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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1053 du 10 septembre 2011/Page 3

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Prud’hommes : Encore un mauvais coup du gouvernement !

Après avoir il y a quelque temps supprimé des centaines de tribunaux  des prud’hommes, ce qui a eu pour conséquences de rendre l’accès de ces tribunaux  un peu plus compliqué pour nombre de salariés en conflit avec leurs employeurs, voilà que le gouvernement en rajoute une couche. A compter donc du 1er octobre prochain, pour déposer une plainte au tribunal des Prud’hommes,  le salarié devra désormais s’acquitter de 35 euros de frais, alors que cette démarche était jusqu’à présent gratuite.Quant on sait que très souvent ces affaires concernent des licenciements abusifs, des salaires impayés, ou des retenues illégales ou injustifiées sur salaires, et surtout la détresse qui frappe la plupart des salariés qui vont devant les Prud’hommes, on peut dire que c’est un « sérieux coup de main » que le gouvernement apporte aux exploiteurs et profiteurs de tout acabit. Car cette mesure ne fera que diminuer encore le nombre de recours des travailleurs devant la juridiction prud’homale. C’est aussi toujours autant de pris dans la poche des plus démunis pour  combler le déficit causé par les sommes colossales versées aux capitalistes. Et le gouvernement fait ainsi d’une pierre deux coups. Mais il n’est pas encore dit que ce mauvais coup passera comme une lettre à la poste. Des pétitions circulent déjà sur Internet exigeant l’annulation de cette mesure scélérate. Il est à souhaiter que d’autres types d’actions voient le jour.

Martinique : Immersion emploi jeune : Région et entreprises se félicitent, le chômage surnage sans problème.

Zoom Plan Ambitions jeunes, dispositif  Immersion emploi jeune... la Région et son président S. Letchimy n'étaient pas avares de mots ronflants pour mener une campagne de communication sur leur dispositif d'été. Il s'agissait d'inciter les entreprises à embaucher 1000 lycéens, étudiants ou chômeurs, pour un mois ou deux, en juillet-août. Sans grande surprise les entreprises ont répondu présent et l'objectif de 1000 ayant été dépassé, la Région a décidé de prolonger l'opération en septembre.        Il faut dire que le «civisme» des entreprises a été boosté par le fait qu'elles n'assuraient les salaires qu'à 40% ou 50%, le reste étant à la charge de la Région.
Quelques jeunes ont pu se faire un peu d'argent de poche, des entreprises ont pu faire effectuer quelques travaux non qualifiés pendant quelques semaines à moitié prix, le chômage n'a pas bougé et la Région s'auto-félicite.
          Et ils osent parler d'«ambition» !
 
 
                                                                                                                                                   

Martinique : Hôpital du Carbet : Quand un patient est mordu par un rat…

Au mois d’août dernier, un patient de l’hôpital du Carbet a été mordu par un rat. Ce patient est paraplégique et n’a donc pas pu sentir les morsures. Il a eu deux orteils blessés.
C’est un véritable scandale qu’un patient venu pour se faire soigner dans un établissement public se trouve ainsi attaqué par des rats que tout un chacun sait susceptibles d’être porteurs de maladies graves, comme la leptospirose.
Le pire c’est qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé, car les services de l’hôpital seraient depuis quelque temps régulièrement visités par les rats.
Devant l’émoi suscité par l’annonce de ce fait sur les médias, la direction de l’établissement, puis le maire du Carbet ont cherché à rassurer les populations, mais aussi  à se disculper. Ainsi le directeur annonçait que des campagnes de dératisation étaient en cours et appelait les patients à ne pas garder la nourriture dans les chambres… Le maire pour sa part informait que les équipes techniques… seraient bientôt à l’œuvre et sensibilisaient les riverains et les agriculteurs voisins de l'hôpital sur la nécessité d'élaguer les arbres et de couper les végétaux autour du centre.
L’ ARS - Agence régionale de Santé - qui représente l’Etat et qui à ce titre distribue les budgets, a prévu quant à elle, d’envoyer une mission d’enquête à l’hôpital…
Une belle dose d’hypocrisie !
La réalité c’est que la situation budgétaire des Hôpitaux publics en Martinique est catastrophique. Le ministre de la Santé de passage en Martinique le 20 juillet dernier, prétextant l’importance de la dette publique, a continué à refuser de répondre aux demandes de réajustement des budgets des hôpitaux. Alors il ne faut pas s’étonner qu’il y ait des baisses des budgets y compris sur l’entretien, ni que herbes et détritus s’amoncellent aux abords des lieux d’hébergement voire même des salles de soins et cantines malgré la bonne volonté des agents.
L’un des premiers principes inscrit dans la Charte du patient hospitalisé est que : «L’établissement de santé garantit la qualité des traitements, des soins et de l’accueil». Alors, enquête ou pas, l’Etat est le premier responsable des conditions d’accueil déplorables subies par ce patient.
En juillet dernier le Collectif pour la défense des Hôpitaux et les syndicats des salariés de la Santé avaient appelé la population à exiger de meilleurs moyens pour l’Hôpital public. Ce n’est qu’en renforçant et en multipliant ce type d’actions qu’il sera possible d’obliger le gouvernement à donner l’argent nécessaire aux Hôpitaux et à la Santé publique au lieu de le distribuer aux banquiers et autres actionnaires des grandes entreprises.

Quand les riches font semblant de demander au gouvernement de les taxer !

Ces dernières semaines plusieurs  PDG des plus grandes entreprises françaises et des gros capitalistes ont demandé au gouvernement à être taxés afin de contribuer à l’effort national pour réduire le déficit. Ces PDG et autres riches à milliards prennent bien la précaution de demander une contribution exceptionnelle mais calculée «dans des proportions raisonnables». Il ne s’agit tout de même pas de trop leur prendre. Certains ont cru que les PDG comme  ceux de TOTAL, d’Air France, de  PSA (dont le PDG concocte actuellement un plan de suppression d’emplois par la fermeture de l’usine d’Aulnay), de Danone, etc. et Liliane Bettencourt que le fisc a remboursée de plusieurs millions d’euros par le biais du bouclier fiscal, avaient le souci d’aider le gouvernement à réduire les déficits publics. En réalité ils font cette démarche pour mieux nous faire accepter d’être pressurés par de nouvelles taxes. Ainsi ils diront que tout le monde doit participer même si eux le font à dose homéopathique. Ce n’est ni plus ni moins qu’une opération de communication de ces grands parasites. D’ailleurs on se demande si Sarkozy et son gouvernement ne sont pas complices de cette opération. Le gouvernement qui a le souci de ne pas trop écorner les profits des plus riches a prévu une taxe exceptionnelle qui devrait rapporter 200 millions d’euros, mais au même moment la taxe prévue sur les mutuelles de santé devrait  rapporter plus d’un milliard d’euros. Comme quoi c’est la population qui paie le maximum et les riches font mine de se soucier du déficit alors qu’ils en sont responsables par toutes les largesses dont ils ont bénéficié ces dernières années (bouclier fiscal, exonérations fiscales, niches fiscales).  En réalité, il faudrait demander à ces PDG de rembourser le bouclier fiscal qui a contribué à creuser le déficit que toute la population paie actuellement ainsi que tout l’argent qui leur a été versé depuis la crise de 2008 pour soi-disant sauver l’économie française alors qu’il s’agissait en réalité de garantir les profits des actionnaires et autres gros propriétaires des grandes entreprises, et surtout celles du CAC 40. Ces parasites ne savent que faire avec leur argent, sinon spéculer pour gagner encore plus et ainsi mettre toute l’économie en danger. Une  partie de leur argent est utilisée pour se payer des produits de luxe. Ce qui explique que l’industrie du luxe ne cesse de se développer alors que le nombre de pauvres augmente en France. Lorsque les riches demandent à être taxés,  c’est une façon bien hypocrite pour eux  de faire accepter l’austérité par des millions de travailleurs. Le gouvernement Fillon qui est à leur service fait semblant de les satisfaire en instaurant  une contribution minime qui égratignera à peine leur fortune.

Ce sont les riches qui doivent payer !

ZoomLe gouvernement Fillon a annoncé son plan d’austérité pour récolter les dix milliards d’euros d’économie supplémentaires permettant de régler les dettes de l’état et de voler au secours des banques. Ces nouvelles mesures touchent une fois de plus au porte-monnaie des travailleurs et de la population et réduisent davantage le pouvoir d’achat. Des taxes plus élevées seront prélevées sur le tabac, l’alcool et les boissons sucrées. Les assurés devront payer une augmentation de 3,5% à 7%  de taxe sur les mutuelles et assurances privées. Même si pour l’instant les impôts sur le revenu ne sont pas augmentés, les salariés auront à payer une augmentation de la CSG sur l’allocation de congé parental. Il était même prévu de payer des taxes sur les parcs d’attraction. Même si rien n’est annoncé officiellement, il est certain que la liste des médicaments non remboursables va s’allonger et que les frais médicaux vont augmenter sans compter le relèvement d’autres taxes comme la TVA.
          Après toutes les mesures d’austérité impopulaires qui ont déjà été prises, le gouvernement Fillon a annoncé haut et fort qu’il s’attaquerait aux riches et aux niches fiscales. Certains abattements seront diminués pour les entreprises qui investissent comme en Outre Mer et les particuliers qui construisent. Les avantages  fiscaux de ceux qui embauchent des aides à domicile sont également visés. Il n’y a pas que des personnes aisées qui bénéficient de ces avantages. De nombreuses familles modestes sont également obligées d’embaucher des aides pour des personnes âgées et des personnes handicapées.
          La chasse aux niches fiscales en réalité égratigne à peine les riches et ce n’est que pure hypocrisie de la part du gouvernement que de faire croire que ces derniers doivent contribuer à l’effort national. La part sur les milliards à prélever est plus faible concernant les riches que la population. Celle-ci a déjà payé car les plans d’austérité ne datent pas d’aujourd’hui. Ce ne sont pas les travailleurs, les retraités et les chômeurs qui doivent faire les frais de la crise. Ils doivent refuser les plans d’austérité car l’Etat ne s’arrêtera pas là.
La crise risque de s’aggraver et les plans d’austérité seront encore plus douloureux.

 
 

Guadeloupe : Elections Sénatoriales, grenouillages et manœuvres : beaucoup de candidats pour seulement 3 places.

          Alors que les élections sénatoriales avaient l’habitude de se préparer dans « l’intimité » des états-majors des partis et autres groupes de politiciens, cette année tout, ou presque, car il y a certainement des choses qu’on ne nous dit pas,  est étalé sur la scène. C’est que le nombre de prétendants est tellement important que les tractations habituellement secrètes ont échoué. Alors nous avons pu entendre tout et n’importe quoi de la part de politiciens qui prétendent être surtout préoccupés par l’avenir de la Guadeloupe. Comme si le Sénat, cette assemblée surtout destinée à doter de vieux politiciens « chevronnés » d’un mandat en remerciements de leurs bons et loyaux services, était le lieu où on discutait et décidait de choses concernant les intérêts de la population. Cette assemblée est comme la chambre des députés, un organisme d’enregistrement des décisions émanant du gouvernement. On lui permet tout au plus de discuter sur les mesures. Alors, le «socle de gauche» qui n’a plus rien d’un socle a explosé. Les deux présidents de la Région et du Département jusqu’alors « unis comme un seul homme » ne s’entendent plus, le premier étant partisan d’une liste unique de 3 candidats (un PS, un GUSR et un PPDG), alors que le second n’en veut pas tout en continuant à jurer de son attachement à l’unité de la gauche. C’est à ne rien comprendre. Où ces gens là ne savent pas ce qu’ils veulent, ce qui serait surprenant, où ils nous cachent beaucoup de choses.Toute cette agitation pour un poste de « Sénateur » montre comment tous ces politiciens sont surtout préoccupés par les postes que leur position peut leur permette de gagner. Les difficultés auxquelles sont confrontés les travailleurs et toute la population laborieuse, le chômage, la misère, etc, c’est bien le cadet de leurs soucis.