sur la taxation de l'hôtellerie de luxe...
 
Chacun sent bien qu'il s'agit de déployer un rideau de fumée pour cacher que les gouvernants envisagent de demander l'essentiel des sacrifices aux classes laborieuses.
 Il faudrait parait-il «rassurer les marchés financiers». En clair convaincre tous les spéculateurs, banquiers, industriels, riches milliardaires qu'ils seront protégés des effets de la crise dont ils sont responsables.
 
Voilà à quoi s'emploient Sarkozy et Fillon, et cela signifie faire payer les classes populaires. C'est sur elles que l'on veut faire porter le poids du marasme économique en aggravant le chômage, notamment des jeunes, en imposant la dégradation des services publiques, etc.
 
Et on voit l'opposition, tant en Martinique qu'à Paris, ne faire que des gestes dérisoires. Ses préoccupations vont aux prochaines élections sénatoriales ou aux prochaines élections présidentielles, pas à la défense du monde du travail.
 
Il faudrait exproprier les spéculateurs et utiliser les capitaux ainsi récupérés pour créer des emplois, payer des salaires, en un mot produire les biens indispensables qui font cruellement défaut aujourd'hui.
 
Et par delà les luttes nécessaires pour imposer cela il faudra que les travailleurs recréent leur propre parti pour défendre ce programme sans hésiter à porter atteinte à la propriété privée des plus riches, qui n'est que le droit de s'approprier le travail des autres.
 
Ce partage des richesses ce serait le communisme ? Eh bien oui, mais c'est aussi la seule voie d'avenir pour la société toute entière !
 
Venez nombreux à la réunion publique de COMBAT OUVRIER le vendredi 30 septembre à 18h 30 à l'AMEP (Route de Redoute à Fort-de-France)


France : La pauvreté augmente, la fortune des riches aussi

Zoom Les chiffres  concernant la pauvreté ont été publiés par l’INSEE (Institut national de statistiques et d’études économiques). Ils concernent l’année 2009. Ils révèlent une augmentation importante du nombre de pauvres en France et bien sûr en Guadeloupe et Martinique. Plus de 8 millions de pauvres ont été ainsi recensés en France, soit 13% de la population totale. Sont considérés comme pauvres par les statistiques officielles ceux qui ont moins de 954 euros par mois pour vivre, soit 60% de moins que le « revenu médian », estimé à 19 080 euros par an. En Guadeloupe et Martinique, la situation est bien pire : si on applique les critères officiels, la moitié au moins de la population est pauvre.  Le revenu médian en Guadeloupe est inférieur de 30% à celui de la France. On est donc recensé comme pauvre à moins de 671 euros par mois.
Des chiffres datant de 2005 révèlent qu’il y avait alors deux fois plus de pauvres en Guadeloupe qu’en France. On ne dispose pas des chiffres de 2011, mais la situation est sans aucun doute encore pire avec l’aggravation de la crise économique mondiale.
Mais dans la crise, certains s’en sortent très bien : les patrons des grandes entreprises dont les profits n’ont fait que grimper au cours des dernières années. Les PDG de ces mêmes entreprises, particulièrement celles cotées au CAC 40 (40 premières entreprises cotées en Bourse) touchent des salaires invraisemblables : en moyenne 2,46 millions d’euros par an, soit un total de 98,3 millions. Les hommes politiques se contentent eux de 20 000 euros de salaire mensuel environ respectivement pour le premier ministre et le Président.
Mais quand il s’agit de faire des économies, c’est aux travailleurs que l’Etat s’en prend : suppressions de postes dans la fonction publique, réduction des services publics par mesure d’économie, non remboursement accru des dépenses de santé… tout cela sous le prétexte qu’il n’y a pas d’argent ! Les mesures d’austérité annoncées par le premier ministre Fillon pour réduire le déficit public prévoient de taxer de 3% les revenus supérieurs à  500 000 euros par an. Ce qui rapportera un peu plus de 200 millions d’euros alors que la réduction de l’impôt sur la fortune a permis aux plus riches d’économiser dix fois plus que ce que leur coûtera cette mesure qui de plus est signalée comme temporaire. Par contre, la taxe sur les mutuelles de santé va doubler, passant de 3,5 à 7%, augmentation qui rapportera près d’un milliard d’euros et sera à la charge des adhérents. Les pauvres, toujours plus nombreux, auront encore plus de difficultés à accéder aux soins. Le gouvernement fait mine d’effleurer symboliquement les revenus des riches, mais s’est encore aux travailleurs qu’il veut faire payer la crise.