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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1052 du 30 juillet 2011/Page 4

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MARTINIQUE EXTRAITS DU BULLETIN : L'ÉCHO DES HÔPITAUX

gtc : solutions alternatives bancales
La direction doit remplacer un agent à la GTC (Gestion Technique Centralisée) qui ne peut pas faire de gardes de nuit. Suite au mouvement de grève des agents une solution jusqu'à fin juin avait été trouvée. Où en est-on ? Deux appels à candidature ont été publiés en interne, mais sans résultat !
Si la direction veut régler le problème, il faudra bien qu'elle accepte d'embaucher un agent.
 
c'est fort de café
Ce week-end au Centre Emma Ventura c'était régime sans café. Une nouvelle directive d'hygiène pour éviter l'excès de caféine ? Non, simplement rupture de stock !
C'est le stock de patience des pensionnaires qui va commencer à sérieusement s'épuiser !
 
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GUADELOUPE EXTRAIT DU BULLETIN « L’ÉCHO DE POLE EMPLOI »

      Y A-T-IL UN PILOTE DANS L’AVION ?
Un directeur parti en vacances, un autre indisponible et quand on interroge les ressources humaines, personne ne répond.
Et pour l’intérim, on ne sait pas trop à qui s’adresser. Quand on vous dit qu’on navigue à vue à Pôle Emploi Guadeloupe !
 
SERVICE DE RESSOURCES INHUMAINES !
Tout le service des ressources humaines de Jarry a déménagé et s’est installé à la direction régionale à Saint-Claude.
Croyez-vous que les collègues de l’annexe ont été informés ? Ce serait bien trop demander aux responsables qui n’ont pas jugé utile de renseigner les agents de Lomba. Mais pour ces gens-là, pas de problèmes, on déménage, on part en vacances et le tour est joué.
 
À FORCE DE TIRER SUR LA CORDE…
Le mépris de la direction pour les agents de Lomba, comme pour les autres, s’affiche dans les détails du quotidien. Depuis le déménagement du service Ressources Humaines, plusieurs agents sont inquiets. Et comme les chefs ne nous interrogent pas sur notre avis, on se demande à qui le tour. Mais tout a une fin. Un de ces jours on pourrait bien leur faire comprendre qu’on ne se laissera pas balader n’importe comment et n’importe où.
 
UN NOUVEAU TOUR DE VIS POUR LES CONTRATS AIDÉS
La semaine dernière, sans crier gare, de nouvelles instructions sont tombées concernant les conditions du CUI CAE en Guadeloupe : l’État ne finance plus que 70% du salaire et les conventions ne seront plus que de 6 mois renouvelables 6 mois !
Y a-t-il eu un nouvel arrêté préfectoral, en tout cas, rien n’a filtré… Comme quoi les arrêtés préfectoraux pour changer le régime des contrats aidés, c’est vraiment du cinéma !
 
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HAÏTI : DÉGUERPISSEMENT VIOLENT DES SINISTRÉS DE LA PLACE DE L’AÉROPORT : UN MAIRE STUPIDE ET UN PRÉSIDENT MENTEUR

ZoomEn Haïti, plus de 600 000 personnes vivent toujours dans des camps, dans des conditions précaires. Les habitants de certains camps comme celui autour du stade de Port-au-Prince subissent des pressions et des menaces d’expulsions. Il fait partie des camps «les plus visibles» que le président Michel Martelly a voués à la fermeture. Les habitants ont été avertis de mesures de déguerpissement le 15 juillet ! Ce n’est pas la première fois comme en témoignent les camarades de l’Organisation des Travailleurs Révolutionnaires dans le dernier numéro de leur journal « La Voix des Travailleurs» de juillet 2011.
 
Le lundi 23 mai 2011, alors que des occupants d’un camp situé sur la place publique de l’aéroport dormaient encore, le maire de Delmas, accompagné d’unités de la Police nationale, a procédé violemment  à la démolition des tentes de ce camp hébergeant plusieurs centaines de déplacés du séisme du 12 janvier 2010. Les effets personnels, les biens, les marchandises  trouvés ont été saisis ou volés par les démolisseurs et certains déplacés qui protestaient ont reçu des coups de crosse de fusil. Comme si le sort  réservé à ces gens qui survivent dans des conditions infrahumaines dans  ces camps ne suffisait pas !
 
Fier de son opération, sadique dans l’expression de son visage, le maire de Delmas, à la télé, justifie ce déguerpissement collectif : « tout le monde a été victime du séisme; pas question de payer les gens pour vider des espaces publics qu'ils occupaient depuis plusieurs mois. Nous ne pouvons pas encourager les investisseurs étrangers avec de telles images». Il a ajouté : "Si, par hasard, une ONG souhaite faire quelque chose pour certains d'entre eux, les femmes ayant des bébés seront les bénéficiaires. La mairie n'aura jamais assez de moyens pour s'occuper de toutes les personnes  vivant  sur les places publiques ».
 
Voilà les déclarations de celui qui, hier encore, courtisait les pauvres pour avoir leurs votes, leur promettant logements, emplois, sécurité, etc. s’il était élu. Il n’a pas pu attendre longtemps pour faire tomber son masque en chassant des familles sinistrées du séisme du 12 janvier sans leur offrir une alternative et ce, en pleine période cyclonique. C’est de la  barbarie, ont crié des victimes au micro des journalistes.
 
La commune de Delmas dispose pourtant de terrains vides appartenant à l’État. C’est l’une des  mairies les plus riches de l’arrondissement de Port-au-Prince en termes de recettes. Qu’est-ce qui empêchait le maire qui dispose de plusieurs centaines d’employés d’effectuer un recensement des occupants de  ces camps et de construire des logements pour ces familles avant de les faire déguerpir comme des chiens, les lâchant dans la rue, dépouillés de leurs effets personnels, sans un abri de fortune.
 
C’est d’ailleurs le maire qui a reconnu que des mères avec bébés figurent parmi les centaines de personnes délogées. Il faut être une crapule pour oser traiter des bébés de cette manière. Le maire « déguerpisseur »  a aussi annoncé que toutes les autres places publiques de la commune qui sont occupées depuis  le 12 janvier 2010 seront également vidées de leur population. Elles seront «clean», pour reprendre son expression.
Face à la réaction spontanée et collective des organismes de droits humains et de certaines organisations populaires,  le président Michel Martelly a vite pris ses distances. Interrogé par des journalistes, il a précisé avoir seulement eu une rencontre avec le maire de Delmas, Wilson Jeudi qui lui avait expliqué que cette mesure s’inscrivait dans une logique de dispositions adoptées pour faire face aux actes d’insécurité répétés dans cette zone. Le chef de l’État a repris les arguments du maire dans son intervention sans toutefois saisir l’occasion pour interdire ces genres de déguerpissements. Depuis quand déguerpit-on les gens dans leur quartier parce que des malfrats y viennent perpétrer leurs forfaits ?
Serait-ce une façon d’entériner la manière  forte du maire tout en amusant la galerie parallèlement avec des discours, car il a précisé  qu’il privilégie une « méthodologie basée sur l’entente » pour relocaliser les sinistrés. Quel est le résultat de cette méthodologie, plus de deux mois après l’investiture de Martelly ? Combien de familles sinistrées ont déjà été relogées ? Aucune, alors que, candidat, il ressassait dans ses interventions qu’il voulait construire des milliers de logements pour les sinistrés mais que le chef de l’État ne pouvait pas lui trouver les terrains. Il a même ajouté qu’il avait déjà fait les contacts, que des terrains étaient déjà disponibles pour démarrer des relogements sitôt qu’il serait élu président.
Si les milliers de déplacés de la commune de Delmas se joignent à ceux des autres communes de Port-au-Prince, ils auront certainement la force nécessaire non seulement pour mettre les maires déguerpisseurs  hors d’état de nuire mais aussi contraindre  le nouveau président à respecter sa promesse de relogement.

GUADELOUPE :MANIFESTATION AU CONSULAT D’HAÏTI CONTRE LES EXPULSIONS

Mercredi 20 juillet à  l’appel de la Fédération des Associations Haïtiennes de Guadeloupe, un sit-in s’est tenu devant le consulat d’Haïti à Pointe-à-Pitre. Les dizaines d’Haïtiens présents ont fait  entendre leur colère devant la reprise des expulsions depuis le début du mois de juillet.
Ils ont interpellé la Consul, Madame Fanfan, devant son manque de réaction. Elle s’aligne sur les propos de l’ambassadeur de France en Haïti qui appuie les expulsions. Ils l’expriment dans le tract distribué : « DepiI 1991 nou gen yon konsila nan Gwadloup. Yon konsila ki ta dwe la pou sèvi nou. Men sé tout afè lékontrè. Sé pa konsila a non ki pwoblèm nan, sé kèk konsil yo voyé bannou. Kôm ki dirè sé nou nan Gwadloup Senmaten ak Matinik yo pa respekté. Yo voyé nenpot ki konsil bannou. Dépi 9 ané madan Fanfan konsil nan Gwadloup Matinik é Senmaten, sé komsi li pa la. Li pa itil kominoté ya anyen, sé zafè pèsonèl li li vin réglé. »
Ils insistaient sur le fait que la Consul se préoccupe plus de son poste que de régler les problèmes que lui présente chaque jour la communauté haïtienne.
Ce coup de colère est salutaire, les travailleurs n’ont jamais reçu que ce qu’ils ont été capable d’imposer.
 
 

ÉGYPTE : Moubarak a chuté mais pas le régime !

Zoom 
Depuis la chute du dictateur Hosni Moubarak le 11 février dernier, la bourgeoisie égyptienne et les multinationales occidentales semblent être parvenues à maintenir leur statu quo social et politique général : le régime qui organise depuis plus de 40 ans l’exploitation des travailleurs est toujours en place, pris en main par le Conseil suprême des forces armées (CSFA).
Pourtant, la mobilisation populaire resurgit régulièrement depuis six mois. Le 8 juillet, le rassemblement place Tahrir lors du «Vendredi du dernier avertissement » (en référence aux « Vendredis du départ » organisés jusqu’à la chute de Moubarak) a obligé le Premier ministre Sharaf à effectuer un nouveau remaniement ministériel, expulsant plusieurs ministres parmi les plus compromis dans l’ère Moubarak. C’est que, face à la crise économique internationale et aux espoirs soulevés par la révolte de janvier-février, il n’est pas si facile de convaincre les pauvres de retourner sagement dans leurs taudis ou à leurs conditions de travail moyenâgeuses.
Les jeunes pauvres des villes ont contribué pour une grande part à la révolte égyptienne (et non Facebook, comme le serinent sans cesse les médias). La vague de grèves a montré aussi que la lutte des travailleurs des entreprises n’a pas été négligeable. L’extension de la grève au Canal de Suez et à l’industrie textile aura sans doute ajouté une raison supplémentaire, en plus de la révolte généralisée du Caire et des grandes villes, pour convaincre les militaires de déposer leur ancien patron Moubarak. Et c’est la combativité pas encore épuisée des travailleurs et des pauvres qui maintient actuellement le régime un tant soit peu sous pression. Mais les quelques syndicats indépendants du pouvoir et les «comités populaires» dans les quartiers sont encore très faibles et les travailleurs ne disposent pas d’un parti défendant clairement leurs intérêts. De ce fait, leur énergie sert surtout à propulser sur le devant de la scène une série d’aventuriers candidats à partager le pouvoir avec l’armée.
Les Frères musulmans – une organisation qui rassemble des éléments de la population pauvre sous la houlette de la bourgeoisie traditionnaliste égyptienne – constituent de loin l’organisation la plus importante dans l’opposition depuis longtemps. Mais les événements qui se succèdent depuis février révèlent encore plus qu’avant leur rôle véritable. Le 19 mars, déjà, les Frères musulmans, alliés à plusieurs grands patrons égyptiens, à certains jeunes « leaders » de la place Tahrir et même pour l’occasion à l’armée ont appelé les travailleurs et les jobeurs à « rentrer chez eux et remettre en route la machine de production ». Le 8 juillet, ils se sont sentis obligés d’appeler au rassemblement place Tahrir, mais ont exigé que les manifestants quittent les lieux à 6h du soir. Lorsqu’une forte minorité a refusé d’obéir, leurs sites internet ont violemment attaqué les manifestants, tandis que sur le terrain, l’armée essayait de livrer passage à des voyous armés. Le 22 juillet dernier, une manifestation qui marchait sur le siège du CSFA a été attaquée par le même genre de bandes, faisant près de 200 blessés.
La bourgeoisie égyptienne et l’impérialisme veulent rétablir «l’ordre» et les affaires en Égypte. Ils sont prêts pour cela à faire une place aux «opposants» officiels.
De plus, l’apparition «spontanée» de bandes de voyous qui s’en prennent violemment aux minorités – notamment les Coptes (chrétiens égyptiens) – selon la bonne vieille tactique du «diviser pour régner» préfigure les dangers qui menacent la population laborieuse égyptienne.
Tout cela assombrit l’horizon, à moins que  la classe ouvrière, seule capable de changer vraiment les choses au profit de l’ensemble des exploités  s’arme de  cette  volonté.  Dans ce cas elle trouverait le chemin pour se doter d’une vraie direction politique en son sein : un parti ouvrier révolutionnaire. Alors seulement sera-t-elle en mesure de prendre consciemment la direction du mouvement.
 

SYRIE : Malgré et à cause des massacres, la protestation s’amplifie ! !

Chaque vendredi, jour de la prière dans les mosquées, et ce depuis des mois, les manifestations se poursuivent et s’élargissent considérablement.
          Le 100 jour de mobilisation contre la dictature de Bachar Al Assad (héritier de son père Hafaz) a été marqué par de nouvelles manifestations monstres : 1,2 millions de manifestants dans les villes de Hama et Deir Ezzor. Les forces de « sécurité » et l’armée ont tué 11 personnes, qui s’ajoutent aux quelques 1 500 victimes de la répression. Mais, selon les opposants, une centaine de soldats auraient déserté ce jour-là pour rejoindre la révolte, suivant l’exemple d’un certain colonel Riad Mousa Alasad qui avait annoncé sa défection le 4 juillet dernier. On ne peut que saluer le courage de la population pauvre qui affronte son tyran sans faiblir, mais le danger de récupération du mouvement est d’autant plus grand que la classe ouvrière organisée – la seule force capable de frapper la bourgeoisie syrienne au cœur – ne semble pas intervenir pour le moment.